‹ La bataille de la MarneChapitre 33 sur 102 · ASS PONT · texte numérisé non relu

ASS PONT

A : ne” ap m4 L NOR + .

3 4 * ED en Déerit lu RS : a nt # + Fr é 2

l ARTS ce n é ". A 0 € CY pa 4 4

144 LA BATAILLE DE LA MARNE - HIS d'attaquer dans la matinée du 9, sur son centre, c’est-à-dire aux marais de Saint-Gond, et sur sa gauche, c’est-à-dire sur la route

Bien que la résolution de ramener en arrière la IIe armée fût prise dès le 9 au matin, écrit-il, l'avance victorieuse de l’offensive du centre et de l’aile gauche de la IIe armée fut encore continuée, d’abord et de J toutes nos forces; lorsque l’ennemi fut repoussé partout, la IIe armée procéda, dans l'après-midi du 9 septembre, au mouvement en arrière en commençant par l’aile gauche.

C’est cette disposition qui donne, à la journée du 9, ce caractère si singulièrement tourmenté et troublé que nous allons voir se traduire dans le camp français.

Dans le camp allemand, entre le lieutenant-colonel Hentsch et Bülow, toutes les mesures sont prises avant midi pour la retraite, une fois que le coup de boutoir sera asséné. Le quartier général de von Bülow est transporté de Montmort à Épernay en passant par Moussy. « Le grand quartier général en fut alors avisé », dit en propres termes von Bülow, ce qui tend à prouver que ce général agissait de son initiative propre. Et il ajoute : « Le décrochement se fit sans aucune difficulté. » Une forte artillerie et les arrièregardes furent échelonnées de manière à couvrir la retraite et à garder les contacts avec l’ennemi jusqu’à l’entrée de Ja nuit. La nuit tombée, elles avaient l’ordre de quitter le terrain le plus rapidement possible, en se dissimulant à la faveur de l’obscurité. A une heure de l’après-midi, le corps de la Garde devait se mettre en mouvement par la route de Fère-Champenoise, Vertus, Avize, Athis et Tours-sur-Marne, et les trois divisions saxonnes (32, . 23e de réserve et 24e de réserve) du général Kirchbach, par l’est de cette route. Quant au XE€ corps et à la 142 division d’infanterie qui combattent sur la route n° 51, ils ne commenceront leur mou- « vement de retraite qu’à 2 heures de l’après-midi. |

Bülow, qui paraît très fier de cette marche (on triomphe comme on peut), vante le bon ordre qui y présida :

Avec les premières troupes, dit-il, on atteignit environ la ligne de Mareuil-en-Brie-Vertus. Toutes les colonnes et le train franchirent la Marne avant la fin de la journée du 9 septembre. L’ennemi ne donna pas une poursuite sérieuse au centre et à l’aile gauche. C’est seulement sur la 13° division d'infanterie qu’il fit (il s’agit des combats de Margny}) quelque pression, mais sans succès. Les contacts ne furent guère repris que dans la journée du 10 septembre.

A la IIIe armée (von Hausen), on était dans une ignorance à. peu près complète de ce qui se passait à la droite de la grande «

armée allemande. Von Kluck et von Bülow gardaient pour eux … Je secret de leur retraite ; quant au grand quartier général, il cher- … chaït toujours la formule de sa défaite et ne la trouvant pas, il » gardait le silence. Von Hausen n’était renseigné que par les . vagues radios qu'il déchiffrait au passage. Fier de sa fameuse . manœuvre du 8 au matin, il se disait et se croyait toujours vainqueur (1).

La veille au soir, 8 septembre, écrit Kircheisen, le lieutenant-colonel Hentsch, qui faisait la tournée des différents commandements, était - venu à la IIIe armée. On donnait l’ordre de continuer l’offensive si heureusement commencée. Quand on le mit au courant, il se montra …. très satisfait et ajouta à la dépêche ces propres paroles : « Situation …. et disposition d'esprit, à la IIIe armée, entièrement favorables. »

L Puisqu’il en était ainsi et que, d’autre part, la situation était éga- —. Jement satisfaisante à la Ire armée, il faut donc conclure que c’est l’état des choses à la II armée qui seul a pu déterminer Hentsch à inviter … von Kluck à la retraite... Nous voici donc arrivés au nœud du drame et | ce point décisif qui demande encore certains éclaircissements : est-ce le général von Bülow, ou bien est-ce son chef d’état-major (mort depuis), le général von Lauenstein, ou bien est-ce le lieutenant-colonel Hentsch — (également décédé) qui prononça la parole décisive et qui, croyant la partie perdue, fut d’avis qu’il n’y avait plus qu’à rompre la bataille? Ou bien encore la décision vint-elle du chef du grand état-major général … qui, justement, dans cette journée, avait reçu messages de malheur - sur messages de malheur venant de Galicie?

Les documents ne nous éclairent pas sur ce point. Ceux qui sont … dans le secret des dieux savent que le colonel-général von Moltke, en voyant l’échec de ses plans, eut une grande crise nerveuse et s’effondra moralement.

Puisque lui aussi compte parmi les morts de la Grande Guerre, il ne - reste plus que le chef du bureau des opérations, le général von Tappen, - qui pourrait nous expliquer pourquoi — pour ce motif unique qu’une . armée était fortement malmenée par l’ennemi — toutes les autres armées allemandes de l’ouest durent être ramenées en arrière. C’est ce — qui permit à nos adversaires, restés maîtres du champ de bataille, de

célébrer une grande victoire. Sans aucun doute, à la Ire armée aussi - bien qu’à la IIIe et aux autres armées voisines, les choses étaient dans . - un état tel que l’on eût pu compter sur une heureuse issue de la

bataille (2).

Fr, (1) Colonel-général VON HAUSEN, Souvenirs de la campagne de la Marne en 1914, précédés d’une étude critique par Frédéric M. Kircheisen.

— (2) Tel est le récit de Kircheisen. Et voici précisément la réponse de von

Tappen : « Le 8 septembre, la situation de la Ile armée est critique. Le général

. von Moltke envoya un officier de son état-major (Hentsch) aux quartiers géné-

. des armées de droite avec mission de s’orienter sur la situation des armées __— et, dans le cas où des mouvements de retraite auraient été ordonnés par les comman-

… danits d'armée, d’agir pour que l'arrêt simultané des armées soit combiné entre elles. Dans ce cas, la question se posait, pour la Ir armée, de se diriger sur Sois- sons. Cet envoi fut précédé d’un exposé de la situation générale d’où il ressortait

Page 1