Ibid., ms
à la requête de ses créanciers. Le jour venait où l'ordre de liberté expédié par le ministre arrivait à la prison, mais le malheureux demeurait captif retenu par ses dettes ^
Non moins nombreux étaient les prisonniers de police. « On enferme au For l'Evêque tous ceux que la police fait arrêter pour fautes légères ^ » ; les cochers par exemple, cochers infracteurs des règlements de police ou insolents et brutaux vis-à-vis du (( bourgeois ». Force est d'ailleurs de constater qu'à cette catégorie de citoyens, très honorable au reste, quelques nuits à la paille du For l'Evêque ne laissaient pas d'être salutaires.
Enfin, on écroua au For l'Evêque des criminels : sur la fin de l'année 1720, le fameux Cartouche, Il se trouvait impliqué dans l'assassinat de Mondelot, garçon tanneur, tué au cabaret de la Grande Pinte, le 29 septembre 1720. Au cours de son interrogatoire le rusé bandit se défendit avec énergie.
1. U s'était formé en 1640 une association charitable pour la délivrance des prisonniers pour dettes. On en a conservé les statuts détaillés. Règlemens de la compagnie des Messieurs qui travaillent à la délivrance des pauvres prisonniers pour dettes, revus, corrigez et augmentez en juin l'725 [Bihl. nat., ms. franc. 13874). A cette date le «supérieur en chef», nous dirions aujourd'hui le président, en était le procureur général Joly de Fleury. Le manuscrit de la Bibliothèque nationale contient non seulement les règlements, mais la Uste des membres de la Compagnie en 1725 et celle des « supérieurs en chel » depuis la fondation.
2. Proj.d concernant rétablissement de nouvelles prisons (1776), publié par Daunan, p. 4.
Cependant ii ne tarda pas à se sentir perdu. Brusquement, h la stupéfaction du conseiller instructeur, il se jeta sur le procès-verbal qu'il mit en pièces. De ce moment, il ne songea plus qu'à son évasion et il TelTectua, avec une habileté surprenante, le 2 mars 17211.