MONTOEAUX-LÈS-PROVINS, ESTERNAY ET SÉZANNE
: ss , sans doute en raison de cette même préoccupation, s’était ée à un léger bombardement du front ennemi, et puis s’était établie dans la région de Voulton.
“On voit qu’il reste quelque hésitation. Pourtant, un premier résultat a été obtenu. Non seulement, la retraite est terminée, mais Pennemi cède à son tour. Dans la nuit, les nouvelles venues des EU tres points du front et notamment de l’Ourcq se préciseront. Au matin, on verra clair et les avions auront renseigné sur les véritables forces de l’ennemi. La confiance change de camp.
Le Le groupe des divisions de réserve, le 6 septembre. — Les instrucpions du groupe Valabrègue lui prescrivent de s’installer sur la ligne Brasseaux-Villiers-Saint- -Georges- château de Flaix, de l’organiser A € avec soin et de la défendre jusqu’au dernier homme. La 69e diviion de réserve défendra le secteur de droite et canonnera le plaeau du Haut-Charmoy, flanquant ainsi le débouché du 38 corps ;
a 53 division, installant le secteur de gauche, viendra en aide à | ik du 18e corps.
- On comprend la puissance d’une offensive aussi solidement “appuyée. Quand les troupes allemandes qui occupent, sur l’autre rive de l’Aubetin, les plateaux de Sancy, de Montceaux-lès-Provins et de Charmoy, auront à subir la formidable rafale de ces ë artilleries combinées, elles en seront absolument accablées.
Tandis que notre artillerie fait feu de toutes ses pièces (258, paraît-il) et que les 155 et les 120 longs, plus en arrière, mêlent leurs grosses voix àla chanson des 75, les régiments se reforment et se préparent à l’offen- … sive. L’artillerie boche semble répondre rageusement, mais l’éclatement … de leurs fusants et de leurs percutants ne nous émeut plus. Tranquille- __ ment, comme à l'exercice, on va en colonne par quatre prendre nos —anouvelles positions. Le duel d’artillerie a commencé vers 7 heures ; Eu vers 3 heures, ce duel gigantesque tourne à notre avantage ; les coups de l'ennemi arrivent plus saccadés, moins précis. Nous en profitons … pour avancer légèrement et creusons des tranchées où nous passons la À nuit tandis que le canon continue à tonner.
- Au petit jour (le 7), l'ennemi bat franchement en retraite. Nous n'avons pas malheureusement la joie d’être en première ligne et ne recevons que vers 10 heures l’ordre de nous porter en avant. A ce moment, les Boches ont reculé de 20 kilomètres. Nous passons aux emplacements occupés la veille par nos batteries. La route que nous suivons a été jalonnée par nos obus et on s’aperçoit qu'ils ont été tirés . avec une précision déconcertante. Toute la journée, sous un ciel radieux, nous traversons ces champs, de carnage ; ce ne sont que cadavres, caissons et pièces démolies, casques à pointe, lances, équipements, disosés dans tous les sens. Au soir, nous bivouaquons à l’entrée de ontceaux-lès-Provins : une immense ferme (sans doute celle derrière
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Offensive du 3 corps, le 6 septembre. Combats de es el Courgivaux. — Le %æ corps (général Hache) a reçu une do ble mission : d’une part, il doit conjuguer son action avec celle du 18e rs pour rejeter l’ennemi sur la route de Montmirail à Pro: vins; d'autre part, il doit suivre la ligne du chemin de fer qui s'élève en direction de Neuvy pour seconder le 4€ corps marchant | à l’attaque d’Esternay. |
Le 3e corps est ramassé, le 5 au soir, sur le Haut- certes à Haut-Gré, Bouchy-le-Repos, dominant le plateau qui s'étend, | nord du ravin de l’Aubetin, depuis Montceaux-lès-Provins jusqu” au bois de Près-du-But. |
La cavalerie (7e chasseurs et 6€ chasseurs d'Afrique) sera. groupée le 6 à 6 heures, à Bouchy-le-Repos, pour chercher à s’ouvri les routes vers le Morin le plus vite possible. ne
La 6e division (général Pétain) attaquera à gauche en étroite liaison avec le 18 corps, sort ‘enu en arrière par une division de réserve pour forcer l'ennemi campé sur les hauteurs de Mont ceaux-lès-Provins et, de là, poursuivre, si possible, par Villouette, | Champlong, lisière du bois & Meaux. |
La 5e division (général Mangin), laissant une brigade à la dispo. sition du général commandant le corps d'armée, partira de Chomme 4 dans la direction du Haut-d’Escardes, d’Aulnay et de l’embranchement de Neuvy. \
La 37e division (général Comby) est gardée, provisoirement, à la disposition du général Hache.
L'attaque ayant été réglée en commun avec le 18 corps au cours. de la nuit, le combat d’artillerie s'engage, avec une violence. extrême, dès 6 heures du matin. L’artillerie de la 6€ division com bine ses feux avec ceux du 188 corps et, un peu plus tard, avec ceux des divisions de réserve sur les hauteurs de Montceaux-lès-Provins. où l'aviation française a signalé de fortes concentrations d’artillenie ennemie. Le général Pétain a prononcé, dès lors, la fameuse parole \ qui devint une règle de conduite pour toute la suite de la guerre. : « C’est le canon qui conquiert : l'infanterie occupe. » |
Dès 6 h. 30, la 6e division tient avec une forte avant- garde le Haut-Charmoy et le Haut-Gré. Mais, aussitôt, l’ennemi réagit Tandis que l'artillerie et le gros du Tue corps tiennent Mont- l
1) Carnet de route du caporal René Bossuet,
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ne De colonne allemande, Mes sans doute au IXe corps, qui se dirige de Courgivaux sur les bois au nord de Villouette.
ette colonne est accueillie par une rafale d’artillerie venant des « convergents de nos corps. En effet, la 69 division de réserve reçoit, à 11 heures, l’ordre de se reporter vers le 18e corps à Villiers- Saint-Georges ; la ATEN Comby (37€) quitte vers 10 heures Fonta A Montaiguillon : d’autre part, la 5e division (général Mangin) tient la lisière du bois au sud du Haut-d’Escardes et se prépare à marcher sur Escardes. Enfin, un peu plus à droite, le Acorps tient le Haut-d’Escardes et Pont-à-Sec. Autour des colonnes ennemies qui débouchent, c’est un cratère de feux : elles fondent à peine apparues. Le général Rouquerol, qui commande l'artillerie du corps, avait disposé des batteries sur la crête 209 (la Soucière). De là, il est maître de tout son horizon sur la rive nord de l’Aub Re.
A 11 heures, l’ennemi a évacué Courgivaux. On signale même L qu'il se replie d Esternay en direction du nord. Nous avons vu que } fonteeaux-lés-Provins lui est devenu intenable. La 6e division - avance ; soutenue par une importante force d'artillerie, elle suit - de ses feux l'ennemi qui continue à se replier sur Champfleury et le . bois à l’est des Châtaigniers. L’artillerie ennemie est réduite au silence.
Dre. Cependant Mangin, avec sa 5° division, s’est assuré, dès 9 h, 30, …— qu'Escardes et le Haut-d’Escardes ne sont pas occupés par l’en- - nemi. Il fait avancer son infanterie. Un combat violent s'engage … entre Courgivaux et Esternay. La 9 brigade, qui s’est emparée ee l’ Escardes, continue sur Courgivaux.
DNA ent vatil céder? Non. C’est de l'est, maintenant, à | savoir de la direction de l’armée Bülow, qu’une résistance nou- | velle intervient. Il est évident, comme les faits vont nous permettre
… de l’établir, que l'ennemi s’est aperçu du péril que fait courir, au flanc de l'armée Bülow, l'attaque que la 5° armée déclenche du sud au nord et qui balaie le terrain entre la 1re armée et la 11e armée allemandes. Il fait le possible et impossible : des me-
È sures sont prises pour boucher cette fissure qui n’est, en somme, que la suite fatale de l’avance prise par von Kluck.
A 16 heures, une nouvelle contre-attaque allemande se produit sur Churgivaur. La compagnie du génie divisionnaire qui s'y était portée pour organiser le terrain se retranche dans le cime- tière et, par un fait d’armes digne de mémoire, s’y maintient, Un
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bataillon du 129% accourt et chasse l'ennemi de Courgiva aux.
A 17 h. 30, l'ennemi ramène ses troupes qui se sont ralliées à l’abri de la forêt et ont reçu de nouveaux renforts. Débouche nt soudainement des bois, elles refoulent les troupes de la 9e ES 2. Mais Mangin paraît sur le terrain. Il se porte sur la ligne des tirailleurs, et, impassible sous le feu, la pipe à la ee maintient tout son monde (1). Le combat se prolonge jusqu’à la tombée du jours l'ennemi est rejeté ; la division couche sur le champ de bataille entre Escardes et Courgivaux.
A gauche, la 6e division (général Pétain) lutte avec non moins de courage ; elle est non moins bien commandée. La 11€ brigade française a pénétré dans le village de Montceaux-lès-Provins. Mais. l'ennemi bombarde l’agglomération qui prend feu, et, profitant du désordre, il attaque. De même que nous avons perdu, un moment Courgivaux, allons-nous perdre Montceaux-lès-Provins? Mais, ici. également, il y a un chef : Pétain. |
Le général Pétain voit son infanterie hésitante devant les barrages. de 105 dont l’ennemi couvre la crête de Saint-Bon qu’il faut franchir. Il s’avance seul, à pied, à travers champs, précédant ses troupes et. marche, ainsi, jusqu’à la lisière du village de Saint-Bon où il maintient toute la journée son poste de commandement sous un bombardement … intense. Un des officiers qui le suivaient alors a écrit : « Nous qui venions de passer de si terribles journées depuis le 22 août et qui avions. encore au cœur l’angoisse de la retraite poursuivie sans répit, jour et nuit, depuis la Sambre jusqu’à la Seine, nous qui venions de lire l’ordre du jour du général en chef pour la bataille qui s’engageait, il nous apparut que cette marche en avant, froide, résolue, droit vers l’objectif, « avait quelque chose de symbolique, de grand, et nous sentions tous au. cœur l’espoir, la certitude de vaincre. »
La 6° division, le soir du 6 septembre, était maîtresse de Montceauxlès-Provins et couchait victorieuse sur le champ de bataille, n’ayant engagé, grâce à la sagesse du chef, que trois bataillons sur douze. En fait, l'ennemi était chassé de toute la région dès le soir, c’est par mesure » de sûreté que le général Pétain, prêt à reprendre l'offensive à la première heure le lendemain, la fait bivouaquer sur la ligne Saint-Bon- Champfleury-Villouette. :
Le succès n’est pas considéré, dans le camp français, comme aussi complet qu’il l’est en réalité. Après de si longues angoisses, M on ne s’habitue pas encore à la victoire. Le soir, dans les états-
(1) Citation du général Mangin à l’ordre de l’armée : « Belle conduite pendant la journée du 6 septembre ; grâce à son énergie, à sa présence au milieu | des troupes aux endroits les plus exposés et à l'influence qu'il a su acquérir … cet officier général est parvénu à maintenir sa division devant une contre attaque très violente poussée par l'ennemi de 17 heures à 19 h. 30.»