‹ La basculeChapitre 56 sur 84 · I.\ BA8C1 LE · texte numérisé non relu

I.\ BA8C1 LE

professeur de violoncelle el -.1 fille qui jouait du violon. IU n'étaienl |>;i^ * - # '- J * - 1 » f mais ils joua ienl trime façon poignante et, dans !<• crépuscule d'abord, jnii> dans la nuit, c 'était une sensation délicieus< mais buvez donc votre Un'-, il va être froid.

LORSAY

Je regarde le ciel, il y ;• en ce momenl

des Ions d'une variété el d'une délicatesse infinies ; le soleil a Pair i :ouch erdans

un ciel de cravates,

ROSINE, regardant aussi.

Ces! très juste, in silence.) A quoi penscz-vous, mon cher auteur?

LORSAY

Oh ! près de vous, je ne sui> j>a> un auteur, je suis un homme... je pense ;'• l<»i

sortes de choses.

Rosixrc

Mais encore?

LORSAY

Je pense à la jolie promenade que nous avons faite lantôt dans ce merveilleux parc de Versailles, à la joie qui était dans mon cœur, a la mélancolie de l'automne qui descendait sur l'étang où de grosses carpes brunes, avec des bruits de baisers gloutons, venaient manger le pain que leur jetaient vos petites mains blanches. J'entends encore le bruit de soie froissée que Faisaient vos petits pieds en marchant dans les feuilles mortes... et, ce soir, quand je serai seul, chez moi, je me rappellerai toutes vos paroles et tous vos gestes et tous les moindres fails de cette après-midi inoubliable... et vous n'avez pas le droit de m'en empêcher.

199 l\ BASCl LE

RO

J'en aurais le droit que je n'en userais pas, \ ous me dites de Irop jolies chos<

LORSAY

Vous vous souvenez, il y ;i Imi^ mois, lorsque je surs venu vous dire adieu, un soir, «huis votre log

ROSINE

Vous étiez encore très timide. Limitant.) Vous me disiez : m Madame, je vais partir à la campagne, parce qu'il n'yaque la nature

qui vous donne des leçons d'indifférence

supérieure ! »

LORSAY

J'ai dû vous paraître stupide?

ROSINE

Mais non.

LORSAY

Ah! si, siupide... j'étais furieux après moi, je croyais bien que tout était perdu; et puis, il y a quelques jours, quand je suis revenu, j'avais tellement pensé à vous pendant ces trois mois que, dès que je vous ai revue, je vous ai dit que je vous aimais et ça m'a semblé très facile.

ROSINE

De m'aime r?

LORSAY

Non, de vous le dire.

ROSINE

Ce que l'on conçoit bien s'exprime clairement.

LORSAY

Et, depuis huit jours, je passe toutes mes

m l.\ BASCI LE

soirées dans votre loge noua doua promenons l'après-midi dans les parcs mélan< li<jurs... Aujourd'hui, pour la première fois, vous m'admettez dans votre atelier, dans l'atelier! H je vous vois, je vous entends, je vous respire, je suis très heureux pour \r moment.

ROSINE

Pour le moment?

LORSAY

Oui, enfin, espérons que vous ne me ferez pas souffrir et que vous n'êtes | une femme à vous amuser «l'un sentimenl très sincère et très profond je vous assure... Non, vous ne'pouvez p.Ms être cette femmelà.

ROSINE

Vous n'en savez rien.

LORSAY

Laissez-moi avoir une bonne opinion de vous, qu'est-ce que ça peut vous faire ?

ROSINE

Mais, comment pourrais-je vous faire souffrir?

LORSAY

Vous le savez bien... pour le moment, il est certain que je marche vivant dans un rêve étoile; mais ce n'es! pas impunément ([Lie l'on reste auprès de vous, dans voire atmosphère, et je désirerais bientôt autre chose qu'un flirt, même passionné.

ROSINE

Vous demandez déjà.

196 l.\ BAS( i I I.

LORSAY Je lie demande p;i^. JC |>l<'\ 018 <|U<- je

désirerai...

ROSINE

Croyez-moi, vous en êtes à la période la plus charmante... ne craignez pas de la faire durer. En amour, voyez-vous et, pour les hommes surtout, il n'y a d'intéressant que la conquête el la rupture; le reste esl du remplissage.

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