‹ La Bastille des comâediensChapitre 111 sur 122 · IbicL, ms. 10629, doss. Delamare · texte numérisé non relu

IbicL, ms. 10629, doss. Delamare

LE FOK l'éVÈQUE 275

puis dans celui des « caraclères ». Elle joua le rôle de M""^ Jobin dans la Devineresse de Donneau de Vizé et Thomas Corneille. Brusquement, tandis qu'elle était au faîte de la faveur, elle quitta le théâtre pour entrer aux Carmélites. Elle n'avait que six ans de Comédie, nul droit à la pension ; mais on tint à Tinscrire pour une pension de 1.000 livres, qu'elle abandonna aux pauvres, jusqu'à sa mort, survenue le 8 avril 1757^

Plusieurs cris et plaisanteries étaient devenus traditionnels. Celaient des scies comme « Ohé, Lambert ! » ou « Connais-tu la ferme » ? Parfois la salle tout entière n'en était pas mo"ns mise sens sus dessous. Quand le moucheur de chandelles apparaît à la rampe ou au lustre, ce sont les cris :

— Rira, rira pas !

Le flot déchaîné n'est pas facile à contenir. La toile est levée, les acteurs sont en scène, on crie toujours :

— Rira, rira pas!

Et les acteurs attendent parfois un quart d'heure, avant de pouvoir commencer l'acte nouveau, tandis que du parterre, de l'amphithéâtre, des loges, on continue de crier :

1. Voir le récent et charmant livre de Cœciiia Vellini, Comédienne et cannélile, élude historique sur M^^' Gauthier, actrice de la Comédie-Française, puis religieuse carmélite à Lyon, Paris, s. d. (1002;, petit in-4''.

S'ô LA BASTILLE DES COMÉDIENS

— Rira, rira pas!

Nous sommes à la Comédie-Française. A la Comédie-Italienne, ceux qui sont au «théâtre», c'est-à-dire sur la scène, s'efforcent de faire tomber le moucheur de la rampe dans l'orchestre ^

Un autre cri était : « Bas les chapeaux » ! ou bien : « Bas les nez ! » et un autre : « Haut les bras, monsieur l'abbé ». Car l'abbé, au xvni^ siècle, fréquentait assidûment les spectacles. Le nombre des jeunes gens qui furent mis au For FEvêque pour avoir interrompu la représentation aux cris de : <( Haut les bras. Monsieur Fabbé »! est invraisemblable. On criait aussi: «Ouvrez les loges»! et ceci produisait une rumeur, car le public pensait que l'une ou l'autre personne enfermée dans une loge se trouvait mal.

Puis on criait : « Place au théâtre! » pour faire se ranger devant les acteurs les spectateurs qui, selon l'usage du temps, avaient pris place sur la scène même. Une autre exclamation se répétait sans motif aucun : « Paix là! »

« Je viens d'envoyer au For FEvéque, le nommé Bidaut-, écrit l'exempt La Garenne, pour avoir crié à plusieurs reprises : «Paix là»! cri qui s'est fait entendre aujourd'hui à tous les endroits du par-

1. 1743, 3 décembre. — Bibl. de V Arsenal, Arch. de la Bastille, nis. 11537, f. 124 verso.

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