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du matin, il fallut de nouveau se remettre en route. Après une nouvelle
marche de six heures, nous étions dans le voisinage de Crépy-en-Valois.
Done, le IX® corps arrive le 9 au matin, mais dans quel état!
Or, von Kluck a déjà donné l’ordre de la retraite. Le corps se .
battit, il est vrai, le 9, pour aider les corps combattants dans cette région à se dégager. Mais, combien, sans tant de fatigues, sa présence n’eût-elle pas été plus utile auprès de Bülow pour faire face à l'avance alarmante de la 5° armée française |
L'armée allemande, menée par de tels chefs, fut toujours sacrifiée au caprice d’une prétendue « génialité » stratégique. On surmène ces corps, on joue avec eux au Xriegspiel, et l’on s’étonne, après cela, qu'ils ne rendent pas tout ce que l’on exige d’eux à l'heure de la bataille !
Un autre corps prend part, comme nous l’avons dit, à la manœuvre finale de von Kluck, c’est le IIIe corps. Il a déjà subi bien des alternatives et bien des fatigues. Pour les faire accepter par la troupe, on répandait dans ses rangs qu’on revenait vers Paris pour y entrer triomphalement (Henri Heubner).
A 6 heures du matin (le 8, à Charly-sur-Marne) les compagnies fati-
guées se remettent en route ; marche ininterrompue par un soleil brûlant jusqu’à midi. Cet appel excessif aux forces des troupes ne fut pas inu-
tile. Cela réussit, malgré que nos malheureuses compagnies épuisées :
demeurassent à moitié couchées sur les routes brûlées par le soleil; nous, du moins, nous avons pu tenir. Notre division-sœur était arrivée vers midi à l’aile en danger (il s’agit de la 5° division qui marche de Cocherel sur Trocy). On pouvait voir clairement, d’après l’explosion
des projectiles, que l’aile droite aussi était en péril. Nous continuâmes
(il s’agit, on le voit, de la 6° division) notre marche et nous primes enfin près du village d’Antilly (entre Boullarre et Betz) une position d’attente pour soutenir l'aile droite du corps exposé. Lorsque, vers 5 heures moins le quart, l’autre division du corps d’armée envoyée en renfort entra en ligne à côté de l’aile gauche, la bataille était en quelque sorte gagnée par les Allemands. Il y eut une nouvelle offensive de l’ennemi, à 7 heures et demie, à l’aile droite. Mais il en fut de même et la partie fut perdue pour lui... Quant à nous, nous n'avions pas participé d’une façon directe à cette bataille. Mais les grandes marches tellement extraordinaires que l’on avait fait faire à nos deux corps (1Xe et IIIe) n'avaient pas été inutiles puisqu'elles avaient préservé les deux corps en danger d’une véritable catastrophe. Le soir, notre bataillon bivouaquait dans un petit bois de peupliers, sur des gerbes de paille. Les fatigues des jours précédents et la conscience d’avoir remporté la victoire sur un adversaire bien plus fort nous ont donné un sommeil profond et réconfortant.
Celui-ci, du moins, croit à la victoire et à l'efficacité de la manœuvre. Mais observons que son corps ne s’est pas battu, qu'on
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