LE LEE
a a et FLE PE L : ER | “Ar ae Cu V2 ai 7 Fà AT DT LE À
matches ESTERNAY ET SÉZANNE wi heures du matin, un avion signale un groupe d’artillerie ‘ennemie, à l’ouest de la cote 200 (carrefour de la route de Paris), des paquets de cavalerie le long de cette route, et un gros d’infanterie (IX® corps, général von Quast) près du bourg d’Esternay. « La contrée consistait en bois de hêtres clairsemés avec de grands intervalles de champs moissonnés. » Ce texte est emprunté à un carnet de route allemand. Nous venons de citer un carnet de route - français disant « qu’enfin, on voyait l'ennemi ». Done, les deux . camps se dévisageaient face à face. Bataille de l’ancien style : pantalons rouges et capotes bleues en mouvement contre des casques . à pointe et des feldgrauen.
… A7h.30, tandis qu’à gauche, la division Mangin se porte à l’at- .taque d’Escardes, la {7e division (général Gallet) se déploie dans … les conditions suivantes : le 127° sur la cote 200 (Retourneloup) : | le 43° sur le Haut-d’Escardes ; le 84° sur Châtillon-château d’Es- | ternay. L’artillerie de la division appuie l’attaque de Seu jusqu’à - Châtillon. L’artillerie du corps et les réserves sont à la Pimbau- | dière.
A droite, la 2e division (général Duplessis) commence son - mouvement, qui part de la forêt de la Traconne et s’engage, sans - obstacle sérieux, dans la forêt de la Loge-à-Gond. A 8 h. 45, le - 110€ régiment appartenant à cette division occupe Bricot-la- Ville. Au début, tout semble facile ; mais bientôt l’on s’aperçoit que l’en- + pnemi est décidé à opposer une forte résistance : il a ramassé toutes ses forces sur le plateau que couronne, au sud-ouest d’Esternay, l'arbre de la cote 200 et il s’est installé sur cote 200-Retourne- | loup-häteau d’Esternay ; ses avancées sont cependant mainte- nues en avant, à Châtillon, jusqu’assez tard dans l’après-midi. * … Châtillon. -SUr- FERA est donc le poteau d’arrêt que l’on défendra % coûte que coûte. .
Le débouché de la 2€ division vers la Noue est accueilli par de ; Rribles rafales d’obus. Notre artillerie réplique et canonne tout -. Je plateau. Mais le combat n’avance pas : nos chefs, impatients du succès, sentent la distance et ne peuvent deviner les effets de leur offensive. Ceux-ci cependant se révèlent bientôt aux Allemands :
Le 6 septembre devait être pour nous un jour de repos après nos grandes fatigues. Et ce fut, en effet, un fameux jour de repos! Des aviateurs avaient apporté la nouvelle que de grandes masses de troupes, . d’une force de trois à quatre corps d'armée, venant de Paris, marchaient . vers nous. Vers 10 heures, il y eut alerte avec ordre, pour nous (ZX corps), ‘ de tenir dans tous les cas jusqu à ce que la II® armée ait pu arriver à
RE A SR EN TS SP DRE mu R 71 ne PE d' NN pee D Le <+
s\ . J ' Sn? “T de © LA 184 LA BATAILLE DE LA MARNE
notre secours avec le VII® corps (voici la manœuvre de von Bülow qui 56 dessine). Vers une heure, nous arrivâmes à Esternay. Tout à coup, s obus ennemis volèrent autour de nous ; le 24° d’artillerie passa à notre droite pour se mettre en batterie et répondre. Le 2e bataillon du 90e tusiliers se déploya à 500 mètres en avant de nous sur la lisière d’un petit bois. Un effroyable feu d’obus et de shrapnells l’accueille. Il fallut rester là d’une heure à 7 heures. L'attaque des Français sur notre aile gauche où se battirent nos régiments 89e, 90e, 75e et 76e (17e division). était acharnée. Il était évident que les corps français voulaient forcer. le passage par le point que nous occupions : alors, nous étions perdus. Nous attendions toujours l'intervention du VII corps, de l'armée von. Bülow, qui nous avait été promise. Mais le secours tant désiré n’arrivait pas. Les 75° et 76° régiments qui se battaient à notre gauche furent sur le point d’être tournés (c’est l’entrée dans la fissure et l’armée Bülow prise de flanc; voir ci-dessous les combats du Guébarré et de Charleville). Heureusement, ils tinrent, non sans de grandes pertes. Quand le feu se ralentit, je m’appuyais sur un bâton et, soutenu par un. soldat, je gagnai le village de Champignol, situé non loin d’Esternay. L’'artillerie du VII corps, que nous avions si impatiemment attendue, 4 traversait justement le village au galop de ses chevaux écumants, pour ouvrir le feu contre l’ennemi. (Donc, le secours vient de l'armée” Bülow, c’est à ce moment que le front français hésite.) Ainsi, nous avions réussi à tenir tête à la puissance infiniment supérieure de l’ennemi. Mais la journée d’Esternay était chèrement achetée (1).
La vérité est que le IX£ corps se retirait dans la nuit. A
On semblait accepter l’idée d’une retraite, lisons-nous dans un autre carnet : car, à 6 heures et demie du soir, nous fûmes précipitamment appelés à l’état-major de la division où nous reçûmes l’ordre de nous retrancher derrière notre propre division à droite et à gauche de la route de Montmirail à Esternay et de nous sacrifier si cela était nécessaire * pour rendre possible la retraite des troupes en bon ordre avec leurs canons. Tandis que nous creusions avec la plus grande peine des tranchées dans le sol pierreux, le salut tant désiré nous arriva à 7 heures et demie. Tout un régiment d'artillerie du VII corps débouchait, attelages fumants, « le long de la route et se mettait immédiatement en batterie à quelque cents mètres devant nous. Les villages en face flambèrent et parurent comme … des fusées dans l’air du soir, L’ennemi recula... Nous regrettâmes bien que des points de vue stratégiques, d’un ordre plus élevé, ne nous aient pas permis de couronner le succès du jour par la poursuite. Mais là fameuse retraite de l’armée von Kluck avait commencé à notre. droite... Après avoir passé cette douce nuit de septembre sur nos positions, nous partions le lendemain matin, 7 septembre, à 9 heures, marchant lentement vers le nord. Après plusieurs arrêts, nous nous retrou- … vions, à 2 heures, à Montmirail, Nous recevions encore l’ordre d'établir. des positions retranchées sur les hauteurs à l’ouest de la ville. Maïs notre séjour ne fut pas encore de longue durée, mn.
(1) Mecklenburges-S5hne, docteur W. HarLorr, 90%. Fus. Reg., p. 117%
Eos « avons encore un autre détient cité par von François
dans son volume Marneschlacht und Tannenberg, c’est celui de . la 13 division du VII corps. Le général von Borne, qui comne mandait cette division, dit :
D 2- Le 6 septembre à midi arrivait la nouvelle que le IX® corps était . engagé à Esternay dans un dur combat et l’artillerie de la 13 division d'infanterie (trois groupes seulement, car le groupe des obusiers du . 58e d’artillerie de campagne était resté devant Maubeuge avec la 26e bri- # 5 d'infanterie) fut envoyée en avant. L’infanterie se prépara à se … mettre en marche. À 9 heures du soir arriva l’ordre que l’infanterie “devait se trouver le 7 à 6 heures du matin à Morsains (nord d’Esternay) à la disposition du IXe corps. Je partis en auto et, après de longues recherches, je trouvai le général von Quast, si je me souviens bien, après minuit, à Tréfols.