‹ La Bastille des comâediensChapitre 110 sur 122 · Bibl. de V Arsenal, Arch. de la Bastille 11394, f · texte numérisé non relu

Bibl. de V Arsenal, Arch. de la Bastille 11394, f

3. Voir rintéressant rapport de l'exempt Bazin sur la première représentation, le 7 janvier 1735, du Réveil iVEpiménide, comédie en trois actes en vers et un prologue de Phil. Poisson (Bibl. de l'Arsenal, ms. 11301, f. 275).

« gazelins secrets » qu'elle envoie aux ministres.

Le 3 novembre 17 18, à la représentation du JoHciir, le bruit est si grand que nombre de speclateurs quittent la salle et vont retirer leur argent, « disant que c'est un enfer* ». « L'on a représenté aujourd'hui Milliridate^ écrit l'exempt Bazin le 20 janvier 1743, suivi de Pourceaugnac. 11 y avait une très belle chambrée et un parterre extrêmement tumultueux, qui ne cessait de crier de façon que les acteurs étaient obligés de rester sur la scène sans pouvoir jouer ■-. »

Les spectateurs discutent du jeu et de la beauté des actrices. Ce sont des jeunes gens. L'un d'eux s'écrie :

— M'-' Dangerville joue avec esprit, mais n'en a pas hors du théâtre.

A ces mots intervient un voisin. Il proteste. Le ton s'éh"^ve. On en arrive aux injures, à un défi. Les épées sortent des fourreaux et, avant même que les adversaires aient gagné la rue, le duel s'engage dans l'intérieur de la Comédie-Française, On jouait Amphtjtrïon et les Folies amoureuses. C'est avec peine que la garde parvient à désarmer ces fougueux critiques. Au For l'Evêque ils discutèrent avec plus de tranquillité des mérites de M"^ Dangerville. « Le père de l'agresseur, un nommé

1. BibL. de rAr<innal, Aroh. de la Bastille, ms. 1164?, f. 8-9. *^. Ibid., m--. Ilb3.'), f. 451.

Moyen, écrit l'exempt Bazin au lieutenant de police, est venu me trouver au bruit de cette affaire. 11 aura l'honneur de vous supplier de défendre à son fils de porter l'épée pendant un an, aiin de le rendre plus sage à l'avenir. L'autre est le nommé Leclcrc,. qui paraît n'être sorti que forcément. » Moj^en, l'agresseur, resta au For l'Evêque cinq ou six jours, tandis que Leclerc était rendu libre dès le troisième jour de sa détention^.

C'étaient parfois des cabales. M"^ Gauthier a débuté à la Comédie-Française le 3 septembre 1716 ;i elle a été reçue le 8 octobre suivant. Le 25 janvier 1717, M""^ de Fonpré joue dans Electre. Au moment où elle paraît sur la scène, s'élève au parterre un grand tumulte, « lequel désordre fut encore plus fort que le vendredi précédent. M"^ Gauthier qui est la dernière actrice reçue, était le modèle [sic) de ce désordre, parce qu'elle souhaiterait fort que M""" de Fonpré quittât pour jouir plus tôt de la demi part qui lui a été promise à la première place vacante ». Le meneur de la cabale était un procureur de la cour, nommé de la Mare. Il fut arrêté au parterre et conduit au For rÉvêque^. M'^' Gauthier remporta au théâtre des succès brillants, tout d'abord dans l'emploi des « grandes princesses )^,

1. Bibl. de l'Arsenal, Arch. de la BastiMc, ms. 11229, f. 119-20,

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