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102 | LA BATAILLE DE LA MARNE su
réserve, au général Maunoury, qui reçoit confirmation par un renseignement analogue provenant du 7€ corps d'armée, On voit à quel point la bataille « d’articulation » pèse dans la décision générale.
Cependant, tout n’est pas fini à la« bataille des communications », car c’est là que von Kluck, avec ses renforts, a décidé de jouer sa dernière carte. Mais cette carte est biseautée. La veille au soir, la 6e armée, selon l’ordre donné par le commandement en chef, avait « découplé »ses divisions de cavalerie pour se rendre compte de ce qui se passait en arrière de l’armée von Kluck, et dans la direction du nord, vers Villers-Cotterets et Soissons où l’on avait signalé des renforts allemands que l’on supposait arriver de Maubeuge (1). Or, la cavalerie avait trouvé le terrain étrangement débarrassé dans cette direction. Le 4e escadron du 3 hussards traverse Crépy-en-Valois dans la nuit du 8 au 9. Des avantgardes vont sur la route de Villers-Cotterets, battant l’estrade et ramassant quelques uhlans et soldats attardés, qui signalent la présence d’une division de réserve à une dizaine de kilomètres.
Nous passons la plus grande partie de la journée du 9 à Crépy, dit un des cavaliers français, et nous y trouvons un stock de munitions et d’approvisionnements de toutes sortes dans la gare.
L’ennemi se serait donc replié, la veille, en direction de l’Aisne. Seule, une division de réserve est signalée dans le voisinage. On
peut croire à un succès de la 6° armée pour cette journée du 9, quand, soudain, tout change encore.
Vers midi, (le 9), ordre est donné au régiment de se porter au sud sur Ormoy-Villers. Des renseignements arrivent, assez alarmants. Notre convoi serait attaqué vers Nanteuil-le-Haudouin. Que sont ces forces, que couvrent-elles? On l’ignore. Mais, comme nous sommes à 6 kilomètres environ au nord de Nanteuil-le-Haudouin, notre situation est critique et rien n’est plus palpitant que cette grave minute où le général de Lastours, à cheval sur la route. dicte à son entourage silencieux des ordres pour parer à la situation nouvelle. Nous galopons dans les bois qui bordent, sur la gauche, la route d’Ormoy à Nanteuil ; la chaleur est accablante ; les chevaux sont blancs d’écume et de sueur... Avec précaution, nous débouchons dans la plaine. Que voyons-nous? Des taches mouvantes suivent les champs, ce sont des fantassins français
(1) Sur les belles randonnées de la cavalerie et sur leur pénétration hardie dans les lignes ennemies qui contribuèrent beaucoup à affaiblir le moral des Allemands et sans doute à déterminer la première retraite du 8, voir J. HÉTHAY, le Rôle de la cavalerie française à l'aile gauche par un cavalier de la Marne, p. 132 et suiv., et général PELECIER, Un raid de cavalerie.
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BATAÎLLE POUR PARIS | 103