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le 12 et que l'ennemi avait encore manifesté offensivement le 12, + à 15 heures, sur Chaumont. Le 13, à 15 heures, l’officier de haisoi ; du grand quartier général recevait cet exposé : « La 3€ armée progresse. Devant le 5e corps, Belval est évacué; le corps d'armée … atteindra vraisemblablement Triaucourt ce soir. Devant le 15e corps, Pretz-en-Argonne est évacué ; le 6€ corps a atteint Issoncourt. Le groupe des divisions de réserve aura sa tête ce soir à Monthairon. La 72e division de réserve a reçu l’ordre de pousser vers Clermonten-Argonne et au sud. À 18 heures, l’ennemi se retirait devant le front. » Sarrail ajoutait : « Si le terrain est libre à une certaine distance, on fera un bond en avant ; mais les hommes sont incapables d’un gros effort. »
En fait, la bataille de l’Argonne était terminée. Si elle ne s’achevait pas par la poursuite et la manœuvre de flanc qu'avait conçues le général Joffre et que Sarrail avait même préparées, les résultats | obtenus n’en restaient pas moins considérables : la ligne maintenue, Bar-le-Duc intact, Verdun sauvé, la trouée de Revigny fermée, la manœuvre par la trouée de Spada refoulée, l'ennemi battu partout de son propre aveu, puisqu'il se retirait sur l’échec sanglant de la Vaux-Marie, tels étaient les lauriers conquis par une armée peu nombreuse et qui avait eu à garder un front de 70 kilomètres en tête à tête avec une puissance formidable, l’armée du kronprinz.
Le général Sarrail exposa ce qu'il avait fait dans un compte rendu daté du 16 septembre, et il reçut, le 17, cette réponse du général Joffre : « J’ai pris connaissance de votre compte rendu, en date du 16, au sujet des opérations effectuées par la 3° armée depuis les derniers jours d’août. En réduisant l’amplitude de votre mouvement de repli et en prenant une position envelop-. pante par rapport à la gauche du dispositif ennemi, vous avez parfaitement rempli la mission qui vous était assignée. »
La résistance du duc de Wurtemberg et de la gauche saxonne, le 10 septembre.
Il était nécessaire d’exposer la fin de la bataille de l’Argonne et, notamment, l'offensive suprême du kronprinz sur la Vaux- Marie et sur Vassincourt, Bar-le-Duc, pour faire comprendre les “ raisons qui avaient motivé le contre-ordre donné en pleine retraite « par le grand quartier général allemand aux deux armées du due
de Wurtemberg et de von Hausen. On peut comprendre, maintenant, comment l’ordre d’attaquer donné au kronprinz et le contre-
. ES D PR ne FIN DE LA BATAILLE DE L’ARGONNE 243
ordre de rester donné aux deux armées voisines forment un tout lé Le 9 et le 10, malgré que le parti de la retraite fût imposé par à En nécessité des faits aux trois armées de droite, von Kluck, von Bülow et von Hausen, le commandement allemand pouvait È espérer encore que, par un effort suprême, il parviendrait à briser . l’armée de Joffre à sa droite, ou bien à la tourner. En combinant - le coup de surprise par la trouée de Spada avec la « pression inébranlable » du kronprinz et du duc de Wurtemberg, on aboutirait … peut-être. En somme, c’était le plan stratégique de von Moltke qui entrait en voie d’exécution à la dernière minute. Le mieux était d’attendre et de seconder cette tentative sur laquelle reposait le dernier espoir.
… Le duc de Wurtemberg avait confiance ; il voulait lutter en- core ; et c’est pourquoi, dans la soirée du 9, l’ordre de retraite est … rapporté pour le XIXE corps de von Hausen et pour la IVe armée, - chargés d’appuyer de toutes leurs forces, dans la région de Vitry- … le-François-Revigny, l'effort du kronprinz sur Bar-le-Duc. Moltke … à télégraphié à la IVE armée d'attaquer à l’aube sur Blaise et sur Perthes.
… Ainsi, à la dernière minute, s'engage une puissante contre- … attaque, une bataille du centre combinée avec la bataille de l’est; et - ceci explique l’espèce d’hésitation que met le haut commande- Le ent français à se déclarer vainqueur dès le 9 au soir. L’ennemi se retournait tout à coup; il s’accrochait au terrain; la partie reprenait plus ardente que jamais, de Vitry-le-François à Verdun “et au delà, alors que Sarrail tenait à peine et que Coutanceau “appelait au secours. Tout paraissait remis en question : il fallait “attendre avant d’affirmer que la victoire s’était prononcée. - Jetons donc un dernier coup d’œil sur cette finale, la bataille du centre, qui se relie, le 10 et le 11 septembre, aux derniers combats de l’Argonne, et dont l’armée Langle de Cary supporte tout le poids.
; … Nous avons vu l’armée von Hausen arrêtée en pleine retraite, le 9 au soir, et formant avec ses corps un crochet défensif s’étenue Dan de Flavigny à la ferme Pimbraux pour protéger Châlons et b: armée du duc de Wurtemberg. L'ordre suivant était arrivé le 9, à 10 heures et demie du soir, au quartier général de von Hausen : « La IIIe armée restera au sud de Châlons. Reprendre l'offensive le Dieter, dès la première heure. V. MOLTKE. »
. Tout est réglé pour une liaison complète avec l’offensive du
kronprinz. Von Hausen, qui obtient l’appui de la Garde (de l’armée Bülow) sur Flavigny, donne, d’autre part, ses ordres en conséquence. Son mouvement était également combiné avec celui de l’armée du duc de Wurtemberg et on montait une attaque commune du XIXE corps (armée von Hausen) avec le VIII corps (armée du duc de Wurtemberg). Celle-ci devait porter le poids principal de la bataille en se ruant sur l’armée de Langle de Cary pendant que l’armée du kronprinz se ruait sur l’armée Sarrail.
Mais on était loin de compte, si on tablait maintenant sur une de ces puissantes offensives du début : l’armée, qui avait déjà tourné les talons, humait l’air de la retraite. D’autant plus qu’elle avait affaire, par contre, à une armée française exaltée à tous ses degrés par l’apparition de la victoire.
Les événements se précipitent donc dans la journée du 10, et nous les indiquerons seulement par leurs traits marquants, non sans faire observer toutefois que cette finale de la bataille de la Marne mériterait un récit à part.
Au lieu d’attaquer, l’armée saxonne, en place vers le milieu de la journée du 10, attend ce qui va advenir. Foch a monté son offensive par la 42€ division et par ses 9% et 118 corps : elle tombe sur la 24° division de réserve allemande à Connantray. Celle-ci est écrasée ; « échec décisif », écrit von Tappen ; elle appelle au secours la 23e division de réserve, qui se bat sur les hauteurs au nord-est de Bergères-Pierre-Morains. Le succès est complet pour le 9% corps : et le 112 corps français. A la nuit tombante, la 24e division de réserve allemande est écharpée à Clamanges. Et, tandis que parvient … à von Hausen, à 5 h. 45 du soir, l’ordre général de retraite sur Mourmelon-Francheville, von Kirchbach donne, à 11 heures du soir, l’ordre de la retraite immédiate à des troupes qui, d’elles- » mêmes, se sont mises en fuite. Les débris de la 24 division de réserve, harassée, vont passer la Marne au pont de Matougues, la 23e division de réserve, qui protège sa retraite, à Condé-sur-* Marne. Le XIIe corps allemand se décrochait, plus vaillamment, en attaquant. Il avait reçu, le 10 au matin, l’ordre suivant : « L’ennemi semble avancer contre le flanc droit du XIXE corps. Le XIIe corps devra tenir des forces importantes prêtes dans la région de Soudé, pour pouvoir empêcher, par sa propre offensive, un mouvement d’encerclement de l’ennemi contre l’aile droite du XIXE corps. » Conformément à cet ordre, la 239 division se tint prête à protéger, de Soudé en direction de Sompuis, le XIXE corps engagé entre Sompuis et Huiron. Les deux corps ont