VERS L'EST LA BATAILLE DE VITRY-LE-FRANÇOIS-SERMAIZE
(6 et 7 septembre.)
Pourquoi la bataille glisse vers l’est. La « progression inébranlable » ordonnée pa À Moltke. — L'armée de Langle de Cary dans la bataille de Vitry-Sermaize, le 6 et le 7. Le rôle du 2 corps. — L’armée du duc de Wurtemberg, le 6 et le 74 L'empereur rentre à Luxembourg.
La proclamation de Tschepe und Weidenbach, rapprochée de lar décision de von Hausen, est un document capital. Elle nous” avertit que nous entrons dans une nouvelle phase de la bataille.
Pourquoi la bataïlle glisse vers l’est. % La progression inébranlable ordonnée par Moltke,
En effet, le dessin stratégique de cet immense drame militai ne se limite plus, désormais, à la région du massif de Seine-t Marne et aux terres basses qui l'entourent comme les marais Saint-Gond. Il s'étend vers l’est par suite de la grave atteinte ques Moltke vient de porter à son plan initial. -$
Au début, la manœuvre consistait à enserrer toute l’armée française dans les deux bras de la tenaille, la branche de l’ouest s’allongeant par la région de Paris et la branche de l’est se glissant par la trouée de Charmes. A cette manœuvre, trop simple et trop” ambitieuse, les effectifs ont manqué. On y a donc renoncé à partir. du 5 et on Jui a substitué une manœuvre plus complexe, une” manœuvre en deux temps : 1° briser le front français en fonçant sur Jui soit au plateau de Sézanne, soit à la trouée de Maillys 20 une fois cette coupure réalisée, rabattre, d’une part, les me de gauche françaises sur Paris ou sur la Loire et rabattre, d’autre part, les armées de droite françaises sur la frontière suisse.
C’est le développement de cette deuxième partie de la manœuvre” que nous avons à suivre maintenant sur le terrain. Nous allons
mdr : > à ses ue non sans faire observer, qu’à partir du 7, En ière manœuvre ayant échoué à l’ouest, il ne reste plus d’autre É pi à à l'état-major allemand que de réussir la seconde. Il a donc 1 pes , avec un soin extrême, une offensive formidable dans cette 4 10
F ois armées doivent y concourir :
> L'armée du duc de Wurtemberg, entraînée vers von Hausen qu'à Vitry-le-François, mais dont l'objectif lointain est Join- > et la véritable camarade d’offensive l’armée du kronprinz : x pas sur sa droite qu'elle doit peser, mais sur sa gauche. 1 y a lieu de rappeler, ici, les termes si frappants de l’Instruction énérale allemande du 5 septembre : « Les IVe et Ve armées, jar une progression inébranlable, doivent ouvrir aux VI et De armées Le chemin de la Haute-Moselle »; “20 L'armée du kronprinz, qui joue le rôle principal et doit ee rendre au premier obstacle, Verdun, se glisser ensuite le ng de l’Argonne et se précipiter enfin sur Gondrecourt-Neufteau pour aider les armées de Lorraine et des Vosges débou- | k de la Haute-Moselle ; E 3 Le détachement von Strantz; le grand état-major allemand combiné, dans le silence, un coup fourré : c’est l’arrivée soulaine, par le Rupt de Mad, du détachement venant de Metz et ommandé par von Strantz : se glissant au nord de Toul, il iendra déboucher sur le Haut-Ornain par la trouée de Saint- | hi :
| Voici donc un plan soigneusement conçu et préparé. Il préer e même cet élément surprise, auquel les techniciens de l’art é la guerre attachent une si grande importance. N'est-ce pas du ) on métier et un élève du vieux Moltke peut-il, en tant que egspiel, rien combiner de mieux ?
# epeudant, la réalité ne se soumet pas aux lois d’une science édantesque. Le caprice de la fortune échappe aux règles du rudise - Sur plusieurs points, la grandiose conception s’écroule au oment même où l’on en jette les bases. Première atteinte, et à Eu dirimante : la trouée de Charmes n’a pas été forcée, anc y tient toujours et le jour même qui se lève, 8 septembre, D” décisif des armées de Lorraine devant le Grand-Cou- . Cette admirable résistance des Français libère, en outre, ieurs corps d’armée dont Joffre dispose avec une agilité singure pour tamponner, non seulement les accès de Paris, mais les ux trouées que menacent, maintenant, les armées allemandes : rouée de Mailly et la trouée de Bar-le-Duc.
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D'autre part, Verdun n’a pas cédé et Verdun est, selon une à image que nous avons déjà employée, une dent singulièrement douloureuse dans la chair allemande. Le kronprinz prétend l'enlever en un tournemain, Mais Sarrail la défend avec une armée qui ne perd pas un instant ses contacts avec la place ; et une heure viendra où le kronprinz n’ayant pas déraciné Verdun, c’est Verdun qui le déracinera et le forcera à reculer. |
Par la nécessité de mettre, d’abord, en pleine lumière la lutte pour le massif de Seine-et-Marne, nous avons volontairement laissé dans l’ombre les batailles de Pest. Mais voici que nous constatons que les Allemands, battus à l’ouest, n’ont plus d'auti espoir que de vaincre, présisément, à l’est : le poids le plus lourd a donc glissé de ce côté ct le formidable engagement a rejoint ceu de la trouée de Charmes et du Grand-Couronné. Les thètrt Ptit qui ordonnent la « progression inébranlable » sont arrivées dans les états-majors, le 5 au matin. À la même heure, quand von Kluck, von Bülow et von Hausen, masquant Paris, marchent sur la Seine, quand le due de Wurtemberg et le kronprinz, masquant” Verdun, marchent sur la Haute-Moselle, tout le mouvement 4 déclenché simultanément.
Mais, à cette même heure, les armées de l’est se trouvent distendues vers l’ouest et alourdies quand elles ont précisément à frapper le coup décisif : toute la bataille allemande se trouve handicapée par la faute colossale de von Kluck. Malgré tout, le duc de
que la gauche réparera ce que la droite a compromis.
Voyons donc ce qui s’est passé le 6 et le 7, dans ces deux armée dont l'offensive, si soigneusement montée, s’est heurtée, entre Marne et Argonne, à la contre-offensive de Langle de Cary et de“ Sarrail.
L'armée de Langle de Cary dans la bataille de Vitry-Sermaize, le 6 et le 7 septembre. Le rôle du 2° co:
Le nœud qui attache la bataille de l’ouest à la bataille de l’est est à Vitry-le-François. La 9 armée, qui lutte péniblement, compte sur les « forces réservées » de la 4€ armée pour protéger sa droite en péril à la trouée de Mailly. Tout ce qu’il a de forces disponibles
de Langle de Cary les jette entre Vitry-le-François et Sompuis: C’est Le 17e corps qui, nous l’avons dit, a tenu le coup, le 6, à Huiror