XVI PREFACE
de la bataille perdue, de la surprise stratégique la plus complète, de la faute de commandement la plus extraordinaire que jamais peut-être V Histoire ait enregistrée.
Bien plus exactement on pourrait prononcer le mot d' « énigme de Briey », car, suivant la définition académique, il n'est pas de « chose plus difficile à définir, à connaître à fond ». On trouve là le mystère le plus épais, le secret le plus étroit, le réseau le plus serré d'obscurités voidues.
C'est que du fait d'une autre « tragique erreur » on passa à Briey près d'une victoire qui eut pu influer profondément sur le cours de la guerre. Sans doute pour éviter l'irritation d'une telle déception, on couvrit ces faits d'une ombre épaisse, quasi impénétrable. Ce mystère de Briey s'expliquait au cours de la guerre ; après il n'a plus sa raison d'être ; ma mission fut d'essayer de le faire disparaître, de rechercher la vérité.
Ce faisant j'ai été amené à reconnaître que dans mon livre sur Charleroi, il existait une erreur précisément sur ce point de Briey.
Je la proclame avec d'autant moins d'embarras qu'elle est la preuve de l'indépendance absolue de mon jugement. J'avais au surplus annoncé que des erreurs y étaient inévitables, car on n'arrive pas d'un coup, sur un aussi formidable sujet, à la vérité, mais je prévoyais que ces erreurs seraient de détail et non de fond : l'examen critique auquel je me suis livré a confirmé cette prévision.
Le fait capital, la surprise du haut commandement français devant le mouvement débordant de l'aile droite allemande est maintenant hors de conteste et acquis à l'Histoire.