LA BATAILLE + «4 SE
Un autre carnet s'exprime ainsi :
Le lendemain (c’est-à-dire le 7), nous retournons aux Essarts-lès- Sézanne. Là, tout est à la joie. Les Allemands sont en pleine déroute et, de notre côté, c’est la marche en avant dans toute sa splendeur. Libres. pendant quelques heures, nous allons visiter, à 3 kilomètres, des tran: chées qu’occupaient les Allemands pris en enfilade par nos mitrailleuses É Ils n’ont pu en sortir. Trois cents cadavres y sont alignés. En revenant, de notre lugubre excursion, nous croisons un convoi de 400 prisonniers.M Nous nous installons en ambulance dans cette grande ferme de Closle-Roï. On s’est battu dans la ferme. Les tourelles, les toits, la ferme elle-même portent de larges brèches faites par les deux artilleries. Plus:
(1) Docteur G. VEaux, En suivant nos soldats de l’ouest, p. 125. Voir la ca rte pour le combat du Guébarré, ibid.
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ne sous la forêt, partout des bouteilles de champagne vides por- Pétiquette des meilleures maisons de Reims, Ay, etc., ont été é
és | par les Allemands. Cet abus de la boisson n’a-t-elle pas été un Æ 4 facteurs nombreux de leur défaite? La figure déjà noircie et le > xrsouflement des cadavres allemands permet de supposer que ces £ tr “2 devaient être fatiguées et surmenées, mais peut-être aussi alcoo- 5
à l'excès (1).
qu'il gagne jusqu'aux ambulances, où la tristesse de la bataille se révèle par l’afflux des blessés et le spectacle des grandes souf-
Le spectacle de la tranchée monde: pleine de morts, au Guébarré, est frappant : or, nous avons le tableau, en deux Teniek, de £ | main de l'officier qui commandait le feu : le capitaine de la
Crom pe de La Boissière, du 71€ (1% division), écrit sur son carnet :
6, dimanche. — Préparatifs de la bataille au nord-ouest de Launat ; “feu, au nord-ouest, à la ferme du Guébarré. Tué des Allemands dans une tranchée avec mes mitrailleuses.
Et le commandant de l’autre bataillon du même régiment, le com- " andant Jeanpierre, passant le lendemain sur le terrain, écrit
à son tour :
2 . Combat près de Guébarré. Les Allemands, PAU cette nuit, ont été pris d’enfilade par une section de mitrailleuses de mon régiment, qui “a détruit entièrement un bataillon du 74° régiment de landwehr. La tran- ? chée est littéralement remplie de morts. Sept à huit cents, hachés!
a He BAHIER, Une ambulance militaire française pendant la guerre > 1914- 1915, Copenhague, 1915, p. 15.
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| Le sentiment de la victoire court donc déjà dans les rangs, puis- |
23 D autres notations, plus sobres, sont non moins significatives.