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CHAPITRE VI

LES MARAIS DE SAINT-GOND ET LA TROUÉE DE MAILLY (6 septembre 1914.)

Pourquoi la stratégie allemande vise le centre français. — Foch se prépare à livrer bataille. L'esprit du chef. — La 9% armée, le 6 septembre. Liaison avec la 5° armée. — Les deux manœuvres s’enferrent. — La 42 division et le %œ corps, le 6. Combats pour la route n° 51 et le débouché des marais de Saint- Gond. — La Garde attaque sur Bannes et tente de traverser les marais. — Le combat du 11 corps, le 6. Écury-le-Repos-Normée. — Entrée en ligne de von Hausen dans la trouée de Maïilly. — La 9% division de cavalerie. — Vue rapide sur le rôle de la 4 armée Langle de Cary et les opérations de l’est. — Rôle du 17e corps (4° armée) dans la journée du 6.

Si l'exposé stratégique donné dans les chapitres précédents a paru clair, on sait pourquoi la grande bataille engagée par le général Joffre trouvera sa décision aux pieds de la falaise de Sézanne, au point de jonction des deux armées Franchet d’Esperey et Foch. C’est l'endroit où le massif tombe sur la plaine, c’est le point où l’armée Bülow et l’armée von Hausen ont reçu l’ordre de rompre, par une attaque concentrique, le front de l’armée française, tandis … que von Kluck doit attendre les débris de la gauche de cette armée et leur barrer la route de Paris.

Pourquoi la stratégie allemande vise le centre français.

Le but que se propose l’armée allemande dans cet effort suprême est prédestiné, en quelque sorte, par une prescription de Clause- … witz, répétée à satiété dans les enseignements de l’état-major allemand, et édictée, comme une loi de la guerre contre la France, par le vieux Moltke ; Moltke le jeune se borne à l’appliquer ser- M vilement : 1

L'objet de l’attaque stratégique doit être la défaite complète de l’armée ennemie et la conquête de la capitale. Obtenir un seul de ces «

deux résullais serait insuflisant : il les faut tous les deux... L'objet de l’attaque statégique est donc la destruction des forces

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milita air es, réunies en France pour former une masse Re puis la C > de Paris.

4 1 À faut, en conséquence, chercher, avec les forces réunies, la masse principale de l'ennemi pour lui livrer une nouvelle bataille dérisive. | Lit française vaincue, on prend, soit avec les forces réunies, soit - avec une partie de ces forces, La direction de Paris.

- Dans le cas qui nous occupe, le point d’aitaque est suffisamment 3 L Eu par l’objet même de l'attaque : l’armée française et Paris.

E © morceau, écrit à propos de la campagne de 1814, a été cité

çais comme par les chefs allemands. Car, de part et d’autre, on a ré éfléchi, étudié (1). Mais, dans l'esprit des chefs français, pas l'ombre D ie ni de pédantisme. Foch a enseigné, avec une insistance remarquable, à l'École supérieure de guerre, la leçon reçue de le plan d'opérations.

Et voilà la grande différence : les Allemands suivent un plan inspiré par une théorie et une tradition et ils l’appliquent lourdement jusque dans le choix du point d'attaque mdiqué par Clause- 2 L’état-major allemand ne se demande pas pourquoi l’adver- “saire consent à courir le risque de découvrir la capitale, puisque la Ce ditale est un des buts décisifs de la guerre ; il ne se fait pas cette Le flexion que si on laisse momentanément Paris, c’est que l’on sait “Paris défendu, ou bien encore que l’on se réserve de faire jouer, É au camp retranché, un rôle dans la bataille ! L’état-major allemand subit la loi de son orgueil : il croit à la victoire facile, telle que les professionnels la lui ont garantie depuis - des années. Il est entraîné par le vide ind produit volontairement une retraite combinée. Il ne veut voir qu’une fuite, là où il s’agit - d’une manœuvre. Il se précipite à une bataille qu’il croit pouvoir E F livrer selon ses propres règles et il ne s'aperçoit pas qu’il fait le jeu La son adversaire. Cette bataille, il la veut, non seulement parce u’elle est dans son plan, mais parce qu il en a besoin. Il y est raîné par le peuple allemand lui-même : « La victoire, écrit

von Tirpitz le 5 septembre, a fait tourner les têtes à Berlin. » En

cherchant cette bataille, coûte que coûte, le G. Q. G. a éreinté ses troupes. Il n’est que temps si l’on veut obtenir d’elles encore un suprême effort.

Moltke a hâte d’en finir et il confie à von Hausen, appuyé par Bülow, le soin de courir à la bataille de rupture.

— (1) Sur la portée morale de cette tradition dans l’enseignement allemand ir maréchal Focx, De la conduite de la guerre, p. 188.

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et commenté par le général Foch; il est connu par les chefs fran-

Napoléon, quand celui-ci allait répétant qu’il n'avait jamais eu

conditions stratégiques préparées.

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