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l'infanterie ennemie (colonnes assez ipod an ten) progresse Je loss 1 de la route et de la voie ferrée d’Antilly-Betz (vers 11 heures). Il y … a lieu d’arrêter, à tout prix, ce mouvement de l’ennemi. À cet effet, la 61e division de réserve cherchera à progresser dans la direction de Betz.. La 7e division prélèvera, si possible, sur ses réserves, un … ou deux bataillons pour arrêter l'offensive ennemie sur Betz. Il importe d'arrêter ce mouvement débordant sur l’aile gauche de la : 6e armée que le corps de cavalerie ne peut arrêter à lui tout seul. »
Cependant, la 14° division, qui a supporté difficilement le choc, se maintient avec peine sur la croupe nord-ouest d’Acy. La 7e division s’infléchit vers elle pour maintenir la liaison, et prend pour | axe de marche : ferme de Gueux-Étavigny. La 14° brigade s’engage vers Gueux. Vers 15 h. 30, la 7 division occupe par sa tête de colonne la corne sud-ouest du bois de Montrolle, dans lequel la” G1e division de réserve a pénétré de son côté ; elle a enlevé la ferme ; de Gueux et la ferme le Château. Son Sr va engager la lutte : avec l'artillerie ennemie placée dans la région d’ Étavigny. |
Ainsi l’entrée en ligne de la 7€ aivision avait arrêté net le mou- À vement tournant combiné par von Kluck. Mais, pour avancer maintenant, c’est autre chose. On avait devant s01 la crête de Betz. Elle était garnie de troupes allemandes attendant le débouché des troupes françaises. L’artillerie lourde tirait de tous les points du plateau. Le terrain était balayé et le bois de Montrolle était haché. La 61e division de réserve, après l’avoir occupé la plus grande partie ; de la journée, n’avait pu en déboucher. Cependant, un pas de plus avait été fait. Le 122, en liaison avec le 1219, s’accrochant aux. pentes au nord de Boissy-le-Frenoy, s'était glissé en direction de | Macquelines et occupait les hauteurs au sud de la Grivette. | Encore un effort et le plateau était enlevé. à
C’est alors que von Kiluck, surpris d’une si audacieuse avancée, obtient de ses troupes un suprême effort. A la tombée du jour, une attaque allemande se glisse jusqu'au bois de Montrolle, elle y. pénètre et les éléments de La 61 division de réserve, qui l’ont gardé . toute la journée, sont refoulés sur Villers-Saint-Genest. Incident sans importance et qui sera vite réparé. Cependant, les troupes de : la 61° division et du 4 corps se retranchent sur leurs positions ; elles reçoivent du général Boëlle l’ordre de se cramponner au terrain et de se maintenir coûte que coûte devant l'adversaire. Les termes mêmes de cet ordre nous rendent parfaitement compte de la situation telle que la voyait le général Boëlle :
I.-— Les forces ennemies opposées à la 6° armée paraissent avoir | été Mtdernoni renforcées dans la journée du. 8. De gros rassemble-
De ments Que été signalés à May-en-Multien et, en arrière, à l’est du front
l'Ourcq, venant de Brumetz à Neufchelles. Une division de cavalerie - ennemie avec obusiers serait vers Thury-en-Valois avec chasseurs à - pied et cyclistes tenant le ravin à l’ouest de Cuvergnon, la lisière … nord-ouest de Cuvergnon et la lisière nord du bois au nord. - II. — Dans ces conditions, les troupes placées sous les ordres du général commandant le 4 corps devront, coûte que coûte, se maintenir . devant l’adversaire en se cramponnant au terrain et en renforçant leurs positions par des organisations de campagne sérieuses. La ligne de combat à organiser sera occupée pendant la nuit, sauf pour les troupes montées, ce qui n’empêchera pas de chercher à reconstituer et à réorganiser des réserves en vue de la manœuvre. Les troupes reprendront les armes à 4 heures et réoccuperont entièrement leurs positions. Le bataillon du 1032 (arrivé pendant la nuit à . Nanteuil-le-Haudouin) sera rendu à 4 heures à Sennevières à la dispo- sition de sa division.
Le 14° hussards établira la liaison avec le corps de cavalerie vers … Ormoy-Villers et éclairera dans la zone comprise entre les routes de Nanteuil-le-Haudouin-Lévignen, Nanteuil-Étavigny. - IV. — Les zones d’action des 61° division de réserve et 7e division
. restent les mêmes que pour la journée du 8 septembre, sauf modifica-
tions apportées de commun accord par les généraux. V. — Quartier général du 4° corps d’armée : Nanteuil-le-Haudouin.
… Le 7 corps avait subi un sort à peu près analogue à ses voisins. . Au début de la journée, comme nous l’avons indiqué, la 142 divi- . sion avait tenté d'aborder la côte d'Étavigny-Boullarre et la fortune avait paru lui sourire. Elle se heurtait, sans le savoir exactement, à la force principale de l’armée von Kluck. Après des alternatives diverses, le corps avait gardé intact son front de Puisieux au Bas-Bouillancy, y compris le village d’Acy-en-Multien et la hauteur au nord-est de ce village. Mais il n'avait pu mettre le pied sur la crête d’Étavigny.
L’ennemi était contenu. L’on ne se doutait pas encore, dans le . camp français, que c'était un réel succès. Car von Kluck, n’ayant pu avancer, allait se trouver coincé dans sa propre manœuvre. Du moment où il n’arrivait pas à prendre de flanc l’armée Maunoury à la « bataille des communications », l'issue allait, incessamment, se tourner contre lui à la « bataille de l’articulation ». Perdre une . journée, pour lui, c’était perdre la partie. Car il laissait à l’armée britannique et à la 5° armée le temps d’atteindre la Marne et de déboucher sur celui de ses flancs que sa lourde faute avait exposé sans défense aux coups de l'ennemi.
C'est ce qu'il a senti depuis la veille au soir en autorisant l'abandon du pivot de Varreddes et c’est ce qui se confirme main-
Rosoy -en -Multien -Boullarre. D’autres rassemblements ont franchi
KE tenant à proximité de la bataille d’articulation. Là, le IR Corps ce qu’il reste du IVe corps de réserve ont affaire au or »s divisions de réserve du général de Lamaze. Certes, ces divi visions sont extrêmement fatiguées. Malgré tout, leur commandement, | comprenant l'importance de la mission qui leur est confiée, ht d'elles un nouvel effort.
Nous les avons montrées, dans la matinée, prêtes à monter 14 l'assaut du plateau de Trocy et faisant précéder leur offensive d'une vigoureuse préparation d’artillerie venant de la ferme Nongloire au sud de la Râperie. L'attaque se déclenche. L’artillerie | lourde allemande est, en partie, détruite par notre 75 et notre propre … artillerie de sortie. Mais il en reste assez devant nos admirables réservistes pour qu’un véritable tir de barrage les accueille sur les pentes du plateau, sur les collines au nord et au sud de la Thérouane et sur le ru de Poligny, dès que nos fantassins paraissent même en formations très diluées. Les fonds des ravins et le village … de Marcilly sont bombardés par le tir courbe des obusiers. Cependant, l’offensive se renouvelle trois fois au cours de la journée. C’est en visant ces magnifiques assauts qu’un auteur allemand a … écrit : « Ces Français sont des diables ; ils ressuscitent sans cesse. » | Nos pertes sont extrêmement lourdes ; mais celles de l’ennemi ne le sont pas moins et elles accablent une troupe dont le moral est déjà atteint. Les vagues tentatives de contre-attaque ennemies | sont enrayées, à leur tour, par notre artillerie. Celle-ci, batteries de sortie comprises, prend de plus en plus l'avantage. Partout | l'ennemi est arrêté. Pour la fin de la journée, l’offensive des divisions Lamaze n’a pas encore obtenu la victoire ; mais ces braves troupes ont, d’ores et déjà, le sentiment que les effets de leur vail- … lance apparaîtront le lendemain. Elles passent la nuit dans leurs tranchées, prêtes à reprendre le combat.
Von Kluck, que l’angoisse étreint depuis le 7, a perdu complètement pied dans cette journée du 8. Ses avions l’ont prévenu que l'ennemi atteint la Marne et que, partout, le danger se resserre autour de jui. À 9 h. 15 du matin, il a dû faire face à l'attaque de Lamaze sur Trocy et ordonné à la 5° division du IIIe corps de | marcher non plus sur Crouy mais sur Trocy «pour paralyser, écrit-il, un essai de rupture en ce point ». Au moment où il voudrait ne se consacrer qu'à ses communications, son articulation craque. « L’ennemi, écrit von Kluck, est signalé en marche vers Coulommiers, la Ferté-Gaucher, Rebais. » Ce sont les Anglais. L'armée britannique, comme nous allons l’exposer, s’est décidée, en effet, à
41e dans la fissure produite par le départ des corps de l’armée von Kluck.
- Il semble qu’elle peut se passer du concours immédiat de la 8 division française (de Lartigue). Aussitôt le commandement français jette celle-ci dans la «bataille d’articulation ». Au cours de l’après-midi, le général Maunoury lui a fait connaître la situation sur la rive nord de la Marne et dans la région de l’Ourcq. 1] lui a signalé que l’ennemi qu'il a devant lui est soutenu par de forts rassemblements signalés aux abords de Lizy-sur-Ourcq et qu'une artillerie lourde allemande est embusquée à Gué-à-Tresmes. En conséquence, et tout en maintenant par la brigade de cavalerie la liaison avec l’armée britannique, ordre est donné à la 8 division d’avoir à pousser vivement vers le nord pour prendre part, sans retard, à la bataille. Elle préparera son entrée en ligne en canonnant, de la rive gauche de la Marne, les forces ennemies qui arrêtent notre droite par leur tir d'artillerie venant d’Étrépilly et de la cote 107 (2 500 mètres ouest de Germigny).
Voici donc la « bataille d’articulation » qui rebondit avec de nouveaux éléments ; ceci est d’une importance extrême : car le front de von Kluck craquera là. La 8e division, dont le déploiement était marqué dans la matinée par Saint-Fiacre, Villemareuil, avec flanc-garde à Fublaines, atteint, dans l’après-midi, le front : château de la Noue, cote 170 (500 mètres sud de Montceaux, château de Brinches). Elle tombe donc droit sur Varreddes et son canon va commencer à nettoyer la rive droite. Cependant, Montceaux et le bois de Meaux, au nord, étaient encore tenus par des éléments ennemis qui ne sont plus, d’ailleurs, qu’un rideau. Von Kluck le sait et il voit maintenant, avec terreur, s’avancer cette pince, contre laquelle il tente, trop tard, de se protéger. Le lendemain 9, il faudra bien prendre un parti : ou décamper, ou se faire prendre.
Fera-t-il la folie de s’entêter dans l’autre bataille, celle des communications, à Nanteuil-le-Haudouin? Aujourd’hui, oui : « Le sort de la journée, écrit von Kluck, dépend de l'entrée en ligne du IX corps à la Ferté-Milon-Mareuil. Il ne devra pas se laisser retarder par l'ennemi en marche de Coulommiers. » Mais si cette action du IX® corps ne sé fait pas sentir avant le soir, la bataille des communications est perdue. Et même en bonne voie, demain, où mènerait-elle von Kluck? Il ne prendra pas Paris en un tournemain, et, s’il s’attarde, 1l aura la moitié de la grande armée de Joffre sur les talons.
D'ailleurs, pour plus de sûreté, Maunoury, en vue de lui barrer
la route s’il tente ce coup de folie, a pris une nouvelle : précaution. Dans la soirée du 8, une division fraîche, la 62, avait été mise à sa disposition par le gouverneur de Paris. Elle est chargée d'organiser une position éventuelle de repli sur le front Plessis-Belleville-Mon-
thyon. Une ligne de soutien est donc toute préparée en avant du camp retranché si la 6° armée est obligée d’y chercher son …
appui. 1 La journée du 8 dans le camp allemand. - ;
Cette journée du 8, si on l’envisage du point de vue allemand, : est celle qui présente le plus d’obscurités. Obscurités en partie voulues : elles ont été amoncelées à plaisir par von Kluck et par ses ; apologistes, et épaissies encore par les communiqués et explica- | tions du grand quartier général, uniquement faits pour en imposer à l'opinion allemande et à l’opinion universelle. Le grand quartier général, ayant pris pour système de soutenir qu’il n’avait pas été battu à la Marne, et même qu’il n’y avait pas eu, à proprement parler, de bataille de la Marne, puisqu'il ne s’agit que d’une manœuvre en retraite « génialement » conçue et toute spontanée, il fallait trouver un moyen de jeter le voile sur les faits précis et d’ordre tactique qui avaient déterminé le grand recul stratégique. Ainsi, on fut amené à accepter la thèse de von Kluck, clamant à tous les échos : « Je n’ai pas été vaincu. Tout au contraire, l’ordre de retraite a été donné quand j'étais pleinement victorieux. » Comment démentir cette assertion audacieuse sans donner des explications précises et comment mettre un terme aux vantardises de von Kluck, si l’on ne découvrait pas toute la vérité? |
Mais la découvrir, c'était renverser le système du grand étatmajor et, surtout, c'était révéler au public la discorde scandaleuse qui avait régné entre les chefs et qui avait été une des causes principales de la défaite | L'opinion publique se serait soulevée et l’indignation eût risqué de dessiller les yeux d’un peuple aveugle au moment où on lui demandait les plus tenaces efforts.
Pour conserver son prestige auprès de l’armée et auprès de la nation, pour obtenir, de l’une et de l’autre, la continuation d’une guerre, qui, dès le début, manquait à ses promesses, il fallait donc tout nier, tout voiler, accepter les mensonges d’où qu'ils vinssent, quitte à les arranger peu à peu et à avouer graduellement ce que l'on ne pourrait pas toujours taire. D’où ces versions diverses, contradictoires, truquées et tronquées, se succédant et se super-
LS ET Fe, ACER HE oDE ee WE F “à LA à marque etes DU 8 SEPTEMBRE
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