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dit qu’à 9 h. 15 du matin, il avait dû y jeter en toute hâte sa 5e division de Cocherel sur Line ÿ
La 8e division française et le 3 corps anglais tombaient donc sur cette force de pivot et la canonnaïent avec vigueur. Pulteney croyait à une résistance très sérieuse s’il tentait de passer la rivière à Changis et à la Ferté-sous-Jouarre. « Les Allemands er se retirant au delà de la Marne avaient occupé cette dernière ville en force », fait observer le maréchal French dans ses Souvenirs. Il insiste auprès de Pulteney sur la nécessité de porter toutes ses disponibilités en avant pour venir à l’aide de la 6° armée. Mais l’organisation allemande entre Changis et la Ferté-sous-Jouarre en. imposait : elle arrêta l’élan du 3€ corps et, le 8, l’armée britannique n'intervient dans la «bataille d’articulation » que par son artillerie.. French n’en observe pas moins que cette avance du corps de Pulteney fut stratégiquement très efficace : |
Bien que le IIIe corps ne parvint à passer la Marne que Le 10 septembre au point du jour, il est hors de doute que la vigoureuse attaque de Pulteney dégagea considérablement la droite de la 6° armée. Les troupes britanniques combattaient sur toute la ligne dans un magrnifique esprit, pleines d’énergie et de ténacité, habilement conduites
et tenues en mains (1).
En somme, l’armée anglaise avait progressé vers le nord, mais elle n’avait pas encore livré de combats sérieux et, en aucun point, elle n’avait atteint la Marne, le 8 au soir : le 1 corps bivouaqua dans la région de Sablonnières, Hondevilliers, la Trétoire, Boïtron ; le 2e corps était resté sur le Petit Morin, dans la région de Saint- Ouen ; le 3 corps s’installa autour de Signy-Signets en face de la Ferté-sous-Jouarre.
Si l’armée britannique eût pu se rendre compte exactement de ce qui se passait au nord de la Marne, elle eût sans doute repris le contact sans perdre une minute. Car, dès la nuit du 8 au 9, l’ennemi, non seulement abandonnait le sud de la rivière, mais ramenait en arrière la puissante artillerie qui dominait sur la rive nord le confluent de l’Ourcq et de la Marne.
Dans la soirée du 8, French, rentré à son quartier général de Coulommiers, dégage le résultat de cette journée dans une Instruction qui sera datée du 10 et qui revient à ceci : «Se servir de l'artillerie, craindre les « petits paquets », maintenir soigneusement les liaisons, autant que possible par la cavalerie. » Quant à l’ordre
L G. Q. G., 8 septembre 1914.
L’ennemi continue sa retraite vers le nord. Notre armée a été aujourui aux prises avec ses arrière-garde: sur le Petit Morin et les enga- “gements ont été couronnés de succès. Eile a pu ainsi grandement concourir au progrès des armées françaises, à notre droite et à notre gauche, malgré une très vive résistance de l’ennemi. L’armée reprendra sa marche en avant, en direction du nord, demain à 3 heures, attaquant les arrière- gardes allemandes partout où elle les rencontrera.
- La division de cavalerie agira en union étroite avec le 17 corps d'armée et assurera la liaison avec la 5° armée française, à droite. “ Le général Gough avec les 3° et 5° brigades de cavalerie agira en union étroite avec le 2 corps et assurera la liaison avec la 6° armée française à gauche.
Il est de toute évidence qu’on n’admet pas une minute l’idée
d’une bataille sérieusement engagée contre l’armée de von Kluck : c'était une manœuvre de marche qui était ainsi prescrite, non une manœuvre d’étreinte et de combat.
D’après ces ordres, le 1 corps devait se diriger à partir de Sablonxmuères et de la Trétoire, en vue de passer la Marne à Nogent-l’Artaud et à Charly ; le 2 corps partant de Saint-Ouen devait passer la rivière à Méry-sur-Marne. Enfin, le 3 corps devait forcer le passage à la Ferté-sous-Jouarre, et se mettre en marche le plus rapidement possible vers Dhuisy.
- Que l’on se rende compte des situations respectives dans les deux "camps ennemis. Von Kluck essaye de tenir depuis Étrépilly jusqu'à Betz-Nanteuil-le-Haudouin. French va déboucher exactement dans son dos, depuis Charly, depuis Dhuisy. Jamais un général s’est-il placé de lui-même dans une situation plus angoissante? Si seulement son adversaire sait en profiter
Nous avons vu Bülow, renseigné par ses avions, se tourner vers le grand quartier général et crier de toute la force de ses poumons : « Partons, partons ! Il n’y a plus une minute à perdre ! » Car il assiste, lui, à un spectacle plus terrifiant encore : c’est l'avance, en plein dans ses lignes, de l’armée qui Pa battu la veille à Esternay et à Clos-le-Roï et qui s’ébranle maintenant de Montmirail sur Château-Thierry : la 5° armée française du général Franchet d’Esperey.