‹ La bataille de ChâteauguayChapitre 8 sur 14 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

T 'OBSCURITÉ vient vite, à la fin d'octobre. Les Cana- JLa diens rallumèrent leurs feux. On en fit plus que pour le besoin, comptant éblouir les Américains par ce. déploiement de bivouacs — mais les Américains déjà s'en retournaient, l'oreille basse et sans tambours ni trompettes. Personne parmi nos gens ne songeait encore à chanter victoire, tant on leur avait dit que le danger persistait. Néanmoins, ils étaient de bonne humeur, la journée ayant été chaude grâce à la fusillade et l'ennemi restant sage, quelque part où il fût, car on ne devinait pas encore son abattement. Un esprit de satisfaction et de réconfort régnait partout dans nos rangs, comme lorsque nous venons de gagner la première manche dans un enjeu difficile. Salaberry n'interdisait ni les chansons ni les gaîtés du soldat après la bataille, par conséquent les bois d'alentour retentissaient des éclats de ces voix franches que les preux des anciens jours faisaient entendre, aux échos de la vieille Gaule, après une lutte où l'un des

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