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l'a trouvé trop épuisé pour l’engager : ainsi, la crédulité de l'officier, vainqueur à peu de frais, se satisfait de la grande « con- | ception géniale » qu’on lui a insinuée, depuis le début, et il garde. l'illusion d’une prochaine entrée dans Paris. | Les officiers qui raisonnaient voyaient les choses tout autre- | ment et, pour conclure, nous citerons le témoignage d’un officier du. IXe corps dont le jugement est froid et lucide, Hermann Lôhrisch :
D'après ce qui m'est venu aux oreilles, les choses seraient différentes (de ce qui est dit et écrit officiellement). La raison qui aurait forcé à la. retraite serait que l’on avait continuellement retiré des troupes du centre | pour les placer à l'aile droite, de sorte que la ligne plus à gauche serait. devenue trop mince et courait le risque d’être rompue. Dans ces conditions, il devint absolument nécessaire de se rapprocher de la base d’opérations.. De telle sorte, qu'avec les troupes dont on disposait, il fallait se contenter de maintenir ce que l’on avait obtenu de terrain par une avance. rapide, en se retirant sur des positions plus favorables. C’est ainsi que l'ordre de retraite arriva au moment où, après d’immenses sacrifices, l'offensive ennemie de Paris à Verdun paraissait rompue.
Cette version, écho peut-être de ce qui se disait à l'état-major. de von Bülow, est beaucoup plus voisine de la vérité, du moins pour ce qui se passe sur l'Ourcq. C’est parce que von Kluck a retiré. ses corps de la gauche pour les jeter sur sa droite qu’il a exposé le. centre au danger d’une percée signalée, dès le 7, par Bülow. C’est. donc von Kluck qui a la responsabilité de la défaite de lOurcq
et par contre-coup de la Marne ; et c’est dès le 8 au soir qu’il s’est.
rendu compte lui-même qu’il n’avait plus qu’à déguerpir (1).
De toutes façons, sa défaite était certaine, à moins d’un de ces miracles qui sont bien rares en stratégie : la manœuvre de Joffre l'avait acculé à un dilemme : ou il se gardait à droite pour se sauver de l’enveloppement, mais alors il affaiblissait sa liaison avec Bülow et s’exposait à la percée ; ou bieÏ#à maintenait sa liaison par le moyen de ses deux corps ; mais alors il risquait d’être battu et enveloppé à droite.
Des deux périls, 1l choisit le moins grave et, en tout cas, le moins désagréable pour lui. Il préféra se maintenir à la bataille des communications, quitte à sombrer à la bataille de l'articulation. Il est vrai, qu'ici, il ne sombrait pas seul et il pouvait accuser son voisin et collègue Bülow d’avoir été par le fond avant lui.
(1) Von Kluck, dans la Marche sur Paris, dit que c’est « le 9 à 11 h. 30 du matin que le repli de l’aile gauche de l'armée von Linsingen sur la ligne Crouy- Colombs fut ordonné » ; mais il joue sur les mots. Dès le 7 au soir, l'abandon de Varreddes était autorisé et,comme nous venons de le voir, le mouvement par les arrière-gardes, les convois et le repli sur le Clignon s’opérait dès le 8.