IS
d'up ftièe)e av^nt la mission d^August^j Lupus^ évdque deTroyes^ et Germainj évêque d'Auxerre^ vinrent y précheF dans les premiers temps de Tinvasion saxonne, a Germain d'Auxerre, dit ]e savant Thierry^ parvint à relever en Bretagne l'honneur de la gràoe divine. Il faut dire, à la louange de cet homme^ que sa propre conviction et son xèle personnel plutôt qu'un ordre de l'autorité pontificale l'avait engagé à prêcher les Bre«i tons^ et qu'il portait un amour de frère h ceux qu'il essayait de convertir. U en donna la preuve en mar* ehant lui*méme à la tète de ses prosélytes contre les conquérants saxons^ qu'il fit reculer au cri d' Alléluia I répété trois fois par toute sa troupe. Malheureusement ce ne fut pas ainsi que les agents accrédités de PEglise romaine en usèrent ensuite avec la population bre« tonne réfugiée dans le pays de Galles ^ »
a Les chrétiens primitifs de la Bretagne insulaire ne voulurent jamais reconnaître ni la suprématie de Rome^ ni la mission d'Augustin. Ces hommes^ nourris de la vraie parole de Dieu^ se révoltaient à l'idée de voir ee missionnaire composer avec les superstitions païennes (dans le seul but de domination), conformément à ces étranges instructions du pape Grégoire^ de ne point faire cesser ni leurs fêtes païennes^ ni les coutumes de leur culte, mais au contraire, de les conserver, en se contentant de substituer aux noms des faux dieux ceux des saints dont leurs églises portant les noms et dont les reliques y sont déposées^, b
* Histoire dt la conquête de V Angleterre par les Normande, pages 75, 76.
^ Beda, liv. I^ chap. xxx.
Aussi ces anciens chrétiens de la Grande-Bretagne furent vus d'un mauvais œil par les nouveaux venus^ et Augustin, qui avait pactisé avec les Saxons envahisseurs^ voulant étendre son autorité sur les Eglises du pays de Galles, leur enjoignit de réformer leurs pratiques religieuses selon les usages de Rome. Ils Técoutèrent et consentirent même à une entrevue, a où assistèrent sept évêques de race bretonne et beaucoup de religieux, la plupart sortis d'un grand monastère appelé Bangor. A leur approche, le Romain négligea de se lever ^ mais ni cette marque d'orgueil qui les blessa, ni son éloquence, ni un prétendu miracle qu'il affecta de faire en leur présence n'eurent le pouvoir d'effrayer les Cambriens et de leur faire renoncer à leur indépendance *. »
c< Nous n'avouerons jamais, dit celui qui portait la parole, les prétendus droits de l'ambition romaine, non plus que ceux de la tyrannie saxonne; nous devons, il est vrai, au pape de Rome, la soumission de charité fraternelle, de même qu'à tous les chrétiens ; mais pour la soumission d'obéissance, nous ne la devons qu'à Dieu, et après Dieu à notre vénérable surveillant l'évêque de Caerlleon sur rUsc. D'ailleurs nous demanderons pourquoi ceux qui se glorifient
* C'est ce déplorable relâchement des missionnaires des siècles postérieurs aux apôtres, qui a laissé subsister dans les Eglises fondées par les missionnaires romains tant de superstitions et de coutumes païennes couvertes du manteau d'un grossier christianisme. De là ce culte des fontaines, de pierres et de vieilles idoles, que le chrétien remarque avec douleur dans plusieurs pays catholiques-romains, et surtout dans la Bretagne armoricaine où il 08t porté au plus haut degré.
d'avoir converti les Saxons ne les ont jamais réprimandés de leurs violences contre nous, et de leurs usurpations sur nous*. >? Ces mots devraient être écrits en lettres d'or. Nous sommes fiers de notre ancienne poésie et de nos vieux airs gallois^ mais de tous les documents que conservent nos archives, nous mettrons au premier rang ces nobles paroles, car elles sont la preuve indubitable que nos Eglises galloises reçurent la vérité avant qu'elle fût altérée parla cour de Rome, et que les chrétiens gallois protestèrent contre les prétentions du pape dans le sixième siècle comme ils protestent encore dans le dix-neuvième.
Nous sommes contraint de laisser de côté ce sujet si intéressant pour l'histoire de notre indépendance ecclésiastique. Et ici se produit le côté ténébreux de la question. Le pays de Galles a été à la fin soumis à l'autorité papale, et, comme le reste de l'Europe, il se trouvait enveloppé dans les ténèbres d'une ignorance et d'une superstition grossières. L'Eglise de Rôme^ pendant quelques siècles, ne cherchait qu'à le tenir sous son joug de fer, et à cet effet elle employait tous les moyens possibles pour lui cacher la lumière divine, jusqu'à ce que la Réformation glorieuse du seizième siècle l'eut réveillé de sa léthargie morale et physique. Nous voici maintenant en présence de ce grand fait, qui, d'après votre opinion et celle de tous les catholiques-romains, a brisé l'unité de l'Eglise et a introduit tant de sectes dans le monde chrétien. Depuis que
* Hist. de la conquête de V Angleterre par les Normands, I, pages 94, 95.
Bossuet 4 écrit VHUtoire dès variations jusqu'à po9 jQurs^ C6S deui^ ipots: u sectes protestantes^ b on| fourni une thèsQ universelle aux partisan^ de la pa? pauté. I) n'y a pas un pays dans Iq monde où Vcm entend plus ^souvent que dans la Basse^Bretagne ce raqrceau d'éloquence uUramontaine prononcé d'une voix qui fait peur : a Regarde? l'Angleterre çt l'Amé^ rique et tant d'autres pays où les sectes protestante^ se déchirent réciproquement, p On dépeint nos divi^ sions d'une manière si effrayante^ qu'on serait tenté de dire qu'il y a une guerre acharnée et constante entr« nos pasteurs^ et qu6 leurs troupeaux se battent dans les rues, la Bible sous le bras. Il semblerait aussi que vous avez dû voir une guerre religieuse acharnée dans nos contrées^ lorsque vous les ave^ visitées; autrement vous n'auriez pas dit a que les sectes protestantes dér cbirent et dépoétisent ce malheureux pays. »
Avant de nous étendre plus au long sur ce sujets il est de notre devoir de faire une petite digression pour répondre aux accusations que vous portez contre un homme qui a exercé une influence immense sur le pays de Galles. Cet homme ^ c'est Calvin,
Dans votre introduction aux Cantiques bretons, recueilli^ et publiés par M» l'ftbbé Henry, de Quin^perlé, vous vous exprimez ainsi : c( Le jour oti, fiancée à la
France^ la ]3retagne abdiquait ses droits politiques^ ébranla fortement sa nationalité : elle ne devait p^ç néanmoins la voir succomber tout entière; une puis<* sance lui resta qui^ mettant à Tabri des influençen étrangères ses croyanc^s^ ses mœurs et ses tradiiionsi en sauva la plus noble part : ce fut la langue bre* tonne, •• Or dçux fléaux terribles ont attaqué la ns^T tion à laquelle son sort est uni> le calvinisme et 1^ voltairianisme ; Voltaire et Calvin ^ les deux grands génies de Terreur j si toutefois on peut appeler grands les ennemis de Dieu et des hommes. Calvin^ proclar mant la souveraineté de la raison individuelle^ foulant aux pieds ^autorité et brisant la cbatne de la tradition des apôtres^ avait vu les plus belles provinces de la France se détacher à sa voix de Tunité de TËglise* La défeetion avait gagné de proche en procl^e avec une rapidité effrayante ; les émissaires de l'hérésie, parvfiv nus jusqu'à la Bretagne, frappaient triomphants h ses portes^ mais la Bretagne ne leur ouvrit pas, elle n'eni tendait pas leur langue et l'hérésie s'éloigna vaincue.., La langue^ qui déjà Tavait mise à Tabri des paradoxes de Calvin, la défendit contre Timpiété philosophique, et le voltairianisme fut vaincu sans combat comme le calvinisme ^ »
heureuse Basse-Bretagne 1 nous écrierons-nous ] ta langue a été ta sauvegarde ! Nous ne pouvons pas en dire autant pour le a malheureux pays de Galles, h La langue galloise n'a pas été un empêchement aux paradoxes de Calvin. Les émissaires de Fhérésie ont
* Introduction aux Cantiques Bretons, pages h, 8.
frappé triomphants à ses portes, et, hélas I y ont été admis. Aujourd'hui la grande majorité des chrétiens du pays de Galles est calviniste. Entendons-nous. Nos compatriotes adhèrent aux opinions du grand réformateur aussi longtemps qu'ils le croient d'accord avec l'Ecriture^ sainte. Il est vrai que le pays renferme beaucoup de chrétiens qui ne sont pas d'accord avec le savant illustre sur quelques doctrines qu'il a enseignées. Cependant ils ont tous un grand respect pour sa mémoire, et nous croyons pouvoir dire, sans nous tromper, qu'il n'existe pas deux pays au monde où le nom de Calvin soit plus vénéré qu'en Ecosse et dans lé ^ays de Galles.
Par rapport à votre pays,^ Monsieur, nous nous sommes souvent demandé depuis que nous y sommes : D'où vient que le nom de Calvin, un des hommes les plus remarquables que laFrance, oii aucun autre pays, ait jamais produits, inspire une horreur si profonde aux Bas-Bretons? Le nom de Satan ne les effraye pas, à beaucoup près, autant que celui de Calvin. Cette haine vient probablement, en grande partie, de ce qu'on ne cesse pas de le calomnier dé la manière la plus extravagante et là plus ridicule. En voici un exemple : quelques jours après notre arrivée dans ce pays-ci, un prêtre de l'Eglise romaine, parlant passablement bien l'anglais, vint nous visiter pour nous ramener à la vérité. «Nous serons très reconnaissants, répondîmesnous, de vos instructions, puisque surtout il s'agit de connaître la vérité. — Il faut commencer, nous dit-il, par lire la vie et la mort de votre fondateur, l'infâme Calvin, afin que vous puissiez savoir ce que c'est que
— aile protestantisme. » Le lendemain^ il vint pour nous lire quelques extraits d^un livre qui contenait^ d'après ce qu'il nous dit^ l'histoire authentique de la vie de Calvin. Et quelle vie! non pas celle d'un homme^ mais d'un véritable monstre d'iniquité. Après avoir quitté l'Eglise de Rome^ il s'était adonné aux plus honteuses voluptés, a Et sa mort^ nous disait notre convertisseur, est quelque chose dont le récit nous fait frémir. Pendant son agonie, de noirs démons se trouvaient dans sa chambre, tout prêts à arracher son âme à son corps.» — a Rappelez- vous, nous dit-il, que c'est la vérité qui se trouve écrite dans ce livre, puisque c'est son médecin huguenot, son ami intime qui nous a fourni ces détails. » Alors nous regardant fixement, il nous demanda : a Que pensez-vous de sa mort? )) Nous lui dîmes en souriant : « Nous avons une haute opinion de son médecin et ami^ c'était un homme très impartial, puisque, s'il avait été fils de Loyola au lieu d'être huguenot, et si Calvin avait été prêtre de l'Eglise romaine, le récit nous aurait dit {ad majorem Dei gloriam) que les noirs démons qui voulaient arracher son âme à son corps, étaient tout simplement des archanges venus pour la transporter dans le sein d'Abraham. x>
Permettez - nous maintenant, Monsieur, de vous le demander : Est-ce dans de pareils livres que vous avez puisé vos idées sur Calvin, que vous osiez l'appeler : aUn des grande ennemis de Dieu et des hommes? » La mémoire de l'illustre Français a tant d'attraits pour le pays de Galles, qu'au nom de plusieurs milliers de nos compatriotes, nous vous demandons : « Comment
atez-Voiis ea la hardiesse de mettre Phomme de Dieu â côté de Voltaire? r> On ne peut guère s'étonner que de pauvres Bas-Bretons^ qui tie connaissent de Calvin ^ue les calomnies ridicules ei grossières relatées sur sOn compte^ le placent à côté de Satan ; inais pour vous, vous êtes inexcusable de Tavoir appelé un des grands ennemis de Dieu et des bommes. Nous osons croire que vous n'avez rien lu sur lui que ce qui a été écrit par ses ennemis acharnés, les jésuites. Cest pourquoi vous nous permettrez, comme à un dé vos frères gallois^ de vous demander une petite faveur : Lisez ce que Guizot dit de lui dans le Musée des protestants célèbres^ ou èa Vie par Bèze, ou par Paul Henry, ou enQn, là notice sur sa vie dans la France protestante* Nous sommes convaincu que si Ton pouvait vous persuader de lire ces ouvrages, ou même tin seul d*entre eux, vous n^hésiteriez pas à changer ^opinion que vous avez émise sur le grand réformateur. Nous ne pouvons pas quitter ce sujet sans vous rappeler une chose connue de tout le monde : pendant sa vie, Calvin fut toujours considéré comme un véritable prodige de savoir. Le savant Scaliger luimême, qui ne se prononce jamais 3ur les talents d'autrui qu'avec beaucoup de prudence et de réserve, rappelle a Thomme le plus remarquable qui ait paru depuisie temps des apôtres, et à Tâge de vingt-deux ans le plus savant de TEurope. » Et aujourd'hui tous
les hommes éminents du monde s'accordent à rendre hommage à ce géant de la littérature. Les paroles de Madame Harriet Beecher Stowe ^ trouveront un écho
* Sutmy Memories,
datis lés cttUrâ de plusieurs triillidils dtss habitants de k terre i a Un téfugié français est devenu le chef I^Hdcipâl de la théologie des pdrîtains en Angleterre^ eti Ecosse et en Amérique j et partout où se ttouve le système de théologie de Jeati Calvin, là se trouve aussi là liberté civile... Juscpi'à ce jour, c'est la théologie française qui exerce la plus gratide influetice sur les deux pays du monde où se trouve le plus d'énergie^ TEcosse et l'Amérique . »
Nous reconnaissons que le notn de Calvin à été plus calomnié qu'aucun autre parmi ceux des réformateurs^ et môme ses propres compatriotes oht été bien coupables envers un de leurs plus grands hommes. Beu« reusement aujourd'hui il est réhabilité partout dans Tesprit des gens de bien. Ses lettres, recueillies par M. Jules Bonnet, ont produit une profonde impression en Europe et en Amérique. Plût au ciel que nous pussions vous persuader de jeter les yeux sur ces belles pages ! Vous pourriez vous convaincre alors que celui que vous appelez : a un ennemi de Dieu et des hommes, t vivait dans une communion intime avec son Sauveur» Après avoir pendant toute sa vie proclamé Cette doctrine évangéliqtie que l'homme est justifié par la grâce gratuite du Sauireur, et que toutes nos meilleures œuvres ne sont> diaprés les paroles du î*rophète, « qu'un linge souillé, » il a reçu le témoignage des milliers, qu'il était à en toutes choses tih modèle de bonnes œuvres , montrant dans sa maiiière d'enseigner de la pureté et de la gravité. » — Sa mémoire sera bénie, aussi longtemps que la plus haute excellence morale et la msgesté de la vertu seront les
objets de Tapprobation des hommes. Si Tinflu^nce que cet homme remarquable a exercée sur notre pays n'avait pas été si grande^ nous n'aurions pas osé écrire un mot sur celui qui était invulnérable à toutes les attaques de ses ennemis quand il était sur la terre, et qui est maintenant invisible à nos yeux dans le ciel. Puisque vous comprenez l'anglais^ lisez ces beaux vers de notre poète Cowper :
Blush calumny ! and vfviie upon his tomb
If honest eulo^y can spare thee room^
Thy deep repentanoe of thy thousand lies
Which aimed at him hâve pierced the offended skies
And say blot ont my sin, confessed, deplored
Againsttbine image in thy saint, o Lord !
Après cette petite digression^ si nécessaire à notre sujet, revenons aux a sectes protestantes du pays de Galles. » Nous avons déjà dit que, pendant que le pays était sous le joug de Rome, on employait tous les moyens possibles pour lui cacher la lumière divine. Oubliant de prêcher Christ, et Christ crucifié, le clergé romain ne prêcha que la soumission à Tautorité de TEglise. Il y avait alors certainement une grande unité en matière de religion dans le pays, mais c'était l'unité de la mort. Les paroles du prophète Esaïe s'appliquaient d'une manière toute spéciale aux Gai-
lois : c< Car voici, les ténèbres couvriront la terre> et Tobscurité couvrira les peuples. » Mais quand les doctrines glorieuses de la Réformation y ont été connues, c'est alors que FEternel s'est levé sur le pays. Les réformateurs gallois , comme Luther et Calvin , ne se donnèrent pas de repos qu'ils n'eussent mis entre les mains de leurs compatriotes les saintes Ecritures. Ainsi les noms de Salisbury, Davies, Huet, Morgan, Parry, etc., évêques et pasteurs de TEglise anglicane ne seront jamais oubliés dans le pays. Ce sont ces hommes pieux et savants qui ont le plus contribué à retirer leur pays de cet état de barbarie et d'ignorance dans lesquelles il avait été jeté par la papauté. Aussitôt que les saintes Ecritures y furent connues le peuple se leva en masse contre les inventions et les innovations de TEglise de Rome. Nous regrettons que les limites que nous nous sommes imposées ne nous permettent pas de retracer ici le progrès et Thisloire de FEglise réformée de notre pays, du seizième jusqu'au dix-huitième siècle. Il nous suffira de dire que, pendant cet intervalle, l'Eglise anglicane a produit plusieurs hommes très remarquables par leur piété et leur dévouement à la cause de l'Evangile. Mais malgré tous les efforts des évêques et des pasteurs pieux de TEglise établie et de quelques pasteurs indépendants et baplistes qui avaient déjà plusieurs Eglises dans le pays, les ténèbres y étaient encore épaisses. Cet état de choses ne doit pas nous étonner, si nous nous rappelons que l'Eglise papale l'avait tenu dans une grande ignorance de l'Evangile de Christ, et qu'à cette époque un petit nombre de Gallois savaient lire. Dans le
flix-hWlièmfe slèéle, un réveil religieux extraordinaire l^ëst opéré dans ces régions. Et tiôté2 bien qtie (^e réveil fut dommfencê principalement par des pastéurâ ëvàngéliques de FEglisé établie. En même temps que Withfleld, Wesley et d'autres prodlamaient en Angleterre^ dans les cimetières et dans leà champs^ les doctrines de k tléformatiôn^ le salut gratuit par la grâce de Jéstis-Christ, Rowlands, flàrrig, Williams et Û^autres proclamaient les mêmes vérilés éternelles dans lès itiiontagnes et dans leà vallées du pays de talles. L'efffet produit par ces fidèles serviteurs de Dieu peut être comparé â celui que produisirent Michel le Nobletz et Son disciple Mauhoir, dont vous &yèi si bien dépeint les travaux extraordinaires parmi lés ëas-Bretons. Il ne faut pas oublier pourtant que lès réformateurs gallois né voulaient d*àutrè règîe^ et de leur croyance et de leurs actions, que la sainte Pairole de tlieu. Voici le texte par excellence de leur prédication : « C^est plutôt à la loi de Dieu qtf il faut recourir et au témoignage qu^il rend de lui-même; » s'ils lie parient point de cette sorte, « la lumière du matin ne luira point pour eux » (Esaïe, Vtîl, 20). La vérité> si fidèlement préchée par ces hommes dévoués, fut bénie d'une manière abondante. L'Esprit de Dieu fut répandu sur le pays , et la prophétie d'Êsaïe fut accomplie : « Le désert et le lieu aride se réjouiront, et la solitude sera dans Tallégresse et fleurira comme tine rose » (chap. XXXV, 1). Des prédicateurs doués de talents extraordinaires sortirent alors des rangs dii peuple : «Lé Seigneur a donné de quoi parler 3 lès messagers de bonnes nouvelles ont été une grande
armée x> (Ps. PCYIII). Maintenant nous reconn^ssoqs que ce grand mQUvement religieux a donné najssapce k ce que vous appeler tf qi^elques sectes protestantes^ » qui û*existaient pas auparavant $ur la terre galloise. Mais n'oubliez pas que la gloire du protestantisme est dans cette parole : a Unité dans la diversité S & Noi|$ conviendrons facilement que be^upoup de discussions se sont élevées et s'élèveront toujours parmi les différ rentes sections de l'Eglise de Cbrist^ et il est impossible qu'il en soit autrement dans un pays où il y a tant de liberté et de lumière. Que sij cependant^ vous voulez attaquer la diversité de nos sociétés religieuses^ npi^S vous répondrons toujours par qes paroles i a Nous n'avons qu'un seul clief qui est Jésus-Cbrist^ et un seul drapeau qui est la Parole de Dieu. »
Mais puisqu'il s'agit de faits, nous délirons entrer 4ans des détails minutieux^ des statistiques bien con«
^ Que de maux causés par la confusion de ces deux mots d'unité et à^uniformitér La joie de Satan, lorsqu'il réussit à con* fondre dans notre esprit )e sens des mots sagesse q\ connaisr sance, aharitéei aumône, repentir et pénitence, prières elvaine/g redites, a dû être grande I Mais qu*e8t-ce, auprès de.celle qu'il a ressentie lorsque nous avons confondu Vuniié a.y^ç Vuniforifnité? Mesurez, si vous le pouvez, l'anarchie produite dans les idées, comptez le sang versé, les consciences faussées, les âmes per^ dues par cette ruse ! Quoi de plus simjple, cependant, que cette i^nité produite par la libre entrée de l'Esprit de Dieu dans une âme, la détachant du monde et l'unissant â Jésus-Christ, men^^ bre de son corps; elle est désormais une avec lui et avec tous ceux qui sont mus par le même esprit. Quoi de plus contraire à la nature et à U gr^ce, que ce parti pris de jeter l'esprit dé l'homme dans un moule fait pour la terre inerte et non pour l'Esprit vivant! » (Bulletin de la Basse'Brelagne,i\ïi\\QX 1858, page 65,)
statées sur t les sectes protestantes » du pays de Galles. Il s'y trouve donc : TEglise épiscopale ou établie ; FEglise indépendante ou cûngrégationaliste; l'Eglise baptiste; FEglise wesleyenne, et l'Eglise presbyte* rienne calviniste. Que cette liste formidable ne vous effraye pas. Au lieu de croire et de dire « qu'elles déchirent et dépoétisent ce malheureux pays^ » approchez-vous d'elles; examinez-les de près et avec attention. Demandez à chacune de ces sectes quelle est sa croyance : vous serez étonné d'entendre que pour tout i^e qui regarde les doctrines fondamentales de l'Evangile^ il existe entre elles c< une unité parfaite. » Pour vous satisfaire à cet égard, noiis nous permettrons de mettre sous vos yeux un extrait de la constitution de l'Union dés Eglises de France , et si vous voulez le lire, vous verrez que non-seulement il y a unité dans les doctrines des Eglises du pays de Galles, mais dans lés Eglises réformées des deux mondes :
c( Art. 2. Ces Eglises se rattachent par leur foi aux Eglises des temps apostoliques et à celles de tous les temps qui ont maintenu la vérité chrétienne; elles se rattachent ainsi aux Eglises réformées de France, qui ont tant souffert pour cette vérité. Elles font d'un cœur et d'une bouche la profession suivante :
« Nous croyons que toute TEcriture de l'Ancien et du Nouveau Testament * est inspirée de Dieu et constitue ainsi Tunique et infaillible règle de la foi et de la vie.
a Nous adorons un seul Dieu, Père, Fils et Saint- Esprit, Créateur des cieux et de la terre.
* Nous rejetons comme étrangers à l'Ecriture les livres connus sous le nom d'apocryphes.
« Le Père, dans son infinie et éternelle miséricorde^ lorsque nous étions entièrement perdus^ par suite de la désobéissance d'Adam , et justement condamnés à cause de nos péchés^ a tellement aimé le monde^ qu'il a donné son Fils unique. Le Fils, a la parole qui était « au commencement avec Dieu, » et qui était véritablement « Dieu au-dessus de toutes choses béni éternellement^ est devenu véritablement homme, « Dieu manifesté en chair. » Jésus-Christ est le seul Médiateur entre Dieu et les hommes. Il nous a parfaitement rachetés de la condamnation éternelle par sa mort sur la croix, s'étant offert lui-même à Dieu pour nous comme une oblation et une victime d'agréable odeur. Livré pour nos offenses, il est ressuscité pour notre justifîcar tion. Il est monté au ciel el s'est assis à la droite de Dieu, où il intercède pour nous. Le Saint-Esprit, que le Fils a envoyé de la part du Père, régénère les rachetés, a élus selon la prescience de Dieu ; jd il habite en eux, il les fait marcher dans l'intelligence de sa Parole et dans la sanctification sans laquelle nul ne verra le Seigneur. Il est accordé à tous ceux qui le demandent. C'est par lui que Jésus-Christ dirige et gouverne r£glise^ qui est son épouse et son corps.
a Jésus-Christ appelle tout homme à la repentance, sauvant pleinement, gratuitement et sans aucun mérite qui leur soit propre, tous ceux qui croient en son nom et qui s'approchent de Dieu par Lui,
ce Nous attendons des cieux le Seigneur Jésus, qui doit revenir et nous introduire dans la gloire. Il ressuscitera les morts^ jugera le monde avec justice ^ et rendra à chacun selon ses œuvres.
a Telle e$t 1^ fo| oqmmun^ à nps Pgljses. Nous ypu* Ions faire taus pqs efforts pour la propager, ]^n o^êmo temps nous tendons une ii^ain fraternelle ^ tous ceux qui^ en quelque lieu et sous quelque dénomination que ee soit^ aiment le Seigneur Jésu$ et l'invoquenf; en sincérité j et nous les considérons comme membres de rflgUse universelle. Au Père qui nous a aimés^ au Fils qui nous a layés de nos péchés dans son sang^ et au SaintrËsprlt notre consolateur^ soit louange et gloire à jamais! Aqien! »
Cette confession de foi est celle de toutes no^ Eglises galloises, et il s'y trouve le mot le plus fiche qui fut jamais prononcé dans le ciel qu sur la terre ; a (e sa^ lut, » Néanmoins, ne pense?, pas que nous voulions nief la diversité dçs opinions qui ^wie dans notre pays sur de$ questions secondaires, 4 cet égard, nons vous avouerons ouvertement et avec franchise, qu'il y a 0u keaucQup imp de controverses d?(ns le pays d§ Qalles sur dçs questions secondaires, et hien souvent une section de rJSglise, quand elle a voulu soutenir une croyance qui lui était particulière, y a vm irop àt fougue et de préjugé, Nous en sommes désolé; mais puisque aucune de cqs Eglises n'a la prptentjon d'être mfailliUe, nous sommes persuadé qu'elles l'uniront toutes pour vous dire : a Nous regrettons vivement les effets de la susceptibilité religieuse qui se manifeste parmi nous de temps en temps, mais nous souhaitons du fond du cœur de voir arriver le jour où la prophétie d'Esaie s^accomplira à la lettre parmi nous ; a La jalousie d'Ëphraïm sera détruite, Epbraïm ne sera plus envieux de Juda, et Juda ne
çQi^battra plus PûQtre ^^phrajrn p (E)sa|@ |I}, Et à ce sqjçtj nou$ nom réjouissons de vous dire qu'en ce mopient un très grand nombre de nos Eglises se con^ cçrtent pour former une union permanente el bien ponsûiidéei appelée (^ TAlliance évangéljque, p Beauti coup de nos vieillards respectables et pieux ^ en pnvit sag^^pt leur vie passée^ sont prêts à dire les paroles de saint Paul ; a Quand j'étais anfanti J6 parlais en ^nfapt^ je raisonnais en enfant; pnais lorsque je suis devenu homm^^ je me suis défait de tout ce qui tenait de l'enfant . i^ (i Cor. XlIIj H). Ainsi Tesprit do seote va diminuant tons les jpnrs. Que le temps vienne bientôt oii il sera complètement détruit par l'esprit de Christ | Nous ne pensons p$is sortir de notre sujet en mettant sous vos yeui^ un9 citation tirée d'un rem(irqua<ble travail de M. de Rémusat^ publié dans ta flti)H6
n l^ni que la raison humaine e»stera, ello muUlf pliera ses points de vue^ et si l'Angleterre produit tant de sectes^ c'esi parce qu'elle est libre. Aussi, bien loin que Texistenee de ces sectes soit une source d'indiffé*rence religieuse^ elle peut étre^ et elle est souvent la cause d^une sainte émulation, Que n'a pas dû, sous le rapport de la foi et des œuvres, l'Eglise établie aux évangéliques? Que n'ont pas dû les évangéliques wx méthodistes) Mais de même que les nuances engen» drent la controverse, on pourrait craindre que l'émulation, tournant à la jalousie, n'enfantât que luttes et discordes. Ces effets sont k redouter, sans doute, et nier qu'ils se soient réalisés plus d^une fois serait donner U9 d^enti h l'bistoiref Heureusement la liberté
qui les laisse se produire en diminue bien les périls^ et ee serait d'ailleurs méconnaître les faits que de supposer que d'un libre et sincère débat résulte toujours Tantagonisme^ jamais le rapprochement. Après s'être épuisées sur des différences dogmatiques, les sectes qui ont tout dit finissent par s'apercevoir que le même sentiment les anime, que le même livre les instruit, que la même espérance les soutient, qu'elles servent le même Maître et se confient au même Sauveur. C'est alors que leur diversité même sert à faire éclater davantage l'unité qui les lie, et à marquer d'un caractère plus frappant de spontanéité leur soumission commune à la parole de Dieu ^.»
Il serait bien à désirer que vous et d'autres écrivains bretons méditassiez ces paroles éloquentes; alors, au lieu de nous reprocher sans cesse a les divisions des sectes protestantes, » vous tourneriez vos regards, à l'exemple de M. de Rémusat, vers les efforts que font ces sectes pour améliorer la nature humaine... Pour vous aider à exercer cet acte de charité chrétienne, nous mettrons sous vos yeux des statistiques officielles sur la situation religieuse du pays de Galles.
La population du pays est de huit à neuf cent mille habitants, dont cinq à six cent mille parlent la langue galloise.
L'Eglise établie compte onze cents lieux de culte, et ses membres appartiennent généralement aux familles aisées de la population. Le produit des dîmes, dont l'usage existe encore en Angleterre, contribue
1 Revue de» Deux-Mondes, iaxkYÏev 1859, !'• livr., page 31.
principalement à l'entretien de ses pasteurs; mais nous devons dire que plusieurs sociétés philanthropiques et religieuses appartenant à cette Eglise sont soutenues par des dons volontaires.
Les dissidents^ qui sont très nombreux aujourd'hui dans le pays^ ont la conviction intime que TEglise doit être séparée de l'Etat; et, tout en payant les dîmes d'après la loi comme les membres de l'Eglise établie, et en adhérant consciencieusement à leurs principes, ils préfèrent construire leurs lieux de culte et entretenir leurs pasteurs par des ofiPrandes volontaires. Ils ne demandent d'autre chose au gouvernement que la protection de la loi. Ils disent que les fidèles doivent avoir assez de foi pour pourvoir à toutes les dépenses des Eglises dont ils sont membres, sans réclamer l'intervention de la loi. Pour vous donner une preuve du dévouement et du zèle des dissidents gallois, il suffira de vous dire qu'ils ont construit, à leurs frais, plus de deux mille trois cent soixante et dix lieux de cultes, dont quelques-uns sont de beaux édi^ fices. Ce n'est pas sans de grands sacrifices de la part des pasteurs et des fidèles que de si remarquables résultats ont pu être obtenus. En résumé^ d'après le cal* cul fait par le gouvernement, il existe dans le pays de Galles, tant pour les Eglises établies que pour celles des dissidents, un lieu de culte par trois cent quarante habitants. Ces faits, donnés par la statistique, ne sont-ils pas le meilleur commentaire de ces paroles de M. de Rémusat :. a Aussi, bien loin que l'existence de ces sectes soit une source d'indifférence religieuse, elle peut être, et elle est souvent la cause d'une sainte émulation, p
Consacrons maintenant quelques lignes à la Uttér rature de « ce pays déchiré par les sectes protestan? t0^. » Disons d'abord que c'est au pays de Galles que lsi {lasse-Pretagne àpH la pluç^ grande partie dei lumière^ qu'elle possède sur la littérature apcienne des OeUes. Yûus*mè(n0, Monsieur^ n'auriez pas pu écriro tant dd choses intéressantes sur les deux pays^ si vous u'avl^i pas puisé vos idées dans des documents précieux éma-v nés de noire propre fonds. Nous sommes très (leureuij pour notre part^ que les Gallois aieqt pu vous être en cela de quelque utilité. Mais sans prétendre que ceuxci ne soient en rien redevables à la Bretagne^ ce n'est pas sans étonnement que nous avons lu dans un de vos ouvrages un fait dont notre pays n- avait pas la moindre connaissance r Si les documents d'oii vous avez tiré cette nouvelle étonnante sont digne» de foi^ il faut oouvenir que les Gallois ont contracté envers les Bretons une immense obligation*
Voici ce que vous dites dans votre Essai sur Vhis* toire de la langue bretonne * : et Un autre ouvrage breton armoricain plus important encore^ les saintes Ëcri*
^ * Le fait que raconte ici M. de la Villemarqué n*est pas exact. Des renseignements précis> que nous avons pris près de
personnes bien infprroéeSj tan^ à l.Qn4r6§ Q^^ d^^^ i^ P^Y^ de Galles, nous ont prouvé d'une manière irréfutable que la première traduction gaUoise de la Bible fut faite sur les yersions
turcs, trftdtiites par ordre de la duchesse Anne de Bretagne, et que le clergé du pays crut devoir se lais^ ser enlefer par les Bretons gallois réformés qui l'imprimèrent à Londres, servit aussi de. modèle aux traductions galloises de la Bible, malgré les efforts d'Henri tlll, qui ëh fit brûler presque tous les exemplaires. Publié en France comme le désirait raùteui», et Hsié en Bretagiié, cet inappréciable livré, en ofihrant a la piété des habitants un aliment quotidien aussi titilè qu^agréabte, aurait prévenu la décadence de l'idibme national. Mais le fclergé ètt empêcha mêttie la irentrée ; il faut jtiger suspecte, disàif-ll, une ttanstatiori satià erreur et cbi'ruption et mettre le salut de la foi au-dessus de celui dé la langue bretonne. Eti réalité, toutes deuic n'eussetit pu que gagner à celte traduction des Ecritures eu langue vulgaire, d'autant plus qu'elle était sans aucune altération selon le téinoignage formel du P. Grégoire qui Ta èùe entre les mains. Or, elles perdirent toutes deux en la perdant, feomme nous le verrons bientôt. »
Ces nobles paroles vous font beaucoup d^honneur, Monsieur. Il ti'y à pas Un chrétien évangélîque estimant comme David g la Parole de Diéù plus doUce que le miel, » qui n'approuve l'esprit d'indépendance qui perce dans cet extrait. Nous sommes parfaitement de votre avis lorsque vous dites que « la foi et la langue
hébraïques et grecques. Il est possible que la duchesse Anne âSt fait faire de la Bible une traduction bretonne et que le clergé breton ait refusé de la recevoir dans le pays, mai» il est ceiinin que cette traâttction n'a jamais été connue dans le pays de iGalles.
bretonne perdirent toutes deux en perdant cette traduction. D Nous dirons de plus : ce si ce livre inappréciable x) avait été librement distribué dans la Basse- Bretagne en langue vulgaire^ il n'y aurait pas une grande différence aujourd'hui entre elle et le pays de Galles. Nous ne nous lasserons pas de citer vos paroles, qui expriment si bien notre pensée : « Cet inapprécia* ble livre^ en offrant à la piété des habitants un aliment quotidien aussi utile qu'agréable^ aurait prévenu la décadence de Fidiome national, x» Oui, Monsieur, il aurait produit un bien plus important résultat que celui dont vous faites mention. Ecoutez ce qfie dit de ce saint livre Tesprit de Dieu par la bouche de David : a La manifestation de vos paroles éclaire les âmes et donne rintelligence aux petits » (Ps. CXIX). Cette parole place tous les hommes au même niveau. Quand l'homme Texamine avec foi, il est convaincu de sa propre responsabilité devant Dieu* Quel que puisse être sa position dans la société, dès qu'il prend la Parole de Dieu entre les mains, il se trouve tête à tête avec son Créateur, et il a le droit de dire avec le grand Corneille : « Parle seul à mon cœur^ et qu'aucun autre docteur ne m'explique tes lois. »
Le jour où le clergé breton a empêché l'entrée de ce a livre inappréciable s) dans votre pays, il a chassé le soleil du firmament moral, et préféré les ténèbres à la lumière; il a refusé un don qui, après celui que le ciel nous fit du Rédempteur, peut être considéré comme le plus riche qu'il soit donné à la terre de recevoir. « Restée en Bretagne, » connue et répandue parmi le peuple, cette traduction aurait mieux que
toute autre chose cimenté Funioit réciproquement si désirée. Elle serait pour les deux pays la charte des libertés religieuses et civiles^ le code de lois le plus parfait^ puisqu'il émane du ciel même. L'introduction de ce livre en langue vulgaire a complètement changé la face du pays de Galles. On pourrait s'étonner que les réformateurs gallois aient pu, par leurs plumes et par leurs prédications^ produire une si grande révolution morale dans leur pays; mais cet étonnement cessera si Ton songe qu'ils n'ont voulu employer d'autres armes que a (a Parole de Dieu, x> que saint Paul appelle a l'épée de l'Esprit. » Et puisque chaque chrétien est appelé à lutter dans la guerre sainte engagée entre le ciel et l'enfer, il est de la dernière importance qu'il possède cette épée h deux tranchants. Ainsi l'homme ne se rapproche jamais plus de la Divinité que lorsque, ma par un esprit de piété et de prière, il fait tous ses efforts pour mettre entre les mains de ses frères a la pure Parole de Dieu. »
C'était justement cette, idée qui pénétrait le cœur d'un Gallois quand il jetait les bases de la Société Biblique. A vous permis, Monsieur, et à vos compatriotes, de vanter les institutions établies dans votre pays pour propager la foi. Pour nous, nous nous bornerons à dire qu'un Gallois est le fondateur d'une société plus utile à la terre et plus agréable au ciel qu aucune autre sur la surface du globe.
L^année 1802 comptera comme une époque à ja-. mais mémorable dans les annales de l'histoire du pays de Galles. Malgré toute la lumière répandue par la prédication de Christ crucifié, et par la conn.iissance
ie la PMToto 4e Wem, le < Hrre màpftéeialAe i> était mrore^ «n cooimenceiDeiit de ee sièele, bien rare et trop elier pour le peuple. Emu josqo'aci cœur èe cette tèétf riRinMvtel Cliarleif de Ba)a (véritable en font de e« CMiriii, « Ml d«9 grasd» enaeiBi» de Dîea et des IftMiiitea m), quitta un jour ses montagnes, et se rendît ft Londres. Après aToir réuni qoelques-^ns de ses amis, il leur adressa cette question : « ]^t-il possitile de fer* mer une société pour fournir la sainte KMe khen marché à mes pauvres compatriotes? — Oui, eèrtarnement^ lui répondit Huglies (un autre enfant de Ca^ ria}y i\ est possible de former cette socièiéj nornseole* ment pour te pays de Galles^ mais pour le monde entier. » 1el\e fbt Tor^ne de cette société auguste qui imprime la sainte Parole de Dieu pour toutes les nattons de la terre. Y a-tri! rien qui puisse exciter à un plus haut degré notre admiration^ que de voir les sacrifices énormes faits par cette société^ qui distribue au peuple de tous les pays^ pour unesomme très modique, ce code des lors^ qn*eUe a fait traduire â&us phis de cent cinquante langues^ et d'après lequel FcmivefS sera jugé au dernier jonr ^?
^ L'opinioa ds Sa Seigoeucie révé(|ue ds Quimper sur la Société Biblique diffère entièrement de la nôtre> comme on peut le -voir par la citation suivante tirée de son Mandement pour le ca^ rème de 1S59 :
« Un autre caractère pco-videutiei de cette sainte et «atboUqae association (la Propagation de la foi) c'est sa fécondité^ plus frappante encore si on la compare a la stérilité de Thérésie^ qui peut bien diviser et détruire, mais socis la concbtion fatale de ne jamais rien fonder, ni riea édifier .r Pendant trois siècles eiki s'est élevée contre les missions et semblait se complaire à les condamner autant dans leurs motifs que dans leurs résultats ;
n ifexisle pas èe pa^s qui ait p}w profité de cette société (pte eefai où t\Us a pris iifthsanee^ et le fait fuiirfifit en fournira «ne prêtrise suffisante. La langue galloise n^èst parlée dans le monde entrer que par près d'ufi million d'àmes^ et depnis te tejmps de la Reformations &fi à imprimé dmze cent mille Biblei et I¥(m0eau3t Testamentê dans eette langue. La Bible est éeireune la base de notre littérature^ et son infhienees ^ se fait remarquer surtout dans des ouvrages de
cependant^ en voyant Tamour des peuples^ leur reconnaissance et Féelal qm rejainîSflait sm no» missionnaires^ l'hérésie a voulu moir eeussi tes nens *. filé a rénni deS collectes dix fois plus ^nées qixe les ftôffes* ; eRe a f radtrît et imprimé à grawds frais nos livres saîntir âaîts touleà fe« langues j elle a fait jeter par ses ministres des cargaisons de Bibles sur toutes les Côtes o{t son etmnfterw peitrt atteindre. Qné signifient ces prétentions? Comment expliquer cef désir subît de rivaliser en ce point avec rEglise, après l'avoir condamnée si amèrement et pendamt si fongteaipst Un parerf fait est remarquable; nous n'en décou- WorïS encore ni la cause ni le but^ mais nous savons que les Yoies de la Providence se dérobent à nos faibles regards et que les hommes amènent à leur insu Taccomplissement de ses desseins adorableisr.
« Nous voyons que î*Egf!is(e catholfqtfô enfante seule des disciples â l'Evangile. Eîle seule est féconde : les hérésies, arbres morts, dit saint Jude*, manquent de sève pour pousser des re-^ jetons et des rameaux. Promenez tour à tour vos rfegards sur (es peuptes qui, dans Tes cinq parties du monde, ont été convertis à la foi chrétienne. Tous n'en Verrez pas un seul qui ait eti une autre mère que celle dont nous avons le bonheur d'être les enfants; en vérité, ïe doigt de Dieu est là... »
Il paTaît, d'après cette citation, que Monseigneur PéVéqû'e n'attend pas grand bien de la distribution des saintes Écritures. Nous
1 I Feoeruntque timiliter malefici » (Exode VII, 32.)
i Les Sooiefés Bibliques disposent de plus de quarante millions*
3 Jude 13.
théologie et de poésie^ a imprimé des traces très sensibles dans les productions littéraires de toute nature. Outre les nombreux ouvrages théologiques écrits en gallois^ notre pays s'est enrichi des traductions des meilleurs auteurs qui ont écrit sur ce sujet en anglais. Quant aux œuvres purement littéraires^ voici quelques détails qui pourront vous donner une idée de leur nombre et de leur importance. U paraît chez nous, en gallois, deux publications trimestrielles^ dont Tune est une revue, et l'autre une encyclopédie;
le remercions pourtant de rattacher à la Société Biblique toutes les diverses institutions protestantes du monde. Nous croyons fel'niement que toutes les sociétés qui se sont données pour but la distribution de la Parole de Dieu doivent être animées d'intentions philanthropiques.
Nous remercions encore Sa Seigneurie du témoignage qu'elle donne du zèle des Sociétés Bibliques et des sacrifices qu'elles s'imposent. C'est un fait très remarquable sans doute que le protestantisme montre dix fois plus de zèle et fait dix fois plus de sacrifices pécuniaires pour répandre l'Evangile que toute la ca* tholicité. Nous ne pouvons pas être d'accord avec Sa Seigneurie lorsqu'elle conclut que, malgré tous les efforts «c de l'hérésie qui a fait jeter par ses ministres des cargaisons de Bibles sur toutes les côtes, » l'Eglise catholique enfante seule des disciples à l'Evangile. « En promenant tour à tour nos regards sur les peuples qui, dans les cinq parties du monde, ont été convertis à la foi chrétienne, » nous avions toujours cru que l'Angleterre, l'Amérique, la Suisse, la Hollande, la France protestante, etc., etc., avaient au moins converti quelques personnes à la foi chrétienne. Mais il a plu à Sa Seigneurie d'en décider autrement. « Vous fCen vendez pas un seul qui ait eu une autre mère que celle dont nous avons le bonheur d^étre les enfants. » Nous prierons Sa Seigneurie de nous permettre de croire qu'il y a des âmes sauvées en dehors de l'Eglise de Rome. C'est au jour du jugement que la question sera décidée sans appel, et il est heureux pour les pays hérétiques que Monseigneur i'évêque de Quimper n'y sera pas le juge.
— Ailes publications mensuelles sont au nombre de quatorze, et les journaux bebdomadaires au nombre de cinq^ ce qui^ au sein d^une population de cinqàsix cent mille personnes parlant la langue galloise^ présente un chiffre très respectable^ et prouve la vérité de ces paroles de David déjà citées : « La manifestation de vos paroles éclaire les âmes et donne rintelligencc aux petits. » Il est bon d'ajouter que ces publications sont surtout lues par les cultivateurs et les ouvriers^
Les accusations que vous portez si gratuitement contre Les a sectes protestantes^ » qui^ d'après vous^ a déchirent et dépoétiseut ce malheureux pays, » ne nous effrayeront nullement tant que nous pourrons produire des faits qui prouvent avec évidence que tous les e£forts de ces sectes ne tendent qu'à répandre la lumière et la moralité parmi nos compatriotes.
L'unité religieuse de TEglise de Rome, que vous admirez tant^ nous parait ressembler aux neiges qui couvrent le Snowdon (la plus haute de nos montagnes). Pendant l'hiver rien n'en trouble l'uniformité jusqu^à ce que^ sous l'influence des rayons vivifiants du soleil de printemps^ elles se fondent en mille ruisseaux^ qui, tout en prenant une direction différente, finissent.par arriver au même océan. Jusqu'à la Réformation, la même uniformité glaciale enveloppait la foi religieuse de notre pays. La Bible fut le soleil qui fit fondre cette glace, et nos différentes sectes ne sont que les ruisseaux qui, tout en suivant leurs cours divers, ne tendent que vers un seul but, l'océan de ^éternelle félicité.
▲vaat de terminer w» remarques ^vr la iiltératuw galloifie, il importe beaucoup que nous releviom ee que vous dites des eectes protestaotes qui auraieot, d'après vous, « dépoéiisé notre oialbeureux paji« » C'est en des termes empreints de tristesse que irous déplorez Fabsence de e ces réunions où la foule trouvait dans la danse et la musique une divenioB passagère k sa misérable existence. » Vous vous ré» jouissez ensuite en proclamant que la religion romaine n'a rien enlevé h la Bretagne de sa poésie^ et e'est dans le langage le plus fleuri que vous dépeignei les pardons bretons. On dirait, en Usant votre deseription, que la Basse- Bretagne est te pays le plus poétique sùus k ciei^. Nous reconnaissons très volontiers que le costume breton, si varié et si original, donne à quelquesuns de vos pardons un aspect assez pittoresque. Nous
* « Le lendemain, au moment où Taurore se lève, on voit arriver dans toutes les directions, de toutes les parties de la Bretagne, des bandes de pèlerins qui chantent en eheimnant. D'aoni loin qu'ils aperçoiveiit le clocher de TégUse, ils ôtent leurs cha» peaux et s'agenouillent en faisant le signe de la croix. I^a mer se couvre aussi de mille barques, d'où partent des cantiques dont la 4)adenee soleanélle se règle sur celle des rames. Il y a des paroisses entières qui arrivent sous leurs banaières o^itionales et conduites par leurs pasteurs...
« A l'issue des vêpres sort la procession. Les pèlertils s'y rangent par dialectes... Quand le cortège se développe, rien de plus curieux à voir que ces rangs serrés de paysans aux costumas variés et bizarres, le front découvert, les yeux baissés, le chsu pelet à la main; rien de touchant comme ces bandes de rudes matelots qui viennent, nu-pieds et en chemise, pour accomplir le vœu qui les a sauvés du naufrage, portant sur leurs épaulas meurtries les débris de leur navire fracassé; rien de majestueux comme cette multitude innombrable qui, précédée par la croix
ignorons « ce ^ue nous «ppoloos fillore«|iiê ost 06 qu€ ? oiM appelée pùé$ie. Nous serions porté à le croire, quand nous nous rappeio^^ que nous avons souvent entendu prétendre quil j a beaucoup de poésie dans uno procession faite par les bramines en Tbooneur de Jagemaut, Nous avons souvent visité les pardMS bretons, et nous n'entreprendrons pas de signaler iei lootes les difléfentes espèces de superstitions prati* quées dans ces réunions. lioin de n<Mis aussi de blA« luer^ sans restriction, ees pauvres gens qui se soumettent à des pratiques dignes des beaux Jours du moyen âge. A jant été nous^méme , Monsieur, dans les pardons bretons^ si souvent témoin oculaire de superstitions et de scènes d'ivrognerie repoussantes, nous avouons qu'il nous est tout à fait impossible de eomprendre ce que vous voulcs dire par ces paroles, que nous extrayons de Vuti de vos ouvrages : « Ainsi
s*avance en priant le long ides grèves et dont les chants se mêlent aux roulements de l'Océan. . »
« Des tentes sont dressées dans la plaine, les pèlerins y passent la nuit; on v^lie fort tard, on reste pour écouter l^cantiqaesqu^. voiH chantant d'une (ente à rautr^i les bardes populaires. Ce jour est tout entier consacré à la religion. Les plaisirs profanes re^ naissent avec l'aurore et les sons du hautbois.
c( A midi, la lice s'ouvre; Tarbre des prix, portant ses fruits comme le yommSer ses pommesi, ainsi que cela se dit, s'élève triomphalement au centre ; à ses pieds mugit la génisse, gage principal du combat, les cornes ornées de rubans. Les jeunes filles et les jeunes femmes^ juges influents des joutes, appa* laissent, montées sur les arbres environnants^ à demi cachéss comme des fleurs dans le feuiU^^e... » (Introduction au Barzas Breiz.)
la religion confond- tous les àges^ tous les rangs, toutes les condittons^ dans ces pieuses assemblées, qui pourraient s'appeler encore des synodes privilégiés de fraternité et d'union. i> Nous en sommes encore à nous demander où se trouve la religion de Jésus- Christ dans les pardons bretons. Qu'un homme sérieux, étudiant la Parole de Dieu, visite ces pardons, et ces paroles de saint Paul lui viendront infailliblement à Tesprit : a Ces honimes ont du zèle pour Dieu , mais leur zèle n'est pas selon la science, b
Une chose est certaine : le jour où le pay^ de Galles a pu, p9r la prédication a de Christ crucifié, » abolir ces réunions, qui ne produisaient que des excès de toute espèce, a été un jour de bénédiction pour nos compatriotes. Nous sommes heqreux de constater que le$ réunions religieuses du pays de Galles, aujourd'hui^ ont un tout autre caractère. Avant le seizième siècle on pouvait y remarquer cette poésie que vous admirez tant dans vos pardons. Hais la lumière de TËvangile, en faisant disparaître la superstition, a fait naître une poésie bien différente de celle dont vous regrettez la perte, et qui a son principe non plus dans des pratiques extérieures et souvent dégradantes, mais qui est la manifestation d'une foi sincère^ éclairée par l'intelligence.
La Rérormation glorieuse a été l'époque de la renaissance de la poésie galloise. Aussitôt que la Parole de Djeu fut connue dans le pays , le vénéré Edmund Price fit une version des psaumes de David pour qu'ils fussent chantés dans les églises, suivant en cela l'exemple de Clément Harot, qui l'avait déjà
fait en français. Un autre pasteur de l'Eglise anglicane écrivit un ouvrage appelé Canwyll y Cymruy qui contient toutes les doctrines de la Bible ^ écrites dans un langage simple et clair. Cet ouvrage y plein d'originalité^ a produit un efiet immense sur les destinées de notre pays^ puisqu'il a été chanté par des milliers de familles qu'il a amenées à la connaissance de la vérité.
Les deux ouvrages de poésie religieuse que nous venons de * mentionner^ n'étaient que les prémices d'une plus riche moisson. Du seizième jusqu'à la tin du dix-septième siècle^ plusieurs centaines de cantiques furent composés par des pasteurs et des laïques* L'année 1717 fut marquée par la naissance de Williams^ dont le talent dans la poésie sacrée fut si remarquable. Les richesses insondables de Christ^ le phare du salut^ les beautés incomparables de la Bible^ furent les thèmes sur lesquels s'exerça surtout sa muse poétique. Nous ne pouvons que vous inviter à lire quelques-unes de ses sublimes productions. Beaucoup d'autres ont enrichi hotre langue de psaumes et de cantiques sacrés ^ qui sont constamment chantés par des milliers de chrétiens.
Il nous faudrait bien des pages pour vous parler de tous les poètes qui ont honoré notre pays depuis la Réforme. Nous avons sous les yeux une lettre que nous venons de recevoir du plus célèbre de nos bardes gallois modernes. Nous voudrions la citer tout entière, mais nous devons nous borner à en extraire quelques passages : a Je laisse de côté un grand nombre d'auteurs d<& second ordre, je ne vous envoie que les ngrii|^ ^^
nos poètes les plus distingués qui ont écrit en langue galloise depuis la Réformatiou, La liste suivante \ous donnera une idée de nos poètes et de leurs ouvrages, dont quelques-uns sont très remarquables et très esti<r mes parmi nous... Nous comptons vingt-^sept noms dans le seizième siècle; onse dans le dix-septième siècle} dix <r sept dans le dix^hi^itième, et depuis le commencement du dix-neuvième siècle, le pays do Galles a eu à regretter la perte dé douze poètes très distingués... x>
Si vous ajoutez aux nombreux volumes laissés par tous ces poètes les milliers de pièces de poésie publiée» dans nos journaux et dans nos revues, nous vous le demandons , pouvez- vous réellement et de bonne foi penser que le pays de Galles a été « dépoétisé par les sectes protestantes? x»
Lors de vos visites dans notre pays yoqs avez pu être témoin de Tenthousiasme de nos compatriotes pour la poésie des anciens bardes. Vous eussiez dft reconnaître alors que ces hommes, qui vénèrent la mémoire des ancêtres^ n'ont jamais oublié que h Parole de Dieu y loin d* éteindre le flambeau de la poé" sie y présente à l'inspiration des poètes les plus splen^ dides thèmes. Les a sectes protestantes » ne cessent d'imposer, comihe un devoir, à chaque personne qui possède la sainte Bible , la lecture et l'examen de la sublime poésie de ces prophètes inspirés. Job, David, Esaïe, Jérémle, Ezéehiel> etc. Nous sommes loin de prétendre que tous nos humbles compatriotes puissent comprendre ces beautés Incomparables; mais pour connaître la vie domestique de milliers d'entre ^uz^
û suffit de \ir% t9 tableau <|U*«h ftiit Robert Bbinft^ avec «aia»t de talefit que de véHté !
*fhe prîest iike father feads the sacred pagre
HoW Abram was the ttieûd of Ood on hïi(fh
Or Moses bad éternel warfare wage
Witb Amalak; un^acious progeny
Or how the foyal bahi did grroanlng Uô
Beneatb tbe slroke of &eaven*is avenglrtgt ife$
Or Job's pathetic plaint and waiiin^r cry
Or rapt Isaiah's wild, seraphic ûre
Or other holy seers that tune the sacred lyre. ,
^e^haps thé Christian voliime is the thème How giiiltleu blood for groiUy man was «hed How he who bore in Heaven the second name^ Had not on earth where on to lay bis head HoW hiô flrst followers krid servants spèd The preeeptt sage they wrotô to many a laAd How he who lone in Patmos banished.
Saw in the sun a mighty Angel stand Ând heard gfeat Babylons doom pronoahced By HeavBfi*8 coœmand.
font tertatoef ce âtijet, ftôus vdtla û\tom que ies «ectes ptoteslantci du pays de Galles ont plus de deux mille écoles du dimahche, où oli lll contittoel* lemeut la Parole de Dieu. Et voici un fait qui vous montrera la manière dont nos coreligionnaires ont éteint le flambeau de la poésie. Lors de notre dernier voyage dans nos contrées, dans ujie chapelle où on nous avait invité à faire le service, un des enfants de l'école du dimanche récita devant la congrégation ces paroles sublimes : « Qui eèt celui qui a mesuré les eaux dans !e eretix lie sa raftin> et quî> te tenàSt
étendue, a pesé les cieux ; qui soutient de trois doigts toute la masse de la terre, qui pèse les montagnes^ et qui met les collines dans la balance?... Toutes les nations ne sont devant lui que comme une goutte d'eau qui tombe d'un seau^ et comme ce petit grain qui donne à peine la moindre inclinaison à la balance ; toutes les îles sont devant ses yeux comme un petit grain de poussière» (Esaîe XL^ 12-i5). Nous faisions le service le dimanche suivant dans une autre église où nous entendions un autre enfant réciter ces paroles : « Bénissez le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur^ mon Dieu, vous avez fait paraître votre grandeur d'une manière bien éclatante; vous êtes tout environné de majesté et de gloire ; vous qui êtes revêtu de la lumière comme d'un vêtement et qui étendez le ciel comme une tente; vous qui couvrez d'eau la partie la plus élevée^ qui montez sur les nuées et qui marchez sur les ailes des vents; vous qui rendez vos auges aussi prompts que les vents, et vos ministres aussi ardents que les flammes » (Ps. CIV).
C'est en instruisant des enfants à réciter des paroles si sublimes que le protestantisme a dépoétisé notre a malheureux pays. »
Envisageons maintenant notre pays au point de vuq
dç 84 ui9r«Jrtét Vpus «^ dçvçz pa$ y^u? «ttendje ^ c^
qu'à votre exemple^ par rapport à la Bretagne^ nous décrivions le pays de Galles comme un paradis. Nous avouons franchement que (pour nous servir des paroles de saint Paul) « le péché y règne » comme ailleurs. Nous n'hésiterions point cependant à soumettre à votre appréciation et à celle de vos compatriotes la statistique officielle du crime dans notre pays. Hais avant d'en parler^ il importe de faire quelques remarques sur les efforts faits il y a plusieurs années pour mettre un terme au vice de Tintempérance. Quoique l'Evangile y fût prêché dans toute sa pureté^ nous devons reconnaître que l'ivrognerie était un vice très répandu dans notre pays. Les hommes pieux en déploraient les funestes effets. Les pasteurs élevèrent la voix pour la combattre. Tous leurs efforts ne purent arrêter le progrès du mal. Ce fut alors que se forma une société de tempérance dont les membres devaient s'abstenir de toute espèce de liqueurs spiritueuses^ de quelque nature qu'elles fussent. Nous somnoes heureux de déclarer que le plus grand nombre de nos pasteurs^ surtout dans les Eglises dissidentes; s'empressèrent d'inscrire leur nom en tète de la liste de la société. Leur conduite était auparavant irréprochable à cet égard , mais ils pensèrent que leur devoir était de donner les premiers l'exemple an peuple. Cet exemple ne tarda pas à produire ses fruits. Dans toutes les églises, et même dans les rues et sur les places^ on prêcha contre l'intempérance et on forma des sociétés. Ces discours^ corroborés par l'exemple des pasteurs^ amenèrent à une conduite régulière des milliers d'bwïpçs<juijus(juç-là ^'^tîiiQnt
adonnés à Tivrognerie. C'est an remeroiftiit Dieu d« fond du cœur que nous écrivons ces lignes : Vitm* gnerie est aigourd'hui un vice rere dans les paroisses habitées par des Gallois. Le mouvement moral pro« dnit par la société de tempérance ne tarda pas à don«» ner naissance à d'autres sociétés utiles» parmi le»» quelles la société philharmonique mérite une mention spécialci Si quelque jour vous vîBites encore nos moti^ tagnes et que vous entries dans une de nos égUseSi vous entendrez l^s simples paysans gallois chanter^ avec un goût qui vous étonnera^ les meiiteures com-^ positions de nos maîtres.
Quant à ce qui concerne les crimes dans lé pays de Gallesy nous ne dirons rien des simples délits jugéi par la police correctionnelle ; nous parlerons seule*» ment des crimes capitaux. Nous venons de reeevoif la statistique officielle de Londres^ de tous les Crimes commis dans le nord du pays de Galles depuis quitisê ans. Nous remarquons^ avec un extrême plaisir^ que> pendant tout ce temps^ il n'y a eu que deux personnes condamnées à mort^ dont une a été exécutée. Le nord du pays de Galles contient un peu moins d^habitatita que lé Finistère. Par rapport au sud de notre pfty*> nous n'en dirons qu^un mot. Dans le mois de jyifi 1860^ à la clôture des assises * de Carmarthenshlre^ le Juge baron Brâmwell a prononcé ces paroles : « G'mrl à l'honneur de votre département qu'il n'y ft pâl Uli seul prisonnier à juger dans ces assises* Dans te département de Gardiganshlre^ il n'y en é^lkiî qW
1 Les assises s*t tlennenl deux fols par àà»
deux, et notes bien que ces deux acetisés n^étaient pas Galk>i8^ mais étrangers au pays. Dans le département de Pembrokeshire^ il y avait deux prisonniers, dont Tun a été acquitté, l'autre condamné à trois moia de prison. Je dis que c'est un grand honneur, pour trois départements du sud du pays de Galles, qu'ils n'aient eu qu^un seul natif jugé devant les assises* » En lisant ces paroles du juge, nous disons du fond du cœur : a Béni soit Dieu, qui nous a donné sa sainte Parole en gallois! c'est principalement à son influence divine qu'il faut attribuer de si grandes bénédictions.
Après atoir fourni des faits et produit des statis« tiques sur le pays de Galles « décbiré par les sectes protestantes, tenu par les huguenots et les Anglais dans les liens du malin esprit, sans aucune espèce de fbi, etc., etc., » il est tout naturel que nous établis^ sions un parallèle entre ce « malheureux p^^ys, » dont vous accusez la Réforme d^avoir changé les mœurs, et la Basse-Bretagne, « dont les habitants, sans Tivro^ gnerie, seraient le premier peuple du monde ; d'où la foi catholique s'exhale comme un parfum, où Farbre de îa foi a pris des racines plus profondes et a produit phis de fruits que dans aucun autre pays, etc., etc. w
Il ne serait jamais venu à notre esprit d'établir des comparaisons entre les deux fifty», si vous eitf Mires
écriyains bretons n'aviez d'abord donné l'exemple.
Occupons-nous d'abord de la Basse-Bretagne^ ce qui n'a jamais foulé aux pieds l'autorité et brisé la chaîne de la tradition des apôtres^ et ne s'est jamais détachée de l'unité de l'Eglise. » Il n'a fallu qu'une chose pour arriver à ce point de perfection. C'était de croire les écrivains qui disent sans cesse a qu'il n'y a jamais eu le moindre désaccord entre les docteurs de l'Eglise romaine^ et que^ depuis le temps des apôtres jusqu'à nos jours^ il n'y a jamais eu une erreur condamnée par le jugement doctrinal de l'Eglise qui soit devenue plus tard un article de foi^. » Si l'on a pu persuader aux Bretons a qu'il y a eu toujours uniformité des doctrines^ accord des intelligences dans l'Eglise romaine, » il faut avouer que le clergé a trouvé les esprits bien dociles dans votre pays. Pour nous^ nous nous réjouissons de dire que les Gallois ont écrit dans leur langue un noot appelé kanes, en français histoire, et vous trouverez parmi eux des milliers de personnes qui vous diront^ avec le docteur Malan^ de Genève : a Qu'on prenne la peine de suivre les actes de l'Eglise de Rome depuis le sixième et le septième siècle jusqu'au dix*septième^ et qu'on dise s'il existe une histoire plus abondante que la sienne, soit en change* ments^ en inconséquences et en contradictions; soit en opposition formelle avec la parole de Jésus-Christ et la règle de foi de l'Eglise de Dieu. »
Nous ne pouvons dans une brochure nous livrer à un examen approfondi des doctrines de TEglisQ de
t Paroles d'un évoqua breton,
Rome^ mais nous ne craignons pas d'être démenti en disant qu'il suffit de lire l'histoire ecclésiastique pour se convaincre que cette Eglise a changé bien des fois^ non pas seulement sa discipline^ mais ses dogmes.
Dans vos récriminations contre les sectes protestantes^ vous ne devriez pas perdre de vue que ces sectes ont des réunions fréquentes^ où les laïques^ les anciens et les pasteurs discutent les questions religieuses en toute liberté et franchise; où un homme est un homme, et où chacun peut donner libre cours à ses pensées. Nous reconnaissons qu'il y a diversité d'opinions sur des questions secondaires ; mais il y règne une parfaite unité quand il s'agit de répandre la lumière de TEvangile.
Vous est-il permis^ à vous, de prendre part aux discussions de sujets religieux que traitent dans les conclaves les cardinaux et le haut clergé? Vous me répondrez sans doute : Non. Ne blâmez donc pas vos frères gallois qui jouissent du privilège d'émettre leur opinion sur des questions qui se rapportent au règne de Dieu.
Ne vantez pas tant votre unité à huis clos. Pour que vous puissiez établir une comparaison entre les deux pays en matière religieuse et vous féliciter de votre parfaite unité, attendez le jour où le pape voudra bien permettre aux scottistes, thomistes, jésuites, jansénistes, gallicans, ultramontains, franciscains , bénédictins , trappistes, rédemptoristes , oblats de Marie, etc., etc., etc., de se réunir dans une ville quelconque, en Basse-Bretagne. Que chacun de ces ordres dise ses pensées librement, comme font nos
dé%uéft des EgKses réformées, et 40'il n'y ait pêê de huis clos , afin que nous puissions assister à leurs discussions; alors nous verrous où est cette imité absolue dont ftarlo votre %tise*
Envisagecws naaintenaDt la Basse-Bretagne au point de vue de sa tneralité* Avantd'aborder ce sujet, nous désirons appeler votre attention férieuse sur la comparaison que vous avez faite des deuï pays par rapport à leurs réunions. Vous dites que « dans la Bretagne le cbrislianisme leur fit perdre leur carae* tère païen, mais qu'il ne parait avoir changé ni leur institution foodanientale , ni leurs cérémonies, ni leurs usages^ ni le temps, ni le lieu des réunions ; que , fidèle à sa prudente manière d'agir avec les barbares, il n'abattit pas le temple, il le purifia; s tandis que, dans le pays de Cralles, « les ministres de la prétendue religion réformée abolirent les jeux nationaux gallois, qui sont maintenant remplacés par les orgies du cabaret, n Vous donnez, it est vrai, à Fapput de votre remarque, une citation extraite d'un des ouvrages de Davies, écrit en IfiOO. Hais est-il juste d'accuser la Réforme des abus qui existaiefft il y a deux cent cinquante ans, à une époque où le pays sortait à peine des ténèbres où le retenait les doetrines de la papauté! Pour établir des contrastes
eatr£ 4^x paysj^ il teut les prendre aux mêmes épo* ques»
Nous venan» <]« signaler les beoreux effets produits dans le pays de Galles par la Société de tempérance; et nous regrettons de n'avoir à metire/ en regard de ces beaux résoUats^ aiienne tentative sérisuse faite dans votre pays pour arrêter les débordements de rintempérance parmi les Bas-Bretons. Nous n'entrerons à ce sujet dans aucun détail. Il y a plus de dixsept ans que nous habitons le pays^ et ce n'est pas par de simples renseignements que nous connaissons la Basse-Bretagne. Nous nous bornerons à vous demander sincèrement si l'ivrognerie n'est pas le péehé <)e prédileetion des Bas-Bretons. AUea dans les bourgs te jour du Seigneur et les jours de fête. Voyez tes paysans dans les foires et dans les marchés^ et dites s'il est un plus triste spectacle que celui des exeèt auxquels se livrent les hommes et même les femmes. Nous jetons un voile sur ces scènes désolantes^ et nous terminons ce sujet par une simple réflexion : vous aves été bien mal inspiré^ lorsque tous avez voulu comparer la Bretagne au pays de Galles sous le rapport de la tempérance. Nous ne craignons pas d'être démenti, et nous nous croyons au-dessous de la vérité en affirmant que sur tm homme qui s*enivre dans le pays de Galles, vùus en trouverez dix en Bre* tagne qui sont adonnés à ce vice.
Quant à ce qui concerne les crimes dans la Basseft^etagne, nous n'en dirons qu'un mot. Il y a quelques années que nous avons entendu le procureur impérial dire, dans le palais de justice, à Quimper : a Après
— Sole département de la Seine^ le Finistère fournit plus de crimes qu'aucun autre département de la France. » Nous vous avons donné la statistique officielle des crimes dans le nord du pays de Galles pour quinze ans. Ayez la bonté de nous donner la vôtre^ quant à ce qui coaceme le département du Finistère^ pour le même nombre d'années.
Il nous reste^ pour terminer ce parallèle^ à dire quelques mots sur la littérature de la Basse-Bretagne. Nous devons tout d'abord , Monsieur, reconnaître les efforts que vous et d'autres écrivains bretons, de ce que vous appelez la nouvelle école, avez fait pour régénérer, la langue bretonne. Nous regrettons vivement que, jusqu'ici, vos efforts ne soient pas couronnés de succès.
Dans votre Essai sur V histoire de la langue bretonne, vous donnez la liste des ouvrages publiés dans cette langue, de 1501 à iSVIf et le nombre de tous ces ouvrages s'élève à peu près à quarante. Il est vrai que vous dites ensuite : « Quelque longue que soit cette liste d'ouvrages, il serait facile de l'augmenter encore par i'énumération de toutes les poésies bretonnes qu'on imprime journellement et en si grand nombre, soit en brochures ou sur feuilles volantes, soit dans les revues ou les journaux de Basse-Bretagjie. »
Malgré votre assertioi)^ nous douions fort que vous puissiez faire de très nombreuses additions aux ouvrages qui figurent dans votre liste, et nous ne pouvons nous empêcher de faire ici une réflexion que vous trouverez^ nous l^espérons, bien naturelle. C'est qu^une littérature qui^ dans une population (d'après ce que vous dites vous-même) de douze cent mille individus^ n'a produit que très peu d'ouvrages en dehors de ceux que mentionne votre liste^ dans l'espace de trois siècles et demi, n'est pas une littérature très remarquable.
C'est certainement dans une très louable intention que fut établie la publication trimestrielle intitulée Breuriez ar feiz. Nous regrettons vivement qu'au lieu de compter vingt mille abonnés^ comme vous l'avez espéré^ cette revue religieuse n'en compte que huit cents. C'est d'autant plus regrettable^ que c'est la seule publication périodique écrite en breton que vous ayez dans votre pays.
A quoi faut-il attribuer cette pauvreté que nous signalons dans votre littérature ? Nous ignorons quelle serait votre réponse à cette question. Pour nous^ elle ne nous embarrasse nullement.
Nous l'attribuons entièrement à cette erreur radicale commise par le clergé breton le jour où il a empêché l'introduction de la Bible traduite en langue bretonne, par l'ordre de la duchesse Anne. Nous avons déjà dit que la propagation de ce saint livre en langue vuigaire a complètement changé la face du pays de Galles, et qu'il est devenu la base de notre littérature ; et certainement si ce ce livre inappréciable »
eèl élé répaftida ci coniia en Bretagne^ ftons obturions p«s a«}ourd'liui à regretter de yrm, dans tme pOfmtotiM de douze cent mille personnes parlinl la langue iM'etonne^ une littérature qui compte toiii au plus quatre-vingts ouvrage» *•
Nous avons déjà dit aussi q»% les remanfues qnt irons fûtes sur le t cfo» do defgé breton d'admettre le • livre iftappréciable s dans votre pays vous fe«t beadamp d'honneur» Il Istit i^ooter foortant que nous oomoi«» bien étonné ^e voqs^ ^scrple ardent de Le* gonidec^ ayez à peine mentionné le plus iia^Nirtaiil de ses oavrageSi la traduction^ en langoo bretonne^ de toute la Bible.
Il nous semble que^ lorsque voiw avciar blâdié te ékergé breton de n'avoir pas accepté la tradnciion laite par Fordre de la ductiesse Anne^ il eût été de l^otre devoir d'ajouter f « Le clergé brcrton etrt^ eti 1835^ une autre oecasiofi d'aeeueiHir une tradiiclion complète de la Bible ; mais^ s'il ne s'opposa pas d'une namère formelle à son entrée en Bretagne^ il ne Kwiilesta aucun empressement^ soit pour la £fttre imprimer, soit pour fa répandre dam le pays, d
Voici ^ sur cette traduction de Legonidee quelques détails qui prouveront s»f!^mment \ë vérité de notre assertionr. En 1819^ le Rév. David Jones (Gallois} vint en France. La Société Biblique Favait ebargr de s'in* fermer s'il était possible de trouver en Basse-Bretagne une personne qui pét traduire en bretoft les stuntes
^ Il est bon de £aire remarquer que les traductions figurent dans ce total pour un nombre plus élevé .que les ouvrages origiiiatox.
Eeritiire»^ Ia Prondence faî fît rencoTftrer L^onidee« Ce savant entreprit d'abord la tradiM^tion do Monveaa Testament^ qui fut imprimée en 18*27. L'ourrage ne fut tiré qu'à mille exemplaire». Laissons parler un ami intime et un disciple de Legonidec : « Le pa;» de 6a})es (qne ks étrangers «'instruisent par ee seul fait des rappoirte des deux, peuples) enleva presque tout entière l'édition du Nouveau Teslament. Ce Kvre, le plus beau de notre langue^ paru( en J8^. Aussitèt la Société Biblique demanda KAnclen Testament. Pour ee travail il fallait au traducteur fe DiC" tionnaire iafin-ffalioù de Daties, introuvable à Paris, 64 fsrt rare en Galles. Un appel se fit pourtant dans ce pays à la religion et à la fraternité mutuelle; l^pel l^en enfendu, puisque, peu de temps après, te Rév. Priée portait lui-même en France le précieux dietionnaire. Legonidec, très attacbé d'esprit et de e»ur au éogme catboHque, arrêta que t'Ancten Testameof, comme d^à le Noureau, serait littéralement traduit d'après le fatin de la Vulgate. Le manuscrit est en Galles; tine copie très exacte est restée à Paris, entre les mains du fils aîné de Fauteur, l'abbé Le" gonidee^ »
Brizeux a commis dans ce passerge une Pégêrè erreur : fe manuscrit n^est pas resié, comme iï le ait, dans le pays de Galles, mai» il est conservé dans le dépdt de la Société Bibliqtfe, à Londres. H y a quelques années que nous l'avons eu entre les mains, et nous en avons cbez nous quelques extraits.
' NoHce sur ta vie de Legonidec, par Brizcraxi
L'édition du Nouveau Testament^ imprimée à Angouléme^ n'était que de mille exemplaires, et eomme^ ainsi que le dit Brizeux^ le pays de Galles enleva Tédition presque tout entière y il ne dut rester que très peu d'exemplaires dans votre pays. Ce qui peut donner la mesure du zèle que montra le clergé breton pour cet ouvrage, c'est que ce peu d'exemplaires a suffi plus de vingt ans.
Nous venons d'apprendre que TAncien Testament, traduit par Legonidec^ est sous presse, et qu'il doit paraître incessamment. Nous nous en réjouissons. En même temps ^ nous sommes étonné que le clergé breton et la nouvelle école aient pu laisser ce livre inappréciable plus de vingt ans en manuscrit sans Timprimer. Il y a déjà plusieurs années que nou&avons posé cette question au clergé breton : « Pourquoi n'avezvous jamais voulu mettre entre les mains du peuple la Bible traduite tout entière par un homme qui sera toujours un honneur pour le pays, le célèbre Legonidec? Pourquoi avez-vous laissé tant de milliers de vos compatriotes dans l'ignorance complète de celte bonne et sainte Parole ? » On nous a répondu en ce$ termes : a Nous nous abstiendrons de patroner son travail tant qu'il n'aura pas subi l'épreuve d'un rigoureux examen, et qu'il ne présentera pas la preuve d'un jugement rendu par les gardiens de la foi. Nous entourons les livres saints d'une vigilance sévère, nous en pesons les mots et les syllabes. » Il parait quà la fin le livre a a subi l'épreuve d'un rigoureux examen, d puisqu^il est sous presse. Nous sommes enchanté que la Société Biblique ait fait de si grands
sacrifice pour la Basse-Bretagne. Dix années de la vie de Legonidec furent données à la traduction de la Bible ^ et la Société Biblique Ta bien rémunéré pour son grand travail. Le manuscrit^ qui est à Londres^ est la propriété de la Société^ et il parait que c'est la co« pie qui est restée entre les mains du fils atné de Fauteur^ l'abbé Legonidec^ qui doit être imprimée à Saint- Brieuc. L'ouvrage sera vendu probablement bien cher; ainsi il n^y aura que très peu de Bretons qui en profiteront. Nous sommes persuadé que si les personnes qui font imprimer ce a livre inappréciable x> avaient demandé au Comité de la Société Biblique son concours^ en accompagnant la demande delà promesse que le clergé breton ferait tout son possible pour le répandre^ il leur aurait répondu : « Nous avons déjà fait un grand sacrifice pour avoir toute la Bible traduite en breton^ nous en ferons encore un pour Vimprimer, afin que les pauvres puissent l'acheter à un prix minime, x) Il est à espérer qu'il n'y aura pas autant d'opposition de la part du clergé à la distribution de l'Ancien Testament imprimé à Saint-Brieuc, qu'à celle du Nouveau Testament imprimé à Ângoulême^ en 1827. Le cher pasteur défunt de l'Eglise de Brest a écrite dans un ouvrage imprimé il y a treize ans^ qu'un colporteur biblique étant allé offrir des Nouveaux Testaments de Legonidec à un curé de canton du diocèse de Quimper, celui-ci s'empressa de lui acheter tout ce qu'il en avait ; et, après les lui avoir payés, il lui déclara qu'il ne les achetait que pour les brûler. Voici la raison que le clergé donne toujours pour se disculper : « Nous en pesons les mots et les
8f llabe». Pour qéê les Mèks ptNsMM eûtaffetÊête la BiUe^ il kttii nnlerj^rét^fiafi de FEgliâé^ pktee que lioaft efaignons qne le peuplcf ïmîéfpfHe fnal^ et ne h fosse tearnfer à s» pf<>|>fe perditiet^. » Pour vous doQiief une preuve qtre le derrgé breC^m a toujorufs cfftfoaf é les litres saints d^nne vigilance sévère et en à pesé les mots ef fes syllabes^ nous appelons votre «f tentrern sur un litre intitulé V Histoire de Ict ^e de Jésm^Ckrist^ pnbHéef par un prêtre An diocèse de ▼aunes. Voicfi \t Irâdûfctten éxafete it% rfefùierS iuols dtf verset 33 dii cbapiCre X d!e Févan^fe sélôK sairrt Mrfrc, traArctïOtt de tfe Sacy i è Et fe fivreront (Jésus- CtarisI) atur Gentils. » Vulgate i Et ttadeni eum Gett^ Hbtts, Breton du prêtre de Vannes : Ac it laqueo itre êehattt en huguenaudet { mot à mot : (r Et ils le Kvrerorrt entre les fnains des huguenots »). Dans an autre ouvrage fcreton intitulé i Cfregor Massala, imprimé à LanderWau en 1846 , fauteur appelle fe Bible f Eixr foultten pez letr huguenot kanvet ac Bibl^ (ttn très lourd volume huguenot appelé la KibTe). Remarquez que le livre breton qui dit que notre Sauveur devait être livré entre les mains des huguenots se vend dans tout le Morbiharn, et nous en avons vu plusieurs eiemplaires dans le Finistère. Chose bien extraordinaire, rEglise, qui a toujours entouré les livres saints d'une tîgitance sévère, n'a pa? protesté contre cette ridicule et odieuse traduction. L^autenr de Gregof Massala, ett cherchant à nuire à TEglise réfornïée, en Basse-lïré-
* N'eus ne pouvons pas rendre en français l'énergie de Texpression bretonne dont se sert Tauteur en parlant de la Bible.
.sublime» La Bible est ia /à^r^ j»dr excellence des ku^ gmnot9, \\ bii était imposmble de rendre un {^oc grund honneur au protestantisine^ que d^appeier la Parole d« Dieu a un liirre huguenot. Nous en r*p mereions l'auteur, et si nous le connaissions neus loi e9¥errions quelques y^mes du Bulletin de la Société de Vhistoire du Protestantisme français^ ouvrage digne d'être appelé « le seeend livre des Actes. » En lisant ces docuinenis ptédeux^ il peurrait se eem vaincre qiie es iiobles huguenots, ees fidèles confesseurs de la vérité, ont été toujours soutenus dans Fextl , dans les cachots^ aux galères, dans les tortures, et à la mort, par la sainte Bible. Vous voyez donc que dans tous le$ temps, ainsi que dans le temps de la duchesse Anne, le clergé fait son possible pour empêcher même Ten* trée du « livre inappréciable » dans votre pays. Deux nouvelles éditions du Kouveau Testament, mises plus en rapport avec le breton usuel que celle de Lego« nidec, ont été imprimées (par la Société Biblique) à Brest. Nous avons eu des preuves nousoméme , bien des fois, qu^on n'aurait pas mis plus de zèle pour empêcher riniroduetion du grand dragon roux de l'Apo* calypse dans le pays , qu'on en a mis pour s'opposer à celle du Nouveau Testament. Le peuple était averti partout a qu'il se distribuait de mauvais livres, des livres huguenots, des livres remplis d'hérésies, etc. » Un jour, un ecclésiastique nous dit d'un ton joyeux : « IMstribuez vos livres si vous le voulez; j'ai assez d'influence dans ma paroisse pour détruire tous les exemplaires qae vous y laisserez. » Nous n'en dou-
tons nullement^ et nous lui répondons maintenant : « Nous n'envions pas l'influence d'un homme qui persuaderait au marin sur le point de s'embarquer sur une mer inconnue et dangereuse de briser sa boussole; qui persuaderait au soldat de lui rendre son épée avant d'aller au combat; qui persuaderait au malade de refuser le seul remède qui pourrait sauver sa vie. d
Avant de terminer^ il nous reste à donner un extrait de votre dernier ouvrage^ la Légende celtique^ : a Après avoir cherché dans la poussière des grandes bibliothèques de Londres^ d'Oxford et de Cambridge^ des titres de famille qui sont communs aux Bretons de France et aux Bretons gallois , je voulus voir les cloîtres où vécurent ceux qui ont transcrit et nous ont légué ces précieux documents ; les cloîtres où^ il y a trois siècles^ un Breton serait allé les demander avec l'émotion d'un fîls qui revient à la maison paternelle, et où il aurait recueilli tant de traditions propres à vivifier la lettre morte des manuscrits. Mais à Glaslonbury comme à Bangor^ comme à Lanpadarn^ comme à Lanvor^ comme à Lancarvan^ partout je ne trouvais plus que des ruines, où le lierre ; habilement dirigé par l'art, semble vouloir cacher sous ses vertes draperies les outrages que le protestantisme, encore plus que le temps, a faits aux colonies agricoles et savantes qui honoraient autrefois Vîle des Saints... A Lancarvan, en particulier, au milieu de cette abbaye désolée, qui fut une pépinière
* Prologue, pages 6, 7.
d^ap6tres et de bardes semés^ pour ainsi dire, par saint Kadok^ mon cœur se serra en entendant les sons d'un instrument de musique... » Il paraît que le protestantisme se trouve partout et toujours sur votre chemin chaque fois que vous visitez le a malheureux pays de Galles, d Votre cœur, en effets a dâ être bien ému en voyant « les outrages que le protestantisme a faits aux colonies agricoles et savantes qui honoraient autrefois Vile des Saints, n Comme vous avez dû soupirer après ces jours glorieux des anciens temps ^ où la clef de la science était entre les mains des moines et des prêtres^ et oili le peuple était assis dans des ténèbres plus épaisses que celles du pays d'Egypte^ a que Ton pouvait toucher à la main. » Quels outrages le protestantisme a faits le jour oij le pain de vie caché, cloîtré par les moines superstitieux entre les murs épais des monastères^ a été arraché de leurs mains avares, et distribué parmi des milliers d'âmes affamées ! Quels outrages commis par le protestantisme, le jour où a il a fait lever la lumière sur ceux qui étaient assis dans la région et dans Tombre de la mort. » Votre cœur c se serra à Lancarvan, au milieu de cette abbaye désolée qui fut une pépinière d'apôtres et de bardes; » si vous aviez pris la peine d'entrer dans quelques centaines de maisons du voisinage, vous auriez trouvé des pépinières en masse, où les pères et les mères s'entr'aident pour élever leurs enfants dans la crainte et l'adoration du Seigneur. Et ici nous affirmons, sans appréhender d'être démenti, qu'il y a des milliers d'humbles cabanes et çkia^mi^f!^^ sur pps montagnes et dans no»
valions 6ù 1a sainte Parole de JHm est connue et pra» tiquée, d'où sort une armée d'apMres beaueoup n)ieu3i versés dans la théologie^ et même dans les sciences et les arts^ que ne Tétait Fimmense majorité des moines qui habitaient^ il jr a trois siècles, les saintes pépinières dont voas déplorez la perte. Votre eeeurse serra à la pensée que Tabimye désolée , où offieiai^ tant de prêtres qui renouvelaient tous les jours le sa* orifice du Calvaire et faisaient naonler vers le ciel beaur coup d'encens, a fait place à des ruines désolées. 8i vous aviez visité nos écoles du dimanche, v^us auriec trouvé des milKers d'enfants qui vous auraient donné des preuves irréfutables qu'il n'y a ni prêtre, ni au^ tel , ni sacrifice dans l'Eglise de Jésus*€tirist, daos le sens donné à oes mots par les vieux moines gaHois, et que Punique encens que Dieu demande de nous, c'est le parfum de nos lèvres, le feu sacré de l'emopr, nos prières, nos louanges, nos actions de grâces* La prochaine fois que vous iree revoir e^ « abbayes et eies pépinières désolées,» et que vous eomœêiieerezà 9ewâif des éinotiottsbicn poignantes, en y voyant «les ou^^^ faits par le protestantisme, « ayez la bonté de visiter quelques-unes des centaines d'insilâtutions élevées par l'Eglise établie, sous les auspices du gouvernement» pour donner f éducation i nos enfants. Et pour soulager votre tristesse, en ne trouvant que les débris déserts de quelques abbayes, ayee la bonté de tournel? vos regards vers quelques -«nés de ces trois cent soixante-4ix ebtrpeUes construites par les dissî4e«ls ga11ois> qtri tie comptent daDs leurs rangs que des commerçants, des fermiers etde souyriers,qui, meâgré
leur paii¥reté9 ont construit tous ces édifices sans demander un sou au gouvernement^ et qui, de plus, continuent à pourvoir à toutes les dépenses du ininlstère de l'Evangile, à l'instruction de leurs pasteurs et de leurs enfants par le système volontaire. Voilà les outrages dont s^est rendu coupable le protestantisme dans le pays de Galles. Il est bon de remarquer ici que ce pays, qui était autrefois (d'après vous) Vile des Saints^ mais qui est maintenant tombé dans la désolation et la misère, ne se soucie que très peu d'être appelé Vile des Saints par le calendrier de Rome, mais qu^ lui importe beaucoup d'appartenir cr à l'assemblée et à l'Eglise des premiers-nés qui sont écrits dans les cieux. »
Nous n'entrerons pas dans de plus amples détails sur les outrages que le protestantisme a faits aux colonies agricoles et savantes du pays de Galles il y a trois siècles ; maïs il est à propos de vous faire rémarquer que le gouvernement anglais d'aujourd'hui donne une liberté entière à l'Eglise de Rome de faire construire des monastères et des couvents partout, même dans nos contrées où il n'existe pas de catholiques^romains.
Si vous désirez voir des colonies savantes, vous n'avez qu'à foire un voyage dans le Flintshire, et vous y en trouverez deux vraiment colossales. L'une d'elles, qui a été construite par les jésuites, a coûté, nous a-t-il été affirmé, deux millions de francs. Nous l'avons visitée en compagnie d'un des pères de l'établissement, et c'est avec un véritable plaisir que nous lui avons dit : a Nous nous réjouissons de Vous voir jouir de
tant de liberté religieuse dans notre pays natal. Mais quelle est la raison pour laquelle^ partout où vos principes dominent, vous refusez à TEglise réformée la liberté qu'elle vous accorde dans le pays de Galles? » Le père, rusé, ne nous a pas répondu. En quittant le monastère, d'où l'on jouit d'une vue magnifique, nous ne pouvions pas nous empêcher de faire des vœux pour le cher pays où nous sommes nés. Si jamais il t*arrivait,bien-aimée patrie, d'être soumise à rinfluencedes enfants de Loyola, alors malheur à toi! Adieu ta liberté civile et religieuse! Les glorieux principes de la Parole de Dieu seraient remplacés par les principes funestes de Liguori et autres docteurs de ténèbres. Seigneur, détourne de nous une telle calamité. Mais si, à cause de nos iniquités, nous étions jamais forcés de subir le joug du jésuitisme, nous te demanderions de susciter parmi nous un Pascal gallois. Ce serait notre constante prière.
PREMIER ENtHÊTlEN
Le Ï^Kétré. — Borijoiïr, Mcrtîsîefrr, Je stis fcétifetfi rfe vôtis rencoiïffief . \6ix9 Èi^ptenitéi atéc pîéUsîtf c[tié |)ltisfeu^s prêtres bâs-feétôris, àphÈ âToir entendu pârfer' de Tét^t déplorable de vôtre pay?, ônl! déjà quitté ïa. Basse-Bretagne dans le but êatùentt k là. éoniïafssancé dé ïa yét'îtê vos niraîhéureùx cotapi" frîotes. Nous serrons désolés de voir des céntàiùes *é milïiei's dé firefôns^ atitréfois û iïitimement liés â jews tthtei d'^Af Aorîque , tôtfi4er dans un abfme de tfrîsèfes, ètt demétira'nt laf pTôié des huguenoISs et d^ di^mons.
Le Gallois, — Il y â ceïtaineûient <ïûeî<ÏÙé' dfeôâê dé très itiféïessant dans Fhistoire de ces deux peuples cféfftques séparés f un dé f atïtre depuis tatit de siècf(êSf. f^fe seraît-a pas possibfé dé fétablii' eîitre^ eu^ dffs
rapports d'amitié qui rappelassent leur commune origine?
Le Prâtre. — Ces rapports si désirables seront rétablis^ si nos missionnaires parviennent à ramener vos malheureux compatriotes dans le sein de notre sainte mère TEglise^ car ces rapports ont cessée et vous avez été retranchés de Pamitié de TEglise catholique^ apostolique et romaine^ hors de laquelle il n'y a point de salut^ dès le jour où la prétendue Réforme fût introduite dans votre pays. D'ailleurs^ si vous voulez avoir une idée de Tétat affreux de ce dernier^ prêtez toute votre attention à ce qu'en dit un de nos frères qui l'a visité et qui a demeuré plusieurs mois parmi ces hérétiques obstinés. Après avoir parlé des relations qui existaient entre les deux peuples dans l'ancien temps, il dit : « Les Gallois furent tellement opprimés par les Anglais, qu'ils se virent forcés de renier leur foi pour n'être pas détruits parleurs ennemis (les huguenots), et aujourd'hui, à Texception de quelques-uns, ils n'ont aucune espèce de foi. » — Ensuite, il fait un appel pathétique à la Basse-Bretagne en ces termes : a Ayons donc pitié de nos frères qui sont au delà du détroit. Devenons tous membres de la propagande qui leur envoie des missionnaires. Plus le nombre des membres de notre Société sera grand, plus les ressources que vous fournirez seront abondantes, plus aussi nous pourrons envoyer de prêtres bretons à nos malheureux frères que les Anglais et les huguenots tiennent dans les liens du malin Esprit... et plus tôt seront brisées leurs chaînes. » Où est le cœur qui ne se sent pas navré de
douleur en lisant cette triste description de votre pays? Et cet état de choses est d'autant plus triste que^ sans la prétendue Réforme^ le pays de Galles serait aujourd'hui^ comme FArmorique^ le pays des saints.
Le Gallois. -^ En e£tet; cette description^ comme vous le dites^ est bien déplorable. Mais si, d'après votre assertion, la Basse-Bretagne est réellement le pays où les doctrines de l'Eglise de Rome sont le plus connues et le mieux pratiquées; si, d'autre part, le pays de Galles est depuis trois cents ans à la merci des huguenots et des démons, on a eu le temps d'apprécier les fruits produits par les deux systèmes. Ainsi je suis en droit d'attendre que vous produisiez des faits patents pour prouver vos assertions. — J'avoue qu'il y a beaucoup trop de mes compatriotes qui sont encore étrangers à la vérité telle qu'elle est en Jésus. Cependant on a distribué dans le pdyH* de Galles plus d'un million d'exemplaires de la Parole de Dieu; on y a construit un grand nombre d'églises et de chapelles; des pasteurs dévoués et éyangéliques y prêchent Christ crucifié. — Le nombre de livres, de journaux, de revues religieuses publiés dans la langue galloise est très considérable. — On y a établi des écoles du dimanche, des réunions de prière et plusieurs sociétés religieuses. Enfin on a essayé, par 'tous les moyens légitimes, d'améliorer le peuple gallois, et depuis quelque temps on a la joie inexprimable d'y voir l'Esprit de Dieu répandu d'une manière très abondante. Des milliers d'âmes se tournent vers le Sauveur en s'écriant : c Que faut-il que nous fassions
p<Mif être tiiivées? » Mais malgré toutes ees canveriioDS; il reste encore beaucoup à faire, et notre plus grand désir serait de voir tout le œoade sauvé par les Mérite* de Ctirisjk.
Lb PaâTRE. — Cher ami, vous n^avez rien compris de teiit ee que je vous ai dit sur votre dégradation et votre extrême misère. Nous ne faisons aucune distiaetion entre ceuiE que vous appelez eonuertisy troyants aux miritei Jk Chrùê, et ceux qui sont (d'après vous) 4tran§en à la nérité. Votre malheureux pays est complètement plongé dans les ténèbres, et, comme le dit la description déjà citée, « sans aucune espèce de foi. » *^ Ne parlez pas de vos Bibles, de vos livres religieux, de vos écoles du dimanche, de vos réunions de prière, etc., etc. Nous sommes plus d'un milhon qui parlons la langue bretonne et nous n'avons ni Bibles, ni journaux, ni revues religieuses. *Nous n'avons même que très peu de littérature dans notre langue, parce que la grande majorité de nos compatriotes, surtout les vieillards, ne savent ni lire ni écrire. Cependant, et malgré cela, nous pouvons dire avec gratitude que le soleâ n'a jamais lui sur un pays otlt l'arbre de la foi ait pris des racines si profondes et ait porté autant de firuHs qu'en Basse- Bretagne.
Lb Gallois. — (?est bien extraordinaire ! Nous avons toujours cru, en pays de Galles, que Finstruo^ tion du peuple est une chose précieuse qu'il ihut encourager dans l'intérêt individuel et social. Aussi' depuis plus d^ln siècle nos meilleurs compatriotes, eouvaincus « qu'une &me sans connaissance n^est pas
un bien » (Prov. XIX> 2), ont mis tout en œuvre pour
éclairer les ignorants et leur faire comprendre la né^ cessiié de penser par eui-mèmes. C'est pour arriver à ce résultat que nous avons fondé tant de sociétés différentes et oiultipUé les bons livres^ les revues religieuses et les journaux dans la langue galloise. Ces efforts énergiques mai porté des fruits réjouissants; mais le résultat n'est pourtant que partiel^ car il r^ne encore beaucoup dignorance parmi les Gallois. Permettez-moi donc de vous demander^ en toute simplicité> ^uels moyens vous avez employés pour rendre vos compatriotes le premier peuple du monde, sans le secours d'une littérature variée et surtout de PËcriture sainte? Vous n'avez guère en breton que le Breuriez ar feiz y qui n'est lu que de très peu de personnes.
Lb PrAtiib. — Les moyens employés pour produire ces beaux résultats sont compris dans trois mots : Obéissance à r Eglise^ C'est par la prédication de cette même doctrine que nous comptons rendre le pays de Galles semblable à la Basse-Bretagne. Alors au lieu de vos Bibles^ de vos écoles du dimanche et de votre littérature religieuse^ vous écouterez avec docilité les instructions de votre sainte mère l'Eglise^ comme font les Bas-Bretons.
Lf Gallois. *— Ainsi ^ pour rendre notre pays aussi saint que la Basse-Bretagne^ vous allez commencer par 6ter de nos églises et de nos familles nos Bibles et nos livres religieux!... Que comptez-vous nous donner à la place Y
Lb Paiiia. -» Ne parlez pas de vos église»* Y a-t-il
— veau inonde quelqae chose de plus triste que vos lieux de culte sans autels^ ni statues^ ni images? N'ayant^ pour élever l'àme à Dieu y qu'une chaire^ des bancs^ des livres^ des chants^ des prières et toujours la Bible. Nous espérons opérer bientèt un changement dans votre pauvre pays^ et alors vous verrez autre chose dans vos églises et vos chapelles que quatre murs tout nus.
Le Gallois. — Je vous comprends. Il y aura des images et des statues suspendues à tous les murs!... Dans ce cas^ je ne désespère pas de voir se produire un grand réveil religieux parmi vos ouvriers incrédules^ quand vous le*ur annoncerez qu'ils auront à remplir d'images taillées plus de trois mille cinq cents lieux de culte.
Le PaâTRE. ^— Outre les images taillées^ vous aurez aussi quelques livres d'iostruction et surtout le petit Catéchisme du Finistère. Nous mettrons vos malheureux compatriotes en état de faire ^ eux aussi ^ ce que révéque de Quimper recommande aux pieux et respectables parents de faire envers leurs enfants : a Saintement recueillis avec eux en présence du Seigneur^ vous leur raconterez les merveilles touchantes de TAncien et du Nouveau Testament. Vous leur ferez réciter les réponses admirables du Catéchisme^ de ce petit livre mille fois plus rempli de doctrines que ious ceux des savants et des philosophes. Vous nourrirez ces âmes immortelles rachetées au prix du sang d'un Dieu et confiées à votre amour. Vous aurez soin que les écoles où ils doivent aller quand le moment sera venu continuent votre œuvre^ et établissent les ensei-
gnements du Catécbisme comme une base solide^ sur laquelle \Jeudront se coordonner toutes les autres connaissances ^ d
Le Gallois. — Puisque votre évêque invite les parents à raconter à leurs enfants les « merveilles touchantes de l'Ancien et du Nouveau Testament^ » vos missionnaires au pays de Galles seront contents d^y voir les progrès déjà faits dans la connaissance de FEcriture sainte^ non-seulement par les parents^ mais aussi par leurs enfants. c( Les merveilles touchantes de l'Ancien et du Nouveau Testament » sont les délices de la grande majorité de mes concitoyens.
Le Prêtre. — Mais vous né connaissez rien des « réponses admirables du Catécbisme, de ce petit livre mille fois plus remph de doctrines que tous ceux des savants et des philosophes. » Voilà le petit livre que nous comptons porter dans votre pays pour déraciner les abominables erreurs de Luther^ de Calvin et d'Henri VIIL Je vous engage à étudier ce Catéchisme pour avoir une idée des doctrines de la vraie foi.
Le Gallois. — Je Tétudierai très volontiers; seulement vous me permettrez de comparer les commandements de Dieu, ainsi qu'ils se trouvent dans le Catéchisme> avec ceux que Dieu dicta lui-même à Moïse sur le mont Sinaï...Mais, Monsieur, votre Catéchisme, à ce que je vois, ne contient qu'une partie des dix commandements qui se trouvent dans la Vulgate, la seule traduction de TEcriture sainte autorisée par votre propre Eglise. Vous avez complètement retranché le
^ Mandement pour l'année 1860.
second commandement que votre Vulgate même râp* porte en ces termes : et Vous ne ferez point d'images taillées; ni aucune figure de tout ce qui est en haut dans le ciel^ et en bas sur la terre^ ni de tout ce qui est dans les eaux sous la terre... x> (Exode XX^ i, 5.) Puis^ pour arriver au nombre de dix, il vous a fallu diviser en deux le dixième ! Ensuite^ je remarque que votre Catéchisme abrège encore les neuf commande^ ments qu'il prétend citer d'après la Parole de Dieu. Donc la Bible des papes (la Vulgate) contient dix commandements, et votre Catéchisme n'en contient même pas neuf! Cette contradiction flagrante est sans doute eu faveur de l'unité, tant vantée, de votre Eglise. Mais ne glissons pas légèrement sur un fait si important. Comment osez-vous retrancher un commandement du Dieu trois fois saint? N*avez-vous jamais lu les défenses formelles faites par Jéhovah à Moïse, de ne rien retrancher de ses saintes ordonnances? Moïse, les sacrificateurs et les prophètes de l'ancienne alliance auraient frémi d'horreur à la pensée de changer la sainte loi de Dieu. Les apôtres auraient consenti à mourir plutôt que de porter une main téméraire sur lin objet aussi sacré ! Mais que parlonsnous des sacrificateurs, des prophètes et des apôtres, lorsque le Fils éternel de Dieu, se trouvant en présence de cette loi transgressée, déshonorée par Phomme, a préféré sceller de son sang sur le Calvaire toutes les malédictions de cette loi, et porter en son corps sur le bois maudit la douleur due à nos transgressions, plutôt que de changer un iota de la loi morale et d'apporter la moindre modification à la loi promul-
goée sur te Siaal I Gommeni donc aTVt^TOUS osé mutiler le code parfait de Jéhovah ? Qui tous a donné le droit de retrancher un des commandements émanés de votre Juge souverain et infaillible? Oâeriei-vous en faire autant du Code Napoléon ? Ah ! vous aves bien raison de défendre de lire la Bible sans la per» mission de FEglise ; «par cette défense^ vous éludes une foule de questions difficiles^ auxquelles vous auriez 4e la peine à répondre d'une manière satifr* faisante pour vos ouailles. Quant à votre Catéchismci je vous conseille de ne pas le faire voir dans le pays de Galles^ car les pierres même crieraient contre vous.
Ls PaâTAfi. «^ Eh bien ! tà vous n^ètes pas satisfait du Catéchisme , nous avons la Vie des Saints , autre livre écrit en langue bretonne^ et qui est lu par tous nos paysans. Vous y trouverez des choses bien étonhanteii. Vos Gallois feraient bien de lire danâ ce livre rbistoire des miracles extraordinaires opérés par des saints^ don4 quelques*uns sont venus de cheis vous avant que la prétendue Réforme ait été introduite dans votre malheureux pays.
Lb Gallois. -«• Alors vous voulez que nous rem*placions^ dans nos familles^ la sainte Bible par la Vk des Saints bretons? Mais^ au nom du sens commun^ croyez-vous donc que la Vie des saints de la Bible ne vaut pas celle des saints bretons? Les miracles du Fils de Dieu et des saints apôtres sont-ils moins authentiquer que ceux de saint Cado^ de saint Nicolas et de mille autres?
Ls PaÂttiE. -^ Vos étranges raisonnements ttm
prouvent toujours mieux combien est funeste le principe protestant^ qui veut que chacun lise la sainte Bible sans avoir recoures au jugement infaillible de VEglise. Considérez un instant le mal qui résulte du libre examen pour votre propre pays. Vous me demandiez^ il n^y a qu^un moment^ « comment nous avons osé changer les comms^dements de Dieu. » Je vous demande^ à mon tour^ comment vous osez vous établir juge de cette même loi? Croyez-vous que votre opinion individuelle vaille celle de TEglise de Dieu? Il faut être bien orgueilleux pour se mettre au-dessus des décisions des papes ^ des cardinaux et ' des évoques. Ne voyez-vous pas que la décision souveraine de TEglise en cette matière est une garantie nécessaire contre les interprétations multiples et contradictoires qui naissent du libre examen^ et qui font de la Parole de Dieu autant de paroles d'hommes qu'il y a de docteurs à l'expliquer? Aussi rien n'est plus triste que de vous entendre toujours parler de la Bible^ en en citant des versets isolés. L'expérience ne démon tre-t>elle pas suffisamment que l'homme^ qui abuse de tout^ peut abuser aussi de la Parole de Dieu^ et que cette règle de la foi et des mœurs peut nuire aux mœurs et à la foi^ si elle est mise sans précaution entre toutes les mains? Je vous demande donc encore si vous êtes capables de comprendre les grands mystères de la sainte Bible sans consulter l'Eglise ?
Le Gallois. — Comment pourrai-je savoir qu'il y a une Eglise infaillible établie sur la terre^ à laquelle Dieu a donné une autorité souverain^ et des lumières
assurées pour expliquer sa Parole écrite ? Pouvez-vous me prouver que Dieu a réellement donné un tel pouvoir aux hommes ?
Le Prêtre. — Rien n'est plus facile. Ecoutez ce qu'en dit le Sauveur^ et après lui saint Paul^ saint Pierre^ saint Jean^ etc.^ etc
Le Gallois. — Un instant^ Monsieur... Vous venez de me dire que je ne puis pas comprendre rEcriture sainte sans le secours de TEglise^ et maintenant que je vous demande des preuves qui établissent que TEglise de Rome est là véritable Eglise^ vous commencez par me citer des passages de la Bible. Par là vous faites appel à mon jugement privé. Entendonsnous^ Monsieur. D'après votre logique^ je n'ai pas le droit de citer la Parole de Dieu sans consulter l'Eglise^ parce que je n'y comprends rien ; mais pour établir et soutenir vos prétentions, vous me citez des versets de la Bible comme si je pouvais les comprendre ! D'où je tire cette conclusion toute naturelle : il y a quelques versets dans la Bible qne l'Eglise de Rome cite constamment pour établir son infaillibilité en matière de foi. Ces versets sont clairs comme le soleil, et l'homme le plus ignorant peut les comprendre. Mais il y a dans la même Parole de Dieu des milliers de versets diamétralement opposés aux croyances de l'Eglise papale, et ceux-ci, elle seule peut les comprendre et les expliquer ! De bonne foi. Monsieur, croyez-vous qu'une pareille logique puisse satisfaire un homme doué d'un peu de jugement?
Le Prêtre. — Je vous dis que la Bible, sans le com- Hîçptairç de l'Eglise^ n'çst qu'un poison pour des
personnes ignorantes comme vous^ C'est pourquoi rEglise, comprenant les infirmités de ses enfants^ a fait un choix de certaines parties de FAncien et du Nouveau Testament, et en a composé uu abrégé. C'est cet abrégé, tout à fait intelligible, de l'Ecriture sainte, qui sera donné à yos compatriotes, au lieu de la Bibte entière qu'ils ne peuvent comprendre.
Le Gallois. — D'où je dois conclure que le livre appelé la Parole de Dieu, en tant qu'oeuvre du Saint- Esprit seul, n'est qu'une production nuisible, mais que rEglise a le pouvoir de changer quelques extraits de ce livre empoisonné en une nourriture saine très convenable pour des âmes affamées. En vérité. Monsieur, il m'est permis de penser que si vous vous étiez trouvé avec le prophète Esaïe quand il a crié : a Ecoutez, ciel et terre, l'Eternel va parler! » vous lui auriez répondu : a prophète ! nous l'écouterons, mais sache bien que c'est une parole empoisonnée sans l'intervention de l'Eglise. » De même, si vous aviez entendu saint Jean quand il a dit : a Que celui qui a des oreilles entende ce que V Esprit Ait à l'Eglise, » vous n'auriez pas manqué de lui faire remarquer qu'il aurait dû dire : « Que celui qui a des oreilles entende ce que rEglise dit à l'Eglise. »
Le Prêtre. — Mais qui ètes-vous, pouf vous opposer ainsi aux plus grands docteurs de l'Eglise? Ecoutez donc ce que dit à ce sujet le saint concile de Trente : <K Comme l'expérience a prouvé que si l'on permet sans distinction la lecture de la Bible en langue vu!-
1 Paroles d'un prêtre breton à l'auteor.
gaire, il en résultera^ à cauie de la témérité des hommes^ plus d'inconvénients que d'avantages^ il dépendra de l'évéque ou de rinquisiteur, qui s^entendra là*dessus avec le curé ou le confesseur, de permettre cette lecture aux personnes qu'ils auront regardées comme pouvant la faire sans danger et en recueillir un accroissement de foi et de piété. Cette permission leur sera donnée par écrit. Quiconque osera, sans une telle permission, lire ou posséder la Bible, ne pourra recevoir Tabsolution de ses péchés qu'après avoir remis sa Bible à son curé. Les libraires qui, sans avoir ladite permission, auront vendu la Bible traduite en langue vulgaire, perdront le prix de leurs livres, qui sera consacré par les évéques à des usages pieux ; ils seront encore passibles d'autres peines, suivant la qualité du délit et d'après le jugement de l'évéque. Les prêtres eux-mêmes ne pourront la lire ni l'acheter qu'avec une permission de leurs supérieurs ^ »-— le suis persuadé qu'après avoir étudié l'opinion de ce saint concile, vos compatriotes seront reconnaissants envers la sainte mère l'Eglise, de ce qu'elle permet ainsi à ses enfants de lire les saintes Ecritures.
Lb Gallois. ^ La sainte mère l'Eglise permet à ses enfants de lire la Parole de Dieu!!! Quel amour t quelle miséricorde!... Savez-vous ce que les Gallois vous répondront lorsque vous leur fere2 connaître cette indulgente permission de votre figlise? Le voici, Monsieur : « Il nous importe peu de savoir ce qu'en pense la sainte mèfe V Eglise; la question importante pour
^ Concile dô Trente^ Settton tV.
nous est de sayoir ce que veut le Pire saint du ciel. Eh bien^ le Père trois fois saint ^ non-seulement permet^ mais il ordonne^ il commande à tous d'examiner avec soin les saintes Ecritures (Evangile selon saint Jean^ chap. V, V. 39.) Or donc, puisque Dieu ordonne, qu'avons-nous à faire de votre permission ?» — Voilà Taccueil que recevra la prétendue permission que le pape accordera par votre entremise aux habitants du pays de Galles. L'orgueilleuse et ridicule prétention de votre Eglise me rappelle involontairement Thistoire que voici : — a Une ville en Europe se révolta contre son roi légitime ; mais, ayant été complètement vaincue par les troupes du roi, elle devait être rasée, et ses habitants mis à mort. Cependant le roi eut pitié d'eux et leur envoya un pardon complet. Quand le messager chargé de la lettre de grâce arriva dans la ville révoltée, le conseil supérieur s'empara du parchemin, et après en avoir délibéré, expédia par la ville un héraut chargé de publier une proclamation ainsi conçue : « Le roi fait grâce à tous ses sujets rebelles, et nous, membres du conseil de la ville, profondément émus de compassion envers nos frères révoltés, les autorisons à lire quelques extraits de la lettre de grâce du roi, D Quand les habitants entendirent cette proclamation du conseil, ils s'écrièrent d'une voix unanime : <K Hais le conseil est coupable et condamné comme nous; de quel droit; donc nous défendrait- il de lire toute la lettre du roiîj» ?-^ Voilà, Monsieur, un cas exactement semblable à cette permission dont parle votre Eglise... Tous les {gommes sont condamnés, •^pVf dans s^ Jîonté envçie J^.ges gujet^ J^vpUés l«i
sainte Bible^ dans laquelle on lit^ en termes clairs et précis^ ses offres de grâce; mais voici que quelquesuns de ces sujets révoltés s'emparent du livre de Dieu^ qui est pour tous^ et viennent ensuite^ avec une hardiesse inconcevable^ dire à leurs frères : a Nous vous permettons de lire la lettre de grâce envoyée par TËternel. »
Le Prêtre. — Vous parlez toujours de votre Bible. Mais ne savea&*vous pas que la Bible^ quelque importante qu'elle soit^ n'est rien sans TEglise ? Dieu a tant honoré la sainte Eglise^ que sa propre Parole ne vaut rien sans son approbation ^.
Le Gallois. — Vous feriez mieux de dire que la mer reçoit ses eaux des fontaines et des rivières^ ou que le soleil tire sa lumière et sa chaleur de la lune. Vraiment^ vous me faites frémir. Quoi ! le Dieu puissant et éternel aurait besoin d'hommes mortels et misérâbles comme vous et moi pour donner de Tautorité à sa Parole ? Vous oubliez donc cette parole de Jésus- Christ : a Le ciel et la terre passeront^ mais mes paroles ne passeront point ? » (Matthieu XXIV^ 35.)
Le Prêtre. — Vous n'avez peut-être jamais lu la discussion qui a eu lieu entre le grand Bossuet et le ministre Claude'. Entre autres questions^ l'évéque posa au ministre protestant celle-ci^ que je vous engage à bien peser : a Croyez-vous^ Monsieur^ qu'une pauvre vieille femme pût avoir autant de lumières que toute
^ Paroles d'un prêtre da Morbihan.
* En Basse-Bretagno on vous renvoie toujoara à cette c^iscq^* 9X0^f et swrtoqt à oettQ prétea4M^ <{uç^tio^ de fi()^u^t,
une assemblée d'évèque^! ^Gomment répotidriefr' vouB à cette question?
Lb Gallois. — J*y répondrais en tous posant d'abord cette autre question: a Pourquoi accordez» tous autant de confiance aux décisions d'une assemblée d'évéques de TEglise romaine 7 »
Le Prêtre. — Parce que cette Eglise a les promesses d'une éternelle protection. Elle est l'Eglise du Dieu vivant, la colonne et la base de la vérité. — Les portes de Tenfer ne prévaudront point contre elle, et Jésus- Christ ne doit jamais l'abandonner, puisqu'il a dit : a Voici, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde » (Matth . XX Vni, 20) . Vous voyez donc que le Saint-Esprit lui est accordé pour la conduire dans toute la vérité.
Le Gallois. — Mais, Monsieur, le même Dieu qui a promis à l'Eglise collectivement le secours de son Es« prit pour la conduire dans la voie de la vérité, a fait la même promesse à chaque membre de l^Eglise, pourvu qu'il le lui demandât avec foi et par les mérites de Jésus-Christ. Cherchez dans l'Ecriture sainte les promesses faites à l'Eglise en général, et je m'engage à vous indiquer, dans le même livre, autant de promesses faites, d'une manière positive, à n'importe quel pauvre misérable pécheur (voire même à la vieille femme dédaignée de Bossue!) , pourvu qu'il s'adresse avec confiance à Celui qui a promis d'exaucer la prière. « S'il est vrai que Bossuet ait demandé à Claude si une pauvre vieille femme peut avoir raison contre un concile, le fameux pasteur aurait dû répondre bar« diment : « Oui ; d car il se peut que cette pauvre vieille femme ait l'Esprit de Dieu, et que cette assemblée
d'évêques ne Fait pas. Que signifie, sans cela, cette
prière du Sauveur : a Je te célèbre ô Père, Seigneur
« du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces
« choses aux sages et aux intelligents, et que tu les
a as révélées aux petits enfants; il eti est ainsi, 6
« mon Père, parce que telle a été ta bonne volonté »
(Matth. XI, 25, 26). — La pieuse veuve de Sarepta,
qui croit à la parole d^Elie, a raison contre tout le
inonde et même contre tous les prétendus prophètes
de son temps (1 Rois XVII, 10; comp. avec 1 Rois
XIX, 10). Rahab a raison contre tout le peuple de Jé-
rico, son roi et ses prêtres. Lydie a raison contre tous
les magistrats de Philippes, et le brigand crucifié à
côté du Sauveur a raison contre tout le sanhédrin, qui
était le concile de l'Eglise juive. Oui, et cette pauvre
vieille femme, méprisée du sage Bossuel, pourra être
tellement affermie par la Parole de Dieu, qu'elle pourra
dire avec saint Paul : c< Je suis assurée que ni la mort,
d ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puis-
a sauces, ni les choses présentes, ni les choses à venir,
a ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre
a créature, ne nous pourra séparer de l'amour que
a Dieu nous a montré en Jésus-Christ notre Seigneur
a (Romains VIII, 38,39)\ »
Le PRâiRE. — Il est un fait simple et clair que vous oubliez toujours... c'est que Dieu a établi un tribunal visible et permanent qui est chargé d'interpréter la Bible en son nom, et dont il garantit Tinfaillibité. Ce
1 Lucile^ ou la Lecture de la Bible, par M. Monod, 3* édit», pages 290-292. Seizièxae lettre.
tribunal a pour chef un successeur de saint Pierre^ auquel sont faites des promesses foutes spéciales. La Parole de Dieu abonde en preuves de cette vérité si bien établie^ et vous devriez examiner ces preuves^ elles sont dans la Bible !
Le Gallois. — Quoi! encore un appel à mon jugement privé?... Mais^ Monsieur^ comment voulez-vous que je puisse apprécier les preuves scripturaires par lesquelles vous voulez établir que le pape est le vicaire de Jésus-Christ sur la terre, puisque, d'après votre théorie de prédilection, je ne dois rien comprendre à la Parole de Dieu sans l'interprétation de TEglise?... Décidément, Monsieur, vous faites infraction à vos propres principes, en m'exhortant à lire moi-même la Bible pour juger de la valeur des arguments que vous croyez y trouver en faveur de votre thèse. Je prends acte de cette infraction, car elle est, pour moi, une preuve sans réplique qu'après tout vous êtes pleinement convaincu que tout homme a la faculté de lire et de comprendre la Bible. — Maintenant, dites-moi, est-ce la doctrine de l'infaillibilité d'un tribunal humain, présidé par le pape h titre de vicaire de Jésus-Christ, que vous comptez proclamer dans le pays de Galles?
Le Prêtre. — Certainement. Ce tribunal c'est l'Eglise, le prêtre représente l'évêque, l'évêque représente le pape, et le pape est infaillible ^
Le Gallois. — Très bien ; mais votre logique est inconséquente, par la raison que vous voulez être juge et partie. Pour faire bien ressortir l'inconséquence de
* Paroles d'un prêtre è l'auteur.
Tos préteDttonS; supposons que notre différend soit porté devant un tribunal humain, composé d'hommes impartiaux qui jugent d'après des principes justes et légitimes. En votre qualité de représentant de rElglise^ vous êtes le plaignant^ et je vous permets de plaider pour vous-même. — Les inculpés sont quelques hérétiques gallois qui nient votre droit d'interpréter seul la Parole de Dieu. — Les débats s'ouvrent, et le président dit : « La parole est au représentant de TEglise infaillible. » Vous débutez en ces termes : a Ces hérétiques obstinés s'élèvent contre le pouvoir qui a été eonféré au vicaire de Jésus-Christ sur la terre, et ils nient que l'Eglise dont je suis le représentant soit le seul tffbunal infaillible pour interpréter les saintes Ecritures, d Aussitôt l'avocat des inculpés se lève et demande au représentant de l'Eglise : c( Où sont vos titres pour établir votre droit exclusif d'interpréter le livre appelé la sainte Bible? — Mes titres, répond le représentant de l'Eglise, sont dans la Bible même. Ouvrez-la, et vous verrez les promesses qui m'y sont faites. Elle est mon témoin irrécusable. — Je désire interroger le témoin, répond l'avocat, et je commence par lui demander... — Attendez, dit le représentant de l'Eglise ; si vous avez à lui adresser quelques questions, il faut le faire par mon intermédiaire, car il est impossible de comprendre ce qu'il veut dire, surtout quand il parle en langue vulgaire, à moins que je m'explique chacune de ses paroles. C'est un témoin presque muet, et il n'y a que l'Eglise, dont je suis le représentant, qui comprenne d'une manière infaillible tout ce qui se passe dans sa pensée. — De cette
manière^ dit Tarocat^ vous pourriei lai foire dire toot ce que vous voudriez... s» La séance est levée^ et cha*cun se retire étonné de vos prétentions et de vos inconséquences.
La Prétr». — Le grand Bossuet a bien retracé l'effet produit dans votre pays par la lecture de la sainte Bible. Ecoute24e : <x Chacun s'est fait à soi-même un tribunal où il s'est rendu l'arbitre de sa croyance; et encore qu'il semble que les novateurs aient voulu rc* tenir les esprits en les resserrant dans les limites de l'Ecriture sainte, comme ce n'a été qu'à condition que chaque fidèle en demanderait l'interprétation et croi« rait que le Saint-Esprit lui en dicte l'explication^ il n'y a point de particulier qui ne se voie autoffsé par cette doctrine à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs, à appeler Dieu tout ce qu'il pense. -—Dès lors, on a bien prévu que la licence n'ayant plus de frein, les sectes se multiplieraient jusqu'à Tinfini, que l'opiniâtreté serait invincible, et que, tandis que les uns ne cesseraient de disputer ou donneraient leurs rêveries pour des inspirations, les autres, fatigués de tant de folles visions et ne pouvant plus reconnaître la majesté de là religion, déchirée par tant de sectes, iraient enfin chercher un repos funeste et une entière indépendance dans l'indifTérence des religions ou dans l'athéisme*. » — Ajoutez à ces paroles éloquentes de Bossuet ce que dit l'évêque de Quimper dans son mandement pour l'année 1860 : a Le protestantisme, avec ses sectes multipliées à l'itifini, a duré trois siècles
* Oraisons funèbres.
abrité derrière quelqueft articles de foi qu'il avait eon<« signés dans ses symboles. Aujourd'hui^ les symboles s'étant effacés devant les exigences toujours plus impérieuses de la raison^ le protestantisme s'est fondu dans le rationalisme, qui lui-même meurt, étonné de sa propre impuissance *. »
Le Gallois. — Je prends la liberté de dire à l'évêque de Qaimper que le protestantisme est beaucoup plus étonné de l'impuissance du pape que delà sienne propre. Il paraît que votre évoque aime particulièrement à porter ses coups redoublés contre le pfolcstantiàme, car dans son mandement pour 1859, il dit que- « les sociétés bibliques ont réuni des collectes dix fois pNis grandes que Tassociàtion catholique pour la propagation de la foi, » puis il ajoute : a Ces sociétés bibliques (ou plutôt l'hésésie), ont traduit et imprimé à grands frais nos livres saints dans toutes les langues; elles ont fait jeter, parleurs ministres, des cargaisons de Bibles sur toutes les côtes; mais, malgré tous ces efforts, nous voyons que l'Eglise catholique enfante seule des disciples à l'Evangile. » •>» Et si dans son mandement pour 1860, on lit que a le protestantisme, fondu dans le rationalisme, se meurt, étonné de sa propre impuiis*sance, » il me semble que le protestantisme se mourant en 1860, a dû être moribmd en 1859, et c'est une chose bien étonnante que ce pauvre moribond ait pu donner des signes si évidents de vie, puisqu'il a pu collecter dix fois plus que TEglise romaine pour la propagation de la foi. Toutes les sociétés des divers
* Mandement pour Taiinêe 1860.
pays protestants ont publié leurs rapports de 1860; si i'évêque avait voulu jeter les yeux sur ces divers rapports^ il aurait vu les effets étonnants produits par ces différentes armées paisibles qui ne veulent ni de théologiens militaires, ni de docteurs de canons , ni de mousquets, et qui portent Tétendard de Celui qui s'appelle le Prince de la paix; et ce n'eût pas été sans une certaine surprise^ je pense^ qu'il aurait découvert que le pauvre moribond impaissant a collecté plus cette année que dans aucune des années précédentes. — Quand le mandement de l'évèque pour 1860 a été lu dans les églises du Finistère^ il est probable que de grands cris de réjouissance sont partis des rangs de Tultramontanisme^ à la nouvelle de la mort prochaine du protestantisme; mais ce moribond a la vie si tenace^ que les traits de plume de n'importe quel évéque sont impuissants pour la lui ôter. — Au sujet de ce que votre évêque dit àw protestantisme fondu dans le rationalisme, nous reconnaissons facilement qu'il y a beaucoup de rationalistes dans les nations protestantes. Après cet aveu, qui ne coûte qu'à notre cœur chrétien, révêque de Quimper demeure libre de penser et de croire que, parmi les millions de soi-disant catholiques, il n'y en a pas. — • « Le grand Bossuet, dites-vous, a bien retracé Teffet produit dans notre pays parla lecture de la sainte Bible, » Il ne manque, certes, qu'une chose à ce tableau pour le rendre parfait, la vérité! Je voudrais, à cet égard, faire un appel alla conscience de M. Tabbé Mahé, qui a habité la ville d'Aberystwith. Voudrait-il nous fournir des détails sut les mœurs et la religion des habitants de cette ville? D y a peu de
contrées dans le monde où la Bible ait été plus répandue que dans la ville qu'a habitée votre missionnaire* Eh bien I y a-t-il vu le désordre affreux dont vous parlez? Qu'il vienne raconter à ses compatriotes^ sans faire violence à sa conscience^ de quelle manière les chrétiens d'Aberystveith se conduisent^ en particulier^ le jour du Seigneur! Pour certain^ M. Tabbé n'y a vu ni commerce^ ni jeux de cartes^ ni danses^ ni courses aux chevaux^ ni fréquentation des cabarets, ni tant d'autres choses semblables auxquelles les Bas-Bretons se livrent^ surtout k dimanche III Mais il a vu des foules compactes se dirigeant^ soit vers l'église établie oii Christ crucifié est prêché par un véritable serviteur de Dieu^ soit vers les églises dissidentes^ où la même doctrine est prêchée avec fidélité. M. l'abbé Mahé doit être aussi en état de nous dire quelque chose sur la discipline établie dans les Eglises de Jésus-Christ au pays de Galles^ et comment ceux qui en sont membres s'y conforment. Non^ Monsieur^ non^ nous ne rougissons pas devant un tableau véridique des effets produits chez nous par la sainte Parole de Dieu.
Le Prêtre, — Toujours la Parole de Dieu ! . . . Croyezvous donc que l'Eglise catholique ne connaisse rien de cette Parole? La Bible est divinement inspirée^ nous sommes d'accord là-dessus; mais ce qu'il importe d'en connaître^ ce n'est pas la lettre, le texte, c'est Vesprity la pensée. Que pourront répondre vos compatriotes quand nous leur dirons que Dieu a établi sur la terre un tribunal visible et permanent, chargé d'interpréter sa Parole en son nom et dont il garantit l'infaillibiUté?
Le Gallois. — Voudriez-vous donc laisser à mes compatriotes leurs Bibles^ à la condition qu'ils accep* tent Tinterprétation qui e» sera donnée par TEglise infaillible?
Lb PaâTRE. — Oui^ certainement. La règle de la foi^ c'est la Parole de Dieu confiée aux pasteurs comme un dépât^ et interprétée par l'autorité de la tradition proclamée par la voix de TEglise...
Le Gallois. "«* Ëh bien^ puisque la Parole de Dieu est si difficile à comprendre^ ayez la bonté de me donner quelque échantillon de l'interprétation de l'Eglise infaillible. -^ Voyons^ que signifient ces paroles que nous lisons dans le saint Livre * :
Psaume XVIII^ verset 7 : « La loi du Seigneur est sans tache; elle convertit les âmes. Le témoignage du Seigneur est fidèle : il donne la sagesse aux petits. »
Epttre aux Romains XV, h : « Tout ce qui est écrit a été écrit pour notre instruction, afin que nous concevions une espérance ferme par la patience et par la consolation que les Ecritures nous donnent. »
2 Timothée III, 15, 10, 17 : « ... Considérant que vous avez été nourri dès votre enfance dans les lettres saintes, qui peuvent vous instruire pour le salut par la foi qui est en Jésus-Christ. Toute écriture qui est inspirée de Dieu est utile pour instruire, pour reprendre, pour corriger, et pour conduire à la piété et à la justice; afin que l'bomme de Dieu soit parfait,
^ Les citations sont faites d'après la traduction de Le Maistrê de Saeyj, seule autorisée par l'ËgUse romaiue. <.- L'auteur a cru devoir adopter cette version pour ses citations, afla de se mettre à couvert des accusations de falsification.
étant propre et parfaitement préparé à tout bien, b
Epltre de saint Jacques I^ 21 : « C^est pourquoi^ renonçant à toutes productions impures et superflues du péché ^ recevez avec docilité la parole qui a été entée en voua et qui peut sauver vos âmes. j>
Le Prêtre. — Ces versets signifient que l'Eortture sainte ne contient pas tout ce qui est nécessaire au salut. H faut y ajouter les traditions de l'Eglise.
Le Gallois. — Et ces paroles qui se trouvent dans
Deutéronome IV, 2 : «Vous n'ajouterez ni n'ôterez rien aux paroles que je vous dis. Gardez les commandements du Seigneur votre Dieu que je vous annonce de sa part. »
Apocalypse XXII, 18, 19 : « Je déclare à tous ceux qui entendent les paroles de la prophétie contenue dans ce livre, que si quelqu'un y ajoute quelque chose. Dieu le frappera des plaies qui sont écrites dans ce livre, et que si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre qui contient cette prophétie, Dieu l*eflPacera du livre de vie, l'exclura de la ville sainte, et ne lui donnera point de part à ce qui est écrit dans ce livre. »
Le Prêtre. — Ces paroles veulent dire que l'Eglise a le droit d'ajouter et de retrancher à la Parole de Dieu, ainsi qu'elle Pa fait du second commandement et de bien autries choses.
Le Gallois. — Dites-moi encore ce que signifient ces paroles de saint Paul :
Epltre aux Hébreux IX, il, 12, 18,22,25, 28:
a Mais Jésus>Christ, le pontife des biens futurs, étant venu dans le monde^ est entré une seule ibis dans lé
sanctuaire par un tabernacle plus grand et plus excellent^ qui n'a point été fait de main d'homme^ c'est-àdire qui n'a point été formé par la voie commune et ordinaire. Et il y- est entrée non avec le sang des boucs et des veaux^ mais avec son propre saog^ nous ayant • acquis une rédemption éternelle. Le premier (Testament) même ne fut confirmé qu'avec le sang. Selon la loi^ presque tout se purifie avec le sang^ et les péchés ne sont point remis sans effusion de sang. Il (Jésus- Christ) n'y est pas aussi entré pour s'offrir soi-même plusieurs fois^ comme le grand prêtre entre tous les ans dans le sanctuaire^ eu portant un sang étranger. Mais Jésus-Christ a été offert une fois pour effacer les péchés de plusieurs^ et la seconde fois il apparaîtra sans avoir plus rien du péché ^ pour le salut de ceux qui l'attendent. »
Epître aux Hébreux X, 10^ 11, 12 : « C'est cette volonté de Dieu qui nous a sanctifiés par l'oblation du corps de Jésus-Christ, qui a été faite une seule fois. Aussi, au lieu que tous les prêtres se présentent tous les jours à Dieu, sacrifiant et offrant plusieurs fois les mêmes hosties qui ne peuvent jamais ôter les péchés, celui-ci ayant offert une seule hostie pour les péchés, est assis pour toujours à la droite de Dieu. »
Le Prêtre. — Ces versets veulent dire que le sacrifice se renouvelle chaque fois que le prêtre dit la messe, et que Jésus-Christ n'est pas assis pour toujours à la droite de Dieu^ mais qu'il descend en personne des milliers de fois par jour.
Le Gallois. — Et comment l'Eglise infaillible interprète-t-elle ces autres passages :
Matthieu XXVI, 26, 27 : « Or, pendant qu'ils soupaient, Jésus prit du pain; et Tayant béni, il le rompit et le donna à ses disciples en disant : Prenez, mangez : ceci est mon corps. Et prenant le calice, il rendit grâces et le leur donna en disant : Buvez-en tous; car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés. D
Evangile selon saint Marc XIY, 23 : « Et ayant pris le calice, après avoir rendu grâces, il le leur donna, et ils en burent tous. »
Première Epître aux Corinthiens XI, 25, 26, 28 : a II prit de même le calice, après avoir soupe, en disant : Ce calice est la nouvelle alliance en mon sang, faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous le boirez. Car toutes les fois que vous mangerez de ce pain, et que vous boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne. Que l'homme donc s'éprouve soi-même, et qu'il mange ainsi de ce pain et boive de ce calice. »
Le Prêtre. — Ces versets signifient qu'il ne faut pas donner du vin au peuple dans TEucharistie, mais seulement une hostie consacrée.
Le Gallois. — Veuillez m'expliquer aussi les passages suivants :
Première Epître à Timothée II, 5 : a II n'y a qu'un Dieu ni qu'un médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. j>
Evangile selon saint Jean XIV, 6 : a Jésus dit : Je suis la voie, la vérité et la vie : personne ne vient au Père que par moi. »
' Livre des Actes IV, 12 : « Il n'y a point de salut par aucun autre (que Jésus-Christ) ; car nul antre nom n'a été donné sous le ciel aux bommes^ par lequel nous devions être sauvés. ]>
Le Prêtre. — Le sens de ces versets est : qu'il faut prier tous les saints, les invoquer et les honorer.
Le Gallois. — Et cette affirmatioa de saint Pa^l, que veut-elle dire?
Epître aux Romains III, 12 ; a Us se sont tous détournés du droit chemin; ils sont tous devenus inutiles; il n'y en a point qui fasse le bien, il n'y en a pas un seul. 9
Le PaâiRE. — Depuis l'avénemeat de Pie IX, l'Eglise a découvert que saint Paul a commis une grave erreur en affirmant que a tous se sont détournés du droit chemin^ » puisque la Vierge Marie fait exception*
Le Gallois. -—Je serais bien aise de eonnaitre aussi l'explication des divers passages de l'Ecriture que voici :
Psaume XVIII , 12 : a Qui est-ce qui connaît ses fautes? Purifiez-moi, mon Dieu, de celles qui sont ca-^ chées en moi. »
Proverbes XX, 9 : a Oui peut dire : Mon cœur est net, je suis pur de péché? »
Esaïe, LXIV^ 6 : a Nous sommes tous deveniis comme un homme impur, et toutes les œuvres de notre justice sont comme le linge le plus souillé.
1 Jean 1^8: a Si nous disons i|ue nous sommes sans péché, nous nous séduisons nous*mémeS; et la vérité n'est point en nous. »
Le Prêtre. — Voici la signification de ces p«rol«i :
Les bonnes Oeuvres de Thomme le jastiflent; ses jeûnes, ses aumônes et ses pénitences sont méritoires devant Dieu.
Le Gallois. — Oh ! que c*est consolant î Veuillez m'édifier encore sur ces paroles :
Evangile selon saint Jean 1^ 29 : « Jean vit Jésus qui venait à iui> et il dit : Voici T Agneau de Dieu^ voici celui qui ôte les péchés du monde. »
Epttre aux Romains VIII, 1 : a II n*y a donc point maintenant de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ^ et qui ne marchent pas selon la chair. »
Epître aux Hébreux I^ 3: «...Après nous avoir purifiés de nos péchés, il (Jésus) est assis au plus haut ciel, à la droite de la souveraine Majesté. »
Première Epitre de saint Jean 1, 7 (fin) : a Le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché. »
Le Prêtre. — Ces déclarations de la Parole de Dieu veulent dire que le sang de Christ ne nettoie pas de tout péché; qu'il y a des péchés véniels que le purgatoire seul peut expier.
Le Gallois. — Mais alors, comment doivent s'expli* quer ces autres versets î
Ezéchiel XVIII, 20 : a L'âme qui a péché mourra elle-même : le fils ne portera point l^iniquité du père, et le père ne portera point l'iniquité du fils ; la justice du juste sera sur lui, et l'Impiété de l'impie sera sur lui. »
Epitre aux Romains Vl^ 23 : ce La mort est la solde et le payement du péché, d
Epître aux Calâtes III , 10 : a Tous ceux qui s^appuient sur les œuvres de la loi sont dans la malédic-
tion^ puisqu'il est écrit : Malédiction sur tons ceux qui n'observent pas tout ce qui est prescrit dans le livre de la loi. t>
Epître de saint Jacques 11^ 10 : « Quiconque ayant gardé toute la loi^ la viole en un seul points est coupable comme Tayant toute violée. »
Le Prêtre. — Il est vrai que ces diverses déclarations paraissent favoriser Topinion que chaque péché mérite la colère et la malédiction de Dieu. Mais TEglise a décidé que le péché véniel ne mérite ni l'enfer, ni la malédiction de Dieu.
Le Gallois. — Quel est, je vous prie, l'opinion de l'Eglise sur les versets suivants :
Première Epître aux Corinthiens XIV, 11, 16, 19 : « Si donc je n'entends pas ce que signifient les paroles, je serai barbare à celui à qui je parle, et celui qui me parle me sera barbare. — Si vous ne louez Dieu que du cœur, comment un homme du nombre de ceux qui n'entendent que leur propre langue répondra-t-il : Amen, à la fin de votre action de grâce, puisqu'il n'entend pas ce que vous dites? — J'aimerais mieux ne dire dans l'Eglise que cinq paroles dont j'aurais rintelligence, pour en instruire aussi les autres, que d'en dire dix mille dans une langue inconnue. »
Le Prêtre, — Par ces paroles, saint Paul enseigne qu'il faut toujours lire en latin la Bible dans les églises, et ne pas négliger de prier aussi toujours en latin, afin que le peuple ne puisse rien comprendre.
Le Gallois. — Permettez-moi encore une seule question. Comment l'Eglise infaillible explique-t-elle ces paroles de saint Paul?
Première Epttre aux Corinthiens IX^ 5 : a N'avonsnoiis pas le pouvoir de mener partout avec nous une femme qui soit notre sœur en Jésus-Christ, comme font les autres apôtres et les frères de notre Seigneur, et Céphas? » (Voir aussi Matthieu YIII, 14'.)
Première Epitre à Timothée III, 2, 3, 4 : « Il faut que révéque soit irrépréhensible, qu'il n'ait épousé qu'une femme; qu'il soit sobre, prudent, grave et modeste, chaste, aimant l'hospitalité, capable d'instruire; qu'il ne soit ni sujet au vin, ni violent et prompt à frapper; mais équitable et modéré, éloigné des contestations, désintéressé; qu'il gouverne bien sa propre famille, et qu'il maintienne ses enfants dans l'obéissance et dans toute sorte d'honnêteté. »
Le Prêtre. — Cela signifie que le mariage est interdit au clergé. Le saint concile de Trente a décidé que le mariage du clergé est une profanation du sacerdoce.
Le Gallois. — Pardonnez-moi , Monsieur... Mais je ne puis me persuader que vous soyez sérieux dans les explications que vous me donnez de la Parole de Dieu. Rassurez-moi, je vous en prie.
Le Prêtre. — Mais certainement, je suis sérieux. Je n'ai fait que vous rapporter, avec le plus profond respect pour l'Eglise infaillible, les paroles de nos conciles, de nos catéchismes et de nos plus éminents docteurs.
Le Gallois. — C'est donc bien sérieusement que vous m'avez parlé? — Dans ce cas. Monsieur, il demeure évident que, dans telle circonstance donnée, une pauvre vieille feiïime peut avoir plus de lumières
• IMMI
que toute une assemblée d'évêques y x» car il vous serait difficile de trouver^ soit dans le pays de Galles^ soit ailleurs, une pauvre vieille femme qui, mise eu présence des portions si simples et si claires de la Parole de Dieu, que nous venons d'examiner, en donnât une explication aussi diamétralement opposée à la vérité et au bon sens que n'est celle que vous venez de me donner vous-même d'après vos conciles et vos savants docteurs. — Vous craignez que le peuple n'interprète mal la Parole de Dieu sans l'intervention de l'Eglise; mais vous ne paraissez pas craindre que votre interprétation soit mal comprise ; vous la livrez en toute sécurité au peuple, lui disant par là : a Ne croyez pas sans nous à la Parole de Dieu, mais croyez sans aucun secours à notre interprétation; ne croyez pas à ce que Dieu vous dit lui-même, mais croyez à ce que nous voulons qu'il vous ait dit. » — Oh ! abus de raisonnement ! Quoi ! vous voulez nous persuader que les décisions de votre Eglise sont plus dignes de foi que les déclarations de l'Esprit de Dieu qui a dicté sa Parole ? Quoi ! vous prétendez que les simples laïques comprendront mieux les décisions dogmatiques subtiles et entortillées des prêtres, des évéques et des papes ^ap^ pelant V Eglise, que le langage simple, clair, affectueux et plein de charité de la Parole de Dieu ?. . . Mais, Monsieur, vous pourrez compter par milliers dans le pays de Galles, les âmes simples et humbles qui ont trouvé la vérité dans la sainte Bible, et qui se réjouissent en la pratiquant !... Si vous leur demandez cornment elles lisent la Bible, elles vous répondront sans hésitef ; a Ce n'est pas en notre propre esprit que
nous plaçons notre confiance ^ mais dans TEsprit de Dieu. x> — No dites pas. Monsieur, a que nous traitons les livres sacrés comme des ballots de marchandises avariées que.ron jette sur tous les rivages. » Nous ne disons pas que chaque fidèle d(Hve s'abandonner à ses opinions particulières, mais nous disons qu'il doit lire la Bible en priant Dieu de lui en donner Tintelligence. Tous les chrétiens du pays de Galles seront d'accord pour vous dire : a Nous avons un guide qui s'oflVe pour nous conduire : ce guide, c'est Dieu lui-même ; c'est le Saint-Esprit. Avec le Saint-Esprit pour guide, nous avons aussi Dieu pour père et Jésus-Christ pour frère; car il est écrit : « Tous ceux qui sont conduits a par l'Esprit de Dieu sont enfants de Dieu, ses héria tiers et les cohéritiers de Jésus-Christ » (Romains YIII, ik et 17). Jetés seuls sur une ile déserte, si nous avions la Bible dans nos mains et le Saint-Esprit dans nos cœurs, nous aurions tout ce qui est nécessaire pour connaître le Seigneur et pour trouver grâce devant lui*. »
* LuciU,