‹ La bataille de la MarneChapitre 37 sur 102 · PT ER OP UE NA PE · texte numérisé non relu

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3 | perey qui . menaçait ses communications.

puisé, n’en pouvant plus, incapable de renouveler sur un point 4 D ionque de son propre front l'effort qui se prolongeait depuis “ Je 6 sans résultat, étant, d’ailleurs, sans réserves, sans ordres … et sans espoir, il n’avait plus qu’à céder. Le grand quartier général n’avait même pas à donner d’ordres, . et les ordres, en effet, comme nous l’avons vu, n’ont jamais été donnés. Les armées fuyaient d’elles-mêmes. Tout était à vau-l’eau. … Le front allemand crevait de toutes parts. Chacune des armées succombait successivement comme un jeu de cartes qui tomberait de droite à gauche. Von Hausen peut dire ce qu’il veut : nous avons … des renseignements précis sur l’état de son armée et sur les réalités du combat.

Voici, par exemple, le témoignage d’un officier saxon (328 division, 178 d'infanterie) qui attaque sur Œuvy: c’est l'extrême pointe de Menvée allemande de ce côté ; l’homme est de sang-froid et voici ce qu'il constate :

Notre artillerie tire très convenablement par groupes alternés, et paraît avoir quelque effet ; car, vers midi, la marche en avant reprend. Mais vers Œuvy l’ennemi forme un angle aigu sur notre gauche en pays . boisé (il s’agit des environs de la ferme Saint-Georges, au sud-ouest de - Fère-Champenoise). Nous attaquons de nouveau. En attaquant une - cuvette boisée, un feu de shrapnells nous reprend. Une patrouille établit que la batterie française n’est pas à plus de 900 mètres (à la ferme précisément). Mais, nous ne pouvons plus avancer, car nous n'avons personne derrière nous. Dans ce maudit bois, toute liaison se perd. Nous … voyons la compagnie se replier et recevons l’ordre d’en faire autant. | Derrière la lisière du bois, le 2€ bataillon se trouve rassemblé en réserve,

tandis que les deux autres sont pris sous un feu violent de mousqueterte. (Donc plus un pas. On est arrêté, non seulement par des feux de l’artil- … Jerie, mais par la mousqueterie, et cela en avant d'Œuvy, aux portes … de Fère, à midi.) Le soir, ajoute l’officier, ordre de la brigade : après … Les résultats obtenus ce jour-là, la 32% division d'infanterie (XIIe corps) ÿ est relevée de la formation d'armée et sera dirigée vers le nord pour être 4 utilisée à d’autres emplois tactiques. On s’étonne et se casse la tête! 2 J’avais tout à fait le tableau d’une retraite quand, à 6 heures du soir, Ja division, à la lueur sanglante du soleil couchant, se détache de l’envi nemi sous un nuage de poussière (1)...

. C'était la retraite, en effet, c'était la défaite, quelle qu'’ait été, … ultérieurement, la version des états-majors. Si von Hausen était | Ê (1) Carnets de route de combattants allemands, publiés par J. DE DAMPIERRE,

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ie vainqueur, pourquoi, sans ordre du grand quartier général, a-t-ilsi allégrement renoncé à sa victoire ? |

Si l’armée de von Hausen profitait encore de l’élan qui l'avait portée au delà de Fère-Champenoise le 8, déjà les mesures prises par Joffre et Foch, notamment à la trouée de Mailly, permettaient de la contenir.

C’est ici que se fait sentir l'intervention de ces «réserves », venues de divers points du champ de bataille, et notamment de l’armée Langle de Cary, que Joffre avait visées à diverses reprises dans ses communications antérieures. La trouée de Mailly était son grand souci. Aussi, sentant le fardeau qui pèse depuis trois jours sur la 9% division de cavalerie, il la renforçait de la 6€ division. Celle-ci débarque vers Brienne et doit former, avec la 9 division de cavalerie, un corps nouveau aux ordres du général Foch. Ce n’est pas tout. Dès le 8, le corps de gauche de la 4 armée (17 corps) est porté sur la vallée de l’Huitrelle avec ordre d'attaquer Sompuis, ce qui dégagera singulièrement la trouée.

En attendant ces renforts, le général de l’Espée s’est tenu en avant du village de Mailly avec deux batteries à l’Arbre-de-Justice. La trouée est barrée. Cependant, dès le 8 au soir, on a observé, chez l’ennemi, un changement de tactique. L'infanterie paraît ménager ses effets. C’est l'artillerie lourde qui accable nos troupes de ses gros obus; on commence aussi à recevoir des projectiles lancés par avions. Ce ne sont encore que des espèces de grenades d'effet assez peu efficace. Le 9 au matin, il y a, sur ce point comme sur les autres, une sorte de reprise : c’est l'exécution des ordres de von Hausen. Vers 8 heures, des éléments d’infanterie (il s’agit de la 23e division de réserve) débouchent du bois au nord de Mailly. Ils sont arrêtés assez facilement ; mais nos batteries sont prises sous le feu de l'artillerie lourde. L’ennemi est dans les vergers du village que les chasseurs cyclistes et le 17 dragons défendent pied à pied et corps à corps dans les rues et dans les maisons. L’ennemi est toujours contenu ; le 24e et le 25€ dragons tiennent sur les bois de l’Arbre-de-Justice, les cuirassiers sur la route de Trouan- Villers-Herbisse en liaison avec le 17e corps. À 14 heures, la situation se complique. La 60€ division (général Joppé), qui fait la liaison avec le 11° corps (Eydoux), appelle au secours au sud de Montépreux. On lui envoie un régiment. Il est plus sage de ne pas s’entêter dans la lutte sanglante pour le village de Mailly. Le général de l’Espée le fait évacuer ; mais il s'établit solidement sur les hauteurs environnantes et, de là, se prépare

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à 7 4 aise pese qui doit être déclenchée vers 16 heures. Cette fois, on sent très nettement la résistance ennemie qui fléchit. Seule l’artillerie redouble ses redoutables rafales. Le général E Foch envoie l’ordre de reprendre Mailly.

“4 Les avant-postes se reportent donc dans cette direction et l’attaque commence à l’heure fixée. La brigade de Sailly avec sa batterie bombarde Mailly à la tombée du jour. Déjà l’ennemi a … évacué le village. Les obus de Partillerie française le suivent dans … la direction de Fère ; les cyclistes se mettent à la poursuite. La nuit | nb. C’est la RER

4 La victoire des marais de Saint-Gond.

4 ‘+ Récapitulons les faits durant cette journée du 9 qui voit la fin de la bataille des marais de Saint-Gond. Foch a tenu pendant E. quatre jours ; il a brisé l’offensive à laquelle le grand quartier Ps: 110 allemand avait confié la fortune de la guerre et, on peut - ajouter, celle de l'empire.

r Cette offensive se présentait d’ailleurs dans de très médiocres % conditions, puisqu'elle se dirigeait en fourche, d’une part sur Sézanne, d’autre part sur Mailly : première cause de faiblesse. Mais le haut état-major allemand avait encore compliqué la tâche de ses armées : car, au même moment, les deux armées voisines, celle du duc de Wurtemberg et celle du kronprinz, avaient ordre d’attaquer, ainsi que nous allons l’exposer, dans une direction encore plus divergente, à savoir sur Bar-le-Duc : offensive en trident | Foch est posé entre les deux dents de gauche : il se débat à la - route 51, ilse débat à la route 77. Entre ces deux routes, pas d’autre -. élément d’appui que ce sol spongieux des marais de Saint-Gond. - Bülow et von Hausen enfoncent donc les deux crocs dans sa chair — vive, à Mondement et à Fère-Champenoise. Foch lutte d’abord 417 au-devant des marais de Saint-Gond, puis à leur débouché sud | + qu’il ne lâchera pas. Mais il a deux armées sur les bras, dont ce … corps fameux, qui se croit invincible, la Garde. Joffre n’a pas perdu de vue, un seul instant, la situation de son lieutenant si grandement risquée à la place la plus périlleuse et à la tête d’une armée i improvisée. Il le cale autant qu’il le peut : 1l le cale à gauche, il le cale à droite.

—. C'est surtout de la gauche que viendra le salut. Franchet d’Esperey, ayant admirablement saisi la pensée de son chef, après . Montmirail, oblique à droite, c’est-à-dire vers le nord-est et com- mence ainsi à prendre à revers l’armée de Bülow. Il cède son

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108 corps à Foch et appuie encore ce 10€ corps par la manœuvre du 4er corps : belle compréhension des choses et parfaite camaraderie militaire. Le 10 corps dégage la 42e division et celle-ci tombe dans la main de Foch qui en fait l’instrument de la « manœuvre dans la poche » destinée à asséner le coup final. Beau métier, s’il en fut |

D’autre part, Joffre a envoyé dans la trouée de Mailly, la 18 division, la 6e division et, chose plus importante encore, il a confié à Langle de Cary une mission analogue à celle de Franchet d’Esperey : de même que celui-ci aide son camarade à sa propre droite, de Langle de Cary doit l'aider à sa propre gauche ; en un mot, et selon les termes mêmes des instructions, si conformes à la méthode stratégique géniale de Joffre, la 4° armée intervient comme « réserves » de la 9%. Joffre fait couler de droite et de gauche toutes ses forces disponibles au fond de la poche défensive française, pour la renforcer, au moment où Foch pousse contre la poche offensive allemande toutes ses forces disponibles pour la crever. Beau métier |

Von Bülow et von Hausen ont épuisé leurs troupes pendant quatre jours en des attaques désespérées : ils n’ont à attendre ni secours, ni renforts, sauf une malheureuse division de réserve. Au lieu de coordonner leurs efforts, ils les ont dispersés. Attaque à la route 51, attaque dans ces putrides marais de Saint-Gond, attaque à Fère-Champenoise, à la route 77, à Vitry-le-François : rien n’est lié. Du grand quartier général il ne vient aucun ordre, aucune règle d'action commune. Les chefs, au lieu de s’appuyer, se disputent à coups de radios. Un malheureux officier d’état-major, Hentsch, est envoyé pour mettre un peu d’ordre. Mais il tombe dans la cage aux lions. Ils le dévorent comme ils se dévorent entre eux.

Le 8 au soir, la bataille est perdue par von Kluck sur l’Ourcq. Dans la nuit du 8 au 9, elle est perdue par Bülow à Montmirail. Et dans cette même nuit du 8 au 9, elle se perd pour von Hausen arrêté aux portes de Fère quand il devrait être à Arcis depuis le 6. Le front occidental craque de partout.

Cependant, aux marais de Saint-Gond, durant la matinée du 9, l'incertitude paraît se prolonger. C’est que les deux dents de Mondement et de Fère-en-Tardenoiïis restent enfoncées dans la chair vive et que, donnant le suprême effort, elles causent la suprême douleur. L’orgueil allemand ne veut pas céder. Le soldat se fait tuer encore. Un dernier effort tactique voile, aux yeux de la troupe et des chefs qui refusent de se l’avouer à eux-mêmes, la défaite stratégique.

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