XVIII PRÉFACE
que réel. Il n'existait pas dans la pensée initiale du commandement ni dans le plan d'opérations annexé au plan 17, et, quand le mouvement débordant de Vaile droite ennemie le créa, il fut — trop tardivement, il est vrai — comblé par une armée, dont on dissimula presque V existence, peut-être parce qu'elle était le témoin d'une grave erreur : l'armée de Lorraine, postée sur les Hauts- de- Meuse, face à Briey.
Il n'y eut donc pas deux armées distinctes, il y eut une armée en deux tronçons sans liaison ; il n'y eut pas deux ailes sans centre, il y eut une aile droite, très distante du centre, et une aile gauche, plus distante encore. Si la liaison n'exista pas sur le terrain, elle existait dans la pensée du commandement, parce que ces trois éléments, devaient coopérer à une même action d'ensemble.
Et cette région de Briey et de la Woëvre ne fut pas négligée, comme les apparences portaient à le croire. L'objectif initial de notre plan de concentration et qui, par malheur, demeura trop longtemps celui du haut commandement, fut l'investissement de Metz, et cet investissement devait se faire en partie par Briey.
C'est là que le général en chef escomptait primitivement la décision. Briey c'est la bataille attendue et préparée à l'est quand l'ennemi montait son attaque par le nord. L'erreur fut de s'hypnotiser trop longtemps sur cet objectif. Quand cette erreur ne put pas ne pas être reconnue, quand le haut commandement se vit contraint par la manœuvre de l'ennemi d'étendre son front de bataille pour parer à ce mouvement débordant dont il n'osa pas, au premier coup et malgré les avertissements donnés, voir l'extension par delà la rive gauche de la Meuse, il n'abandonna pas la région de Briey, il y établit l'armée de Lorraine, qui devait