‹ La Bataille de la Frontière (Août 1914), BrieyChapitre 5 sur 56 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

Les témoignages reçus furent nombreux, et plusieurs seront, pour l'histoire, des documents de premier ordre.

Pourtant, si autorisés que fussent ces témoins et si évidemment sincères leurs dépositions, il apparut vite qu'ils ne pouvaient suffire à manifester pleinement la vérité. Le témoignage direct sur des faits de guerre — et surtout pour une guerre aussi longue — par ceux qui en furent les acteurs, est, en effet, très délicat : le souvenir subit inévitablement des déformations ; la mémoire, çiprès de telles épreuves, risque, sinon de s'oblitérer, au moins de n'être pas toujours fidèle ; Vidée fixe peut, et de la meilleure foi, l'impressionner...

Un fait surtout imposait une grande réserve. Au début de la guerre les commandants d'armée ne furent pas mis au courant du plan général d' opérations ou, plus exactement, de la pensée du général en chef. Le général Berthelot, qui apparaît un peu comme le chef irresponsable des opérations d'août 1914, a déclaré à la Commission de Briey que « l'ensemble du plan d'opérations était inconnu d'une manière générale des commandants d'armée, mais qu'il était en réalité connu par les chefs d' état-major qui avaient participé à l'établissement de ce plan ». En fait, de propos délibéré, le Grand Quartier Général ignora les commandants d'armée, et par dessus leur tête ne communiquait qu'avec leurs états-majors. Ces généraux d'armée ne furent que des exécutants supérieurs, sans contact avec le général en chef, ne recevant de lui aucune indication personnelle...

Ainsi, dans le cas spécial de Briey, le rôle de l'armée de Lorraine, créée le 19 août et mise sous le commandement du général Maunoury , était essentiel, puisque tette armée, reliant les 3e et 2e armées, avait pour mis-

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