‹ La bataille de la Marne (volume 2)Chapitre 64 sur 90 · III. — En vue d’atteindre ce front · texte numérisé non relu

III. — En vue d’atteindre ce front

a) Le 18 corps d'armée masquant Cerneux attaquera Montceaux-lès- « Provins ; à cette attaque coopérera l'artillerie du groupe des divisions u de réserve ;

b) Le 3e corps appuiera, d’abord, l'attaque du 18° corps sur Mont- « ceaux-lès-Provins et enlèvera ensuite Courgivaux ; 4

c) Le 1e corps d’armée enlèvera Esternay ;

d) Le 10° corps d'armée appuiera l'attaque du 1°7 corps sur Esternay en portant à la Noue un détachement de toutes armes. Il se reliera M étroitement à la 42e division ; Pi

e) Le corps de cavalerie conserve sa mission : agir constamment en « liaison intime avec le 18 corps et coopérer effectivement au combat de ce corps. Liaison avec la cavalerie anglaise. E

IV. — Les cantonnements ne seront pris qu’à la nuit tombante et lorsque des dispositions de sûreté complètes auront été prises.

V. — Les corps d’armée feront connattre pour 19 heures l’emplace-

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rij à “ur mme (on voit à quel me le général tient à ir son armée bien en main et entend qu'aucun mouvement ne lu

as et c’est la raison des deux paragraphes qui terminent l’ordre d’opé- … VI. — Ravitaillement en vivres et munitions, toute cette nuit, de façon à reprendre l’offensive demain matin dès que l’ordre en sera donné. VII. — L'ordre formel du général commandant l’armée est d’être r; à résister avec la dernière énergie à la contre-attaque allemande - qui peut se produire, comme le cas en a été fréquent, vers la fin de la ournée.

Le Signé : D'ESPEREY.

… On sent, rien qu’à lire cet ordre d’opérations, qu’on entre dans uw ne phase nouvelle : vigilance, solidité, hardiesse, voilà ce que l’on demande aux troupes. L’ennemi se réplie : il faut le pousser ; mais “iln'a peut-être pas renoncé à son offensive de rupture : s’il revient - en forces, 1l faut l'arrêter.

Nous avons laissé la 5° armée bivouaquant sur la ligne Courlacon, sud d’Esternay, Villeneuve-lès-Charleville, le 6 au soir. | Nous avons montré l’armée entière arrêtée, pour ainsi dire, devant le poste avancé d'Esternay où le haut commandement alleme nd s’est fortifié pour soutenir le choc et pour protéger la retraite | progressive des corps de l’armée von Kluck.

‘ Le premier devoir est d’en finir. À la fin de la nuit, un fait im- portant s’est produit sur ce bastion d'Esternay. Les aviateurs, qui ont travaillé dès l’aube, confirment les premiers indices favo- ‘& rables : vers huit heures, dé colonnes allemandes nombreuses sont signalées en retraite du front Courtacon-Esternay, vers le nord. " Voici donc l’effet de volant enlevé par les raquettes qui commence à se produire. Les coups frappés par les armées alliées combattant 4 dans une disposition angulaire se renvoient la balle alternative- ment. C’est alors que Franchet d'Esperey prévient Maunoury et : l’armée anglaise que les corps placés devant lui sont en retraite. D'En même temps, il prend la poursuite.

. Du côté allemand, nos renseignements sont précis. Nous avons æ it, qu’à 10 h. 45 du soir, le 6, von Kluck avait retiré son IX® corps | ee l’ouest de Montmirail, en liaison avec son IIIe corps, à Boitron. ux heures après, à minuit 30, Bülow, qui se dit menacé par une attaque venant de Rozoy, annonce, à son tour, son repli … derrière la coupure du Petit Morin. Ainsi le terrain se vide dans

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Ja nuit. A l’aube et dans la matinée du 7, le IIIe corps et te IX cc >Orp réclamés avec une insistance extrême à plusieurs reprises par vi | Kluck, évacuent le champ de bataille. Ils se hâtent. Le IIIe Corps, à 12 h. 40, recevra l’ordre de se porter à Nogent-l’Artaud et Le Ferté-Milon. Quant au IX® corps, il se retire derrière le Dolloir, au sud de Château-Thierry, mais un radio de von Kluck, à 5 h. 40 du soir, le réclamera d’urgence à l’ouest de lOureq. 4 Bülow est donc chargé de se défendre seul autour de Montmirail. Il confie cette mission à la 13€ division du VII corps, qu'il jette entre Fontenelle et Montmirail. C’est un crochet défensif pro- « longé au nord, du moins sur le papier, par le IXe corps. Mont- mirail lui-même est tenu par le X€ corps de réserve, puis c’est le X€ corps qu’il faut appuyer à l’est et relier, par la 14 divi- sion, au corps de la Garde, c’est-à-dire à la force principale de Bülow. S'appuyant toujours sur l’armée de von Hausen, la Garde … croit pouvoir jouer encore la rude partie qui lui a été prescrite au début, c’est-à-dire l'offensive de rupture en direction du sud. Voilà donc où en sont les deux armées allemandes (1re et Ile ar-. mées). La tête de l'animal s'étant tournée vers Paris, la bête aboie maintenant vers le nord, à Acy-en-Multien-Betz, pour. essayer d'empêcher l’enveloppement ; l’articulation de la gorge, : à Varreddes-lizy-sur-Ourcq, est découverte et exposée aux coups. de l’armée britannique qui s’avance vers elle. Les pattes, suivant … la longue route de Changis, la Ferté-sous-Jouarre, Montmirail, descendent, l’une par la forêt de Gault, l’autre par la route de - Mondement, se débattant contre l’offensive de Franchet d’Es- 1 perey et tâchant de déchirer, en plein corps, l’armée de Foch. | Ce tableau suffit pour indiquer combien l’armée allemande est « déjà en mauvaise posture : sa ligne, composée de traits alternativement avancés et renfoncés, fait une sorte de long zigzag. Dès cette heure, elle ne se bat plus que pour se sauver. Au fond, von Kluck a déjà commencé sa retraite, et il n’est pas douteux que le haut commandement ne s’y prépare au moment même où il tente une manœuvre suprême contre l’armée Foch. Stegemann, si favorable à l’état-major allemand, ne cache pas son embarras % quand il cherche à expliquer ces cotiradictions: | Comptant, malgré tout, sur l'efficacité de la parade de son. « crochet défensif », Bülow fonce sur l’armée de Foch, de concert à avec l’armée von Haven.

La disposition des deux adversaires apparaît, ainsi, bien claire- … ment. Bülow, que von Kluck, cherchant à gagner sa propre ba: M taille, a volontairement isolé, se cramponne encore à l’angle du

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D ue et l’armée Franchet d’Esperey s’avancent Je rejeter précisément du massif sur la plaine. Il fera la cul- , s’il ne prend pas le parti de la fuite vers le nord, comme l’a

à fait son collègue von Kluck.

| Le | cavalerie, les 18° et 3° corps poussent, le 7, sur le Grand Morin.

Les armées alliées prennent donc, partout à la fois, l'initiative ou plutôt elles avancent presque due le vide. Le corps de cavalerie Conneau. — À la droite de l’armée briter ique, le corps de cavalerie Conneau se met en route à heures du matin, le 7, au nord de Saint-Hilliers, où se trouve le poste de commandement du général Conneau. La 10e division monte par la route de la ferme Beauregard vers Beton-Bazoches, où la cavalerie allemande avait campé la veille. Mais, l’ennemi a disparu. On avance ; c’est à peine si on ramasse quelques cavaliers attardés, lues ivrognes dans les maisons. La 8€ division e est à gauche, en liaison avec l’armée anglaise. Même vide devant Île ; elle descend par Rubantar en direction de Bannost et de Balles. L’ennemi bat toujours en retraite droit au nord. Les Anglais passent l’Aubetin à Dagny. La 4e division de cavalerie F rend les devants et ouvre le passage aux autres divisions. À Lg 9 heures, Champcenest est occupé par la 4€ division de cavalerie, e pue, à 10 heures, par la 10€ division de cavalerie et le 45e d'innterie qui lui sert de soutien. Puis on nettoie le bois des Morts. 4 A 40 heures, des prisonniers faits dans l’engagement de 54 par la cavalerie anglaise, au nord de Beton-Bazoches, disent qu'ils faisaient partie de l’arrière-garde de la cavalerie de la — Garde (Richthofen) et que l’armée allemande se retire vers le nord. La nouvelle est confirmée par un avis du haut commandement français. On signale, en même temps : une colonne de toutes armes sur la route de Fontenelle à Château-Thierry, une autre colonne franchissant la Marne à Bonneil, de la cavalerie à la Chapelle-sur-Chézy et à Nogent-l'Artaud. Mais, de temps en temps, Pennemi fait mine de tenir. « Un nouveau message nous arrive : L'ennemi se retire précipitamment. Activer la poursuite. » À 15 h. 45 Je gros de la 4e division de cavalerie se porte jusqu’à la Ferté- Gaucher exploré par les reconnaissances et trouvé vide d’ennemis P a out, les traces d’une retraite précipitée. En fin de journée, les trois divisions de cavalerie sont dans la allée du Grand Morin : la 10€ division de cavalerie, en pointe,

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a franchi la petite rivière et bivouaque à Suint-Bartheny le 8e au sud-est de la Ferté-Gaucher ; et la 4° autour de la Fe Gaucher. Quartier général à Vignory. 4

Le 18 corps. — Le 18° corps (général de Maud’huy) fait, entr 8 heures et 11 heures du matin, un premier bond qui le porte sur le front Montceaux-lès-Provins, Sancy, Cerneux, la 38e division en deuxième ligne vers Saint-Martin-des-Champs. Les divisions avancent sans trouver d’obstacles, sauf à Sancy. Par les prisonniers que l’on commence à ramasser, on apprend que le corps a devant lui la division de cavalerie de la Garde et des éléments du IIIe corps, laissés sans doute en soutien. À partir We 14 heures, un deuxième bond est commencé et il se termine vers 19 heures. Il amène le 18 corps sans combat jusqu’au Grand Morin que franchissent ses avant-gardes :

Sur notre passage, dit un témoin, on recueille partout ce que laisse une retraite précipitée : cadavres ou blessés ennemis, prisonniers, traces manifestes d’un pillage honteux, innombrables bouteilles vides jonchant le sol, tranchées hâtivement creusées et rapidement évacuées ; meubles éventrés et jetés dans les rues, souillures ignobles dans les maisons. L’enthousiasme de la poursuite se double, chez la troupe, du désir de venger de telles infamies.

Le soir du 7, le corps stationne sur les positions suivantes : I! 35e division d'infanterie à Saint-Martin-du-Boschet, Réveillon, Villeneuve, avant-garde à Belleau ; la 36e division, à gauche dan la zone de Moutils, la Chapelle-Véronge, avant-garde à Meïlleray la 38e division à Pierrelez, Maisoncelles et Sancy.

Le groupe de divisions de réserve et le 3 corps. — Même marche. en avant du 4° groupe de divisions de réserve (général Valabrègue) qui progresse un peu en arrière du 18 corps et n’a qu’à procéder à une marche régulière interrompue par de longs piétinements.. On n'entend même plus le bruit du canon. On pousse jusqu’à Montceaux-lès-Provins, tout fumant encore du combat de le veille. Le soir, le quartier général s’installe à Saint-Hilliers.

Le 3e corps d’armée (général Hache) qui avait eu de rudes com= bats à soutenir le 6 à Montceaux-lès-Provins et à Courgivaux n’avait pas eu, comme nous l’avons dit ci-dessus, le sens complet” de son succès. Dans la soirée et au cours de la nuit, l'ennemi avait fui devant lui, mais la violence même des engagements de la dernière heure ne lui avait nullement laissé pressentir qu’il se“ préparait à quitter le terrain. Tout au contraire : bivouaquant

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igne Sauré Hoi: an ulEnry, Villouette (division Pétain) et ne gi vaux, Escardes (division Mangin), il se méfiait d’une attaque pe relée à la première heure, le 7.« Le matin du 7, écrit un témoin, nous nous mettons en arche prudemment, avec précauion, nous attendant à être arrêtés soudainement. Étonnement le ne rien trouver devant nous que les traces d’une fuite précipitée lPennemi. » Et l’étonnement grandissait du fait qu’on entendait une canonnade très violente à l’est. On se battait donc tout près. Mais pourquoi pas devant le corps lui-même ? Que faisait l'ennemi? … Partout, c’est la même impression. La 11€ brigade de la 68 divion a bien enlevé Montceaux, le 6 au soir, mais n’a pu s’y maintenir. On a le sentiment qu’une attaque ennemie se prépare dans Ja direction de Sancy. On demande au groupe des divisions de réserve de s’avancer pour organiser la rive sud de l’Aubetin. C’est seulement vers dix heures que l’on commence à se rendre compte nettement que l'ennemi est en pleine retraite. Le fait est confirmé, dans la matinée, par les avis venant du quartier général avec ordre, pour le corps, de se porter sur le Petit Morin, en direction de Mont- - Voici donc la marche des deux divisions qui commence vers le nord, en direction générale de Neuvy. Esternay qui, comme nous allons le voir, a tenu devant le 4 corps jusqu’à dix heures, est dépassé. Un escadron de chasseurs est à Neuvy à 13 h. 30. Il l'a trouvé sans ennemis. La retraite des Allemands aurait, au dire les gens du pays, commencé vers 9 heures et s’effectuerait dans à « directions, l’une, le groupe principal, en direction de Paris, Pautre, vers Champguyon et droit au nord. On se met en route ; la 5e division s’avançant de Courgivaux par Aulnay, Neuvy, Joiselle ; la 6€ par la région de Champlong, atteint, en fin de journée, e | Grand Morin de Le Crocq à Maison-Rouge. Toujours pas d’enmi. Mais cette canonnade obsédante vers l’est? Que se passe-

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à 3e corps reçoit l’ordre de poursuivre, le 8, dans Ja direction ré DE Montmirail Corrobert. On décide, en pleine nuit, de partir à le | première heure, vers Montmirail, le corps marchait en trois lonnes. On s’attend à une forte résistance sur le Petit Morin.

Le : * corps entre dans Esternay. Il arrive aux portes de Montmirail.

Nous avons dit l’importance du combat qui, la veille, s’était ngagé aux portes d’'Esternay. Le 17 corps (général Deligny), condé par l'artillerie du groupe des divisions de réserve, n’avait

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pu s'emparer de la ville ; mais il avait enlevé les hauteurs de Cha tillon-sur-Morin et de la route qui mène à Esternay.

A la première heure, le 7, on prépare une attaque de vive. force pour faire tomber ce point décisif : il tombe de lui-. même. On apprend, à 9 heures, que toute la région au sud” du Grand Morin, Esternay, château d’Esternay et les rives | mêmes de la rivière sont libres. L’ennemi se retire vers le nord. - Un document va nous permettre de suivre ce qui se passe dans le camp allemand. De bonne heure, le IX® corps a reçu l’ordre Fe retraite : À

Le général von Quast, écrit le général von Borne, commandant la 43 division du VIT corps, ne considéra pas cet ordre comme corres-. pondant à la situation et il résolut de ne pas le suivre. (Ainsi l’indiscipline des chefs d’armée comme von Kluck se communique aux chefs de corps.) On s’en tint donc aux accords convenus pour l’attaque. Je partis pour le Xe corps de réserve à Gault et causai alors avec son chef, le lieutenant-colonel comte de Waïdersee. Ensuite je cherchai ma division. À mon grand étonnement, je la trouvai répondant à l’ordre immédiat de retraite du General-Kommando, en marche vers Montmirail. L'ordre vint alors de s’arrêter à Montmirail et de se préparer à se défendre. On devrait accueillir le IXe corps. Vers midi, je reçus l’ordre de m’installer sur une position Fontenelle-le Trembley - Montmirail. Le IXe corps était déjà parti.

Cest l’occasion ou jamais, pour le 1% corps français, de. prendre la poursuite de cette 13e division allemande et du IXe corps. Avant tout, exploiter le succès. J

Le 1er corps se met en relation avec le 10€ corps : il est entendu que celui-ci, qui a déjà donné la veille un bon coup de main pour l’attaque du château de la Noue, prêtera son appui à la droite du 1e corps et que, tous ensemble, on s’élancera vers le nord. M

La {re division trouve encore quelque difficulté pour s’emparer. de la cote 200 qui était le centre de la résistance ennemie : mais les troupes couronnent la crête à 9 h. 15 ; et, à 10 heures, le corps. s’ébranle pour la marche vers le nord. Le 6e chasseurs est lancé en avant. Puis deux colonnes formées, à gauche, par la 1re division (général Gallet), marchant par Esternay-le-Franc, Champguyon, Morsains, Fontaine-Armée, Mécringes ; à droite, par la 2€ division (général Duplessis), par Viviers, lisière ouest de la forêt de Gault, le Pertuis, Montvinot, Maclaunay. |

C’est une marche joyeuse et d’une alacrité imprévue. La troupe comprend et accélère le pas; le corps progresse sans arrêt. A

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