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192 LA BATAILLE DE LA MARNE | Le
dant que nous nous mettions en route, nous dirigeant de nouveau vers le nord par Vatry…. |
De la 24° division de réserve. — Après avoir marché pendant des jours et des nuits sans arrêt avec les plus dures fatigues après la prise de . Givet, nous fûmes entraînés dans le combat le 7 septembre, non loin de Lenharrée. On se battait en cet endroit depuis quatre jours et sans aucun succès. Notre compagnie est sortie de 9 heures du matin jusqu’à une heure de l’après-midi en plein feu de l’artillerie ennemie, ayant faim, soif et, par suite de la fatigue, des marches forcées, absolument exténuée.. Malgré cela nous ne perdîimes pas courage. (Après une courte marche en avant, le scripteur tombe sur le champ de bataille.)
De la même division. — Le 8, nous arrivâmes au front et le 9, nous … entrions en bataille. Le matin, de bonne heure, nous marchions sur Normée. Soudain, nous fûmes accueillis par un terrible feu de shrapp- . nels : il fallut aller bientôt à gauche... Les pertes devenaient toujours plus lourdes aux premières lignes, et c’est pourquoi, vers 8 heures, nous dûmes reculer, poursuivis par un feu violent d’artillerie. Mais les pertes « devenaient de plus en plus lourdes. Les champs fumaient littéralement | des coups qui éclataient. Le lendemain, 9 septembre, cependant, on avançait de nouveau. Jusqu’à environ 4 heures du matin, nous occu- … pâmes une tranchée, attendant à tout instant une attaque française. « Les jours suivants, nous repassâmes la Marne. (C’est la retraite.)
Du XII corps (1). — Le soir (du 8) vers 11 heures, nous étions revenus dans nos quartiers. Nous espérions avoir du repos ; car, les jours précédents, nous avions pris part à deux combats. Bien des camarades étaient tombés et beaucoup plus encore étaient blessés. La matinée après ces combats, 40 hommes de la compagnie arrivèrent sous la conduite d’un feldwebel dans le village où se faisait le rassemblement de la division. Peu à peu, les camarades arrivèrent par groupes, car ils s’étaient dispersés. Vers midi, le capitaine arriva aussi avec une centaine d'hommes ; puis d’autres retardataires un peu plus tard. Ce jour-là, l'esprit, aussi bien chez les officiers que dans la troupe, était excessivement déprimé; « car, bien que les Français eussent été rejetés, les vainqueurs n’avaient pu, cependant, tenir la position conquise, le bataillon était fortement diminué tant à cause des pertes que par la dispersion de ses éléments. Presque tous les officiers avaient perdu leurs chevaux... Nous nous préparions encore au combat ; mais en chemin, nous apprîimes que la partie des troupes à laquelle nous appartenions devait, pour des raisons stratégiques, commencer un mouvement de retraite. Notre compagnie faisait partie de l’arrière-garde : « Les Français sont sur nos talons », disait le capitaine. Ce fut encore une longue, longue marche, etc.
N'est-ce pas le tableau exact d’une défaite et de l’abandon du champ de bataille par pertes, épuisement, dispersion des effectifs, «
(1) Der deutsche Krieg in Feldpostbriefen, p. 154.
en un mot, aveu d'impuissance de la part de la troupe comme > de k part Ds chefs eux-mêmes?
Von Hausen est battu; il le sait ; il sait qu’il doit fuir. Dans Pimmense déroute au sa défaite tactique s’affirme, même de: ses yeux, le 9, dans la journée. Tout se résume dans l’aveu de . von Baumgarten-Crusius : « Dès le 9, l’armée avait perdu plus de
la moitié de ses forces combattantes (1). »
‘Si 2
L. . Nous avons dit déjà, d’après les sources allemandes et, notam- “ment, d’après le récit de von Hausen, comment, dans l’après- “midi du 9, l’ordre de retraite venant grand quartier général
ce général, dans sa brochure apolotique. s’abritant derrière le | cit de von Kluck, tente de rejeter toute la responsabilité de la retraite sur von Hentsch et sur Bülow pour dégager sa propre
tomber d’un revers de main tout le château de éartes construit - par von Kiuck et comment tous nos renseignements confirment . ce dernier point de vue.
à La vérité est que la défaite allemande se propagea avant les ordres du grand quartier général, mais par la nécessité des faits, d’abord chez von Kluck, dans la nuit du 8 au 9, puis chez von « Bülow dans la matinée du 9, puis chez von Hausen dans la ma- “tinée et l'après-midi du 9, — tout cela logiquement, fatalement, dE: arce que les Français étaient vainqueurs et que les Allemands étaient vaincus. La version allemande de la bataille de la Marne . qu'a essayé d’accréditer von Kluck (en interprétant à sa façon, comme nous l'avons démontré, un article du Journal des Débats), n’est pas plus exacte que la première version officielle allemande, | celle d’une manœuvre « géniale » et d’une retraite ordonnée et voulue, sans qu'il y ait eu ni bataille ni défaite, version sur — laquelle l'opinion allemande et l'opinion des neutres ont vécu pendant cinq ans.
Spécialement en ce qui concerne la IIIe armée, von Hausen était battu comme les autres ; il n’avait pas passé à La trouée de
… (1) D’après le même auteur, les effectifs et les pertes de l’armée von Hausen, F4 6 au 9 septembre inclus, se chiffrent ainsi : le XIIe corps, sur 28 300 hommes dont 12 200 combattants) perd 5 400 hommes ; le XIXe corps : 4 700 hommes — sur 28 200 (dont 12 200 combattants); le XII corps de réserve : 2 300 hommes sur 26800 (dont 12200 combattants). Ensemble, sur 36 600 combattants, 400 hommes perdus, dont 3 100 prisonniers).
D'après von François, la II° armée (Bülow) aurait perdu, comme disparus ement, 7 743 hommes du 1° au 20 septembre.
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»aiteignit le colonel général von Hausen ; nous avons dit comment
responsabilité ; nous avons dit enfin comment von Tappen a fait
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Mailly et devenait le bouc émissaire de la défaite, parce que, par hà lui et devant lui, au point le plus faible de l'adversaire, le gre ad plan allemand avait échoué. à Voici comment, torturé qu’il était par la maladie, l'impuissance et la fureur, il prit ses dispositions pour « se décrocher ». 4 Baumgarten-Crusius raconte, nous l’avons dit, que, dès la matinée du 9, de mauvais bruits commencèrent à circuler à l'étatmajor de von Hausen. Dès 7 h. 35, on avait «entendu », à Châ-. lons, un marconigramme paraissant indiquer qu’à la Ie armée on . se disposait à ramener les troupes de droite à Margny. A 1 h. 20, la retraite était déclarée définitivement par Bülow : « IIS armée . commence marche arrière, la droite à Damery. » Von Hausen, après avoir feint d’ignorer le premier télégramme | (ce qui ne l'émpêchait pas de prendre aussitôt son parti de la. retraite, car il connaissait l’état de son propre front), répondit vive-. ment à von Bülow : «La bataille est engagée devant la IIIe armée. Quelle est votre intention? Nous avons pris Œuvy. » Il est facile de comprendre le sens polémique de ce télégramme : « Quoi! vous partez | mais, nous continuons à nous battre, et même nous avons pris Œuvy. » La prise d'Œuvy, à 3 kilomètres de Fère-" Champenoise, était une bien médiocre sécurité pour Bülow qui, à. ce moment même, à 40 kilomètres de là, sentait l’ennemi dans son dos à Vauchamps-Champaubert.
Une fois son télégramme de « victoire » envoyé, von Hausen. prend immédiatement ses dispositions pour plier bagage et il donne, à 2 hk. 15, «un ordre d'armée concernant les communica tions d’arrière et par suite duquel le départ des bagages, des. convois et du train non nécessaires au combat doit s'effectuer. aussitôt la réception de l’ordre ». En même temps on procède, par les pontonniers du XIXE® corps, à la construction d’un pont sur la Marne entre Châlons et Matougues (exactement à Saint= Gibrien, Récy) pour faciliter l’écoulement de l’armée. Cepen-. dant. le groupe Kirchbach a reçu l’ordre de Bülow de se retirer à. partir de 4 heure et par son aile gauche, ce qui risquait de rompre la liaison entre la Ile et la IIIe armée. Kirchbach avertit von. Hausen qu’il ne commencerait sa retraite qu’à 4 heures et demie. C'est à 5 heures et demie seulement que von Hausen reçut de Bülow la nouvelle de la retraite de la II armée. « La Ire armée” recule : la IIe armée commence sa marche en arrière sur Dormans et Tours-sur-Marne. Ordre de retraite est transmis à Kirchbach. » Avant même d’avoir reçu ce télégramme, sans attendre les ordres directs du haut commandement, von Hausen, qui avait prescrit
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de ie D M A ee 7 PRE .. tt ge Fe re FF 3 £, E É 2 Li BATAILLE DE VITRY-LE-FRANÇOIS 10H > 142
# es mesures en vue de l'évacuation de l'arrière dès 2 h. 15, donne,
à son tour, l’ordre de la retraite, non plus seulement à ses convois, Eee. mais à ses troupes. Son groupe de droite, von Kirchbach, ayant ee. commencé à se décrocher, le groupe de gauche (général von Elsa) . reçoit à 5 h. 30 l’ordre de procéder à la retraite. C’est seulement pernd ces dispositions furent prises pour la retraite générale que V'idée vint à l'état-major de von Hausen d’aviser le haut commande- 1 * ment : : ce qui indique non seulement la volonté, mais la hâte et même la nécessité d’en finir le plus tôt possible. « Le grand com- . mandement général fut avisé de cette résolution à 6 h. 30 de l’après- A. . midi », écrit Baumgarten-Crusius. Le télégramme adressé à Moltke | était ainsi conçu :
* Le groupe d’armées d’aile droite, après une progression victorieuse, | - a reçu, par l'intermédiaire de la II° armée, l’ordre de battre en retraite K
à au nord de la Marne. Le 10 au matin, la IIIe armée atteindra la rive droite de la Marne à Condé, Châlons, Pogny. e
À - Telle sera la formule officielle de la rupture du combat à la - HIS armée. De même que von Kluck, von Hausen accuse Bülow et charge le commandement de la [Le armée de la responsabilité - dela défaite. On ajoute, bien entendu, que les ordres de retraite furent donnés avec la plus grande répugnance et en pleine maîtrise 2 des événements sur le front de l’armée.
… Cependant, le mouvement avait commencé à droite et le regrou- «pement des 32° et 23e divisions en formation de corps d’armée : amena un certain retard et une grande confusion « par suite des mé ches croisées dans l’obscurité ». La 24 division de réserve commença sa marche en arrière, dès 4 h. 30, jusqu’à Trécon, la
e division de réserve jusqu’à TS RER Soudron, et la 23e di-
si on de réserve jusqu’à Cheniers, avec un bataillon de chasseurs
“au nord de Sommesous, pour boucher tant bien que mal la brèche “existant entre les deux divisions du XIIe corps. La 23e division
- active resta jusqu’au jour dans la région de Bussy-Lettrée, avec
- quelques arrière-gardes à Sommesous-Soudé. Afin de reconstituer ‘u “les trois corps de l’armée, XIIe de réserve à l’ouest, XIIe au | … centre, XIXE à l’est, la 23e division de réserve laissa passer à Ch deniers la 32e division et elle se dirigea ensuite sur Thibie-Champi gneul, à la droite de l’armée, où elle attendit la 24 division de
ése Ve.
| ous ces mouvements s’accomplissaient sous la protection, non seulement des arrière-gardes, mais surtout d’une puissante artil-
lerie ; ils se trouvèrent ainsi cachés, pendant quelque temps, aux
RE MO A ace ANNEE MODS VUE EU « RSA 196 LA BATAILLE DE LA MARNE
yeux de l’armée française ; et celle-ci ne put prendre que progressivement la poursuite.
Une autre raison s’y opposait. À gauche de von Hausen, le XIXe corps avait été averti dès le début de l’après-midi, c’est-àdire dès l’arrivée des premiers marconigrammes, d’avoir à préparer, lui aussi, sa retraite. Ayant commencé à le faire tout en se battant il reçut, à la tombée de la nuit, vers 6 heures du soir, l’ordre de décamper définitivement. Mais, de ce côté, la situation était beaucoup plus complexe. En effet, le XIXE corps combattait en liaison étroite avec le VITIe corps de l’armée du duc de Wurtemberg. Or, la bataille en direction de Revigny pouvait passer encore pour incertaine le 9 au soir. Découvrir Wurtemberg, c’était précipiter l'effondrement de toute la gauche allemande jusques et y compris l’armée du kronprinz.
Cette gauche (qui était en réalité le centre, si l’on considère l’ensemble du front depuis les Vosges jusqu’à Meaux), cette gauche, à savoir l’armée du duc de Wurtemberg et l’armée du kronprinz, était la suprême ressource du haut commandement allemand, soit pour l’offensive, soit pour la défensive. L’abandonner à ellemême précipitamment eût été une faute telle que d’Elsa, tout en se préparant, hésitait à en venir à l’exécution de l’ordre reçu. Il fit ses observations et obtint un contre-ordre, c’est-à-dire qu’on lui enjoignit finalement de rester encore quelque temps sur ses positions. Nous allons expliquer les raisons de cette décision nouvelle et à quoi elle correspond.
Liaison pour la retraite entre les armées allemandes du centre le 9 et l’ordre de reprise d’offensive pour le 10 septembre.
Les faits eux-mêmes nous mettent, maintenant, en présence d’une nouvelle ambiguïté dans les volontés et les instructions du haut commandement allemand. À un moment donné et à cette . heure où les minutes étaient si précieuses, on ne sait plus, à la gauche de von Hausen, ce que l’on doit faire, soit partir, soit rester ; et c’est surtout à la liaison entre la IIIe et la IVe armée (c’est-àdire von Hausen et duc de Wurtemberg) que cette incertitude se M manifeste. Et voici pourquoi.
On en était encore à se demander si le duc de Wurtemberg, appuyant le kronprinz, n’allait pas rétablir les affaires. Tandis que la défaite était sans rémission à l’ouest, on voulait croire qu'on regagnerait la victoire à l’est. Ainsi les impressions et les ordres se contre-balançaient et se contredisaient. Et, par suite, «
F- has le camp français, on hésitait à considérer la victoire comme
acquise: car on constatait ces alternatives singulières dans l’at-
titude des corps ennemis et on avait peine à se l’expliquer.
. Voyons d’abord ce qui se passe à la jonction de von Hausen
- et du duc de Wurtemberg et, ensuite, nous citerons les ordres, le
… tout étant si important pour la claire intelligence de la fin de la bataille et pour sa prolongation à l’est quand elle est achevée à l’ouest.
Tout d’abord, la situation du XIXE corps allemand parut s’améliorer un peu à la fin de la journée du 9. Le 21€ corps français, dont l’arrivée avait si vivement alarmé les états-majors allemands,
— avait bien sauvé la trouée de Mailly, mais il ne l’avait pas dégagée. Nous l’avons vu s’arrêter devant la ferme de l’Ormet, le 9 au soir ; il ne put même pas s'emparer de la ferme Pimbraux ni, à plus forte … raison, se porter sur la voie ferrée ; ceci avait rendu quelque con- - fiance au général d’Elsa : il faisait observer que les « forces s’équi- - libraient ». On apprenait, d’autre part, que le kronprinz avait résolu de renouveler une attaque décisive pour le 10 au matin. A l’appel du kronprinz, Wurtemberg, qui, lui aussi, avait pré- + paré sa retraite dans la journée du 9, en avait suspendu l’exécu- . tion. Il maintenait notamment sur le terrain son corps de droite, le VIII, qui, depuis deux jours, combattait en liaison avec le … XIXE corps de l’armée von Hausen. Ainsi, le sort du XIXE corps étant lié à celui de la IVe armée, dépendait, jusqu’à un certain … point, des événements de l’est. Voilà pour les faits, et voici maintenant pour les ordres.
La retraite étant en partie imposée par l’ennemi, en partie spon- - tanée, en partie ordonnée, l'état-major de la III armée, tout en . décampant, délibérait ; or, voici, qu’à 9 heures du soir, arrive un radio de Luxembourg prévenant qu’un nouvel ordre du grand quartier général enjoint à la IIIe armée de rester au sud de Chä- … lons et de se préparer à une nouvelle offensive pour le lendemain, 10. - A cette offensive devait participer la IVe armée en cas de « perspective de succès », tandis que la Ve armée attaquerait dans la nuit même du 9 au 10.
A l’arrivée de cet ordre, écrit von Hausen, la question se posa pour moi de savoir si je devais y obéir et rester au sud de Châlons ou si je devais m’en tenir à la décision de retraiter vers le nord dictée par le recul de la IIe armée. Ce dernier parti paraissait indiqué, à condition qu'on pût admettre que les événements survenus à la 11e armée n'étaient … pas encore connus du grand quartier général au moment de l’envoi de son ordre...
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D’après les témoins, on concluait, à la IIIe armée, que « le haut 3 commandement était en train de changer d'opinion sur la situa- | tion générale ». Voilà bien de ces respectueuses formules d’étatmajor! Autrement dit, le haut commandement ne savait pas ce qu’il voulait.
Là-dessus, arrive à Châlons le lieutenant-colonel Hentsch. On se jette sur lui et on le supplie de débrouiller l'énigme : il déclare, qu’à son avis, il ne faut pas s’entêter au sud de la Marne, puisque les événements ont tourné tout autrement qu’on ne l’espérait à la ITe armée. Au moins celui-là a un système. On l’écoute et on décide la continuation de la retraite.
Or, voilà que survient, à 10 h. 30 du soir, l’ordre péremptoire de rester sur place pour attaquer le lendemain : « La IIIe armée restera au sud de Châlons. Elle aura à reprendre l'offensive, le 10 septembre, aussitôt que possible. » Cette fois, l’ordre est formel. On s’in- « cline. On se préparera donc à se joindre, le 10, à l’offensive de la IVe armée et non à la retraite de la IIe armée.
Mais alors, d’autres difficultés se présentent : maintenant que l’armée Bülow a vidé les lieux et que la propre droite de von Hausen est déjà aux approches de Châlons, comment s'engager contre un ennemi vainqueur avec le flanc découvert et une armée réduite de moitié? Von Hausen demande donc, par l’entremise du lieutenantcolonel Hentsch, que la II armée, qui persiste à replier sa droite sur Fismes, sa gauche à l’est de Reims, laisse du moins une arrière- " garde du corps de la Garde à Flavigny, au sud de la Marne. Un peu rassuré de ce côté, von Hausen prend le parti (sauf de . nouveaux ordres ou contre-ordres) de se caler, dans sa retraite : même, au sud de la Marne et de présenter ainsi un front oblique de Flavigny à la ferme Pimbraux, chevauchant par conséquent la voie ferrée, de façon à couvrir, vers l’ouest, la IVe armée, tandis que celle-ci attaquerait en connexion avec l’armée du kronprinz. Si le succès se dessinait, le XIX® corps était autorisé à se jeter dans la bataille et à se joindre à l’attaque éventuelle du
= VIII corps.
Voici donc von Laffert arrêté dans son mouvement. Toute la. droite de l’armée allemande, c’est-à-dire von Kluck, von Bülow et : la moitié de von Hausen, évolue autour du XIX° corps pris comme pivot, tandis que ce corps et les troupes qui sont à gauche se préparent à attaquer pour la journée du 10. On comprend, mainte- « nant, l'aspect singulier de la fin de la bataille de la Marne dans cette région. La lutte reprenait ou mieux encore se prolongeait partiellement, après une première velléité de retraite. 1
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2 Dar s le camp français, on n’y comprenait rien. La bataille 2" s'était prolongée jusqu’à la tombée de la nuit; et alors quel’on #4 an senti l'ennemi fléchir, alors que les renseignements avaient ES fa it connaître qu’il retournait ses convois, retirait son artillerie, ee | vi dait ses tranchées, on le voit tout à coup s’arrêter, faire tête, < sa acharner sur certains points ; son artillerie lourde PAR RS nos 5
troupes de tirs en rafales et à longue portée. Nos régiments, qui
ess sayent de prendre la poursuite avec des effectifs déjà extré-
mement réduits et épuisés, tombent sur des barrages solidement
défendus ; les villages et les fermes que l’on tente de réoccuper
éffondrent sous le feu de l'ennemi qui vient de les quitter. Et u à l’est de la ligne Sompuis-Saint-Ouen, tout le XIXE corps,
appuyé sur le VIII corps, fait ferme |
On savait, d’autre part, que le 2e corps (général Gérard) était
: enge agé dans de durs combats, de même que l’armée Sarrail tout
entière. On constatait que l’ennemi, loin de céder, se préparait | une ville offensive. Il convenait donc de ne pas se laisser 3x5 de à de trop rapides espoirs. Avec un ennemi tenace, audacieux, ‘a
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orgueilleux, ulcéré, mieux valait s’attendre à tout et se préparer É 8 re Pour le moment, il n’y avait qu’un devoir, se battre. Il é: # ait toujours temps de chanter victoire. + bé: données précises sur la retraite mi-partie de von Hausen à a fin de la journée du 9 et dans la journée du 10 nous permettent Ga de comprendre le singulier imbroglio d’une bataille qui renaît,en quelque sorte, de ses cendres. Avant d’amorcer l'exposé de la mc. poursuite française, il est indispensable d’expliquer ce qui se pas- 4 sait dans les combats où, à droite, le corps Gérard et l’armée Sarrail étaient engagés.
+ Re >