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points d’accord avec lui et, en outre, il apprend à Gellout qu’ il a emporté l'adhésion de French:
Fort d2 cette approbation, écrit le général Gallieni dans ses Mémoires, j'adressai à 20 h. 30 l’ordre général du 4 septembre : Paris cessant d’être menacé, toutes les forces mobiles de l’armée de Paris doivent manœuvrer de manière à conserver le contact avec l’armée allemande et à la suivre pour se tenir prêtes à participer à la bataille à prévoir. L'armée anglaise a fait connaître qu’elle se préparait à agir dans le même sens.
Cependant, au grand quartier général, le général Joffre mürit sa décision, qui est proche. Il s’est installé provisoirement dans le petit cabinet du directeur, dans une école de Bar-sur-Aube. Là sont réunis le général Belin, le général Berthelot, le colonel Pont, le colonel Gamelin, collaborateurs de toutes les minutes, confidents des secrètes pensées. Les renseignements arrivent de toutes parts, colligés minutieusement, mettant, en quelque sorte, la marche des deux immenses armées sous les yeux du général en chef. Le général Clergerie a téléphoné les derniers renseignements recueillis à Paris. Tout est rassemblé. On délibère. Joffre réfléchit encore, pèse tout. Le jour tombe déjà. Les dépêches sont préparées. Quelqu'un dit : « L'occasion se présente ; la laissera-t-on
échapper? » Joffre se dit qu'il a, pour le moment, l'adhésion de .
French, toutes les autres conditions étant réunies et surtout la supériorité numérique au point où s’applique la manœuvre ; l’ensemble des circonstances est favorable; cette préparation mise au point, cet équilibre de ses forces, il ne les retrouvera peut-être pas demain. Il se lève et dit : Eh bien, messieurs, on se battra sur la Marne!
Aussitôt, tous se mettent au travail. Les ordres déjà libellés
sont téléphonés, télégraphiés. L'armée entière est avertie…. Le
monde vibrera éternellement de cette minute inouïie,
A 22 heures, un message est téléphoné par le général Joffre, de Bar-sur-Aube, au général Gallieni, installé au lycée Duruy, boulevard des Invalides. Celui-ci l’enregistre et le transmet en ces termes à la 6€ armée, au Raincy :
Le général en chef vient de téléphoner ce qui suit :
« La 5° armée, l’armée anglaise, la 6° armée attaqueront le 6, au matin, dans les directions suivantes :
« 5 armée : sur le front Courtacon (10 kilomètres au sud de la Dhs Gaucher-Sézanne).
2 A CAR ANS NOR: Des APS
Rs LA MANŒUVRE DE LA MARNE | 61.
« Armée PRE sur Ë front Coulotemiers-Changis (11 kilomètres , " l’est de Meaux).
«6° armée : au nord de la Marne, dans la direction de Château-Thierry. En conséquence, les ordres donnés verbalement sont modifiés seulement - en ce sens que la 6° armée ôrientera demain ses colonnes en se main- - tenant sur la rive nord de la Marne, de manière à atteindre environ le - méridien de Meaux.
__ On rappelle le renseignement recueilli ce soir par un avion anglais, - qu’un gros rassemblement a été constaté entre Douy-la-Ramée et Barcy et un pont jeté par les Allemands près de Trilbardou.
Ce coup de téléphone n’est que le résumé, appliqué à l’armée de Paris, des deux grandes Instructions générales dictées à 16 heures et à 22 heures par le général Joffre, et qui ordonnent, enfin, le déclenchement et le dispositif complet de la bataille de la Marne. Ces directives arrivent aux armées dans la nuit du 4 au 5 sep-
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tembre :
GRAND QUARTIER GÉNÉRAL Au grand quartier général, | SERRES le 4 septembre 1914, 16 heures.
à 3° bureau À No 3732 INSTRUCTION GÉNÉRALE N° 5 (1) be #8 i 4 I. — L'arrivée des renforts provenant de la 4re et 2e armée, jointe . à la nécessité d’apporter plus de souplesse au commandement des armées, ont amené les modifications suivantes dans l’ordre de bataille : J La 3° armée comprendra les 5°, 6e, 15e et 21e corps d’armée, les 65e,
67e, 75e divisions de réserve, la 7e division de cavalerie.
Le 15° corps d’armée, qui a fait mouvement par voie de terre, à reçu l’ordre de se porter par Gondrecourt, Houdelaincourt, sur Dammariesur-Saulx, qu’il s’efforcera d’atteindre le 6 septembre en fin de journée. Il sera rattaché à l’armée à partir du 6 septembre.
Le 21° corps d’armée aura ses éléments combattants transportés par voie ferrée dans la région Joinville-Vassy, les 5, 6 et 7 septembre
au matin. Après débarquement, le 21° corps d’armée doit se porter dans la région Montiérender-Longeville.
Il relèvera de la 3° armée au point de vue du fonctionnement des services, mais &l sera initialement à la disposition du commandant en chef.
IT. — La 4e armée comprendra les 2e, 12e, 17e corps d'armée et le corps colonial.
Le détachement du général Foch formera, à la date du 5 septembre, une armée autonome (9e armée), comprenant les 9 et 11° corps d’armée, la 42e division et la division marocaine, les 52e et 60e divisions de réserve, la 9% division de cavalerie.
| (1) Instruction adressée aux 3%, 4e, ® et 5° armées.
dy
corps d'armée, débarquent dans la région de Troyes du 4 au 5 de
tembre au soir; elles recevront, à leur débarquement, les ordres du 4
général commandant la 9° armée.
La 5° armée conserve sa composition actuelle ; un corps de cavalerie comprenant les 4e, 8e et 10e divisions de cavalerie lui est rattaché.
III. — En vue d'augmenter la densité des forces qui doivent opérer en terrain favorable, la 4° armée sera vraisemblablement appelée à opérer tout entière dans la région à l’ouest de la ligne Vitry-le-François- Brienne.
Les limites de séparation entre cette armée et les voisines sont les suivantes : route Châlons, Sommesous, Arcis (à la 9 armée) ; entre la 4e et la 3e armée : Nettancourt, Vroil, Heiltz-le-Maurupt, Buissons-sur- Saulx, Thiéblemont, Faremont, Neuville-sous-Arzillières, Brandon villers, Margerie-Haucourt (à la 4° armée). Toutefois les éléments des parcs et convois de la 4e armée qui se trouveraient à l’est de cette route ne rejoindront que progressivement la zone de leur armée et après entente avec la 3° armée.
IV. — La zone de repli à atteindre éventuellement, indiquée par l’ordre général n° 4 et par la note 3463 du 2 septembre, sera modifiée
en ce qui concerne la 4° armée. Cette armée opérerait en partant au plus
loin du front Mesnil-la-Comtesse, Jasseimes, Pars-les-Chavanges (inclus). (Cela veut dire que le repli prévu comme éventuel n’aura pas lieu.)
La 3e armée, dont la mission est d'opérer à droite du groupe principal de nos armées, se repliera lentement, en se maintenant si possible sur le flanc de l'ennemi et dans une formation lui permettant, à tout instant, de repasser facilement à l’offensive face au nord-ouest.
Signé : JOFFRE.
Pour ampliation :
Le major général,
Signé : BELIN.
Au grand quartier général, le 4 septembre 1914, 22 heures.