V" armée
maîtresses de toute la première ligne ennemie, qu'elles dépassaient même de trois kilomètres en deux points.
Elles avaient enlevé le Champ-du-Seigneur, la Grande-Navière, la Grande-Tournière et Berméricourt. La deuxième position allemande était entamée sur un front de quatre kilomètres, vers Juvincourt. Par contre, leur attaque avait échoué devant les hauteurs de Craonne, et elles n'avaient pu déboucher de la crête de Sapigneul. Le mont Spin, pris et repris, était le théâtre d'une lutte acharnée.
De huit heures à midi, les progrès se trouvèrent fort ralentis par le feu de très nombreuses mitrailleuses échelonnées d'avance en profondeur, et par de violentes contre-attaques. Au sud de l'Aisne, la situation demeurait sans changement au mont Spin et à Sapigneul. Au nord, la position de Craonne restait inabordable et même nos troupes devaient reculer jusqu'au Bastion de Chevreux. Elles progressaient cependant, mais lentement, vers Juvincourt, et commençaient à envelopper le bois des Boches ainsi que la Ville-aux-Bois. En somme, la ligne semblait se cristalliser.
Deux groupes de chars d'assaut avaient appuyé l'attaque de la IIIe armée. Malheureusement ces engins, qui restaient encore loin de la perfectionacquise depuis, étaient alors, d'une manière générale, trop facilement inflammables, trop vulnérables et presque aveugles1. L'un des groupes rendit à la