INTÉRIEUR
Description de la cour du Puits, séparée de la grande par le bâtiment de l' Etat-major.
L'escalier du côté du faubourg Saint-Antoine, conduisant à la platte-forme près le bâtiment de l'Etat-major, éclairé par cinq bayes de croisée, en haut duquel étoit le colombier du gouverneur; deux portes et dix autres croisées pour les escaliers des deux tours; un hangard, soutenu par deux poteaux, servant de bûcher au gouverneur; sur le mur, étoit placée une croix de Saint- André, garnie de crampons de fer; une petite baraque, servant de lavoir aux cuisines; un puits garni de ses trois branches de fer soutenant la poulie, avec sa chaîne en fer; un billot, servant
LA BASTILLE. lu
à donner la question; une potence de fer, un crampon; une torture de corde; une guérit te; ie bâtiment de l'Etat- major sur la même cour, composé de douze croise'es et une porte.
Grande cour.
De l'autre côte' dudit bâtiment, un perron, à deux rampes de fer, pour arriver dans l'intérieur dudit bâtiment de l'Elat-major, où se tenoient les séances criminelles, ainsi que d'autres pièces servant à renfermer les prisonniers pour leur donner la question ordinaire et extraordinaire, ainsi que le logement des officiers employés pour le service de la Bastille. Ce bâtiment étoit éclairé par vingt cinq croisées et deux portes : au dessus de la porte du perron étoit une inscription; plus haut, une fleur de lys; au commencement du fronton étoient deux esclaves enchaînés, soutenant sur leurs épaules le cadran, marquant cinq heures un quart au moment de la prise de la Bastille; le toit dudit bâtiment couvert en tuiles; deux souches de cheminées et le clocher de l'horloge.
Façade du côté de Paris dans son intérieur.
Seize croisées, comprise dedans celles des deux escaliers des tours et des couloirs; deux portes d'escalier; une porte renfermant les instruments de supplice. Un perron conduisant à la chapelle, placée entre les deux tours, une porte d'entrée, un billot, un carcan, un banc de pierre; le surplus de ladite face est un bâtiment couvert en ardoise où étoit la bibliothèque et éclairé par cinq croisées; trois remises avec écuries où le lieutenant de police faisoit remiser sa voiture quand il venoit présider à la chambre du Conseil; au dessus de ce bâtiment, un crampon et un bout de chaîne.
Côté de la porte d'entrée.
Douze croisées et deux portes pour communiquer aux deux escaliers des tours; une inscription marquant l'époque de sa construction, un bâtiment attenant la bibliothèque, servant de parloir: deux croisées et deux portes communiquant au corps de garde des invalides; corps de garde et logement; une grande grille à deux venteaux.
Côté du faubourg Saint-Antoine dans l'intérieur.
Dix-huit croisées, tant dans l'escalier des tours que de celles des couloirs; trois portes et un perron; une autre grande porte nommée du Trésor; une gueritte; une forte torture, de vingt quatre pieds de haut avec deux chaînes, un crampon à cinquante pieds, avec un bout de chaîne dans l'emplacement d'une ancienne porte ('2); près la descente des oubliettes '3), étoit placé le réservoir servant de fontaine, et la pierre recevant les eaux; un tampon avec anneau fermant le regard. Les deux cours en pavés de grais; au bas de chaque escalier et au milieu de chacune des tours étoient les cabinets d'aisance. Dans la grande cour, un emplacement de dix huit pieds de longueur sur neuf pieds de largeur étoit couvert en dalle, sous lequel étoit pratiqué un caveau d'un long carré creusé jusqu'à l'eau, servant à jetter les cadavres des prisonniers qui
m Ce n'était pas la bibliothèque, mais bien le dépôt des archives.
!2) C'est là une des grossières erreurs dont Palloy était coutumier; il a vu ou prétendu voir un appareil de torture dans un monte-chai ge destiné à transporter au premier étage de la tour du Trésor
les ballots de livres saisis. Cf. ce que nous avons dil sur ce sujet, page 4i, et un passage décisif de La Bastille dévoilée, 2e livraison, p. 3q.
(3; Toujours ce même souci de l'horrible; en fait d'oubliettes, il n'y avait à la Bastille que les cachots construits dans le sous-sol des tours.
perissoient dans celte sombre demeure'1'; à ce même endroit, est placée une boîte portant inscription, renfermant divers objets de ce qui fut trouvé lors de la démolition.