‹ La bataille de la MarneChapitre 53 sur 102 · PORT NS ER PS IEP · texte numérisé non relu

PORT NS ER PS IEP

Ld

affaire à ce groupe offensif que Langle de Cary a monté avec le 21e corps, une partie du 12€ corps et le 17€ corps. La journée est extrêmement rude de part et d’autre. Finalement, après de violents combats, le XIIe et le XIXE corps reçoivent, à la tombée du jour, l’ordre de se replier et de prendre toutes dispositions pour repasser la Marne entre Saint-Gibrien, Sarry et Pogny.

L'épisode final de Maurupt-le-Montoy.

Cependant toute l’armée du duc de Wurtemberg donnait contre l’armée de Langle de Cary ; c’était la dernière vague de l'immense marée allemande. Elle ne fut arrêtée qu’au prix de sacrifices héroïques qui donnent, à ce dernier spasme de la bataille de la Marne, quelque chose de particulièrement dramatique.

A partir de Sompuis, c’est le 21€ corps français (139, 43e, 23e divisions) qui fait désormais la jonction entre l’armée Foch et l’armée de Langle de Cary ; il enlève la cote 200, les fermes Pimbraux et Nivelet ; il s'empare de Sompuis et saute sur la voie ferrée (1).

Au 17% corps incombe la mission de refouler l’offensive du XIXE corps allemand et du VIII corps sur Soudé-Sainte-Croix. Après une série d'engagements heureux dans le cours de la journée du 10, l’offensive générale est ordonnée à 17 heures. Toutes les troupes disponibles sont lancées en avant. La voie ferrée est franchie. L'attaque progresse rapidement malgré le canon ennemi. Le combat continue même la nuit. Dès le soir, on est en vue de Coole,

Le 12€ corps seconde l’offensive du 17% et du 21e corps sur Sompuis et les Grandes-Perthes. Le colonel Dubois déclenche une attaque à 8 h. 40 du matin. Mais la violence de la canonnade ennemie brise un moment l’élan de la 45€ brigade. Les pertes sont lourdes. Le colonel Dubois, le colonel Vernet sont blessés, le colonel Méric est mis à la tête de la 48 brigade. Dans la soirée, le terrain se déblaie et tout le corps progresse vers la voie ferrée.

(1) C’est le 10 septembre au soir, au moment où les tirailleurs français de la 13° division Bacquet franchissent le passage à niveau à Sompuis, qu’un shrapnell tomba si malheureusement sur le groupe de l’état-major qu’il tua simultanément : le général Barbade, le capitaine Cocagne, le lieutenant Peticollot, le sergentmajor Devinne et plusieurs soldats du 2% bataillon de chasseurs, tous appartenant à la 25° brigade ; en outre, le colonel Hamon, le capitaine Limeson et plusieurs soldats appartenant tous à la 26° brigade ; enfin, le commandant Pajot et le lieutenant Haury du 62 régiment d'artillerie. Ils ont été inhumés, les uns auprès des autres, au lieu même où ils furent frappés.

SA en. N'a ECC UE re FRA TENT Ar PR CC 2 LP: se È Ve PER RICE A ne Ç Gi rt.

| es 1 , # Se FR 246 LA" BATAILLE DR LÉ MURNE à Fe FESSES

C’est Je corps colonial (général Lefèvre) et le 2e corps (général Gérard) qui ont à subir le plus fort de la contre-offensive allemande. | Le due de Wurtemberg, combattant au voisinage de l’armée du kronprinz, est résolu de procéder, en même temps que celui-ci, à l'effort le plus intense de la « pression inébranlable ». Les VIII. | et VIII de réserve, et le XVIII corps ont ordre de faire le possible et l'impossible pour briser le front de Joffre au point de jonction entre les armées du centre et les armées de l’est, c’est-àdire juste à la jonction de Maurupt-le-Montoy. Une manœuvre a été montée qui longera la ligne du chemin de fer par Blesme et tâchera de tourner le point de résistance par le bois de Trois- Fontaines. Mais Langle de Cary, prévenu, a paré le coup en rameutant tout ce qu’il a de disponible. Il a même donné l’ordre au 2e corps de rabattre sur le centre. En attendant, le corps colonial barre la route. Il prend même le parti de l'oféntret El se À jette sur Écriennes, dont il s'empare. Fr

Langle de Cary a tremblé pour sa ligne à la jonction du corps colonial et du 2 corps (général Gérard). Nous avons dit les terribles combats soutenus par ce corps pour garder l’éperon de … Maurupt-le-Montoy et pour maintenir sa liaison avec l’armée - Sarrail. Le corps Gérard occupe un front extrêmement étendu au moment où le duc de Wurtemberg fonce sur lui pour en finir. 4 Et c’est le moment aussi où le kronprinz livre la bataille de nuit ! Langle de Cary, rappelant son 2e corps, lui a donné l’ordre d'abandonner Cheminon. C’est la fissure qui se crée juste au. point que vise Wurtemberg. Heureusement celui-c1 ne voit pas, ne devine pas, ou plutôt-il ne peut pas. À

D'ailleurs, Joffre a paré le coup : le 152 corps est maintenant . entré en ligne. Gérard est soutenu vers sa droite. Il ne se résout même pas à quitter tout à fait Cheminon. Il y maintient quelques . éléments avec ordre de se faire tuer jusqu’au dernier homme. Heure douloureuse, mais qui va devenir l’heure décisive. La ba-. taille de la Marne, gagnée partout ailleurs, n’est plus accrochée « que par cette dernière ronce qui traîne sur le sol. 4

Donnons le récit exact de ce suprême épisode. {

Dès 3 heures du matin, l’ennemi attaque le 2 corps avec une violence inouïe et en pleine simultanéité avec l'offensive du kronprinz. Gérard donne au 19 chasseurs l’ordre d'éclairer aussi loin que possible sur le front. Que constate-t-il partout? A Favresse, au Montoy, à Cheminon, au bois des Trois-Fontaines, des masses ennemies qui se précipitent sur nos lignes. Maurupt est pris à

Page 1