PRÉFACE XIII
Briey par le général Messimy, ministre de la Guerre en août 191 4 : « Presque tout ce que je sais du début de la guerre — a-t-il déclaré — je Vai appris depuis deux mois, depuis que je suis rentré au Parlement, depuis que fai compulsé les archives et lu les diverses publications récemment parues sur cette période obscure pour moi comme pour tous les Français. » (')...
Dans ces conditions le contrôle des témoignages devait être demandé aux pièces et documents officiels : ce fut ma tâche.
Cette tâche, le Ministre de la Guerre Va facilitée en mettant à ma disposition, sinon tous les documents nécessaires, au moins tous ceux qui se trouvaient réunis alors à la Section historique.
Les pièces essentielles me furent procurées ; elles sont suffisantes pour éclairer le sujet envisagé, mais non pour asseoir un jugement certain et encore moins pour établir des responsabilités.
Dans les deux mois de mai et de juin 191 9 où je fis ces recherches, les documents innombrables sur la
(x) On peut trouver une critique, de tout point académique, de cet étal de choses dans ce passage du discours de réception à V Académie française de M. le Maréchal Foch : « Une bataille se gagne bien avec les jambes des soldats, mais encore faut- il qu'un commandement avisé et actif ait judicieusement choisi et fixé le but à atteindre..* La bataille ainsi menée s'appelle Denain. Mais la bataille se perd avec les mêmes soldats, dans une marche à l'aventure, à la simple recherche d'une occasion militaire favorable, sans une nette compréhension tout d'abord de la situation politique ; c'est alors Malplaque t. Les rapports de la politique et de la guerre étaient déjà trop étroits pour que ces deux activités pussent s ignorer. Chaque jour ils le deviennent davantage, et de même qu'un gouvernement ne peut avoir dans la paix que la politique de son état militaire, de même une armée, quand elle enl. e en campagne, ne peut avoir qu'une attitude et une tactique : celles correspondant à la politique jusqu'alors pratiquée par YÉlat. a