Instruction du 6 janvier
des troupes, les mesures à prendre pour assurer la mobilité des unités, la rapidité des manœuvres, l'organisation des transports, des ravitaillements et du service de santé. A partir de cette date jusqu'à l'ouverture de l'offensive, le registre de correspondance n'est plus guère qu'un fertile et copieux exposé des grands principes tactiques s'appliquant au cas présent. Malheureusement, dans le même temps, l'action personnelle que le commandant en chef avait à exercer dans cette immense préparation se trouvait grandement entravée par les nombreux déplacements rendus obligatoires, soit en raison de trop fréquents appels à Paris, soit parce qu'il devait accompagner sur le front les ministres ou autres personnages officiels en voyage. C'est ainsi que, pendant la période qui s'étend du 22 mars au 6 avril — soit seize jours — , il en passa douze hors de son quartier général. Inutile d'insister sur les inconvénients qu'entraînaient de semblables pertes de temps ■.
Après le repli. — On a vu plus haut qu'averti du repli allemand sur la ligne Hindenburg, le général Nivelle n'avait pas cru devoir modifier, au moins dans son ensemble, le plan d'opérations primitive-
1. Du 20 avril au 11 mai, en pleine bataille, le généra! en chef, pour les raisons indiquées ci-dessus, fut absent neuf jours de son quartier général. Ces perpétuels déplacements entravèrent tellement la marche des affaires qu'un des officiers d'ordonnance du général, le lieutenant-colonel d'Alançon, crut devoir faire auprès de M. Albert Thomas une démarche personnelle, afin de les faire cesser.
ment arrêté par lui. Cependant, en ce qui concernait les armées britanniques, il décidait que l'attaque prévue sur le front de l'Ancre n'aurait pas lieu, et qu'en conséquence les forces destinées à opérer de ce côté seraient réduites, les disponibilités ainsi constituées devant servir à renforcer l'attaque de la Scarpe. laquelle était maintenue. En même temps, il avisait le commandant des groupes d'armées que si le repli ennemi s'accentuait au nord, le le groupe Franchet d'Esperey devrait se borner à talonner l'adversaire avec les forces strictement nécessaires, le surplus étant attribué au groupe Pétain, dont l'action serait, en tout état de cause, poussée à fond. L'axe des opérations était donc légèrement déplacé, de façon à porter le principal effort contre la charnière méridionale de la position allemande, et à la déborder *.
Mais comme, entre temps, le mouvement de retraite était allé toujours s'accentuant, le général en chef, tout en confirmant ses instructions précédentes, formait le 17 mars, à toute éventualité et au moyen de prélèvements opérés sur le groupe Castelnau. une nouvelle armée de réserve. Il ordonnait au général Pétain d'exécuter, le jour même où commencerait l'offensive des armées Micheler, et en liaison étroite avec elles, une vigoureuse attaque sur le front Nauroy-Auberive. Il insistait tout particulièrement sur la double néces-