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10° corps forme, en ce point, la droite de la 5e armée, +. en contact immédiat avec la 42e division, qui appartient à l’ar
Foch ; c’est le travail du 10€ corps et de la 42e division qui form era à une heure donnée, le nœud de toute la bataille de gauche.
Pour dessiner le mouvement initial d’aile marchante vers ke nord-ouest, la 19€ division (général Bonnier) océupe la zone Mœurs: Launat-Vindey, en liaison avec le 9 corps à la Noue. En deuxième ligne, la 51e division de réserve (général Boutegourd) est dans la zone le Plessis-Saudoy-Barbonne. A droite, la 20e division (gé” néral Rogerie) stationne dans la zone Verdey-château de Frécul et Sézanne, avec un régiment en avant à Lachy et ses avant-post s à l’étang de la Grande-Morelle. Cette division avait, à sa droite, la 42e division (général Grossetti), qui, faisant la gauche de la 9 armée, s’est portée, comme nous l'avons dit, jusqu’à sos L aux-Bois. Il était entendu que la 9 armée, tenant les marais de Saint-Gond, seconderait le mouvement tournant qui devait être tenté vers le haut du massif par le 10€ corps, dès le 6 au matin.
D’après ces positions, il est évident que le 10€ corps, même avant: la bataille, fait saillie sur la ligne générale. Esternay reste le clow auquel la bataille est accrochée, et le 10€ corps, même dans sa marche rapide en avant, a toujours l’œil tourné vers ce point, d’où la progression générale dépend.
Nous avons dit la facilité relative avec laquelle la 2e division d d' 47 corps (général Duplessis) s’est avancée vers le château de la Noue au début de la journée du 6. Aussi constatons-nous 4 avancée également rapide de la 19 division (Bonnier) à l’est du château. C’est que Bülow est en retard ; l’armée française, saïsis= sant l’occasion, gagne du terrain avant même que l’armée BüloW, qui doit grimper par le col de Soisy-aux-Bois sur le plateau de pézann, soit arrivée : au lieu.de surprendre, Bülow est surpris. #
IlLn’y a pas de manœuvres, fussent-elles « géniales », qui tienne nt | contre de tels impairs dans l’exécution. rs
La division Bonnier envoie donc, dès 6 h. 45, sa 38e brigade “occuper le Clos-le-Roi. Elle le fait sans coup férir, en même temps que le 4 corps, à sa gauche, enlève le château de la Noue. Observez, sur Ja carte, à quel point le Clos-le-Roï est en pointe, 4 nord, relativement à Esternay et à Châtillon-sur-Morin, où ne division du 127 corps se trouvera arrêtée pendant toute la Journée |
Quant à l’autre division du 4109 corps, la 206 division EE |: Rogerie), elle a débouché à 6 heures, comme il était pee] 39e brigade à gauche, 40€ brigade à droite, son artillerie-en batte: sur la ligne les Essarts-Lachy. On a, devant soi, un coteau assez
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SA 43 LES STE à 1 es TCEAUX-LÈS-PROVINS, ESTERNAY ET : SÉZANNE 189 . qui grimpe à la cote 213 (sud de Charleville). Le régiment e e tête de la 40€ brigade s’empare de la cote 213 ; à gauche, la 3% brigade progresse parallèlement et atteint, vers 10 h. 20, la transversale Charleville-le Clos-le-Roï.
Donc, au 108 corps, par une matinée claire et que l'espoir ; LE” on avance rapidement ; bientôt on dominera les larges vues qui s'ouvrent sur la plaine de Champagne. Es voici que le ciel s’assombrit : on sent la résistance s’affirmer à la fois à gauche et à droite. A droite, une attaque allemande enlève à la 42 division le village de Charleville au débouché sur la plaine ; et, à gauche, le 1e corps étant arrêté devant Châtillon- 4 le 10€ corps est bien obligé de s'arrêter. Tout change. Les Allemands, vers 3 heures, rep vers sans cesse des troupes fraîches ; une lutte d'artillerie s'engage, très violente, et une attaque, venant de la direction de Montmirail, se dessine. à A partir de ce moment, et en présence du danger commun, les de eux armées Foch et Pneleé d'Esperey, par un sentiment très vif de la solidarité militaire, n’en font qu’une. Le 109 corps envoie du secours à la 42€ division, et la 20€ division détache, à cet eflet, “un bataillon du 47. Il est temps. L’ennemi marche sur Villeneuve- Charleville. Après une lutte ardente, il est contenu ; la 42e division se maintient dans le village qui, finalement, reste en son Dorr On F4 que, des deux côtés, on a deviné que la domination a du massif sur la plaine et, par conséquent, le sort final de la bataille, dépend de ce point. Observez bien la concorde et la mutuelle onfiance s’affirmant entre les chefs français dès la première heure. RE est un gage de succès, tandis que, dans le camp allemand, si la … discipline reprend, c’est par l'autorité que Bülow reçoit sur les deux corps de gauche de von Kluck.
Franchet d’Esperey se rend compte que la décision n’est plus | gauche, mais à sa droite. Il se retourne ; il vient en aide à son … voisin de droite, Foch. Ainsi le champ de bataille suggère les solutions à un chef digne de ce nom. Par ce mouvement s’inaugure la belle manœuvre finale qui dégagera Foch à l’heure suprème : au fond, c’est le geste qui s’est esquissé, dès le 6, dans l'envoi d’un ; bataillon du 47 à l’aide de la 42e division à la Villeneuve-Charleville. Cependant, la gauche de la 19 division reste toujours en l'air. Franchet d’Esperey envoie, sur le château de la Noue, sa 37 bri- gade, pour donner un coup de main au {€ corps, dont une belle … manœuvre de flanc, décrite ci-dessus, finit par enlever Châtillonsur-Morin.
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Le combat se soutient donc aux deux ailes : c’est le tour du centre, maintenant, à supporter le poids de la lutte : « la flèche » que fait le 10e corps est prise à partie par les forces de l'ennemi qui débouchent les unes de l’est, c’est le X€ corps de réserve, les autres de Montmirail, c’est le VII corps. |
La 19 division subit le choc. L'attaque ennemie arrive vers Clos-le-Roi jusqu’à la lisière sud-est de la forêt de Gault, forçai l'infanterie de la 38 brigade à rétrograder pour ne pas être tournée. Clos-le-Roi est évacué. On s’installe, pour la nuit, sur la ligne : cote 212-ferme le Guébarré-cote 200. Le succès du début de la journée paraît compromis. D’autre part, la gauche de la 19 division reste en l’air ; et il en sera ainsi tant que le 1 corps ne se. sera pas emparé d’ Esternay. A première vue, le milieu de la journée n’est pas des plus satisfaisants. 4
A droite, la 20€ division, fortement pressée par l’ennemi, & esquissé, elle aussi, un mouvement de recul, enrayé aussitôt, il. est vrai, par une brillante contre-attaque d’un bataillon du 47. Mais, vers 15 heures 30, l’ennemi revient à la charge. Nouvelle contre-attaque, cette fois, d’un bataillon du 136€. En fin de journée, Charleville et les bois à l’ouest restent en notre possession, malgré. les pertes très lourdes subies par le 2e régiment. Le soir tombe : la” 20€ division, quoiqu’elle se trouve toujours en flèche, se retranche sur ses positions et y passe la nuit. |
Dans le camp allemand, en face du 10€ corps fran la confusion est telle qu’il est difficile de se débrouiller au milieu des changements de direction, des ordres et des contre-ordres qui se succèdent au cours de cette journée d’affolement. Von Kluck est à Charly et Bülow à Montmort. Von Kluck prétend qu'aux Ober-" kommandos règne l’opinion que l’armée Bülow, pour se conformer aux ordres de Moltke, avancera le soir au sud de la Marne, face à l’ouest, et que, par conséquent, il peut, lui, von Kluck, rappeler ses IIIe et IX€ corps, Bülow suivant avec toute son armée. Mais voici que tous les corps sont jetés dans la mêlée, le IIIe corps, . le IXe corps, le VIIe corps, que nous avons vu se déployer au galop, les chevaux fumants ; voici maintenant le Xe corps de réserve, qui accourt de l’est, c’est-à-dire de Janvillers, et supportera, l'après-midi, le poids de la bataille au sud de la forêt de Gault.
Aujourd’hui, c’est encore dimanche, le 6 septembre. Déjà, deux fois de suite, le dimanche nous a valu des batailles et des victoires. Peutêtre en sera-t-il de même aujourd’hui. On se met en marche dès le matin: Il paraît que nous ne ferons que peu de kilomètres aujourd’hui : car
al à | MONTCAUX- LÈS-PROVINS, ESTERNAY ET SÉZANNE 191
nous | bivouaquerons | à Montmirail. Soudain, on s’arrête. On trouve de la résistance. Il faut faire front devant l’ennemi. Nous nous déployons. Nous descendons au village le Recoude et cherchons notre régiment. La bataille s’est généralisée, tout en désagrégeant l’ordre particulier. $ J'ai, le soir, autour de moi, des hommes de toutes les compagnies. Notre … artillerie lourde devra tirer pendant toute la nuit vers le sud. Vers … minuit environ, nous nous étendons avec l’espérance de trouver un peu
de repos (1).
Ainsi, sur son centre, Bülow, qui devait marquer le pas à droite à Montmirail, en attendant que sa gauche eût conversé face à - l'ouest et atteint Marigny-le-Grand, avait été fortement ébranlé. … Von Kluck ajoute que les IIIe et IXE corps, se trouvant devant la - droite de Bülow, reçurent l’ordre le 6, à 10 heures du soir, de se replier (après avoir été battus, comme nous l’avons vu, à Montceaux “et à Esternay) sur la rive nord du Petit Morin, de Sablonniéees à | Montmirail. Ainsi, en liaison avec la droite de Bülow à Montmirail, - ces deux corps furent, par le même ordre, nous l’avons dit ci-dessus, - mis sous les ordres de Bülow.
… Sur la pierre d’angle de toute l'opération, Esternay, non seule- - ment la position stratégique de Bülow est médiocre, mais ses - troupes, mises à bout de force par les marches et les combats qui ont précédé la grande rencontre, subissent, dès le 6, une telle . diminutio capitis physique et morale que toute action énergique leur devient, pour ainsi dire, impossible. De l’aveu même des ofii- ciers allemands, les compagnies sont « mêlées », cela veut dire (en Minnie de rapports militaires) qu’il y a eu désagrégation des ré- … giments par la panique et la fuite.
à . Telest, en somme, le résultat de la première bc de bataille, “l;j Journée du 6. Joffre, du premier coup, et rien qu’en se retournant, a désarçonné l Aivenuie - Sur cet effet produit sur l’ennemi, nous fûmes d’abord insuflin. samment renseignés, et cette ignorance, qui fut la nôtre pendant … toute la première partie de la guerre, ne contribua pas peu à la prolonger. Il ne faut pas se lasser de le répéter : « Nous n’avons pas su assez le mal que nous faisions à l’ennemi. » Cependant, quelques indices tangibles commençaient à le révéler.
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Dimanche, 6 septembre. — A 7 heures, l’ordre d’offensive de la bri- À gade Passaga est arrivé ; c’est le 70° qui marche sur la route de Montne Ve
MAX (1) Carnet de route d'Arthur Kurscxer, chez Beck, à Munich, p. 88. — … Voir aussi : Journal de campagne d'un mitrailleur (du Xe corps de réserve): Une partie du Xe corps de réserve ne peut même pas prendre part au combat suite de son état d’épuisement.
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mirail ; le 4° (lieutenant-colonel Delmas) évolue à gauche de cette | route, vers la forêt de Gault. Au nord, la forêt de Gault peut offrir à l'ennemi un abri caché de nos vues. Le 2e bataillon est envoyé au care refour de l'Étoile. La suite du bataillon est rassemblé aux environs de la ferme de Guébarré. Un bataillon du 74°, sous les ordres du com- . mardant Jeanpierre, a pris position derrière le même mamelon. Le 70 a progressé le long de la grand’route de Montmirail. Au Châtelot, la 7e compagnie (Roubichou) signale des forces ennemies venant de la direction du village de l’Ermite. Une section est tout à fait en avantgarde sur la route. Nos hommes sont abrités dans le fossé et tirent les Allemands comme des lapins, à 40 mètres. Au moment où l’ennemi débouche de l'Ermite, il est accueilli par un feu d’enfer ; aussitôt, les : Boches s’aplatissent et, par bonds, ils réussissent à aborder les petits boqueteaux, situés à 500 mètres au nord-ouest du Guébarré (V. le carnet de Kutscher)..… Les Allemands se replient sur l’Ermite. Vers 10 heures du matin, une canonnade effroyable se produit au niveau d’Esternay et en arrière de nous, ce qui nous inquiète. Heureusement, le feu se ralentit à Esternay. Nous apprenons que la petite ville a été 4 reprise par les 33 et 73 d'infanterie (en fait, c’est Châtillon-sur- Morin). Le 70e a fait une attaque très énergique et a beaucoup pro-. gressé, trop même : car les deux ailes n’ont pas suivi et nous sommes en pointe avancée par rapport au 4er corps. Il paraît que tout va bien ;. nous ne demandons qu’à avoir confiance. Pendant ce temps, le 41°. organise ses positions ; la 7° compagnie devait passer une nuit fort. agitée dans le hameau du Châtelot.. Deux compagnies du 74, de Saint-Brieuc, occupent des positions à côté de la ferme du Godiné. et sont aussi avancées que la 7° compagnie du 41° au Châtelot. à
Le lendemain, le 41°, qui avance, a le spectacle de ces fameuses tranchées allemandes, où les hommes ont été massacrés en file pa les mitrailleuses du 74°. Nous nous rendons à la tranchée allemande. Ici le spectacle est affreux et défie toute description. Sur une longueur de 500 mètres, il y a plus de 600 morts et 150 blessés. Dans la tranchée on recueille 4 100 fusils, 5 mitrailleuses, des casques tant qu’on en veut. Nous relevons les blessés (1)...