‹ La bataille de la MarneChapitre 18 sur 102 · LA BATAILLE DE RUPTURE À FÈRE-CHAMPENOISE · texte numérisé non relu

LA BATAILLE DE RUPTURE À FÈRE-CHAMPENOISE

sion de réserve qui, ainsi que nous l'avons dit, arrivait du Mesnil, à marches forcées, il pensa qu’il pourrait encore reprendre loffensive vers le sud à la fin de la journée. Mais déjà la 9% division de cavalerie française, attaquant au sud-est de Sommesous, donnait de l'inquiétude à von Kirchbach : il voyait se dessiner la double contre-attaque française. Au lieu d’attaquer lui-même, il en était à se défendre. Comme Foch l'avait prévu, le simple fait de reprendre l'initiative ébranlait le moral de l’adversaire. 4 Les choses se compliquent encore. À 3 h. 40 de l’après-midi, Bülow donne l’ordre à la 2€ division de la Garde de laisser von Hausen se tirer d’affaire tout seul. Bülow vient, en effet, à 11h.45

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de ren dre compte à Moltke que « l'ennemi cherche à envelopper la 1. roite > de la IIe armée, » et il s’est écrié : « Je n’ai plus de réserves. » Toujours l'effet de la manœuvre française sur Vauchamps-Chamvaubert. Mais ce qui devient tout à fait pénible pour von Bülow et 2 vor Hausen, c’est que la 2€ division de la Garde, sa tête à Fère, son | gros à Normée, ne peut même pas se libérer de l’étreinte française - et qu’elle reste « accrochée » jusqu’au soir, luttant « avec achar- - nement ».

| Ainsi cette fameuse offensive allemande, à travers les marais de Saint-Gond, qui est interprétée un moment, même dans le camp … français, comme un succès décisif des Allemands, tourne on ne - peut plus mal, au dire des chefs allemands eux-mêmes. Nous Doors à quel pont Foch avait vu juste.

Finalement, tout ce que purent faire von Hausen et von Kirchob. en gardant à leur disposition la 2e division de la Garde, fut 1 de parer, tant bien que mal, à la contre-offensive française de la - fin de la journée et de se retrancher autour de Fère-Champenoise. . On avait reçu maintenant le renfort de la 24€ division de réserve : de on Vemploierait à remplacer la division de la Garde si Bülow rappelait décidément celle-ci.

Bülow était au désespoir. Cette 2e division de la Garde lui avait 2 | manqué précisément pour l'assaut final sur la route n° 51 projeté - pour l’après-midi du 8 et qui, avec des ressources insuffisantes, … s'était vite épuisé. D’où cette hésitation et ce mouvement de . recul qui avaient été constatés, même du camp français, à la fin de la journée du 8. Ne cherchons pas d’autres explications et éclaircissements : nous … avons l’aveu du général allemand lui-même. Bülow écrit dans son perore justificatif :

Bien que la bataille eût fait de nouveaux progrès devant le centre Let l'aile gauche, le 8 septembre, la IIS armée ne pouvait enregistrer ncore un succès décisif. L’aile droite non soutenue (13° division et og e corps de réserve) dut, au contraire, pour ne pas étre encerclée, se re plier le soir et fut ramenée jusque sur la ligne Margny-le Thoult.

Sur la ligne Margny-le Thoult! C’est donc bien l'effet de la manœuvre de Franchet d’Esperey. Le 8, au soir, l’aile droite de . Bülow commençait à se trouver en péril d’encerclement. Ainsi, double résultat de la manœuvre prescrite par le haut commandement et exécutée par Foch et Franchet d’Esperey : la x ; puée de Mailly était sauvée en même temps que la route n° 51 tait dégagée. La dramatique journée du 8 se terminait aux marais

de Saint-Gond sur un double succès qui, comme il arrive si fréquemment à la guerre, s’ignorait encore lui-même. 4

Aurions-nous le moindre doute sur ce sentiment de la défaite s'imposant aux armées allemandes dès la soirée du 8 que les carnets … de route des soldats et des officiers nous apporteraient des preuves sans nombre et toutes concordantes : les uns ont déjà reçu l’ordre de la retraite, et les autres, épuisés par des efforts et des privations inouies, le pressentent et l’attendent comme la seule chance de salut.

Le capitaine Arthur Kutscher, du X® corps de réserve, écrit :

Tandis qu’hier on nous disait : « En arrière ! » aujourd’hui mardi, on nous dit : « Restez ! » Pendant la journée, impossible de songer à manger ; on peut à peine lever la tête. Les minutes s’écoulent lentement. Reprise d’un feu infernal. On reste étendu toute la journée ; impossible de se relever. Notre seule nourriture, à la nuit, ce sont les fruits que nous faisons tomber des arbres. Nous apprenons que le colonel et la plupart des officiers ont été tués ou blessés. À une heure de la nuit, un mouvement dans la troupe. Ordre : « Nous nous retirons ! » Sur la grande route, les unités se rassemblent aussi bien que possible dans la hâte. Nous prenons la direction de Vauchamps.

Un mitrailleur du même corps trace cette dernière ligne que l’on trouve sur son carnet :

Il ne paraît pourtant pas que l’on arrive si vite à Paris |

Au corps de la Garde, les pertes sont immenses. Dans le 4€r bataillon du 1% régiment, au dire d’un officier fait prisonnier à Reims, il n’y a plus un seul officier.

A l’armée saxonne, l’impression est un peu différente sur le sens de la journée. Un moment, comme nous l’avons indiqué, on pouvait croire à la victoire. Mais, sur la grandeur des pertes et sur les dernières heures de la soirée, « l'officier saxon » du XII corps ne se fait aucune illusion.

8 septembre. — Nous marchons à l’attaque de l’ennemi remarquablement retranché et cela bien que son artillerie ne soit nullement ébranlée. Le soleil commence à rayer le ciel de grandes bandes sanglantes et éclaire, avec la lueur de Lenharrée en flammes, la retraite de l’ennemi cette fois définitivement battu. Le combat pour l’enlèvement du village aurait été effroyable. Déjà nos gens y étaient entrés une première fois, mais en avaient été rejetés ensuite avec de grandes pertes. Le 3° bataillon du 178 a fait, au sortir du bois, une attaque de flanc à la baïonnette qui a décidé de l’affaire. On a pris deux batteries qui nous avaient si terriblement bombardés. Dans la marche en avant, on a pu voir que, des deux côtés, les pertes sont tout à fait énormes. Cette décision a

“= enfer ! D'officiers, il n’y en avait presque FE A la fin de la ée, combat en retraite à travers le champ de tir des Français ’é ait l'explication que l’on donnait à la troupe pour pallier l’effet e la supériorité du tir de l’artillerie française). Il faut enlever les posiï tions une à une. Bivouac près de Connantray.

À Et c'était pour arriver à ce résultat négatif, de si effroyables

{ueries !

. Un dernier témoignage, emprunté à une unité qui combat plus à l’est, vers Sompuis :

fe 1 d’obus et de shrapnells. Bien des camarades y étaient restés. Ce

jour-là l’impression, aussi bien chez les officiers que dans la troupe, était excessivement déprimée, car, bien que les Français eussent été rejetés, les s vainqueurs n’avaient cependant pas pu tenir la position conquise. > bataillon était très diminué tant à cause des pertes, qu’à cause des h ommes qui avaient quitté les rangs et s’étaient dispersés.

Fée, de telles armées sont à bout. Si les chefs n’ordonnent pas la retraite, elle se fera d’elle-même,

4 La compagnie était demeurée pendant des heures sous un terrible

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