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débouche de Sennevières et s’avance par Sennevières, Frenoy, sui Rouville. Le front se déploie comme un vaste éventail pour balayeï tout le bois du Roi jusqu’à Ormoy et ne rien laisser en arrière.
Au débouché de ce bois, l’escadron de cavalerie qui précède le colonne reçoit des coups de feu. C’est un groupe de cavaliers ennemis qui s’est arrêté vers la Sablonnière, mais qui disparaîl aussitôt. Une patrouille d'infanterie est envoyée à Crépy-en-Valois Elle rend compte que les maisons sont évacuées par les habitants, mais que l’ennemi a quitté la ville. On campe sur la ligne de chemir de fer. Aucun incident pendant la nuit.
Le 11 septembre à 5 heures, le régiment lève le bivouac. partir de Crépy, la marche se fait par un vigoureux à droite, en vue de couper les arrière-gardes de l'ennemi qui s’attarderaient dans la région de Villers-Cotterets. Nous avons vu qu’elles y sont encore à cette date. On part de Crépy-en-Valois sur Russy, Vez, Hara: mont, et enfin Vivières. C’est tout pour la matinée, près de 25 kilomètres sans encombre. A Vivières, 16 h. 45, grand’halte d’une heure et demie. La forêt de Villers-Cotterets est franchie. Les avan gardes annoncent que l'ennemi s’est arrêté à la ferme de l’Épine entre Mortefontaine, Montgobert et Cœuvres-Valsery, et qu’il tient tête. Une vive fusillade et des tirs de mitrailleuses venant de la Râperie, une canonnade partant de la ferme de Pouy, accueillent le régiment. Il a ordre d’occuper la ferme de l’Épine ; il tourne pa le nord la ferme de Pouy. Mais l’ennemi tient. On bivouaque à 3 heures du matin à la ferme de l'Épine qui est prise. On est a | abords de l'Aisne. L’ennemi veut-il défendre le passage? Ordre es donné de fouiller à l’ouest de Montigny le ravin qui descend sut l’Aisne vers Courtieux. A droite, le 428 d'infanterie est engagé pour forcer la rivière en direction de Vic ; on va lui donner un coup de main en tentant de tourner l'ennemi par le ravin, face à l’est Combat confus pour le ravin autour du Châtelet-Montois. Ot s'empare du talus de la voie ferrée avec l'appui du 44€ régiment d'infanterie. Enfin, on débouche sur la rivière en face de Vic. Mais les troupes sont accueillies par un feu violent partant des blocs de pierre qui dominent la rive gauche de l’Aisne. Pertes impo tantes. Cependant l'ennemi tourné cède encore la place.
A 15 h. 25, rassemblement pour passer le pont de Vic-sur-Aisne À 16 heures et demie, le pont est franchi. Va-t-on rester sur 1e rivière? L’ennemi a-t-il l’ordre de la défendre? Contrairement à l'avis de von Kluck que nous avons cité ci-dessus, il cède encore la place : donc, on aborde immédiatement la falaise de la rive nord : le 2 bataillon va occuper les cotes 130 ex 138 en direction
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de Nouvron ; on monte et on aborde la cote 142. Deux compagnies du 35° avec des compagnies du 42€ avancent vers la crête. Des coups de fusil partent de la Carrière. La crête est défendue (18 heures).
* Cependant, sur un mouvement tournant, l’ennemi évacue la Carrière. Peut-être atteindra-t-on Nouvron avant la chute du jour. L’ennemi a évacué Vingré et la ferme de Contrécourt, il s’est retiré sur Nouvron.. Là, il tient. La nuit lui apporte son aide. A 23 heures, le bataillon qui est aux avant-postes est relevé pan un bataillon de chasseurs. On a franchi l’Aisne, mais on n’a pas dépassé la crête. C’est là que l’ennemi a décidé de faire tête.
Tel est l’aspect de la poursuite pour un des régiments, particuliè-
rement énergique, appartenant à ce vaillant 7€ corps. Voyons main-
tenant comment cet aspect concret des choses se rattache aux données stratégiques d’ordre général.
- L'armée von Kluck, nous l'avons dit, s’est détachée d’elle-même et elle remonte de parti pris vers le Re mais avec une tendance vers le nord-ouest : car von. Kluck, avec une appréhension peutêtre un peu excessive du péril que courent ses communications, s’entête dans son système de les protéger à tout prix, au risque d'élargir encore la fissure qui le sépare de von Bülow. Nous avons vu von Bülow le rappeler à l’ordre, dès le 11, et lui pee de se resserrer sur l'Aisne. Cependant ie première direction qu’a prise von Kluck n’est pas sans embarrasser beaucoup Maunoury : car celui- -ci rencontre partout des effectifs importants qui opposent une très vive résistance à sa tentative d’enveloppement par l’ouest.
; C’est la cavalerie du corps Bridoux qui doit prendre les devants
se précipiter, par Baron-Crépy-en-Valois-Pierrefonds, à travers
forêt de Compiègne pour essayer de couper la route à von Kluck : la 3 division (de Lastours) doit couvrir le flanc gauche de Parmée (4° corps) et pousser ses reconnaissances sur Verberie ; les {re et 5e divisions sont disponibles (corps Bridoux proprement dit) pour l’opération à grande envergure sur les derrières de Pennemi. Malheureusement, si les ordres étaient clairs, les moyens manquaient. Le corps Bridoux à peine remis de son épuisante randonnée en Belgique et de sa participation à la bataille de l'Ourcq, n'ayant pas encore remplacé ni ses cadres, ni ses hommes, ni ses chevaux, médiocrement relié au reste de l’armée et n’ayant notamment aucun service de télégraphie sans fil, ne présentait pas la force et la décision nécessaires pour opérer stratégiquement. Son action devait se borner à des coups de main ou à des coups ù
de sonde parfois très heureux sur le flanc et sur les derrières d l'ennemi. Il ne fut malheureusement pas en mesure d’ouvri dès les premiers pas, les voies à l’enveloppement.
Dans la journée du 10, il part en direction du nord vers Pie fonds ; se servant de la forêt de Compiègne comme d’un masque, : gagne du champ; mais plusieurs de ses escadrons s’égarent 0 s’attardent à des opérations secondaires. Une fois l'Oise franchie ! Verberie, le contact est pris avec les patrouilles allemandes à Estrées-Saint-Denis. La cavalerie continue à remonter vers nord. La 32 division est le 11 au soir vers Marquéglise, le 12 matin vers Guiscard. Mais la 5€ division (général de Cornulier-Lucinière); au lieu de gagner du terrain vers l’est, se reporte sensiblement ver l’ouest jusqu’à Clermont, jusqu’à Saint-Just-en-Chaussée. « Now venons de voir, dit le récit très renseigné de J. Héthay, comment 1 nécessité absolue d’un peu de repos, après une période de si grandi activité et de si grandes fatigues, fit continuer la 58 division € cavalerie jusqu’à Saint-Just près Beauvais. Elle y arriva le # pour midi et y fit séjour les 12 et 13 pour rechercher et retrouver se liaisons perdues. »
Or c’est précisément aux dates des 11, 12 et 13 que von Klue se dégage de l’ouest, c’est-à-dire de la région de Compiègne (soi extrême droite est à Nampcel : IX® corps), et que Maunoury tent de s’élever vers Lassigny, Noyon. C’eût été le moment de tenter raid d’enveloppement. Les instructions du grand quartier génére étaient formelles. Elles ne laissent aucun doute sur la divergen® entre l’intention et l'exécution :
Dans l’Instruction qui vous est envoyée, écrit dès le 11 le génér. Joffre au général Maunoury, votre zone de marche n'a pas de limite l’ouest. En l’état d’esprit des troupes anglaises, il est indispensak qu’elles se sentent encadrées, et que par suite vous ayez un élémen à leur gauche. Il faut prévoir cependant que, l’ennemi faisant têtes l’Aisne, il vous serait difficile de l’attaquer de front, et il paraît néce saire que vous ayez le plus tôt possible des forces remontant la ru droite de l’Oise pour déborder l’aile droite ennemie. Vous devrez en ph envisager l’éventualité où des corps de réserve allemands rappe d'Anvers et de Maubeuge interviendraient dans cette région, à l’extrêr droite allemande. Le 13° corps serait tout disposé pour appuyer votr action contre ces derniers.
Et encore le 12 : « Afin de déborder l’ennemi par l’ouest, dl 6e armée, laissant un fort détachement dans l’ouest du mass! de Saint-Gobain pour assurer, en tout état de cause, la liaison avé l’armée anglaise, portera progressivement ses gros sur la rive droit
de l’Ouse. »
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À C’est donc toujours sur l'Oise, c’est-à-dire au delà du massif de Saint- Gobain, que Joffre voit la nouvelle décision confiée à Maunoury. Mais, pour cela, il faudrait des forces, et le corps de cavalerie n’est pas en mesure d'ouvrir les portes par la rive droite de l'Oise. Voyons comment progresse le gros de l’armée.
L'ordre de marche de la 6e armée est à peu près l’ordre de la bataille sur l’Oureq. C’est, de gauche à droite, le 4 corps (Boëlle), le 6 groupe des divisions de réserve (général Ébener), le 7€ corps (général Vauthier), la 56€ division avec l’artillerie de corps (batteries de sortie), la 55€ division, la 45e division (d’Algérie). La présence du 6e groupe (Ébener) ainsi que de la 45e division indique -que le camp retranché de Paris s’est vidé, dans la mesure du possible, pour aider à la poursuite. Le 4e corps (Boëlle) est en liaison ‘avec la cavalerie Bridoux et est destiné à faire l’articulation entre Oise et Aisne.
- Le premier jour de marche, 10 septembre, l’armée s’élève à peine
au nord du champ de bataille de l'Ourcq. Tandis que le corps de “cavalerie s’engage dans la forêt de Compiègne, les gros atteignent seulement la ligne Ormoy-Villers, Bargny, Cuvergnon, Thury, la Villeneuve, Vaux-Parfonds.
… Le 11, le progrès est très sensible. Le 4€ corps qui est toujours à l'articulation suit l’itinéraire : Ormoy-Villers-Rétheuil (7e division) et Rozières-Morienval (& division) ; le 7% corps suit, au centre, Dnéraire Lévignen, Vauciennes, ouest de Villers- Gotterets- Chr Longpont. Le 11 au soir, les avant-gardes atteignent la ligne Pierrefonds- Chaudun, les gros la ligne Rétheuil-Longpont. On voit que ce déploiement est un peu étroit avec une tendance marquée vers Je nord-est et non vers le nord-ouest. La forêt de Compiègne n’est pas sérieusement couverte et encore moins débordée. Ce resserrement ne conduit pas vers les communications de l'ennemi et encore moins vers l’enveloppement. En somme, toutes les forces ont une once : à se porter comme dans un entonnoir vers Soissons.
Pour le 12 on est aux approches de l’Aisne. Les équipages de “pont sont amenés d’urgence en tête des colonnes de marche. On tentera de franchir l'Aisne sur les talons de l’ennemi : Chelles et Pierrefonds n’avaient été évacués qu’à 6 heures. Un ordre d’opérations parvenu du grand quartier général fait connaître que l’armée “allemande continue sa retraite vers le nord. L’artillerie lourde “allemande balaie le plateau de Croutoy et inflige des pertes sé- “rieuses à la 68 armée. Malgré tout, l’Aisne doit être franchie entre Attichy et Soissons pour prendre pied sur le plateau septentrional
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304 LA BATAILLE DE LA MARNE + entre Terny et Nampcel, c’est-à-dire qu’on va, non pas débordeï l’armée von Kluck, mais l’aborder exactement de front, puis qu’elle a son extrême droite précisément à Nampcel.
On voit qu'il s’agit toujours du cours de l’Aisne et nullement du cours de l'Oise. Compiègne est laissé tout à fait à l’ouest.
Joffre rappelle qu’il désire le mouvement par l'Oise, ayant pour objectif les communications de l’ennemi. Maunoury ne demande pas mieux. Il propose de suivre sa cavalerie jusqu’à Saint-Just-en= Chaussée. Mais il est retenu toujours sur l’est par l’armée anglaise qui, comme nous allons le voir, craint, avant tout, pour ses liaisons et hésite à marcher si elle n’est pas constamment couverte des deux côtés. D'ailleurs, Maunoury sent qu’une force considérable s’amasse contre sa droite. Von Kluck, en effet, a reçu de von Bülow l’ordre de se battre sur Soissons et de masser toutes ses forces avec celles de la IIe armée. On annonce maintenant l’arrivée de l’armée von Heeringen qui est à Saint-Quentin et qui accourt sur Laon. Ainsi devant Maunoury et devant l’armée anglaise, près de trois armées se préparent à disputer le passage et même à contre- at L’ennemi a choisi son terrain de combat : c’est le massif de Laon Saint-Gobain avec son boulevard méridional, le Chemin des Dames. Là s'étendent ces « vastes champs de tir » surplombant Ia vallée dont parlait von Kluck.
Maunoury arrive. Son quartier général est à Villers-Cotterets Les Allemands ont évacué la rive gauche de l’Aisne. A 19 heures, le 12, Maunoury ordonne que les avant-gardes franchissent l’ Aisne la nuit même et prennent pied sur les hauteurs nord pour protéger le passage des têtes des gros, qui commencera le plus tôt possible On enlève au pas de course les ponts subsistants, notamment celu de Vic-sur-Aisne, légèrement endommagé. On jette des passerelles de fortune et on passe à Couloisy, à Berneuil-sucrerie, etc., maïs bientôt on se rend compte que les Allemands entendent résiste sur les collines de la rive nord. Le 12 après-midi, von Kluck tien avec son IXe corps la ligne Nampcel-Autrèches, avee son IVe corps de réserve les hauteurs de Nouvron ; enfin le IVe corps est à Cuisi et à Pasly, le IIe corps de Cuffies à Chivres. Le passage de l’Aisn va donc se produire presque partout sous le feu des artillerie ennemies.
Pour le 13, on persiste dans la manœuvre de l'enveloppement € ete un sérieux à gauche devant gagner l'Oise est prescrit. C’est qu’o peut compter maintenant sur un sérieux appoint : les formation du 13 corps qui arrive de Lorraine et qui, comme nous l’avons dit est envoyée en renfort sur la gauche de l’armée Maunoury, sont
5 à EST LA RETRAITE ALLEMANDE
Ed “scies PU unie sh drones de l'Oise. Le cor {4 et & divisions) et le groupe Ébener lui prêteront mainte e ce côté.
| nl 82 de la 6° armée prévoit donc, pour le 13, la gr ession jusqu’à l'Oise sur le front Noyon-Condren. Tandis que le gauche anglaise marchera sur Coucy et la Fère, la 458 division, i se rebe à elle, marchera de Soissons sur Folembray et Condren, je groupe de divisions de réserve de Pasly sur Chauny, le 7 corps Nouvron et Vic sur Quierzy, le 6° groupe de divisions de réserve Jaulzy sur Varesnes. Au 4 corps, la 7 division attaquera sur yon par Attichy et Carlepont, la 8% division se portera sur Comgne par la rive gauche de l'Aisne et franchira la rivière pour érer avec la 37€ division vers Chois y-au- -Bac. Regardez la carte : st bien lenveloppement qui s’amorce par l'Oise. Mais le moument est déjà bien difficile, la cavalerie n’ayant pas à temps vert la route. Les gros de l’armée sont à droite, les uns en retard, Mautres déjà arrêtés par la contre-offensive ennemie sur les iteurs nord de l'Aisne. N’incriminons personne : nous avons dit raisons — et, d’abord, l'épuisement général — de cette lenteur s les mouvements. Nous avons dit aussi la vigueur nouvelle que “ nformation du terrain et l’arrivée des renforts puissants
ortent à l'ennemi.
pendant, dans l’après-midi du 13, malgré que l'artillerie lourde emie tire des hauteurs de Nabitoël, malgré qu’un combat z pénible se livre aux abords du parc d’Offémont, le 4 corps, articulation, a progressé sérieusement. L’Aisne est largement e. À la fin du jour (13 septembre), les avant-gardes de la ivision occupent Tracy-le-Mont, celles de la 7e division Puisa- Dis 10® brigade est à Choisy-au-Bac, tenant le pont du Plessis- . Le 13e corps, qui débarque vers Creil, va prendre la tête du | ve ment d’enveloppement. | al gré cette avance remarquable et qui témoigne d’une énergie irable dans le commandement et dans la troupe, Maunoury obligé de remettre encore au lendemain 14 la manœuvre sur se Mais maintenant l'ennemi s’est calé et renforcé. Il est déjà offre s'inquiète ; il écrit avec insistance : « C’est des forces de che que dépend le sort de la bataille engagée. »
D'autre part, sur le parallèle de l’équerre, le succès n’est pas non décisif, tant s’en faut. On arrive au pied du massif de Saintbain, mais on l’a à peine abordé. Le groupe Ébener et le 7e corps éral Vauthier) ont bien franchi l’Aisne le 12 et le 13 et abordé De T. 11. 20
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