Bibl. de V Arsenal Arch. de la Bastille, ms. H715, f
2. S. 1. 1789, in-8 de 49 p. Réimprimé à Bruxelles, 1868 (la couverture porte, par erreur, 1768) in-16 de xi-63 p., avec fac-similé' reproduisant la marque du théâtre du maréchal de Saxe à Bruxelles, d'après Boucher,
LE FOR i/ÉVÈQUE 177
Quant à sa maîtresse infidèle, le terrible maréchal la fit envoyer aux Pénitentes d'Angers, couvent où Ton avait coutume de placer les femmes inconstantes à leurs maris, au mari dont Maurice de Saxe continuait de remplir le rôle. On a les lettres que ]yjmc Favart écrivit de sa retraite à son tyran. Elles sont d'un sentiment aussi curieux que les réponses du maréchal.
Enfin, au mois de novembre 1750, Maurice de Saxe mourait en son château de Chambora. Nos doux amoureux, M. et M"'' Favart, purent recouvrer la liberté. Le succès de la brillante actrice à la Comédie-Italienne alla grandissant, et elle continua d'aimer son mari avec une tendresse également grandissante — tout en remplaçant son joli petit Langellerie par le doux abbé Voisenon.
^jmc pavart a été la Manon Lescaut de l'amour conjugal, mais avec des sentiments plus compliqués encore, comme il convient à une femme mariée. Elle adore son mari ; mais, comme son mari est son mari, elle le complète par le musicien ou l'abbé ; tout en obtenant de son puissant amant, le maréchal de Saxe, argent et faveur pour le mari adoré. Tout cela n'est pas très simple, mais est très logique, et fait comprendre le jugement de Meusnier, qui est trop sévère parce qu'il ne comprenait pas : « La Chantilly, enjouée par caprice, minaudière, fourbe et dissimulée. »