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SORT commence à être grandement exposé. En effet, la matinée s’avance ;. il est 9 heures; Esternay succombe, L’armée britannique et les. quatre corps de gauche de Franchet d’Esperey ont commencé le vaste mouvement semi-circulaire qui menace Montmirail. | A midi, on a partout le sentiment que le ciel est complètement nettoyé à l’ouest : le 102 corps va donc devenir le pivot du vaste. mouvement en éventail, face au nord-est, qui rabattra von Bülow. sur von Hausen. La 38e brigade a occupé Clos-le-Roi ; la 39 brigade s’est reformée à l’est. On est prêt aux abords de la forêt de Gault. La 5e division (Mangin) du 3e corps monte en direction de . Morsains. Le 10€ corps se met en marche : la 19 division (général Bonnier) à gauche, avec, pour objectif, la Godine et le Recoude en direction de Vauchamps ; la 20€ division (général Rogerie) à droite, en direction du Bout-du-Val, Boissy-le-Repos et au delà. | L’Allemand fournit encore un violent effort sur Charleville : mais il n’a plus de souffle. La 20€ division passe à la contre-attaque dès 15 heures, en liaison avec la 428 division. La route n° 51 est dé-. gagée à droite, tandis que la forêt de Gault est nettoyée, à gauche, par la 19 division qui franchit les tranchées allemandes abandon-. nées. Les Allemands cèdent sur toute la ligne et laissent entre nos : mains de nombreux prisonniers appartenant au X® corps de ré-. serve.
En fin de journée, la 19% division avait atteint le Recoude et, en liaison constante avec le 44 corps à gauche entre Morsains et Maclaunay, abordait la région de Montmirail-Vauchamps; la. 20€ division était un peu plus au sud, arrêtée devant le Bout-du-. Val, car le sort de la route n° 51 n’était pas encore tranché, et il fallait s’attendre encore à de graves événements de ce côté.
Si l’on voit les choses du côté français, le résultat de la journée. était le suivant pour la 5 armée. Elle avait mis fin aux dernières résistances ennemies au sud du Grand Morin et sur la rive sud du Petit Morin. Elle avait pris Montceaux-lès-Provins, Esternay, la forêt de Gault qui lui avaient donné tant de mal la veille. Elle avait parcouru un pays complètement évacué par l’armée von. Kluck jusqu’à la Marne. De concert avec l’armée britannique, « elle avait nettoyé la région jusqu’au Petit Morin et, pivotant sur sa propre droite, elle allait prendre de flanc l’armée Bülow lancée. encore vers le sud dans l’espoir de briser le front de Joffre à la minute suprême. Rien, d’ailleurs, ne montre mieux l'inquiétude de Bülow que ce radio qu’il expédie à Moltke à 16 h. 40 : « La. 11e armée est engagée dans un combat décisif sur le Petit Mori
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| 2 secteur Montmirail-Normée. Le IIIe corps a été rendu ce matin à … la Ire armée. Le IXE corps a été poussé avec sa tête jusqu’à Chézy-
sur-Marne. La protection par la IIIe armée est faible : pour une tournure décisive, l’attaque de fortes fractions est nécessaire. » Dans la nuit du 7 au 8, Bülow achevait son compte rendu par cette phrase quasi désespérée : « Par suite de pertes considérables, la Ile armée n’a plus que la valeur de trois corps. »
Pour l’armée française, ces résultats étaient plus que brillants. Après la longue retraite si douloureuse, quel réveil! Avec les beaux faits d'armes d’Esternay, de la forêt de Gault, de Villeneuve-Charleville, il y- avait de quoi gonfler le cœur des chefs et de leurs braves troupes.
Il restait cependant deux nuages sur l'horizon. Si von Kluck n’était plus au sud de la Marne, il était au nord, et là, il pesait de tout son poids sur l’armée Maunoury, et la manœuvre française, qui s'était découverte un peu trop tôt le 5, en paraissait handicapée. D'autre part, la manœuvre allemande sur les marais de Saint-Gond n'avait pas dit son dernier mot. La 9 armée pliait ; la bataille glissait dangereusement vers la trouée de Mailly. Si la 5 armée se portait au nord, au secours de l’armée Maunoury, elle perdait le contact avec la 9 armée et la rupture de notre front se produisait à Mondement. Si, au contraire, elle se portait au secours de l’armée Foch vers les marais de Saint-Gond, Maunoury, ayant devant lui des forces supérieures, pouvait manquer sa marche sur l’Ourcq et être menacé lui-même d’être tourné par le nord. Et si, enfin, l’armée Franchet d’Esperey, partagée entre ces deux devoirs, se divisait elle-même, elle s’exposait à un retour en force des Allemands.
Heure critique s’il en fut. Tourments des chefs parmi la joie de tous. Anxiété de ces heures où les responsabilités sont si lourdes |