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avait mise à sa disposition, à lui et au soldat qui le gardait, ce pour leurs besoins naturels 7).
La fenêtre qui éclairait la cellule était pourvue de barreaux de fer paraissant défier toute tentative de fuite de ce côté. Voici, du reste, la description de celle de la ke Comté, qu'occupaient Latude et d'Allègre : w ... A la croisée qui éclaire ladite chambre et percée dans un mur de six pieds d'épaisseur, il y a, du côté du fossé, trois grilles de fer, distantes l'une de l'autre de trois pouces ou environ, la première et seconde à barreaux aplomb, savoir : la première à trois traverses sur la hauteur, la seconde avec deux traverses et la troisième maillée de quatre pouces en quatre pouces, le tout scellé dans les tableaux de ladite croisée, partagée par un laiton de pierre, au-dessus duquel sont deux grilles de fer, la première à barreaux aplomb avec deux traverses, et la deuxième maillée de quatre pouces en quatre pouces; et du côté de ladite chambre, en dedans de l'épaisseur du mur, est une grille dans toute la hauteur, composée de cinq barreaux de fer distants de quatre pouces en quatre pouces, et garnis de trois traverses, au devant de laquelle grille est un châssis en deux parties, garni de carreaux de verre W. y
Les cheminées étaient également pourvues de barreaux de fer, et le même procès-verbal nous apprend que celle de la Ue Comté en avait deux, dont l'une ce a été ôtée par lesdits d'Allègre et Danry, afin de pouvoir passer dans la cheminée et parvenir au comble (2). n L'architecte du château en avait la surveillance; il devait faire visiter attentivement toutes les cheminées et y ordonner les réparations nécessaires^. Qu'un feu de cheminée vînt à s'y déclarer, les murs étaient trop épais pour que l'on en prît alarme, et nous savons déjà ce que le major de Losme écrivait à ce propos : ce Cela ne nous inquiette pas, car c'est de cette manière que se ramonent nos cheminées. v>
L'habillement. En ce qui concerne l'habillement des prisonniers, le régime de la Bastille alla
toujours s'améliorant, et à cet égard le siècle de Louis XV et de Louis XVI fut singulièrement plus clément que ne l'avait été celui de Louis XIV. INous avons montré le banquier Hache, débiteur de Mazarin, déclarant en 1660 qu'on l'avait laissé deux mois sans le changer de linge. Quarante ans plus tard, aucun détenu n'aurait pu se plaindre d'une semblable cruauté. En 1699, Pontchartrain annonce à Saint-Mars que ce le roi trouve bon qu'il fasse donner les bardes nécessaires aux prisonniers qui ne peuvent avoir de secours d'ailleurs W t. Cinq ans plus tard,
(1) Lalude cl son évasion. Documents publiés par nistre do la maison du roi au sieur Poyet, en date
M. Longnon, loc. cit. p. 37 h. du 1" mai 1787.
'2> /&ttf.,p. 878. W Arch. nat., O1 43, n" i5i9. Lettre du
(3) Arcli. nat., O1 h 98, p. 353. Lettre du Mi- a 5 novembre 1699.
avis à peu près analogue : «Le Roy trouve bon que vous fassiez fournir les choses nécessaires et indispensables aux prisonniers de la Bastille, et au meilleur marché qu'il se pourra W. ■» A ceux qui avaient des ressources, on tolérait tous les envois du dehors, même les plus étranges. En 17/16, le major Chevalier reçoit la lettre suivante : et Permettez, Monsieur, que je vous adresse pour mon misérable fils deux paires de bas drapé, dix coiffes de nuit, quatre paires de chaussons, les quatre premiers volumes de l'histoire d'Espagne et cinq louis. Je vous seray bien obligé de faire en sorte qu'il fasse bon usage de l'argent®, u
On fit mieux encore : un magasin d'habillements fut fondé à la Bastille. Le 28 juillet 177A, Chevalier annonçait au lieutenant de police l'arrivée de quatre prisonniers et il ajoutait :
kNota. Ces quatre prisonniers sont comme tous les autres; ils n'ont rien pris avec eux et il faudra, sous votre bon plaisir, Monsieur, que vous leur donniez tous leurs besoins en linge de toute espèce des magasins du château (3). n
Il est vrai que, vers la fin, au moins, cette institution si utile était à peu près réduite à rien. A chaque instant, de Losme adresse au lieutenant de police des notes comme celle-ci : cr Le magasin des bardes du château est épuisé, faute d'entretien annuel W. d
Si, par bien des côtés, le régime de la Bastille offre prise à la critique, ce n'est Les repas, pas au sujet de la nourriture qu'on l'attaquera. Les relations des prisonniers sont , pour ainsi dire, unanimes à cet égard, et rapporter ici ce qu'elles en disent serait se répéter inutilement. Pour être logique avec lui-même, Linguet essaye de prétendre qu'on voulut l'empoisonner, et il en prend texte pour discourir sur les empoisonneurs du siècle passé, mais il se contredit ailleurs en avouant qu'on lui soumettait chaque jour une liste de mets, où il pouvait choisir ceux de son goût. Renneville, Danry se déclarent satisfaits de la nourriture, et certes, leur témoignage n'est pas suspect. L'abbé de Roquette, qui s'était juré de ne manger que des aliments maigres, en fut vivement blâmé par le major : on redoutait qu'il ne se laissât mourir de faim, et il obtint aisément qu'on lui fit donner simplement une portion de soupe chaque jour.
(1) Arch. nat., O1 365, fol. 263 v°. Lettre du Pétersbourg. Copie de M. Hovyn de la Tranchère , 12 novembre 170/1. à la Biblibliothèque de l'Arsenal, ras. 12,727.
(2) Bibliothèque de l'Arsenal, Ms. 12,521. Cf. (4) Archives de la Préfecture de police, corres- Funck-Brentano , ap. Revue historique de janvier pondance dix major de Losme, passim. — Sur 1 890 , pour d'inte'ressantes mentions sur l'habille- l'emplacement qui e'tait occupe' par le magasin d'hament des prisonniers, pages 68-69. billements à la Bastille, voir Pièces justificatives,
S) Archives de la Bastille conservées à Saint- n° XV.
Au moment où la prison reçut ses nouveaux règlements, on n'oublia pas le service de la table, qui fut ainsi ordonné :