‹ La bataille de la MarneChapitre 47 sur 102 · A PR MR MEL EP F7 AS · texte numérisé non relu

A PR MR MEL EP F7 AS

En

s épaisse. C'est une sentinelle. Mais quelle cible unique pour les ; artilleries transportées en hâte de la place de Metz!

Fort de Troyon, 8 septembre 1914, troisième heure du bombarde-

ment.

… Nous avions été tranquilles pendant trente-sept jours. Hier, j'étais

… allé sur le Signal pour tirer quelques perdreaux. Dans la soirée, nous

… avons appris qu’une forte colonne ennemie venant de Metz avait atteint

… les Hauts-de-Meuse, vers Mouilly et Saint-Remy. (Nous allons dire

… quelle était cette colonne et ce que devint sa manœuvre.) Ce matin, elle

x entrait à Seuzey et, à 8 heures, commençait la danse. Depuis près de

… trois heures (il est actuellement 10 h. 45), nous avons encaissé environ

- 180 obus de 150. Ah! notre pauvre fort! Le magasin du gardien de

È batterie est éventré ; le logement des lieutenants l’est également. Nous

avons sept pièces hors de service. Nos batteries, après avoir essayé

à pendant un quart d’heure de répondre au feu de l'ennemi, durent être

“évacuées. On ne voit rien. Ils tirent avec des obusiers de 150, enterrés dans des ravins que nous ne pouvons atteindre.

+ .. Il n’y a personne dans la région pour nous aider. Depuis cinq jours toutes les troupes ont repassé la Meuse pour livrer une grande bataille - qui dure depuis quatre jours dans la région de Triaucourt-Courouvre. - (Le commandant allait s’apercevoir bientôt que l’on pensait à lui.) Le

… gouverneur de Verdun vient de me téléphoner en nous demandant de

… tenir quarante-huit heures ; de notre résistance dépend le succès. J’ai - répondu que nous tiendrions.… Je suis prévenu qu’une division de cava- lerie et un régiment d'artillerie sont partis des environs de Toul ce matin au petit jour (il s’agit de l’exécution de l’ordre donné par Joffre -qui se relie à la manœuvre de la Moselle); mais, ils n’arriveront pas

“ avant demain dans la journée. Nous aurons sûrement une terrible attaque de nuit à soutenir. Il n’y a rien à faire tant que l’artillerie tire : mais, quand l’assaut se préparera, il faudra bien que le tir cesse et, alors, nous serons à deux de jeu. La garnison est calme. Moi, tu peux

. juger si ma main tremble...

“ Suit le récit de l’angoissante journée, avec les alternatives du tir fe ennemi, les vaines tentatives de riposte, les alarmes et les attentes - plus pénibles encore que les alarmes. Cependant le fort s ’écroule, tombe en miettes.

; Une dépêche de Commercy nous annonce que la 2 division de cavalerie venant de Toul est à Buxerulles et son aile gauche à Spada.

- On nous demande des précisions sur les positions ennemies. Je viens

d’envoyer tout ce que nous savons : une batterie de 150 au rentrant du | - bois de la Marville, à 800 mètres à l’ouest de Deuxnouds ; une batterie - de 77 de campagne derrière la corne E de la Goufïière, ‘cote 259; de - l'infanterie creusant des tranchées au signal de Troyon. — 6 h. 20, je viens . de diriger moi-même, comme observateur et commandant de batterie, … un tir à obus explosifs de 90 sur les tranchées que deux sections environ … établissent au Signal. Au second coup de canon, nous avons culbuté - un élément de tranchée ; mais le résultat ne s’est pas fait attendre, Voici les 450 qui rentrent en action...

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