‹ La bataille de la MarneChapitre 8 sur 102 · DC · texte numérisé non relu

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sant et auxquelles la plupart des historiens de la guerre, et 5 ème les historiens français, se sont laissé prendre. Nous avons Bob haut l’aveu de Fendrich, socialiste au nez de carton, plat serviteur du grand état-major, qui, cherchant à se Troie au mi # des contradictions et des querelles des grands chefs, finit

Le:

par reconnaître que tous mentaient consciemment et par déclarer LE

qu'il n'avait fallu rien moins que l'intervention de l’empereur pour

imposer une version que Fendrich lui-même reconnaît n'être pas . moins adultérée que les autres.

Pour le moment, ce qui importe, c’est de dégager la vérité sur le - moment critique de la bataille de la Marne, vérité sans laquelle aucune leçon militaire et historique ne résulterait de ce prodigieux

sorr, voilà le fait.

nés en effet avéré, d’ores et déjà, que les ordres pour la retraite “ont atteint certaines unités de l’armée von Kluck, dès la matinée

ont donc été Le résultat immédiat de la journée du 8.

. Bloem, qui appartient au IIIe corps, raconte que, le 9 avart Fe Fe du matin, des colonnes de la 22e division de réserve défi- … lèrent à Trocy devant les grenadiers du 42€ régiment. On les retirait - du combat, et Bloem ajoute que ce n'étaient plus que des « débris ». . C'est la première indication précise qui nous soit donnée sur la retraite ordonnée. A partir de ce moment, elle se poursuit sans - discontinuer et par échelons : elle dure deux jours à l'armée von - Kluck. Vers midi, les autres formations de la même 22e division de > réserve, notamment le 12€ régiment, reçoivent l’ordre de battre en retraite par Vernelle sur Fussy (1).

… De même, d’après Lôhrisch, l’ordre de la retraite arrive dans e E embulances avant midi.

3 | Cost done, iei encore, dès le 9 au matin, que les ordres ont été expédiés. M. Eugène Bircher, qui observe ces faits, dit judicieusement : |

late, à

… Tout cela fait conclure que von Kluck a reçu l’ordre de la retraite (ou plutôt l’a donné; car, il n’y a sûrement pas d'ordre du grand - quartier général avant le 9) dans la nuit du 8 au 9, de sorte que - l'offensive de droite (le 9) fut ordonnée pour se dégager et ne fut pas -exécutée avec toutes les forces, mais seulement de façon que la retraite “ne fût pas gênée par une poursuite trop ardente de l’ennemi.

(1) Eug. BIRCHER, p. 135.

événement. L'Allemagne est battue à cette heure précise, LE 8 AU -

du 9, et, par conséquent, ont été dictés dans la nuit même. Zls

"+ ee,

| Re 30 LA BATAILLE DE LA MARNE

Or, toutes les versions allemandes et même tan bataille de la Marne affirment que l’armée de von Kluck Fe victorieuse le 8 au soir et qu’elle l'était même encore le 9 au soir. On la montre repoussant la gauche de Maunoury, menaçant celle-ci d’enveloppement et la rejetant, en quelque sorte, jusque dans le camp retranché de Paris. Comment ces assertions peuvent-elles se concilier avec le fait incontestable que von Kluck avait déjà autorisé, le 7 au soir, l'abandon éventuel du pivot de Varreddes et pris le parti de la retraite dès le 8 dans la nuit? ;

Il ne paraît pas douteux que von Kluck fut gravement déçu et peut-être complètement désarçonné à la fin de la journée du 8 : il comptait obtenir, ce jour-là, nous l’avons vu, un succès décisif. par une brutale manœuvre d’enveloppement vers le nord, manœuvre destinée à surprendre et à culbuter Maunoury. Et c’est pourquoi il pousse dans cette direction toutes les unités qui lui arrivent l’une après l’autre, quel que soit l’état de fatigue et d’épui- | sement où il les reçoit. Il ne prend pas garde, qu’en appelant à lui. les corps qui sont chargés de maintenir ses liaisons avec von. Bülow, il compromet, non seulement le sort de la bataille générale, mais même le sort de sa propre armée dont le flanc gauche va être gravement exposé.

Quelle ne dut donc pas être sa déception quand il s’aperçut que sa fameuse manœuvre par l'aile droite n’aboutissait qu’à des gains de terrain insignifiants, tandis que la faute commise, en dégarnissant les liaisons, permettait à l’ennemi (8 division française et. gauche de l’armée anglaise) de s’avancer jusqu’à la Marne et de le saisir dans la bataille d’articulation |

Tel dut être l'effet brutal produit sur l'esprit Ha de von Kluck. Une fois de plus, il ouvrait les yeux en plein rêve. Mais, concevant vite, il ne s’entêtait pas. De même qu'après s'être élancé tête baissée au sud de la Marne, le 5 septembre, il s’était retourné et avait battu en retraite, dès le 6 au matin, il n’insiste pas le 8 et, cette fois encore, il bat en retraite. Tel est sans doute, en présence de la réalité, l’évolution qui se produit dans l'esprit du chef de la Jre armée.

Mais, en même temps, sa vanité doublement froissée et la fertiité de son esprit, abondant en explications, excitent son imagination. Jamais, il ne consentira à s’avouer fautif et vaineu. Il cherchera donc les échappatoires lui permettant de se tirer d’affaire devant l’opinion et d’affirmer que ce n’est pas lui qui est responsable de la retraite, par conséquent de la défaite, mais les autres,

4 rait- -on, sinon le général ubure qui a exercé le commandement dans une crise si difficile ?) la presse allemande fait chorus et nous - impose peu à peu la version que « l'esprit d’imprudence et d’er-

reur » lui a dictée.

… Mais, maintenant, nous voyons clair et nous sommes en mesure - de dire les choses telles qu’elles se sont passées. La vérité aura le | dernier mot. Déjà, nous avons signalé l’étrange obstination de von . Kluck à faire repasser la Marne par tous ses corps, à rompre, en | conséquence, ses liaisons avec von Bülow, à se jeter, à corps perdu, dans la bataille des communications qui n’avait aucun lendemain stratégique raisonnable et à présenter ainsi, à son adversaire, l’occasion favorable pour engager une bataille d’articulation qui, ussée à fond, devait infailliblement couper en deux la grande

ée allemande.

4 Que ce fût là un fait de la volonté et de l’entêtement de von

- Kluck, nous avons à ce sujet un témoignage important, le rapport

. de von Bülow, commandant en chef de la IIe armée.

Que se passe-t-il, le 8 septembre, d’après le rapport de von

Bülow? Ne nous occupons pas de sa gauche et de l’offensive contre l’armée Foch, et ne considérons que l’aile droite, celle qui a perdu

ses liaisons avec von Kluck. Von Bülow écrit :

4 L’aile droite (13° division, VII corps et Xe corps) devait se replier

pour éviter l’enveloppement et atteignait, le soir, la ligne Margny-le- Thoult. (C’est ce que nous avons appelé « le crochet défensif ».)

È Et von Bülow ajoute, livrant la clef de ces événements décisifs : à Dans l'attente que la [re armée arriverait à se dégager dans la journée u 9 et à se relier à la seconde (c’est-à-dire à reprendre ses liaisons, — fait crédit à von Kluck), la IIe armée continue son offensive vers le

d. Mais, Le 8 au soir, la Ie armée faisait connaître qu’elle était re

. uz prises avec un ennemi en forces sur la ligne Cuvergnon-Congis…. ”

. De ce renseignement, il résulte que, de l’aveu de von Kluck luimême, son armée est très mal en point le 8 au soir et qu’il ne peut tirer un seul homme du front de l’Oureq.

Que conclut Bülow pour sa propre position ?

| Jene comptais plus, dès lors, dit-il, sur une intervention du grand quartier général (cela veut dire que von Kluck, n’en faisant qu’à sa tête, le haut commandement allemand est débordé, ,impuissant, annihilé). D’après mes renseignements d’avion, des colonnes ennemies se diri-

geaient vers le RAA par Rebais et Doue (forces anglais te une trot sième colonne était en marche de la Haute-Maison vers le nord-est, c'est-à-dire vers Château-Thierry, pour couper les communications des Allemands restés au sud de la Marne. Plus tard, nous sûmes que la colonne annoncée à Choisy avait repris sa marche sur Thierceleux (c'est la gauche de la 5° armée en route sur Montmirail). Dans ces conditions, je devais compter sur la percée de forces ennemies. importantes, à moins que la Ir armée ne se résolût, au dernier moment, à se replier vers l’est et à se relier à la seconde, Lorsque, le 9 septembre de bon matin, les colonnes ennemies traversèrent la Marne en grandes forces entre la Ferté-sous-Jouarre et Château-Thierry, il fut hors de doute que la retraite de La 1° armée devenait difficile et que la IIe devait se replier pour éviter l’enveloppement complet de sa droite. Entièrement d'accord avec le représentant du grand quartier général, le lieutenant-colonel Hentsch, j’ordonnai.…., etc. -

Il faut conclure du récit de von Bülow, que von Kluck se savait battu dès le 8 au soir et que c’est lui qui, comme conséquence de la journée du 8, a déclenché J’événement, c’est-à-dire l’ordre de retraite. Seulement, par un tour de bon camarade, il s’est bien gardé de prévenir Bülow (qui ne savait rien encore le 9 au matin), parce qu'il se réservait sans doute de faire tomber la responsabilité de la décision sur son voisin, le chef de la Ie armée, et, en tout cas, sur le grand quartier général ; ce qui s’est produit, en effet.

Nous sommes ici en présence de faits précis : contrairement à l'opinion accréditée, la journée du 8 ne fut pas une victoire pour les Allemands sur l’Ourcq. C’est cette journée, au contraire, qui décida de leur défaite. Von Kluck a fait montre d’une force plus apparente que réelle en jetant tous ses corps de renfort sur la gauche de Maunoury et, malgré ses violents efforts, il a maintenu péniblement ses lignes. En fait, le soir, il était battu, parce que, contenu à sa droite, et n’ayant pu faire intervenir en ce point le IX corps qui, de son propre aveu, devait « décider du sort de la journée », il voyait avec terreur surgir une nouvelle offensive à sa gauche, c’est-à-dire à la bataille d’articulation. Sa manœuvre avait été le comble de limprévoyance et de linintelligence. Il n'avait pas eu, un seul instant, le sens des réalités.

Si on s’est fait, jusqu'ici, une idée différente de la journée du 8, si on à vanté l’habileté de la manœuvre de von Kluck, c’est qu’on ignorait les précisions et les ordres et que l’on acceptait comme argent comptant Ja version de von Kluck lui-même, communiquée après la retraite sur l’Aisne (en décembre 1914), au professeur Georges Wegener, correspondant de guerre du grand quartier

Je n'’oublierai jamais le matin où von Kluck, comme nous étions arrivés au terme de notre séjour à son quartier général, et que nous Élions prendre congé, nous retint encore une heure dans sa chambre, nous entretenant de diverses choses politiques et militaires. Entre utres choses, il en vint à parler d’un article du Journal des Débats sur les événements autour de Paris du 4 au 10 septembre et sur les causes de la retraite sur l’Aisne. Il trouvait cet article excellent. Luimême avait pu se faire, seulement par cet article, une vue d’ensemble des événements et n’avait compris que par cette lecture que l’adversaire estimait ses opérations d’alors plus haut que lui-même ne l'avait fait. L'article en question dépeint, du point de vue français, comment von Kluck, après avoir pénétré jusqu’à Senlis et ses patrouilles jusqu’à Dammartin (à 30 kilomètres de Paris), dut commencer sa retraite vers Meaux et Château-Thierry, non point à cause de sa propre faiblesse, "mais à cause de l’avance française sur la Marne (comme si cette avance “française sur la Marne, c’est-à-dire sur Château-Thierry, intéressait les autres armées et non la sienne). Au contraire, il résultait de son récit que lui-même, ayant pris l’offensive, avait conservé l'avantage. Joffre — au dire de l’article — avait ordonné au général Maunoury, combattant contre von Kluck, de continuer les opérations commen- cées, car la 5° armée française avait remporté un grand succès sur la Marne (contre von Bülow naturellement : or, c’était le rappel du . IX corps qui avait décidé de la chute d’Esternay); « mais, ajoute Particle, aussitôt la difficulté de la tâche de Maunoury s ’accrut. Non seulement le IVe corps de réserve avait tenu bon et en particulier sur les hauteurs de Trocy, mais encore deux corps d’armée prussiens repassaient la Marne sans être arrêtés par les Anglais qui suivaient trop lentement vers le nord. Nous sommes ici en présence de ces habiles

. manœuvres de von Kluck. Le général Maunoury fit tous les efforts possibles et lutta avec toutes ses réserves. » Cependant, reprend le général - qui porte toute son attention sur l’événement et sur l’heure la plus critique, c’est-à-dire sur la soirée du 8, cependant, Le 8 septembre au soir, il était clair que la manœuvre de Maunour y avait échoué. Pour - ne pas être encerclé lui-même, tout ce qui restait encore du 42 corps dut . être amené par marches, voie ferrée, automobiles, etc., sur le terrain. pétaieré tout, la situation des Français devenait de plus en plus mau- - vaise. Les Allemands menaçaient leur retraite sur Paris : « Vers la fin de Paprès-midi du 9 septembre, ajoute le journal, le 4 corps français dut revenir en arrière dans la région de Nanteuil et l’on se demandait f+ quelle serait la situation le lendemain. » Alors, reprend le général, - arrive, sans qu’on s’y attende, la retraite spontanée des Allemands | (die selbstätige), sans défaite aucune, comme le reconnaissent les Fran- Gais eux-mêmes et même sans combat proprement dit. Ils en étaient venus probablement à la conviction, du moins l’a-t-on dit, qu ‘ils ne pouvaient - plus tenir ; et alors commença cette retraite qui s’arrêta bientôt sur l'Aisne. Et von Kluck confirme, d’un air détaché, que les Anglais - n’avancèrent que lentement. Quand il traversa l'Aisne, il croyait les ‘avoir sur les talons : il put, cependant, s'établir dans sa position actuelle

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