PREFACE XV
proches, aussi obscurs, et ou tant de passions sont aux prises, et que, pour se parfaire, V œuvre de V historien exige une documentation plus complète et aussi le témoignage de V ennemi, j'ai estimé ne pouvoir pas formuler un jugement ni des conclusions qui seraient prématurées et risqueraient peut-être de n'être pas tout à fait justes.
Ce livre n'est donc qu'un simple exposé de la perte de Briey, qui n'est, au vrai, que la question même du début de la guerre. Les deux sources essentielles de sa documentation sont les dépositions reçues par la Commission de Briey et les pièces mises à ma disposition par le ministre de la Guerre.
Par cet enchaînement de circonstances, cette enquête sur Briey est devenue en quelque sorte l'examen critique de mon livre sur Charleroi et le mandat parlementaire, qui me fut donné, m'a permis d'en trouver les pièces justificatives .
Dans l'ordre général de la bataille de la frontière et des échecs successifs qui la marquèrent, Briey fui le pendant de Charleroi : Charleroi nous obligea à abandonner le pays de la houille, Briey le pays du fer.
On a parlé d'énigme de Charleroi ; rien pourtant n'est moins énigmatique que notre revers de Charleroi. La Germanie avait trois entrées dans la maison française, les trouées de Belfort, de Charmes et de l'Oise ; nous avions solidement verrouillé les deux premières portes, nous avons laissé la troisième grande ouverte, l'ennemi est entré par là. Charleroi est le prototype