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A la suite d’une conférence tenue à Linthelles et à RL assistent le colonel Weygand, chef d'état-major de l’armée, le général Dubois, commandant le 9% corps, le général Grossetti et un représentant du 11e corps, la division Grossetti débouchera seulement vers 18 heures du front Linthes-Linthelles, en formation articulée vers le front Pleurs-cote 104, à 1 kilomètre de Connantre. Son artillerie sera immédiatement engagée et ouvrira le feu en direction de Fère-Champenoise. Voici comment s'explique le retard. Depuis le matin, la division marocaine et le 9 corps, derrière lesquels doit progresser la 42e division, étaient engagés en de durs combats dans la région de Mondement-Marais de Saint- Gond. On avait appris, dans la nuit, que la 6e armée maintenait le terrain conquis, malgré de violentes attaques, que la 5° armée progressait sur le flanc et les derrières de l’ennemi, tandis que la 4 armée commençait à gagner du terrain vers Vitry-le-François et Châlons-sur-Marne. Cela suffit pour indiquer que, conformément aux ordres du général Foch, il fallait tenir à tout prix. Le 9% corps, en particulier, maintenant que la 42e division avait reçu l’ordre de quitter la route n° 51, devrait se tenir en liaison avec la division marocaine tenant le bois de Saint-Gond, Montgivroux et Mondement et arrêter toute offensive de l’ennemi dans cette direction.
Les Allemands attaquent et sont contre-attaqués à Mondement.
C’est alors que, selon les ordres de von Bülow relatés ci-dessus, se produit le dernier effort de l’ennemi sur la route 51. Dès l’aube du 9, la division marocaine était violemment attaquée. Disposant de deux groupes d’artillerie dont l’un laissé par la 42e division, elle s'était maintenue et fortement organisée sur la côte de Montgivroux, de façon à interdire le débouché des marais. Mais les liaisons étaient très compromises avec le groupement Fellert, que : les attaques de la veille avaient rejeté et gravement désorganisé. Profitant de cette situation, l'ennemi bouscule les tirailleurs des … bataillons Jacquot et Toulet qui refluent jusqu’à la lisière du bois au sud de Mondement. L’ennemi fonce désespérément et occupe & le village et le château de Mondement. A 6 heures, les Allemands s’y installent, les garnissent de mitrailleuses qui balayent les abords et les lisières des bois voisins, ainsi que la route de Mondement à Broyes. En pleine victoire, voilà donc que ce couloir si important, la route n° 51, va laisser passer l'ennemi ! Désespérante issue de tant et si nobles efforts !
BE général Humbert demande un renfort immédiat. Tandis | que les yeux sont tournés à droite pour monter la grande ma- . nœuvre sur Fère, voilà qu’il faut regarder à gauche et intervenir . en arrière pour sauver la route de Sézanne ! Le général Dubois … se décide donc à mettre de nouveau, à la disposition du général - Humbert, les bataillons du 77€ qu’il faut faire revenir de Saint- - Loup. En attendant, on se servira des éléments disponibles de la . 42e division, qui passe, en train d'accomplir son mouvement vers l’est : le 19 bataillon de chasseurs à pied est dirigé sur Montgivroux, le 16€ sur Mondement. Les batteries de 75 de la 42e division — prennent à partie l'ennemi. Cette aide momentanée permettra de % gagner le temps nécessaire à l’arrivée du AE
…. L'instant est décisif. Souvent les fins de bataille dépendent … d’un incident de cette nature. L'attaque allemande est d’une telle . violence qu’on ne peut supposer que les ordres sont déjà donnés “ pour la retraite. Si l'ennemi venait à occuper la crête d’Allemant - qui domine toute la plaine à l’est, qu’arriverait-il?
—. L’artillerie française, renforcée au maximum, tire à toute volée, … barrani les débouchés d’Oyes, de Saint-Prix, de la crête du Poirier et du bois de Saint-Gond. Le colonel Barthal, qui dirige ce tir,
tombe mortellement frappé.
Le général Humbert a prescrit au général Blondlat de contre-atta- … quer Mondement. Mais la poussée de l’ennemi est telle, qu’au moment
. où la contre-attaque va être déclenchée, les tirailleurs algériens, qui sont . à cheval sur la route de Reuves à Mondement, cèdent et reculent en désordre. Le général Blondlat intervient en personne et rétablit la situation. Mais il doit renoncer à contre-attaquer et se borne à maintenir la position. Le 77€ arrivera-t-il à temps (1)?
. Le colonel Lestoquoi a obtenu de ses soldats un effort inouï. . A 11 heures, la tête de colonne débouche sur le terrain et déjà l’on - sent que l’ennemi est contenu ; il va céder bientôt. Le colonel Lestoquoi a fait lui-même le récit de la belle page d'histoire qui mit le sceau aux durs combats de la route n° 51.
Le 9 septembre à 8 h. 30 du matin, le colonel du 77e recevait l’ordre de se mettre à la disposition du général commandant la division du Maroc, vivement engagée à Mondement, qu’elle avait perdu ainsi que … le château. Les deux bataillons, pour arriver plus vite, gravissent — l’à-pic de Broyes et arrivent à Broyes même à 11 heures. Ordre est — donné par le général Humbert d'avancer par la clairière de Montgi-
…—. (1) Général A. DuBois, Deux ans de commandement sur le front de France, 1914-1916.
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17770 vroux et, en agissant de commun accord avec l'artillerie, de se porter sur le flanc de l’ennemi. :
On rallie les zouaves et les tirailleurs dispersés dans les bois et, avec ce qui reste du bataillon Énaux (208), on progresse par la lisière nord. du bois de Mondement. L’artillerie bombarde le village. On est aux approches. Humbert ordonne, à 13 h. 30, d'enlever le village et le château et de nettoyer la lisière nord-ouest du bois d’Allemant. A 14 h. 30, le colonel Lestoquoi rend compte au colonel Éon que son attaque est | préparée et demande l'appui efficace de l'artillerie. Le commandant de Beaufort, après la préparation d’artillerie, lance le 2° bataillon du 7%. et deux compagnies de zouaves à l’attaque du château. Le colonel Lestoquoi l’appuie avec cinq compagnies. Les Allemands, barricadés dans le château, laissent venir et, par une terrible rafale, déciment le 2 bataillon et tuent 6 officiers dont le commandant de Beaufort et le capitaine de Montesquieu. Un moment de recul vers le bois. Mais le colonel Lestoquoi se jette en travers du repli ; tout le monde s’arrête (1). Que faire? On amène une pièce traînée à bras dans la grande allée « du château et à 400 mètres, commence un tir d’obus explosifs ; une . autre section tire du sud du parc. À 18 h. 30, le colonel Lestoquoi lance trois compagnies sur le château et quatre compagnies sur le village. Avec la dernière compagnie (capitaine Chausse), il attaque lui-même la grille du château. Le mouvement est si rapide que l’ennemi ne tient plus. Il fuit de toutes parts, baïonnettes aux reins et vient tomber sous les feux d’enfilade des compagnies du colonel Éon et sous le feu des : mitrailleuses, des zouaves qui balaient le chemin de Reuves. A 19 heures, M le silence n’est plus interrompu que par les cris des blessés. Les pertes des troupes de la Garde et du X° corps qui avaient défendu la cote. d’Allemant, le village et le château de Mondement sont très lourdes. À 19 heures, le colonel envoyait ce compte rendu : « Je tiens le village et le château de Mondement ; je m’y installe pour la nuit. » Un peu. avant la nuit, on apercevait une colonne ennemie se dirigeant vers. l'est par Coizard et prenant part au mouvement général de retraite,
ordonné par Bülow.
Ce fait d’armes héroïque couronnait les terribles combats de la route n° 51. Le colonel Lestoquoi remettait Mondement et le châ- « teau aux mains du général Humbert. Mondement fut la borne où s’arrêta l'invasion allemande. |
Le 9° corps enlève Fère-Champenoise.
Cependant, ni Foch, ni Dubois n’oubliaient la manœuvre ‘de flanc qui devait crever la poche de Fère-Champenoise. 1
Von Hausen, nous ne l'avons pas oublié, ne songeait nullement M à la retraite. Au contraire, ayant reçu le renfort de la 24€ division de réserve, il indiquait au groupement von Kirchbach une direc-
(1) Voy. le récit de ce combat par le sergent Carré dans GINISTY, p. 172.
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ne CRISE SUPRÊME : AUX MARAIS DE. SAINT-GOND 159
d'attaque sud-ouest, vers Sézanne, pour seconder Bülow à Ja route 51.
Dès le lever du jour, la lutte d’artillerie revêt une intensité | inouïe. La 52e division, poursuivant son succès de la veille, tente a vainement d’occuper la cote 161 et la gare de Fère-Champenoise. À On apprend que le 11° corps attaqué, lui aussi, par des forces . considérables, est obligé d’abandonner une partie du terrain con- . quis la veille. Il a dû rétrograder dans les bois au nord de Fresnay et aux abords de Salon. Salon! Mais c’est la trouée de Mailly en péril : c’est Arcis-sur-Aube à découvert ! A 10 heures, la 17 division et la 52€ ont dû se replier sur la ligne . Mont-Août fermes Nozet et Sainte-Sophie. Et l'ennemi est en - marche sur Mesnil-Broussy! La pression est de plus en plus forte, une artillerie considérable bat toute la plaine. C’est l'heure | d'angoisse.
. Heureusement, la manœuvre de Foch commence à se dessiner. A 10 h. 15, il télégraphie à son lieutenant, le général Dubois : « La 42e [RER arrivera bientôt sur nai Linthes-Pleurs. Elle À | sera en mesure d'agir vers midi. Quelle que soit la situation du 14e corps, je compte reprendre l’offensive avec la 42e division sur Connantre et Corroy, tandis que le %® corps attaquera sur Morains- Fêre-Champenoise. Le 10€ corps, qui a libéré la 42 division, est à notre = Eos Il reçoit l’ordre d'appuyer à sa droite la division marocaine.
Voilà donc le FER d'ouest en est et du massif sur la plaine qui va produire tous ses effets. On se battait pour cela depuis trois Jours! Foch avait toute sa manœuvre admirablement en mains.
- Dubois accourt de son poste de commandement de Linthelles. cl prescrit de tenir, coûte que coûte. « Aucune défaillance ne sera — tolérée. » Il établit la liaison entre son propre corps, la 428 division, et le 11° corps par le 7€ hussards au sud de Connantre. Les nouvelles sont d’ailleurs excellentes. Les prisonniers, de plus en plus nombreux, apprennent que l’armée ennemie, ayant k. marché et combattu sans relâche, est à l'extrême limite de la fa- E tigue. Les régiments sont mélangés, le commandement désorienté - et surpris par la vigoureuse offensive française. Ces bonnes nou- - velles sont répandues dans la troupe. Encore un effort, et c’est la victoire | A partir de midi, la violence de l’attaque ennemie redouble (ne pas oublier que l'heure de la retraite ne sonne qu’à une heure et . demie). Von Hausen, qui s’est emparé de Mailly et d'Œuvy, a reçu
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deux appels désespérés de Bülow, à 9 heures et à 11 heures, pour faire obliquer toutes les forces de Kirchbach face à l’ouest, afin de soutenir la II armée. L’effort ennemi se concentre ainsi sur le %Œ corps français. Pertes considérables ; régiments détruits de moitié, certains de trois quarts ; les routes sont encombrées de blessés, plus de réserves, plus une compagnie disponible. Et une dépêche annonce que la 42 division est en retard ! — nous avons dit pourquoi. < A 13 h. et demie, « angoisse à son comble », dit la relation du général Dubois. C’est juste l’heure où la retraite de Kirchbach devrait être commencée, selon l’ordre que lui a donné Bülow. Mais Kirchbach, en accusant réception de l’ordre à von Hausen, lui a . dit qu’il tiendrait jusqu’à 16 h. et demie. Et la bataille continue. On plie au Mont-Août. Le général Dubois ordonne à Battesti de se rétablir à tout prix au mont Chalmont. Le général Moussy ramène ses troupes à l’assaut au prix de sacrifices terribles (le colonel Graux, les commandants Noblet et Pons, sont frappés). Les débris du 1358 refluent jusqu’à Linthes. Moussy se cramponne sur les pentes de Sainte-Sophie. Les fantassins ennemis s’infiltrent encore par la vallée de la Vaure, mais sont contenus par le tir du 75. 1 Il est 15 heures. Les éléments de tête de la 42e division débouchent enfin sur Linthes-Pleurs. Un maître de l’art a réglé cette entrée magnifique. Grossetti a l’ordre d’attaquer de cette région dans la direction de Connantre-Œuvy, et il sera secondé par tous les éléments disponibles des ®%æ et 112 corps. 1 L'attaque, ainsi préparée pour 16 heures, à Linthelles, par Weygand, Dubois et Grossetti, avait pour but, dans l’esprit de Foch, : de jeter dans le flanc de von Hausen une masse de sept divisions (17e, 52e, 42e, 24e, 18, 22e, 60e). Mais la 42e division ne devait « atteindre la ligne Pleurs-cote 104 qu’à la nuit, d’où l’impossibilité de déclencher le mouvement du 11€ corps à sa droite. Seul, le 9% corps attaque à 18 heures, couvert à droite par la marche en échelon de la 42e division. Toute l'artillerie des 17€ et 528 divisions tonne des hauteurs de Chalmont et de la cote 134. La 1038 et la 33e brigades progressent, les boqueteaux sont nettoyés à la « baïonnette. A la vérité, depuis 16 heures et demie, von Kirchbach vide peu à peu le terrain, ainsi qu'il en a reçu l’ordre. Mais » Dubois le surprend en flagrant délit de mouvement et pénètre ainsi dans le flanc de l'ennemi qui s’est attardé autour de Fère et « sur les bords du marais. Partout, les Allemands cèdent; des. cadavres et des blessés de la Garde couvrent le terrain. La ferme «
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. Nozet est enlevée, Sainte-Sophie abordée. La nuit est close. Minuit. Le moral est tel qu’on reprend la poursuite sans plus de repos. La 33° brigade (colonel Simon) mène le train. À 5 h. et demie, F. lPavant-garde atteint Morains-le-Petit, cueille une arrière-garde ennemie qui s’est attardée dans les bois et franchit les tranchées - ennemies, baïonnette au canon. Averti, Moussy s’est mis en marche dès 2 heures, avec toutes ses réserves. Il se hâte sur - Fère-Champenoise, l’occupe à 5 heures du matin, et capture 4500 hommes de la Garde.
La 52e division a suivi le mouvement à l’ouest de Fère et n’y * arrive qu’un peu plus tard. La 42e division l’a soutenue de sa pré- - sence et du feu de son artillerie, marchant elle-même de Connantre sur Connantray.
Partout, à Mondement, à Linthes, à Connantre, à Fère-Champe- . noise, le %Æ corps, exécutant l’offensive montée par Foch, parmi … de telles difficultés, a remporté le succès qui couronne la page historique des marais de Saint-Gond.
- Le maréchal Foch a raconté lui-même ces heures fiévreuses :
Je me rappelle surtout ce soir du 9, où la 42€ division, que je voulais
. Jancer dans le flanc de Hausen, se faisait tant attendre. Grossetti arrive
- enfin, un peu tard. Oh! ce n’était pas de sa faute : on ne décolle pas
. toujours comme on veut ! Il est 5 h. 30 du soir. J’ai donné l’ordre de
. reprendre l’offensive sur toute la ligne, mais on est si las ! Grossetti lui-
même, la bravoure faite homme, n’ose pas trop s’aventurer en pays
- inconnu et s’arrête pour reprendre l’attaque au matin. Et, brusquement,
vers minuit, un coup de téléphone : « Nous sommes dans la gare de
Fère-Champenoise. » Je sursaute. « Qui, nous? — Le colonel Simon, de
t la division Moussy. » Et Moussy lui-même qui n’en savait rien,kni
Dubois ! Ce sont les surprises de la guerre. Je réponds : « A la bonne
heure! Bravo ! Bourrez ! Bourrez ! » En même temps je crie à toutes
. mes divisions : « Grand branle-bas |! En avant, Grossetti! En avant,
- Humbert ! Mn avant, Battestil En avant, Lefèvre |! Vous n’en pouvez
plus Radiguet? Ça m'est égal : à 5 h. 30 tous vos éléments en action,
… allez ! Je ne veux rien savoir. » Parbleu, chacun avait de bonnes rai-
- sons pour se défiler. J'étais sourd à tout, parce qu’on se fiche de tout, re ces moments-là (1)...
he
Jamais il ne fut plus vrai de dire que les batailles se gagnent
4 à la dernière minute. Relevons, pour résumer, les attaches puis-
—santes de l'intelligence, de la logique et du eourage : 4° Joffre a
— ordonné à la 5° armée de faire effort sur sa droite et il en a
e détaché le 10e corps pour le confier à Foch; 2° Franchet d’'Es-
— perey exécute cet ordre avec une profonde sagacité en l’appuyant
(1) Charles LE Gorric, la Marne en feu, p. 127. . VS | 11
de son 1e corps; 3° le 10€ corps libère la 42 division; 4° la. 42 division soulage en passant la division marocaine et bientôt elle dégage, par sa seule présence, les forces du % corps, un moment refoulées ; 5° le 9 corps, soutenu et réconforté, reprend l'offensive ; 60 la manœuvre de Foch prend l'ennemi de flanc au moment même où il chancelle. Écrasé, il cède, il fuit. De même que la bataille est gagnée à la route 51, elle est gagnée à la. route 77. Affaires admirablement conduites, admirablement exécutées. Victoire qui n’est que la juste récompense de l'intuition, | de la ténacité, de la discipline et du courage |!
Le 11° corps et la 9° division de cavalerie à la trouée de Maiïlly, le 9 septembre.
Pour donner une idée complète de la bataille des marais de. Saint-Gond, il faut maintenant exposer les alternatives de la journée en ce qui concerne le 11€ corps qui, en liaison avec la division de l’Espée devenue un corps de cavalerie, combattait à la route 77, à l’ouest de Fère-Champenoise.
C'était toujours le point faible de la bataille française : pendant plusieurs jours, la trouée de Mailly n'avait été défendue que par la division de l’Espée. Heureusement Foch avait eu le temps de se consolider sur les hauteurs dominant les marais de Saint-Gond et Joffre, constatant le péril, avait envoyé des renforts de toutes parts : de la 18 division, le 21 corps, la 6€ division de cavalerie. Le fond la poche se trouve ainsi consolidé pour résister et muni pour attaquer. |
Manœuvre imposée par la plus urgente nécessité : car le. 11e corps et la division de l’Espée s'étaient trouvés, en somme, en” présence d’une armée entière. Von Hausen, commet la pointe de l'offensive, gravement malade, atteint du typhus, s’énervait, fouaillait son état-major et ses troupes pour leur demander cet” effort suprême sur lequel il comptait encore pour en finir le 9 ou, au plus tard, le 10. S'il avait su lire dans les faits et s’il eût été maître de son propre jugement, il eùt compris, dès lors, que la. bataille était perdue ; déjà, les radios le lui apprenaient. Plus il s’acharnerait, plus il tirerait à lui la couverture de la responsabilité. | Nous avons laissé la bataille de Fère, jumelée avec celle de la trouée de Mailly le 8 au soir, à un état non désespéré mais vérita= blement critique autant par ses effets immédiats que par ses consé= quences possibles. A la suite de la terrible attaque à la baïonnette >
a marqué la matinée du 8, l’ennemi a franchi, à sa droite, la ligne de Fère-Champenoise. Les éléments de la 21e et de la ue division ont été rejetés en désordre. Le 11€ corps a fléchi et une - poche a fini par se dessiner au cours de la journée, autour et au . sud de Fère. Tout ce qu’a pu le général Eydoux, commandant le Aie corps, a été de se cramponner sur la rive sud de la petite rivière la Maurienne, qui passe à Semoine, Gourgançon, Corroy et qui, - avec le Pleurs, fait barrage au sud-est des marais de Saint-Gond. - Ces positions ne sont pas mauvaises. Mais, si on se laisse rejeter . dans la forêt de Salon, alors on tombe dans la vallée de l'Aube et la | … trouée de Mailly est tournée. Si peu que la poche s’agrandisse - encore vers le sud, le fond est rompu, l’armée de Joffre est coupée ou rejetée au delà de la Seine. Un coup d’œil sur la carte suffit : c’est l'heure et le lieu critiques. La manœuvre allemande du centre -aboutira là ou elle échouera : la pointe de la lance, enfoncée jusqu'à Arcis, toucherait au cœur de la France.
… Le général Eydoux a reçu de l’armée et a donné à ses régiments “l'ordre de tenir coûte que coûte. Le reste de la bataille générale va bien et il le sait ; les renforts sont annoncés. Quelle douleur si la ligne crevait en face du 11€ corps!
- Le poste du commandement est à Salon. Le 8 au soir, le corps a si ationné en demi-cercle autour de Fère dans l’ordre suivant : la 52e division de réserve (général Battesti), en liaison avec le corps à - sa gauche, est à Connantre où elle donne la main à la droite du . % corps ; c’est ici que commence la poche; un peu en retrait au . sud, la 21e division (général Radiguet) est à Corroy, la Colombière, “ses avant-postes sur la Vaure à proximité de Fère, à l’orée des
erme Saint-Georges, les avant-postes à la cote 138 en avant de la ferme Saint-Georges ; la 22e division (général Pambet) à Semoine (côté ouest) et la 60€ division de réserve (général Joppé) à Montéeux-Semoine (côté est), en liaison avec la division de cavalerie
. C’est sur cette ligne, si mince, tenue par des divisions eflanquées, “que la gauche de Bülow et le gros de l’armée von Hausen vont foncer, le 9 au matin, avec l’élan d’une résolution suprême. La Garde, à droite, prend pour objectif la clef de la plaine, le Mont- Août. De la Garde encore sont les régiments qui marchent sur Connantre. C’est la 2° division. A 4 — de la Garde, les
tandis que le XIX® corps est accroché entre Humbeauville et. Courdemanges.
Dans la nuit du 8 au 9, Foch s’est résolu à ne pas attendre l’offen-. sive allemande. La meilleure des défenses, c’est l’attaque. Ayant . monté, dès la veille au soir, « la manœuvre sur la poche » qui a déjà donné des résultats appréciables, il est décidé à la renouveler en la renforçant dans la journée du 9. Le 11€ corps doit y participer et le général Eydoux prend ses dispositions de bonne heure pour éclairer le terrain devant lui. Le premier échelon débouchera au « nord de Gourgançon à 4 heures du matin ; la 21€ division attaquera droit sur Fère-Champenoise à 5 heures, le 9% corps ayant promis son appui pour cette heure. En même temps, la 22e division attaquera avec toutes ses forces sur la cote 177 (entre Connantray et Œuvy). La 18 division sera maintenue en réserve à Gourgançon, et de même la 60€ division de réserve se fortifiera à la ferme de. Bonne-Espérance.
Mais l’ennemi paraît au même moment. D’après son ordre de la veille au soir, von Hausen se proposait d'attaquer dès 6 heures du matin, le 9, avec le groupe von Kirchbach face au sud-ouest s Sézanne, la 24° division de réserve et la 32 division partant de la ligne Fère-Champenoise, ferme des Andages. Au centre de l’armée, la 23e division de réserve devait s'emparer, dès 6 h. 25, des hauteurs de Mailly. A gauche, le groupe von Elsa, après avoir reconnu les positions d'artillerie françaises, devait attaquer face au sud, avec la 23e division à l’ouest du ruisseau du Puits et le XIXE corps à Fe f
Le général von Kirchbach arrive à 6 h. 50 à Ja croisée des chemins au nord du village de Sommesous. Ses trois divisions s ébranlesi la gauche en avant. La 23e division de réserve s'empare des hau= teurs nord-ouest de Mailly, puis du village. Mais tout se tient dans l'immense bataille. A 9 h. 45, Bülow appelle au secours ; il demande, pour se dégager, une conversion face à l’ouest des forces de von Kirchbach ; il réitère son appel à 11 h. 5. Von Hausen, bien qu’il ait pris Œuvy, est lui-même trop fortement engagé pour prêter une aïde immédiate. Toutefois von Kirchbach, dont les deux divisions de droite doivent atteindre la Maurienne, entourer Gourgançon et attaquer les hauteurs du sud, ordonne que, si ce résultat est atteint, on appuie la Garde (de l’armée Bülow) dans sa marche vers l’ouest. Au centre, qui forme pivot de l’armée, la 232 division de réserve fonce au sud de Mailly, sur la route d’Arcis-sur-Auben
Sous le poids de cette offensive brutale, appuyée par une vios lente canonnade, le 11° corps a cédé. La 60€ division de réserve s’est repliée sur Semoine. Seul le 247€, énergiquement commandé;
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‘a résisté à la ferme de Bonne-Espérance. La 22e division a suivi Je mouvement. La poche allemande s’est creusée encore au sud de ère. À 9 h. 50, le général Radiguet, commandant la 21e division, envoie de Corroy au général Foch la communication suivante :
…. Nos troupes n’ont pu tenir devant un bombardement de deux heures que nous venons de subir. Elles sont en retraite sur toute la ligne. Il en st de même de la 22 division. Je vais essayer, avec mon artillerie et ce à je pourrai ramasser d'infanterie, de tenir sur le plateau au sud de € oy dont la cote 129 est à peu près le centre (on a perdu la ligne de la Maurienne). Nos régiments se sont admirablement battus ; mais ils sont réduits à une moyenne de quatre à cinq officiers.
. Nous avons dit l’effet de ce recul sur le % corps quiest en liaison l’est des marais de Saint-Gond. La 52e, qui fait cette liaison, a q quitté les pentes du Mont-Août. La répercussion se produit sur tout le front jusqu’à la route de Sézanne et, d’autre part, comme bus allons le dire, à la trouée de Maïlly. De quelque côté que l’on regarde, à droite, ou à gauche, le ciel s’est couvert subitement. Les renforts promis n’arrivent pas. On entend la violente canonnade ‘qui sévit à travers les marais de Saint-Gond. De Mondement à Vitry-le-François, partout des engagements terribles et partout “une émotion croissante. D’où viendra le salut ?
- Heureusement Foch est là. Suivant sa propre bataille, seconde « par seconde, mais la rattachant, dans sa pensée, à la grande bataille “générale dont il a le secret, il comprend qu’il lui appartient de - frapper le coup décisif qui assénera la victoire sur la dernière offen- . sive allemande. Les yeux tournés vers l’est et en particulier vers - Fère-Champenoise, puisque c’est là que la situation est la plus cri- … tique, il a conçu la manœuvre dans le flanc de l’ennemi que nous “avons décrite précédemment. Il la précise dans son ordre de
— La 42° division arrivera sur le front Linthes-Pleurs. Quelle que soit la situation plus ou moins reculée du 11° corps d'armée, nous comptons *e reprendre l’offensive avec cette 42% division sur Connantre et Corroy, offensive à laquelle le ®%® corps d’armée aura à prendre part contre la “droite allemande à Morains-Fère-Champenoise. La 42 division d’infan-
" le rie est en route depuis 8 h. 30 et sera en mesure d'agir vers midi. Le
pa oit l’ordre d’appuyer la division marocaine pour empêcher à tout prix la pénétration à l’ouest des marais de Saint-Gond.
—. (Cet ordre, fait pour rétablir la confiance, est communiqué à … tous les corps d’armée. Le général Eydoux prend ses dispositions en conséquence.
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| #. ri ‘ sd + "# 166 LA BATAILLE DE LA MARNE ;
Nous avons dit les raisons pour lesquelles la 428 division est trouvée arrêtée, en cours de route, Pose rétablir les affaires compromises à Mondement. Voici donc, qu’à cette minute suprême, l’ouest ne peut momentanément venir en aide à l’est ; le coup de 4 balancier se relève de la route 77 à la route 51. La bataille hésite : … va-t-elle se renverser tout à fait? À ce jeu terrible, les dernières forces s’épuisent. Nous avons montré le général Dubois barrant Ja | route des marais de Saint-Gond avec ses troupes si éprouvées . jusqu’à l'heure fatidique qui va décider de tout : 1 heure et demie. Mais, pendant ce temps, Eydoux supporte seul, autour de Fère ; le poids d’une offensive désespérée et Foch assiste au spectacle cruel de ses effectifs décimés et de leur héroïsme impuissant tandis qu’il sait, dans son for intérieur, que la victoire est à portée de sa main.
I] le dit, dans une confidence sublime, à ses bataïllons qui continuent à charger tête baissée et qui perdent leur sang par tous les pores :
Q. G. de la %® armée. Plancy, 12 heures.
Des renseignements recueillis au quartier général de la % armée, il résulte que l’armée allemande, après avoir marché sans relâche depuis . le début de la campagne, en est arrivée à l’extrême limite de la fatigue. Dans les différentes unités les ordres n’existent plus ; les régiments marchent mélangés les uns avec les autres ; le commandement est déso- « rienté. La vigoureuse offensive prise par nos troupes a jeté la surprise. dans les rangs de l’ennemi.. A l’heure décisive où se jouent l’honneur et le salut de la patrie française, officiers et soldats puiseront dans l’énergie de notre race la force de tenir jusqu’au moment où, épuisé, l’ennemi va reculer. Le désordre qui règne dans les troupes allemandes est le signe précurseur de la victoire. Il faut que chacun soit bien convaincu que le succès appartiendra à celui qui durera le plus. Les nouvelles reçues du front sont d’ailleurs excellentes.
Le chef veut qu’on tienne, on tiendra! Mais cette fameuse” manœuvre toujours annoncée, elle est donc toujours en suspens ?… Et cette 428 division qui n’arrive pas !.. Foch se décide à marcher sans elle. Il n’y a plus une minute à perdre : contre-attaquer dans la poche, c’est le salut.
Nous avons dit comment le général Dubois exécute cet ordre. Il est obligé d’intervenir en personne avec les officiers de son état= major pour maintenir les troupes de la 528 division de réserve qui fléchissent. Il les établit sur les hauteurs cote 182-Chalmontcote 134. C’est le moment où le Mont-Août est perdu (1).
(1) Voici, d’après le commandant Meaux, un vivant tableau de la bataille : il | suffit pour établir que si la situation fut critique en ce point, elle ne fut jamais désespérée : « Le 9 au matin, la bataille reprend. A notre gauche, tout près, s
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e es Le ouest, des canons sont en position. Le capitaine Vogel (2% d'artillerie) envoie son officier de liaison nous reconnaître. Ordre du lieutenant-colonel Claudon de tenir coûte que coûte. Nous passons sous les ordres du général Moussy, . commandant la 17% division. Les premiers obus arrivent sur nous. J’ai établi mon poste de commandement légèrement en arrière de la crête. En bas du - Mont, face au nord, il y a un petit bois de sapins. Le 68 du % corps finit d'y creuser des tranchées. Un avion ennemi vient décrire ses cercles sur nous. Cette fois, c’est pour nous. Voici, en effet, que le tir s’allonge. Il pleut des 150 et des 210. D’énormes shrapnells à nuages verdâtres arrosent le terrain. Il y a “des tués, des blessés. Mais grâce à l’énergie du capitaine Marienval, pas de “désordre... Plusieurs alertes. La position est criblée. Tout à coup quatre obus en : + rasent la meule et éclatent près de nous derrière. Mon petit dragon, un gars a Nord, nommé je crois Screpel, est tué. Puisqu’on a tenu jusqu'ici, on peut durer encore. Cependant le bruit se répand que « l’on s’en va ». Certaines unités sent. Je regarde ma montre : il est 9 heures et demie. Comme les tranchées t sur la pente nord descendant vers Broussy, les hommes ne se sont pas” a berçus du mouvement de retraite. À ma gauche, nos canons tirent toujours. Au bas dans la plaine, le lieutenant-colonel Claudon est toujours là. Donc, nous FA ommes bien ; mais ouvrons l'œil... Tout à coup, fusillade intense venant de …Connantre. Les Allemands ont donc débouché de Fère et ils attaquent ce village dé endu par la 17%. L’ennemi est dans la plaine. Mais. rien du côté de la ferme Nozet. On peut attendre encore. Tout à coup un cavalier m'arrive ; il est 11 h. 45. C’est le général Moussy qui m'envoie chercher. Je vais aussitôt moimé me aux tranchées donner l’ordre de repli. Comme il y a un peu plus de calme pes e”" ne voit aucun ennemi, on ne comprend pas cet ordre. Je dois déclarer j'ai reçu l’ordre du général lui-même. Point de ralliement : le village de | Saint-Loup. Les hommes sont à peine sortis des tranchées que les obus arrivent.
Nous traversons des bois de sapins ravagés, sautons, toujours courant, des arbres écroulés. Tout à coup, à la croisée des chemins, alors que nous pouvions nous estimer à l’abri des projectiles, nous recevons des 77. La surprise est complète. . D'où tire cette batterie? Je crois la deviner défilée derrière le mouvement du terrain de la ferme Sainte-Sophie. Il fait une chaleur étouffante. Comme cette plaine nous paraît longue à traverser !… Aussitôt les premiers bois atteints et “la lisière dépassée, j'arrête le mouvement. La 20 est au complet. La 1% a uelques tués et disparus ; la 18° n’a plus que la valeur de deux sections et plus un ee C’est l’adjudant Grimaldi qui commande. La marche reprend sous s et nous atteignons Saint-Loup.. Vers 4 heures (16 heures), alors que j'étais > les débris de nos trois compagnies à Saint-Loup, je vis arriver le lieutenantcolonel Claudon. Quand je descendais du Mont-Août, il tenait encore avec un bataillon de la brigade face aux deux Broussy, en avant de la croisée des chemins. Un quart d'heure après mon passage, le général lui avait envoyé l’ordre de se replier. Il avait placé alors ce bataillon dans les bois du Mont-Chalmont, en couverture de la plaine de Saint-Loup... On peut dire que dans l'après-midi du 9, les morts du 5° bataillon du 320 ont seuls gardé le Mont-Août. Aucun canon allemand n’y monta et toute la plaine fut sauvegardée. Le lieutenantco onel Claudon n'avait pas, après une si chaude journée, cédé 2 kilomètres,
et du Mont-Chalmont, il protégeait encore toute la plaine.
-« On en était là, lorsque la face des choses change soudainement. Vers 8 heures un officier d'état-major m'apporte l’ordre d'attaquer vers Sainte-Sophie. Voici a 42 division qui arrive. Nous apprenons en même temps que vers Sézanne nnemi a subi un échec sérieux. « Mais alors, ça va! Hardi les gars ! Encore
un coup !... » On attaque Connantre. L'ennemi est en fuite, ete.
| Mais le 9e corps procède à l'attaque sur Fère que nous avons rite. Et, à ce moment même, les premiers détachements de la
2e division arrivent au pas de course.
Le 11e corps respire. Le général Eydoux donne ses ordres à son : tour :
La 42 division, dit-il, se forme sur le front Pleurs-Linthes en vue | d'attaquer l’éperon qui de Pleurs monte au nord d'Œuvy. Elle sera appuyée au nord par le %® corps marchant enrre la route Fère-Champenoise, Morains-le-Petit. |
Le 112 corps reçoit l’ordre de l’appuyer, quoi qu’il arrive, en agissant, à sa droite, contre le front Connantray-Montépreux. |
En conséquence, à 16 heures, toutes les troupes seront prêtes à prendre l'offensive. Dès le passage de la 42€ division sur la rive gauche de la Vaure, l'artillerie de Corroy ouvrira le feu sur le front d'attaque. Ce sera le signal de l'ouverture du feu sur toute la ligne.
Ce mouvement prescrit, le 112 corps n’a même pas à l’exécuter. Le 9% corps, dans sa marche en avant, a senti fléchir devant lui la ligne de résistance ennemie. A partir de 4 heures et demie, nous le savons, von Hausen a donné à ses troupes l’ordre de se décrocher . à la faveur d’un tir d’artillerie encore plus intense, s’il est possible. Donc, au moment même où la manœuvre de Foch produit tout « son effet, l'ennemi cède. |
Le général von Hausen affirme qu'il s’arrêtait par ordre, en pleine victoire. On a même écrit « qu’il avait percé ». Rien de plus inexact. Le 11€ corps avait beaucoup souffert ; mais, sauf un léger recul de la 21 division à Faux-Frenay, il n’avait plus perdu de terrain depuis les mauvaises heures de la matinée. Le général Eydoux se préparait encore à attaquer pour 4 heures selon les ordres reçus, la 21e division sur Œuvy, la 18 sur le moulin de Gourgançon, la 22e sur la croupe nord de Semoine avec la 60€ division en réserve d'armée; ce n’était pas là l’allure d’un corps en déroute. 4
Il est vrai, le combat avait été terrible, certaines minutes dramatiques : les chefs avaient pu craindre que la victoire ne leur échappât. D'où, une violente étreinte des cœurs : le sentiment de la « responsabilité, fouetté par les objurgations des chefs, exagérait le” moindre incident. Quelques centaines de mètres de terrain perdus paraissaient un désastre. La vérité est que, pas plus à la route 77 qu’à la route 51, l'ennemi, malgré des efforts et des sacrifices. inouïis, n’avait saisi une seule minute un succès décisif. Depuis quatre jours, il s’épuisait contre un adversaire qui ne rompait que pour reprendre haleine et qu’il retrouvait toujours devant Iui.n Bien loin que la bataille fût gagnée pour les Allemands, elle était perdue même sur ce point. Von Hausen n’avait plus qu’une minute pour prendre son parti : ou reculer ou se faire écraser entre
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