NE
KE (1) Mémoires du général Gallieni, p. 235,
ER ne. ie PPT CESSER CNE st, is
+ à re dé , V 4 w LA Ü | AR RES) Re?
154 LA BATAILLE DE. LA ave
d’un éventail dont la poignée est à Trilport et qui se rabat su l'Ourcq par les hauteurs du Multien. |
Mais, de l’autre côté, le général von Gronau, commandant Ie IVe corps de réserve, qui a établi la masse de son artillerie sur 18 hauteurs de Trocy, échelonne ses régiments d’infanterie (1) depuis. le pivot de Varreddes dominant Trilport, jusqu’à l'extrémité de. la troisième ligne de crêtes. Il a une conception très juste du développement probable de la bataille et dispose ses forces comme s’il lisait dans le jeu de son adversaire: sur un front de 12 kilo-. mètres, de Varreddes à Bouillancy, les deux extrémités sont ap-. puyées par des masses d'infanterie, tandis qu’au centre l'artillerie agit par rafales puissantes. Et il en sera de même pendant toute la durée de la bataille : l'artillerie se masse sur les sommets inté-. rieurs ; les infanteries, au fur et à mesure qu’elles arrivent, sont portées aux deux extrémités pour, d’une part, sauver les articu-. lations et, d’autre part, protéger les lignes de communication : la « æ division (du IIe corps), qui débouche la première, sera maintenue au plus près et au plus urgent, c’est-à-dire entre Varreddes . et Étrépilly. À celle qui survient ensuite (c’est-à-dire la 4e du même corps), on demande de faire une nouvelle étape et on la dirige sur l'extrémité de la ligne vers Manœuvre, pour empêcher … le développement de tout mouvement tournant de ce côté.
Ainsi fortifiée, l’armée allemande se reprend et, au lieu de. céder, elle contre-attaque : vers 16 heures, l'ennemi descend des | hauteurs, notamment au point d’articulation, dans la région. Chambry-Barcy. La ligne française, arrêtée dans sa poussée en avant, recule à son tour. |
Le général de Lamaze était alors à Barcy, d’où il avait chassé von Gronau ; son poste de commandement était à l'extrémité est du village. Il s'aperçoit du péril et envoie de tous côtés les officiers de son état-major pour rallier les éléments ébranlés ; il donne l’ordre au général Leguay (55€ division) de tout mettre en œuvre : pour arrêter le reflux, et lui-même prend le commandement des fractions occupant encore Barey : il fait savoir à tous qu'il gardera le village, quoi qu’il arrive. L’exemple donné est suivi, et le gé- . néral Leguay, groupant autour de lui les clairons du 246€ régiment, fait sonner la charge. L’élan entraine tout. Malgré le tir meurtrier des mitrailleuses ennemies, malgré les travaux de fortifications et les rafales d’artillerie, les 204€, 276€, 289% régiments de ” réserve montent à l’assaut de la colline. L’ennemi est arrêté, il «
(1) Voir BIRCHER oc. cit, p. 120 et suiv.
mu C ue, 3 URSS | AS FE EP sr:
PE PR RSA # 3 “te 5:
ra À 2h) « è 1 = 0, : ; ET 7° rs E spin Pr KL % pis sn TRS “gs 4 EE he 2 VERS KE n F7 de LS HOME # Le Ps | È | AS Gé ne PATATE AR ET RSR LR # « T7 4 <>
4 "ke “ha #
à é. Le terrain conquis est mere l'articulation est main-
n UE LCL
fur et à mesure qu’on s’éloigne du pivot, la bataille a prété diverses alternatives : à Chambry, la brigade de chasseurs digènes, après des pertes énormes, avait dû céder le village. Or presse l’arrivée de la 45e Fos (général Drude), mais, tiguée par une longue marche, cette division bivouaque au pis e la hauteur de Chambry ; la nuit étant tombée, la reprise de la utte est remise au lendemain.
4 La 56e division (général de Dartein) a l’ordre me sur à croupe de Champfleury, Étrépilly. Un violent combat s’engage ntre les artilleries ; nos canonniers sont obligés de se replier derière Marcilly, tandis qu’une attaque se porte dans la direction le Puisieux contre le 7€ corps. Dans ces alternatives émouvantes, 56€ division, qui fait le lien entre la bataille d’articulation et l bataille d’enveloppement, se fortifie. En fin de journée, les roupes stationnent sur le terrain conquis pour recommencer le lendemain. Le général de Lamaze profite du répit pour faire relever, en première ligne, la 55€ division et la brigade de chasseurs in | dont les pertes sont particulièrement lourdes, par la > division mise sous ses ordres ; ces deux unités seront respecti vement, pour les prochaines opérations, réserve du groupe et ré serve de la 45e division.
K À l'extrémité gauche de la bataille, le 7% corps (général Vau- thier) a commencé sa grande SE PARA Vers Brégy, la 63 division (général Lombard) avait dessiné, dès la matinée, le mouvement d’enveloppement. Sous le feu de l'artillerie, la division était (erivée à la Fosse-Martin, c’est-à-dire au pied de la troisième ligne, e du Multien. Mais, au delà de ce point, où sont les lignes de D nication allemande, la lutte prend un caractère d’achar- nement. La ferme Nogeon est prise et reprise jusqu’à trois fois par la 6% division de réserve. Acy-en-Multien et la crête au nord (c’est-à-dire le point culminant de la troisième ligne) sont le théâtre de plusieurs attaques et contre-attaques menées et soutenues par la 14 division (général de Villaret). À 6 heures du soir, on reprend le mouvement contre la ferme Maulny : aux abords de la Fosse-Martin, quand on touche aux premières pentes de la troisième ligne, un retour en force des troupes allemandes arrête le mouvement tournant. Malgré tout, en fin de journée, le 7e corps tenait le front de Puisieux jusqu'aux abords d’Acy-en-Multien : a mis le pied sur la crête.
- Aprement disputée, la journée du 6 est encore un succès pour
‘ s <: LA Cr ’ «à CLEAN. 2" fi :
> ñ CCS L . ALL TIQUE. | ES 4 ; À CE TRES Pa y Ar" "2 ; £.
les armes françaises : l'éventail se referme lentement, mais i L referme. | De
Cependant, le succès n’a pas l'allure foudroyante sur laquell avait compté le général en chef. Dans la journée du 6, le généra Joffre avait donné au général d’Amade l’ordre de porter, de 1 région de Rouen et par petites étapes, les divisions territoriale reconstituées en direction de Beauvais, pour menacer les ligné de communication de l'ennemi. Mais, on l’a vu, la manœuvre di von Kluck et la ténacité du général von Gronau s’étaient opposées à une prompte réalisation de la manœuvre d’enveloppement.
Il fallait donc frapper à coups redoublés pour briser la résis: tance, maintenant que l’élément surprise n’agissait plus. Aussi, d partout, les forces affluent pour alimenter l'offensive.
Le corps de cavalerie Sordet, qui avait encore, le 5, ses trois ii visions à l’ouest de la Seine, la 5° à Versailles, les deux autre autour de Saint-Cyr-l'École, est transporté à l’est de Paris; 1 division de Versailles, par voie ferrée, jusqu’à Dammartin-en: Goële ; les {re et 3e divisions traversant Paris vont coucher à Go: nesse, et accomplissent ainsi un parcours de 120 kilomètres enviro en trente-six heures. Le 7, dans l’après-midi, le corps de cavalerie sera reconstitué au nord de Maquelines, près Betz (1). |
D'autre part, la 619 division de réserve du groupe Ébener est venue prolonger, à Villers-Saint-Genest, la gauche du 7% corps pour étendre la ligne qui marche à l’enveloppement. |
Dans la journée, l’une des divisions du 4 corps (Boëlle), qu vient, comme nous l’avons dit, de la 3° armée, arrive enfin à L gare de Pantin, d’où elle pourra bientôt rejoindre, à son tour, le éléments destinés à la manœuvre d’enveloppement au delà de Nanteuil. 1
La manœuvre se poursuit donc, toujours la même, mais avé des forces croissantes de part et d’autre,
L'armée britannique dans la journée du 6,
Nous avons dit, précédemment, quelle avait été l’hésitation dt maréchal French à jeter ses troupes dans une reprise général de l’offensive au sud de la Marne et nous avons indiqué les raiser de cette hésitation.
Maintenant, le maréchal French était résolu à attaquer |
& (1) Général F, CANONG, la Bataille de la Marne, p. 20.
ep À mbre au matin, € conformément aux vues du RTE Joffre. ‘a dira jamais le service que celui-ci a rendu, par sa parfaite gesse, son tact délicat, sa haute compréhension des susceptibi- 4 international à l’intérêt supérieur des deux pays, en presur le loyal soldat qu’est French l’ascendant qui arrache à Ji-ci la parole décisive : « Comptez sur moi! »
a directive générale donnée à l’armée anglaise était de gagner [a Le. Coulommiers-Changis, face à l’est. Le maréchal French crit :
… Je ne pouvais connaître la situation exactement dans tous ses détails. Par exemple, je ne pouvais savoir, comme je le sais maintenant, que s Allemands avaient renoncé à leur vigoureuse offensive vingt-quatre heures avant le déclenchement de la nôtre (ce n’est pas vingt-quatre leures, mais trois ou quatre tout au plus : l’ordre de rétrograder n’est arrivée au Ile corps de l’armée von Kluck que le 6, à 3 h. 30 du matin) tie n'aurais, d’ailleurs, jamais cru possible qu'ils pussent agir ainsi,
… D'après ses renseignements, French avait le sentiment que le fort principal de l’ennemi tomberait sur lui. Aussi, quelle que fût sa confiance, un peu tardive, dans l’ensemble des dispositions à À tratégiqnes de Joffre, ils ppiquait « à n’agir qu'avec prudence b en s’entourant des plus sérieuses précautions ».
4 ÉLa 62 armée et l’armée britannique, ne formant qu'un seul front, devaient attaquer, le 6 au matin, sur une ligne approximative “Plessis-Belleville-Meaux-Gastins. Il est facile de voir sur la carte - quelle vigoureuse avancée l’armée britannique devait accomplir pour arriver sur la ligne Changis-Coulommiers. Or, French écrit : - « De durs combats me paraissaient probables. » Dans la nuit du D au 6, l’armée britannique a donc pris ses dispositions pour la marche en avant et l’attaque. Elle a entendu, depuis le 5 à … midi, le canon de l’Ourcq. Elle sait que franchie d’Esperey va se mettre en mouvement. Et, malgré tout, elle regarde à droite En à gauche, de crainte d’être tournée : car c’est toujours le
grand souci du maréchal French.
ù Les forces allemandes se mettent en marche le 6 avant le lever du soleil. La cavalerie de von der Marwitz est dans les parages de la route de Beton-Bazoches à Vaudoy. Or, elle pousse une forte colonne de toutes armes se dirigeant de Chailly vers Saint-Just, au sud ; une autre colonne entre à Vaudoy. Il faisait à peine clair. Le pays est découvert. Pas de bois, quelques bosquets. Aucun bstacle aux passages de troupes. Des pentes assez douces, sauf la chute des vallées ; de nombreuses routes bien entretenues,
favorables aux convois, aux artilleries, à la devaleris, c out patrouilles, ainsi que les cyclistes, peuvent pénétrer et se répan( comme une nappe, donnant l'illusion d’une force considé& sur toute la face du pays. A 6 heures, de part et d’autre, on me ss E les Allemands en direction du sud, les Anglais face à l’est ; la contre « en croix » est inévitable, de même qu’elle a eu lieu, 4 veille, dans les mêmes conditions, à Monthyon-Penchard. Pa.
Mais un événement survient, qui surprend plutôt les état majors anglais. Au {€r corps, un engagement assez vif des Coll stream contre le 2 corps de cavalerie (von der Marwitz), : fait front au sud-ouest entre Pezarches et Voinsles, se produit dans ce dernier village (1) un peu après 6 heures du matin. Un tir d’ar tillerie lourde, exactement réglé, jette le désordre dans le régime anglais. 4
Le 2e corps anglais est un peu en retard à la Houssaye. On trou: vait l'ennemi partout dans la forêt de Créey, dans la forêt de Mal: voisine. On le tâtait, mais on n’enfonçait pas le « rideau » pour voir ce quise passait derrière. Tout cela paraissait suspect. French ne comprend pas très bien; il vient voir et arrive auprès du général Douglas Haig, commandant le 1€ corps, à 9 h. 30 matin. Il donne l’ordre au 2 corps d'avancer à Hautefeuille, à Lumigny. |
L'armée anglaise était forte d’environ 110 000 hommes. 3e corps, il est vrai, était pratiquement maintenu en réserve : c@ n’en était pas moins une force considérable, imposante, Re laquelle on comptait de nombreuses troupes fratchés et qui 2 s'étaient pas battues depuis le Cateau. \
French était encore auprès de Douglas Haig, c’est-à-dire vers 10 heures, quand on observe combien l’ennemi est peu mordant: Nous savons, en effet, par les carnets de route allemands, que le ILe corps est en repli depuis 3 h. 30. Soudain, les aéros rapportent b qu’une colonne ennemie, longue de quatre milles, quittant Cou lommiers, se dirige vers le nord. — Vers le 20n1? C’est donc la retraite? On ne pouvait y croire. Douglas Haig dit lui-même « Nous pensions que l’ennemi tâchait de nous accrocher pour que nous fussions ensuite dans l’impossibilité de rompre, s’il y avait lieu. » e.
C'était la éutise du piège. Les observations, pourtant,se précisent.
Bien que l’artillerie ennemie fût en action dès la première heure, une observation serrée, jointe à des renseignements constants, nous prouva, R
(1) French dit près de Rozoy.
Ledger, TIMES. " PR RE TA Ua é es 2 AUS RET ee e
<46 SUITE DE LA BATAILLE DE L'OURCQ 159 4 *' ii “
avant midi, que cette offensive n’était pas poussée bien vigoureuse- . ment. Plus tard, ayant porté en avant la 4" division d’infanterie vers - Vaudoy, le reste de la 2° division à Ormeaux pour tenter d’en finir avec l’ennemi, nous nous aperçûmes qu’une retraite générale était en
- cours d'exécution sous la protection d’arrière-gardes (1).
Il est environ 3 heures et demie. Disons, maintenant, ce qui se passait dans le camp allemand. Le rideau qui voile la réalité est surtout composé de cavalerie (2). Changeant de rôle, ces forces, À d’abord destinées à percer, ont maintenant pour mission de pro- . téger le repli. Nous avons dit la composition de ce « fer de lance » : ce sont les deux divisions de cavalerie du IIe corps von der Mar- … witz, la 2e et la 9 (la 4€ étant restée dans le Multien) et les deux … divisions du Ie corps Richthofen, c’est-à-dire la division de la … Garde et la 5e division. Ces quatre divisions sont renforcées, non - seulement par les bataillons de chasseurs qui leur servent habituellement de soutien, mais aussi par des détachements d’infan- … terie. Rappelons l’ordre de von Kluck du 5 à 11 heures du soir : … « Le IIe corps et le IVe corps laisseront de faibles arrière-gardes - sur le Grand Morin. Le IIe corps de cavalerie voilera la marche à droite de l’armée vers le front sud-est de Paris et la Seine en - avançant dans la région de Lumigny-Rozoy. » Il n’y a rien d’exa- — géré à évaluer les forces qui s’attardent dans la région à environ … 20 à 22 000 hommes.
| Dès l’aube du 6, la cavalerie allemande s’est portée en avant … par les deux routes qui, du nord, descendent vers Provins. N’estelle pas touchée par les ordres? Toujours est-il qu’elle galope droit . devant elle, comme si elle était assurée d’être soutenue. On se souvient que Moltke avait donné l’ordre à von Kluck de détruire … Les voies ferrées conduisant à la capitale, dont une des plus impor- tantes était celle de Paris-Lyon-Méditerranée, un des cordons nourriciers rattachant Paris au reste de la France. La cavalerie de Richthofen avait donc reçu l’ordre de faire sauter les voies de la ligne P.-L.-M. entre Melun et Moret, entre Moret et Montereau. La distance à parcourir était de 40 à 50 kilomètres. On avait une telle certitude qu’il existait une brèche entre la gauche française et la droite britannique, que l'exécution du raid fut confiée à quelques patrouilles de cavalerie. Ces patrouilles se heurtèrent au corps de cavalerie Conneau : deux purent échapper ; trois furent prises ; leurs chefs, les lieutenants von Wedemeyer, Von Schierstaedt et
4 (1) Mémoires du maréchal French.
(2) Voir Maximilian voN Posecx : Die deutsche Kavallerie 1914 in Belgien und Frankreich (Berlin, Mittler, 1922).