‹ La Bataille de la Frontière (Août 1914), BrieyChapitre 6 sur 56 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

sion V investissement de Metz, combiné avec la défense des Hauts- de- Meuse, Or, le général de Castelnau, à la gauche de qui cette armée devait opérer, n'en soupçonna même pas V existence ; le général Ruffey la croyait pour partie sous ses ordres et ne fut avisé ni de son existence ni de sa mission ; et son commandant le général Maunoury fut jeté en pleine bataille avec cette armée qu'il ne connaissait pas et qui ne le connaissait pas, sans savoir ce que faisaient les armées entre lesquelles il se trouvait.

Un tel état de choses a amené des malentendus terribles et des oppositions de témoignages presque tragiques.

Exclusivement confinés dans le secteur de leur armée, ne soupçonnant souvent rien de ce qui se passait à leurs côtés, tenus dans V ignorance de la pensée du commandement, parfois même — on le verra — inexactement renseignés par lui, ces commandants d'armée n'ont à peu près rien su de V ordre général de la grande bataille à laquelle ils participèrent et qu'ils ne connurent que par les réactions qu'elle produisit sur leur armée,..

Leur témoignage était assurément nécessaire, il reste important ; il contient des éléments de vérité, mais non toute la vérité.

Cette pensée du commandement, cette vue d'ensemble des opérations le gouvernement ne la possédait pas plus que ces éminents agents d'exécution.

Avant la guerre aucune organisation solide et rationnelle des rapports entre le haut commandement et le gouvernement n'avait été]établie, et, la guerre venue , le Grand Quartier Général avait purement et simplement « chambré » le gouvernement. L'aveu formel en fut fait, le 28 mars 191 9, devant la Commission de

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