‹ La bataille de la MarneChapitre 35 sur 102 · PE · texte numérisé non relu

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réveillés rudement d’un sommeil de plomb se mettent en mouve- { ment pour le devoir suprême. Er 0 À gauche, le 10€ corps (20€ division) va prendre la direction de marche en éventail pour accomplir la manœuvre qui doit aborder l'ennemi en direction de flanc Champaubert-Montmort :

Marche en avant, écrit le commandant Jeanpierre, du 712. Les Allemands sont en retraite, laissant des blessés et des caissons. Après le passage du Petit Morin, nous traversons Fontaine-au-Brou et tombons devant Janvillers (la Boularderie, la Roquetterie) sur une arrièregarde fort bien postée qui nous arrête tout l’après-midi avec du canon et des mitrailleuses. Notre artillerie entre en action très tardivement et son tir trop court nous gêne beaucoup. Le soir, l'ennemi se dérobe ; et nous, par une courte, mais très dure marche de nuit, nous allons coucher à la ferme du Bouc-aux-Pierres, près de Champaubert.

Nous avons dit la pénible situation pour le 412 qui se heurte dans la matinée à la contre-attaque allemande. Le 71e a encore, lui aussi, de mauvaises heures : « Bataille à Boissy-le-Repos, lisonsnous sur un carnet de route : l'artillerie lourde ennemie nous rend la progression difficile. »

Les conditions dans lesquelles se produisent ces rencontres avec les arrière-gardes munies d’artillerie et de mitrailleuses, sont parfaitement décrites dans le court récit de ce combat de Boissyle-Repos-la Morlière, qui décide de la possession de la route de Champaubert. Il s’agit du 41€ régiment d'infanterie :

Le bataillon avait reçu l’ordre de contourner la cote 234, près du bois du Mont, et de reconnaître le village la Morlière. On venait de signaler au commandant Bernard la présence d’une batterie allemande au nord de Fromentières. La nouvelle batterie découverte est gardée par un soutien de cavaliers arrêtés à la ferme de la Grange-aux-Prêtres. Les 7e et 8 compagnies s’engageaient dans les bois, lorsque la batterie allemande et plusieurs mitrailleuses ouvrirent un feu violent sur elles. La troupe subit un flottement et fut disloquée malgré les efforts des officiers. Avant d’avoir eu le temps de se reconnaître, le capitaine Roubichon, qui rassemblait sa compagnie, était atteint d’une balle dans la poitrine et succombait en quelques secondes... Après la surprise qui avait coûté la vie au capitaine, le régiment, poursuivant sa mission, était arrivé à la Morlière ; les 10€ et 12 compagnies se déploient à l’est du village, les 9% et 11° à l’ouest... Les Boches se replient précipitamment. Notre bataillon est reparti cantonner dans le groupe des grosses fermes du Mesnil qu'il occupe à minuit. Pendant toute la nuit, de gros convois allemands devaient défiler à 500 mètres au plus de ces fermes, sans que nos hommes éreintés s’en doutent. Si, par bonheur, on avait eu ce renseignement, nous pouvions les cueillir sans effort ; mais on ne connut le fait que le lendemain matin, par un paysan qui avait assisté à ce défilé, ignorant complètement la présence des Français à proximité.

< On voit à ve né la retraite et la poursuite se trouvaient mêlées. La manœuvre francaise réussissait, puisque l’ennemi était nettement enfoncé et tourné en direction de Montmort. Les fermes du Mesnil sont beaucoup au delà de Champaubert et à ; Resre de Montmort. Grâce à la marche vigoureuse du 10€ corps, qui avait fait plus de 20 kilomètres sans cesser de combattre dans cette journée du 9, l’armée de von Bülow était rejetée sur Épernay. Toute reprise de liaison avec l’armée von Kluck lui était donc . devenue impossible.

Ainsi, l’ensemble du mouvement se dessine : 1° par le 1€ corps qui, en direction de Bièvre, est en route sur Corrobert ; 2° par le - 10€ corps qui, en dépassant Champaubert, est en route sur Montmort ; 3° par la 51€ division de réserve qui fait pivot à Soizy-aux- - Bois et qui, ayant dégagé la route des Grandes-Garennes, va se - mettre en mouvement, face à l’ouest, sur Aulnizeux. Donc la

- du moins, elle reste encore en suspens à l’est.

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- La situation est si obscure en effet de ce côté, que le général Roch a décidé de monter la grande attaque de flanc dont nous - avons indiqué tout à l’heure le schéma. L’instrument principal de . cette manœuvre sera la 42€ division (général Grossetti) dont nous avons vu le rôle si remarquable pendant les trois jours de la ba- . taille à la route n° 51 et à la ferme Chapton. « La 42e division, a communiqué le général Foch à ses lieutenants à 10 h. 15, est en - route depuis 8 h. 30 et sera en mesure d’agir vers midi. » Voici donc le mouvement en pleine exécution. Mais la 422 division,

- suite du retard que sous allons expliquer, sur le front Linthes- Linthelles, que vers 16 heures. Les heures et la route sont précisées par le carnet de route d’un artilleur du régiment (colonel Boi-

- Le matin, nous partons à l'assaut au nord de Soizy-aux-Bois. C’est pure aile gauche (10° corps) qui a bien marché. A midi, nous nous replions en deuxième ligne pour nous reposer un peu. es il ne s’agit - pas de repos : la manœuvre commence.) Subitement, à 2 heures, ordre de départ. Nous traversons Sézanne au grand trot, faisant 12 kilomètres en cinquante minutes, coupés seulement par 500 mètres au pas. Cela nous coûte, du reste, 6 chevaux. Les obus tombent très fort. Nous

manœuvre est dégagée du côté de l’ouest. Mais, dans la matinée

- franchissant la crête entre Broyes et Sézanne, n’arrivera, par

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