PRÉFACE IX
ment, V interpellateur , ayant évoqué la question de Briey, dont j'avais dans mon livre exposé la gravité, fit appel à mon témoignage ; je ne le lui refusai pas, et je ne pouvais le lui refuser. Je signalai donc la double cause de nos difficultés métallurgiques au cours de la guerre : la non-défense , en août 1914,. de Briey, le pays du fer, et du Nord, le pays de la houille. U émotion fut vive ; M. Viviani la porta à son cGmble en affirmant que cet abandon de Briey provenait du fait du commandement et non du gouvernement, que le recul de 10 kilomètres, prescrit à nos troupes le 30 juillet, n'avait été pour rien dans cette mesure, prévue dans le plan de concentration.
Bien d'autres choses furent encore dites, hors de cette question, qui, d'accessoire dans la pensée de l'interpellateur , devint principale dans la pensée publique. Par Briey la question du début de la guerre était posée. Cette fois, la grande presse, comme mue par un chef invisible, fit rage : sabotage de la victoire! scandale parlementaire ! ! légende de Briey!!!.. Je laissai passer V orage.
La Chambre décida, comme conclusion du débat, de ncmmer une commission d'enquête « sur le rôle et la situation de la métallurgie en France ». Un tel programme était illimité alors que, par contre, les pouvoirs de la Chambre étaient extrêmement limités, la malignité publique les disait même périmés.
La perte de Briey ayant été l'origine certaine et la cause principale de nos difficultés métallurgiques, son examen s'imposait d'abord. La Commission rechercha donc les raisons de cet immense malheur, que le ministre M. Loucheur, n'hésita pas à qualifier de « catastrophe » : c'était conséquemment l'examen des événe-