Ravaisson, Archives de la Baslille, XII
du lieutenant de police, et demanda récompense. DeChâlonsJlécrità Marville, le 23 septembre 1774 : « Vous m'avez fait une vieille promesse des œuvres de Voltaire qui ont été confisquées, il y a deux ans. Comme je fais assez de cas des ouvrages saisis, il serait fort honnête à vous de penser à moi quand l'occasion s'en présente. » Le lieutenant de police fit rechercher dans ses bureaux un « Voltaire saisi » et s'empressa de le faire tenir au Procureur général^.
Voltaire fit mieux, car il avait réellement un génie de policier. Nous venons de le voir se faufilant, habile à faire discrètement son enquête, d'étalage en étalage, guettant les publications prohibées pour les signaler au lieutenant général. Le voici qui organise dans son propre logis une « souricière », très ingénieusement agencée, où les colporteurs se viennent faire prendre d'eux-mêmes.
Un pauvre 'diable, du nom de Phelizot, débitait un pamphlet dirigé contre Voltaire par le poète Roy, sous le titre le Discours prononcé à la porte de l'Académie françoise par le directeur à M.., « J'ai l'honneur devons rendre compte, écrit l'inspecteur d'Advenel à Marville, le 30 avril 1746, que je me suis rendu chez M. de Voltaire à l'effet d'arrêter Phelizot, colporteur, qui avait apporté la veille sept cents exemplaires intitulés i)/5coz^rsjoro;20/ice...»