‹ La bataille de la MarneChapitre 27 sur 102 · IE · texte numérisé non relu

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leur artillerie à longue distance. Combats sans étreinte, panique sans contact, tel est le plus souvent le mystère de cette bataille de la Marne qui est, à tant de points de vue, comme la « répétition générale » ou la « première » d’une guerre nouvelle et dont les annales de l’histoire n’avaient jamais vu d'exemple.

Il nous reste à faire connaître le sort de ces deux corps arrivés à marches forcées à l'extrême droite (le IXe corps a fait 120 kilomètres en quarante heures), dans l’espoir de tourner l’armée Maunoury ou, en tout cas, de sauver les communications : le IIIe et le IXE corps. C’est la manœuvre désespérée de von Kluck.

C’est pourquoi nous devons donner ici, d’après von Kluck luimême, la physionomie de la bataille qu’il avait conçue. Von Kluck avait espéré jeter, le 9 au matin, dans sa manœuvre d’encerclement, les renforts qu’il attendait : la 43€ brigade de réserve (von Lepel), appelée de Bruxelles et parvenue jusqu’à Verberie ; elle était suivie de la 10€ brigade de landwebhr (von Lenthe), venue de Ribécourt, et elle devait tomber dans le dos de Maunoury à Baron. L'ordre général daté de la Ferté-Milon le 8 à la nuit portait que la décision devait être obtenue, dans la matinée du 9, par une attaque enveloppante du général von Quast, avec le IXe corps, la 119 brigade de landwehr (Schulenburg), la 6€ division (du ITTe corps) et la 4 division de cavalerie, en partant de la région boisée au nord de Cuvergnon ; la brigade Lepel attaquerait de Verberie sur Baron ; le groupe Sixt von Arnim participerait à l'offensive avec la 16€ brigade, et les 7€ et 4e divisions. Telle était la force de la masse d’attaque. On comprend l'effet escompté d’une pareille offensive sur les effectifs faibles et épuisés de Maunoury. L’aile gauche de l’armée (von Linsingen) se tiendrait sur la défensive ; les 2e et % divisions de cavalerie de von der Marwitz, sur la Marne, avec la brigade mixte Kraevel du IX corps à Montreuilaux-Lions, couvriraient cette aile gauche.

Quand, à 9 heures et demie, le 9, von Kluck et von Kuhl arrivèrent à Mareuil, von Quast était en plein combat; sa droite traversait le Bois-du-Roi, la brigade Lepel avançait sur Baron, les aviateurs observaient que les routes étaient libres jusqu’à Creil et Compiègne. Tout alla bien jusqu’à 14 heures, mais von Kluck … était cependant loin de triompher. Un danger terrible grandissait vers l’est : à 7 h. 35, il apprend de Bülow que la II6 armée se retire sur Condé-en-Brie-Margny ; à 11 heures, il apprend de Marwitz « que les Anglais, ayant franchi la Marne à Nanteuil et Charly, grimpent sur le plateau de l’Orxois. C’est la déchirure, la fissure,

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: Due la défaite. Ce fut, sans doute, un cruel instant : aussitôt, 11h. 30, von Kluck ordonne au groupe von Linsingen de se Re sur Crouy-Coulombs et, en même temps, il jette la 5€ division en arrière de Trocy sur DÉsy: dans le flanc des Anglais que arwitz s'efforce d’attaquer de front. C’est dire que la bataille d’articulation est irrémédiablement perdue; Linsingen a beau . protester par téléphone, les minutes deviennent de plus en plus critiques.

Un combat s'engage et, tandis que Bülow prévient qu’il prépare Ja retraite de sa droite sur Damery (il dira, le soir, sur Dormans) * voici le colonel Hentsch qui arrive à Mareuil. Kluck, nous . Pavons dit, est à proximité ; il déjeune à Ancienville. On ne cherche pas à le prévenir. Tout de suite, Hentsch constate, raconte . von Tappen, que des ordres sont déjà donnés pour la retraite de la | re armée. Après un entretien avec von Kuhl, que nous avons ré- -sumé ci-dessus, la décision est prise de diriger la retraite sur Soissons. + Dans son ouvrage Marnefeldzug 1914, von Kuhl reconnaît que - « Hentsch n’était point autorisé à ordonner de lui-même la retraite à aucune armée. /l ne l’a pas fait non plus ». Mais la Ile armée devant retraiter l’après-midi, la Ir armée devait fatalement se replier à son tour.

La vérité, nous l’avons dit, c’est que, si Bülow avait déjà ordonné et commencé la retraite de sa droite, Kluck avait égale- - ment ordonné et commencé la retraite de sa gauche et Hentsch était ainsi en droit d'exercer SES POUVOIRS DE COORDINATION DES MOUVEMENTS EN RETRAITE des armées d’aile droite. A 14 heures, von Kluck, de retour à Mareuil, rédige cet ordre, bien conscient, dit-il, de la portée de sa résolution dont il rejette d’ailleurs, D alement. la responsabilité sur Bülow et sur ? entsch, tout en avouant que, si son armée n’eût pas battu en “si lle pouvait être refoulée sur Dieppe ou sur Amiens : %

. La situation de la II® armée exige son repli derrière la Marne des deux côtés d'Épernay. Par ordre du grand quartier général, la Ir® armée “doit être reprise en arrière en direction de Soissons pour couvrir le flanc. Une nouvelle armée allemande sera concentrée à Saint-Quentin.

Le mouvement de la Ir armée sera commencé aujourd’hui même. L’aile gauche (von Linsingen), y compris le groupe von Lochow, retrai-

tera tout d’abord derrière le secteur Montigny-l’Allier-Brumetz. Le groupe Sixte von Arnim se joindra à ce mouvement selon la situation du combat jusque derrière le secteur Antilly-Mareuil. Le mouvement offensif du groupe von Quast ne sera pas poursuivi plus qu’il ne Sera nécessaire pour décoller de l’ennemi, de manière que la liaison

| & ec les mouvements des autres armées soit possible.

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