CHAPITRE III L'EXÉCUTION
Le 15 avril ausoir. Tordre du jour suivant, d'une sobriété si éloquente, était communiqué à toutes les troupes :
Aux officiers, sous-officiers et soldats des armées françaises :
L'heure est venue. Confiance, courage et vive la France ! — Signé : Nivelle.
Journée du 16 avril. — Le lendemain, à six heures du matin, après une préparation d'artillerie qui avait duré plusieurs jours ', les Ve et VIe armées (groupe Micheler) se lançaient à l'attaque par un temps pluvieux, sans être d'abord très gênées par les tirs de barrage ennemis'2. Leur élan était magnifique et semblait irrésistible. Dès huit heures, les troupes du général Mazel 3 étaient
1. Les premiers prisonniers allemand?;, interrogés par la IVe armée, déclaraient que les effets de notre artillerie de tranchée étaient plus impressionnants que le bombardement luimême. La réaction de l'artillerie allemande n'était point comparable à notre action.
2. « Les barrages se sont montrés en général tardifs et désordonnés », dit un message téléphoné de la Ve armée.