‹ La bataille de la MarneChapitre 42 sur 102 · ETES · texte numérisé non relu

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: à "4 à A de je va a : gr" 188 LA BATAILLE DE LA MARNE LEA VAE 2 de la 9% division de cavalerie se dirigeant vers le sud de Mailly. » La chaleur et la fatigue retardent d’ailleurs la marche de la 432 division qui, à la nuit, campe à la Folie et surtout aux Fénus, « seul point d’eau de la région ». A droite, la 13€ division qui échoue à Pimbraux et Nivelet, parvient aux abords du signal de l’Ormet. Cependant la voie ferrée n’est pas encore atteinte autour de Sompuis.

Au 17 corps, on avait pris les dispositions pour franchir cette même voie ferrée le 9 à la première heure et pour attaquer en direction de Maisons-en-Champagne. C’est assez dire combien la situation se dégageait de ce côté. Le combat commence à 5 heures et demie ; on sent que l’ennemi est singulièrement affaibli. Si le XIXe corps esquisse encore une contre-attaque vers la Cense de la Borde, elle est immédiatement contenue et bientôt il ne s’agit plus que d’une mousqueterie et d’une canonnade très vives, mais sur place. A 8 heures et demie, la mousqueterie s’est tue et il n’y a plus que des feux d’artillerie.

Le général de Langle de Cary est à la ferme des Monts-Torlors. J1 donne lui-même l’ordre de se porter immédiatement en avant. Offensive générale. Les fantassins de la brigade Hélo, dans leur attaque sur la cote 211 (voie ferrée), sont admirables de crânerie ; les pertes, malheureusement, sont encore très lourdes et, Sompuis n'étant pas dégagé, le 17€ corps bivouaque au sud de la voie ferrée.

Le groupement formé sous les ordres du général Descoings se trouve ainsi arrêté ; Le 12€ corps se bat toujours dans ces difficiles terrains situés entre Sompuis et Vitry-le-François. Pour l’offensive préparée, il reçoit un appui du corps colonial (21€ colonial). On piétine autour de la ferme l'Oiselet. Mais la 24€ division a attaqué et enlevé dans la journée la ferme de la Galbodine, en plein sur la voie ferrée. De là, on voit les Allemands retirer leur artillerie des positions occupées au sud-est de Coole : c’est donc qu'ils s’en vont | On sent bien que la victoire ne tient plus qu’à un fil. Le général Descoings a l’ordre de monter à fond son offensive par la gauche de l’ennemi dans la nuit du 9 au 10 et il reçoit, à cet effet, les éléments les plus importants de la 24€ division.

Il ne reste plus qu’à dire un mot du corps colonial et du 326e (de la 24 division), dont dépend la liaison entre la bataille pour Mailly et la bataille pour Revigny : un groupement intermédiaire, le détachement Caudrelier, occupe la région du mont Moret, point capital et qui domine à la fois Vitry-le-François, le coude de la Marne et les croisements des voies ferrées. Huiron, Courdemanges, Chatel-Raould, Bignicourt forment un quadrila-

tère dont la possession décidera du sort de la bataille de Vitry et

équ' à un certain point du sort de la grande bataille, car c’est le

4 nœud qui coud « le fond de la poche ». Nous avons vu le régiment

de Bergerac du 12€ corps se faire décimer dans Courdemanges,

“ mais s’y maintenir conformément aux ordres du général Joffre.

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Que l’on garde le souvenir de ces héros ! Dans ce coin peu connu de l'immense bataille, leur action n’a pas été moins belle pour avoir été moins à l'honneur. Les coloniaux avaient dû évacuer le mont Moret (cote 153) que le 326€ avait repris, nous l’avons vu, le 8 au soir. Il s’y maintint énergiquement le 9 et le 10 ; ainsi le 12€ corps continuait à agir en liaison avec le détachement Caudrelier qui

put conserver son front.

Tout en prêtant son 21€ régiment pour l’offensive préparée dans l'après-midi du 9 sur la voie ferrée entre la Certine et Huiron, le corps colonial est obligé de regarder aussi à l’est, puisque l’armée du duc de Wurtemberg pèse en direction de la trouée de Revigny.

. La 2e division se porte en avant en direction de Luxémont ; si cette

attaque doit avoir, dès le soir même, les suites les plus heureuses, elle ne parvient pas cependant à briser la ligne ennemie. La 3€ division est chargée de répondre et de soutenir l'offensive et, cette fois, en combinant son effort avec l’action du 2€ corps qui combat franchement face à l’est. Les 17 et 2€ régiments coloniaux sont relevés en ligne par le %, et une vigoureuse attaque, qui prend nettement le dessus, permet de parvenir vers 15 heures à la hauteur d’Écriennes. Non seulement la liaison est maintenue, mais voici qu’au nœud même de la bataille, l'ennemi cède ; son front recule ; la poche commence à se fermer.

Tel est donc, en deux mots, le résultat de la bataille de Langle de Cary, le 9 dans l’après-midi, avant que l’ordre de la retraite ait été donné par le général von Hausen, en un mot, avant que l’ensemble de la bataille ait déterminé du sort de cette bataille particulière : 10 L’offensive de von Hausen a échoué complètement : or, du résultat de cette offensive dépendait le succès de tout le plan allemand. Après une bataille de quatre jours où les forces allemandes ont été précipitées avec une brutalité sauvage dans la fournaise, après cette terrible ruée à la baïonnette, et ces effroyables offensives à plein corps toujours recommencées et ORItES repoussées, l’armée des Saxons et des Rheinlanders combinée n’a pas fait un pas. L’invasion est restée contenue aux abords de la voie ferrée de Sommesous à Vitry-le-François : c’est à peine si, sur quelques points, elle a dépassé cette ligne, mais sans pouvoir se maintenir plus de quelques heures ; 2° après de tels efforts, la valeur combative

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de von Hausen et du VIII corps est, de l’aveu même de Baumgarten-Crusius, réduite à moins de moitié. Il faut remplacer les brigades par les brigades ; les hommes n’en peuvent plus, n’en veulent plus. Et il n’y a plus de réserves |

Au moment où Joffre fait entrer en ligne son 21e corps et son corps de cavalerie reconstitué, von Hausen a déjà mis sur le flanc sa seule ressource, la 242 division de réserve. Ses troupes partout découragées, sa ligne de front (c’est-à-dire la voie ferrée) rompue sur deux points, à la Galbodine et à Écriennes ; le nœud de toute la bataille, Courdemanges, consolidé contre lui; la trouée de Mailly fermée ; lui-même bombardé dans Vitry-le-François et sur le point de perdre cette ville comme, sur sa gauche, il va perdre Fère-Champenoise : c’est l’évidence même, von Hausen est battu. Il est battu pour son compte, comme Bülow est battu pour son compte, comme von Kluck est battu pour son compte.

La bataille de la plaine est perdue comme est perdue la bataille du massif, et quand arrive l’heureux marconigramme interprété aussitôt comme une autorisation de lâcher pied, dès que les pre- . mières communications de von Bülow permettent de rejeter sur celui-ci la reponsabilité de la défaite, avec quel empressement, et sans attendre un ordre quelconque du grand quartier général, on entre dans le mouvement de retraite |! C’est ce que nous avons à dire maintenant ; car la journée du 9 devient finalement la journée de la défaite et elle ne s'achève pas sans avoir éclairé la fuite et la déroute des Saxons.

Le soldat à l’armée von Hausen et la retraite de l’armée le 9 après-midi. 4

Le témoignage des chefs eux-mêmes sur l’état de fatigue et de démoralisation à l’armée de von Hausen est formel ; mais il est naturellement altéré par le parti pris de rejeter la responsabilité . sur les autres armées. Les carnets de route ne laissent aucun doute sur le sentiment profond de découragement qui s’était abattu sur « la troupe à la suite des longues fatigues et quand elle comprit qu'il . n’y avait plus à compter sur la fameuse marche nach Paris pour finir la guerre.

Du 103 d'infanterie, 32 division, XII® corps. — Il est minuit (nuit u du 7 au 8). Ordre de creuser des tranchées pour se protéger contre le feu de l'artillerie et aussi de l'infanterie ; elles doivent être très étroites, car l'artillerie tire tout droit d’en haut. Nous n’avons pas fini de les creuser qu'un ordre nous arrive : « S’étendre le fusil au bras. » A 3 h. 30, on est réveillé. « Baïonnette au canon ! » Nous sommes maintenant au 8 sep-

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tembre, re: Ordre dambrochee tous les pantalons rouges. C’est ainsi que nous marchons dans la nuit noire. (C’est l’offensive à la baïonnette.) Notre artillerie ouvre un feu épouvantable.. A notre penche, le village de Lenharrée est en flammes... Nous égorgeons les “ Français dans leurs tranchées. A peine sont-ils tous morts que nous recevons un terrible feu venant d’un retranchement à 50 mètres en arrière. Vers la gare, on pouvait à peine marcher. Tout était couvert de blessés. Vraiment horrible spectacle. Souhaitons que la guerre finisse bientôt. Le lendemain matin, nous avons abandonné notre position . et nous nous sommes retranchés à 300 mètres du village en flammes. A peine y étions-nous qu'un formidable feu de shrapnells et d’obus … éclata sur nous. Le premier obus éclata à peine à 5 mètres de moi et - blessa notre commandant, notre lieutenant et cinq hommes de notre compagnie, tous grièvement. Les obus arrivaient par douzaines. J'eus aussi mon compte et je m'évanouis. Personne n'avait le temps de s’oc- cuper des autres ; car le feu ne cessa pas, d’après ce qu’on m'a raconté, de toute la journée... (Le scripteur échappe à la poursuite française mes est soigné à Luxembourg.)

4 De la 23° division de réserve (1). — Le 8 à 3 heures du matin, nous nous - remîmes en route. Un village en flammes, Sommesous. Les ordres d’as- saut retentirent de toutes parts. Trompettes et tambours retentirent ;

. l'enfer semblait déchaîné. Nous fûmes les témoins d’un tableau d’une effrayante beauté : le 103° faisait l’assaut de Sommesous en flammes, - cpiniâtrément défendu par les Français. L’ennemi se retira définitive- — ment vers le sud et nous le suivimes pour faire halte dans le petit bois - sur la ligne du chemin de fer entre Sommesous et Mailly.. Le lende- . main matin, notre chef de compagnie, examinant le pays avec sa lor- | gnette, découvrit des colonnes défilant dans la région de Mailly. Il fit part de cette observation et des batteries les prirent sous leurs feux...

Mais soudain, de l’autre côté aussi, on ouvrait le feu. Le son creux et F sifflant des obus traversant l’air, venait éclater tout près de nous. Ordre : « Tout le monde à l’abri ! » Nous avons appris plus tard que c'était de champ de tir français (toujours la même explication...). Il fallait endre Mailly. Nous avions peut-être fait 300 mètres en avançant Bianent quand une fusillade éclata à environ 800 mètres à l’est de Mailly. C'était une compagnie de cyclistes (division de l’Espée). Nous "5 reprimes notre marche. Les Français avaient abandonné le village :

nous y pénétrâmes sans aucune difficulté... Nous apprîimes là quelque … chose de nouveau : la sûreté de tir de notre propre artillerie qui nous . prit pour des Français et nous accabla de ses feux... Le bataillon se rassembla et retourna en arrière. Le point le plus méridional de notre . avance en France avait été atteint. Il faisait complètement nuit, quand exténués, nous atteignimes de nouveau Sommesous. Le matin du 9 septembre était sombre et pluvieux. Nous restâmes inactifs à Sommesous. Je vis arriver les chasseurs de Marburg. J’appris qu'ils avaient pour . mission de couvrir la retraite. Ils demeurèrent donc à Sommesous pen-

(1) Félix MARSCHNER, Avec la 23° division de réserve en Belgique et en France, p- 54 et suiv.

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