L FLAN
est chargée la 5e armée : elle doit resserrer sur sa gauche; donc elle doit se tenir en liaison étroite avec l’armée britannique ; avant tout, combler « la brèche », c’est la préoccupation essentielle du haut commandement français, comme s’il avait lu dans le jeu de l'adversaire ; pour assurer plus étroitement encore cette liaison, et pour compléter ce tamponnement, le 2€ corps de cavalerie (général Conneau) devra placer, dans la région de Courtacon, les forces nécessaires pour ne laisser aucun espace vide.
Cette précaution une fois prise, l’armée Franchet d’Esperey ne devra pas attendre l’ennemi ; elle a ordre de l’attaquer dès le 6 au matin, et la direction de son offensive est très nettement sudnord. Ce dernier trait est absolument révélateur de la conception de Joffre : tandis que l’armée anglaise, faisant le prolongement de l’armée Maunoury, attaquera face à l’est, l’armée Franchet d'Esperey attaquera face au nord. C’est la bataille d’angle. L'armée allemande paraissant vouloir s'engager dans le couloir de Rebais-Courtacon, elle se heurtera : 10 à l’armée anglaise, qui tombera sur son flanc pendant qu’elle défile ; 2° à l’armée Franchet d’Esperey, qui lui barrera la route en allant au-devant d’elle ; 3° cette armée sera elle-même soutenue par la 9 armée (Foch), qui tiendra les débouchés sud des marais de Saint- Gond.
Le général Franchet d’Esperey prépare donc l’attaque en direction de Montmirail. A cet effet, la 5€ armée s’établira sur les plateaux au nord-ouest et au nord de Provins et à proximité des rives du Grand Morin, vers Villiers-Saint-Georges-Esternay. De là, à l'heure dite (6 heures du matin), le 6 septembre, elle marchera échelonnée, sa droite en avant, les corps ayant les objectifs suivants, de gauche à droite :
2e corps de cavalerie (général Conneau), vers Courtacon. — 18 corps (général de Maud’huy), en direction Sancy-Meilleray- Montolivet. — 3e corps (général Hache), en direction Courgivaux- Tréfols-Marchais-en-Brie. — 1% corps (général Deligny), en direction les Essarts-Esternay-Montmirail. — 10€ corps (général Defforges), en direction Mœurs-Soigny-Vauchamps, par deux divisions accolées, la division de droite en échelon en avant, la 51€ division de réserve suivant, au début, en arrière et à droite.
Le corps de cavalerie prolonge le mouvement sur l'aile gauche en liaison intime avec le 18 corps; le groupe des divisions do réserve agit en arrière et en soutien du 18 et du 32 corps, ainsi qu’une division du 3 corps qui marche en arrière et à droite de
l’autre division du corps d’armée; la 42e division (de l’armée Foch) prolonge (à Villeneuve-lès-Charleville) le 10€ corps à droite en faisant la liaison entre les deux armées.
Le 5, dans la soirée, les avant-gardes de la 5° armée sont donc, la droite en avant, sur la ligne : Courchamp, Villiers-Saint-Georges, Saint-Genest, Bricot-la-Ville, Broyes. Franchet d’Esperey a établi son quartier général à Romilly-sur-Seine.
- Voici, maintenant, les précisions sur les positions et les mouvements des corps composant cette armée.
2€ corps de cavalerie. — Le 2€ corps de cavalerie (Jénel Conneau) avait été constitué le 1 septembre par le général Joffre
- avec la 10° division de cavalerie (général Gendron), la & division de cavalerie (général Baratier) et la 4e division de cavalerie (général Abonneau), en vue de couvrir le flanc gauche de la 52 armée.
Le 5 au soir, les stationnements sont pris, au sud-ouest de
4 Provins : cavalerie légère, Lizines, Four-de-Val ; dragons, la Chapelle-Saint-Sulpice-Vulaines-en-Brie ; cuirassiers, Saint-Loup, Bas et Haut-Courton; artillerie, Saint-Loup-de-Naud. Pour le 6 au
- matin, l'offensive est ordonnée. Le corps de cavalerie devra prendre la liaison avec le 18€ corps à droite, l’armée anglaise à
. gauche, et il opérera : 8 division de cavalerie (général Baratier) au nord de la forêt de Jouy, vers Étang-de-Paris ; 4e division (général Abonneau), vers Villars ; 10€ division (général Gendron),
. vers Savigny, en liaison avec le 18 corps.
| 18€ corps. — Comme sur l’Ourcq et la Marne, nous nous trou-
. vonsicien pleine bataille de rencontre, en pleine bataille de marche.
Ce qui est vraiment admirable et la plus haute preuve de la logique
puissante qui porte ces vastes choses humaines à leur avènement, c’est que Joffre voulait, au moment même où von Kluck voulait.
. Mais Joffre voulut dans la raison (Yvou#) et von Kluck voulait dans
la passion (épyà) (1).
Le 18e corps, mis sous les ordres du général de Maud’huy, fait avec la cavalerie l’angle du front de bataille et la liaison avec Parmée britannique. En fin de journée, le 5 septembre, le 18 corps, fatigué par les longues marches haletantes coupées par des combats en retraite, est disposé ainsi qu'il suit :
Quartier général au château du Houssay (nord-est de Provins). — 35€ division (général Marjoulet) et l'artillerie du corps autour du Houssay. — 36€ division (général Jouannic) à Saint-
| (a) THucyYpipe, cité dans De l’hisioire et des historiens, par G. Hanotaux, p. 65.