‹ La bataille d'UhdeChapitre 5 sur 6 · LETTRES ÉPINGLÉES A LA FIN DE CETTE PARTIE DES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

LETTRES ÉPINGLÉES A LA FIN DE CETTE PARTIE DES MÉMOIRES

Docteur labro

17, RUE TRONCHKT

Consultations de 3 hi'ures à 5 heures.

Mon cher ami^

Il ni^est bien difficile de vous commimiquer sw la mort de la cointesse de Raxi des détails différents de ceux de la première lettre On trouve de l' arsenic partout dans la nature. Donnez-moi une canne; je la casse^ je la pile, je l'analyse; et j'y trouve de l'arsenic. Les bruits que la malveillance a fait courir sur la titiste fin de la pauvre enfant me semblent plus que téméraires. Certainement le caractère de madame de Raxi était plutôt mélancolique. Mais de là à imaginer un suicide à l'heure même où tout lui réussissait, oii les journaux annoncent votre victoire d'Uhde, oiivous allez rentrer, la paix faite, au milieu du triomphe, cela devient de la fable. Le docteur légiste qui a fait l'autopsie avec moi s'est monté la tête sur des indices bien vagues. Si j'ai diï déférer à son intention de demander l'enquête, cela fut pour éclaircir tout à fait la vérité, et fermer la bouche aux emiemis de l'Empereur, toujours disposés à la calomnie contre les héros qui le servent. L enquête rapidement menée par

M. Piéti'i qui est, entre parenthèses, un homme dune délicatesse exquise, vient de faire cesser les clabaudages des curieux. Il est donc inutile d accroître votre douleur par une pensée semblable . On imposera silence à ces concierges de républicains .

Soignez-vous, à votre tour. Les fatigues de cette campagne glorieuse, votre contusion au bras, les émotions que doit vous amener le désespoir du veuvage sont funestes à votre tempérament d'arthritique. Je voudrais bien vous avoir ici. fos coupe-toujours de chirurgiens-majors m' inspirent une médiocre confiance. Dès votre venue faitesmoi signe, mon cher vieil et glorieux ami. Vous savez combien j'aime votre vie.

Je vous félicite. Vous voilà comynandeur de la Légion d'honneur, et pourvu d'un corps d'armée. Ah, Bonaparte l N' oubliez point pour cela le Purgon des anciens jours qui vous embrasse, barbe grise contre moustache noire.

Labro. -

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Vil mot! un seul mot! Tuteur chéri! Je prends le train avec madame Danton à huit heures. Aprèsdemain je serai à Milan..-. Joie... Joie!... Joie... Bonheur... mon héros! Je vais vous voir au milieu des drapeaux, des musiques, en pleine victoire... Je ne demande qu'à mourir ensuite...

J'ai été, pour obéir à vos recommandations, au cimetière. Tout y est convenable.

Comme je vous aime, cher tuteur chéri.

Stéphanie de Leyran.

2 juillet 1859.

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